INSTITUTIONS DE PRÉVOYANCE ET DE SECOURS
I. » Groupe d'épar^Be. ^11.— Caisse de Seeoun.— III. — Partieipation aum liéBénees.
I. — Groupe d'épargne. — Les groupes d'épargne, actuellement au nombre de trois, ont été et sont administrés par le personnel ouvrier, avec Tautorisation de la maison. Ils ont été établis sur le type de ceux de la Société la « Fourmi ».
Leur but est la constitution d'un capital collectif, destiné à âtre partagé entre les adhérents, au bout de quelques années. Ce capital, formé principalement d'obligations à lots, participe aux chances d'accroissement qu'offrent les tirages de ces valeurs.
La maison n'intervient en aucune façon, ni dans la constitution, ni dans Tadministration de ces groupes d'épargne. Elle leur prête toutefois son concours pour faciliter les opérations d*achat ou de vente des valeurs dont elle leur permet le dépôt gratuit dans sa caisse.
Le premier groupe a été formé en 1879. Le nombre des adhérents n*a pas dépassé 20 pendant les premières années ; il s'est élevé à 28 l'année dernière. Plusieurs des adhérents de la première heure se sont retirés et ont été remplacés par d'autres. La cotisation mensuelle a notablement varié ; elle est descendue à trois francs, et s'est élevée jusqu'à 11 iVancs par mois.
Le capital constitué par ce premier groupe est d'environ 21.000 francs.
Le deuxième jo^roupe d'épargne a pris naissance en 1880 Le chiffre des adhérents à l'origine de 18, s'est peu à peu réduit
En 1885, le capital accumulé — 6,200 francs — a été réparti entre les 9 membres qui en faisaient encore partie.
Le groupe s'est alors reformé ; il compte, en 1889, 26 adhérents, et un capital de 6,400. La cotisation a varié de 3 à 8 Irancs par mois.
Le troisième groupe, lormé en 1881, comptait d*abord 22 adhérents. Ce chiffre s*est réduit à 11. Il possédait un capital de 7,6 11 francs. La cotisation mensuelle a varié de 3 à 5 francs.
Comme on le voit pour les chiffres qui précèdent, les groupes d*épargne n^ont été jusqu'ici qu*une sorte de caisse d'épargne, le petit nombre des adhérents et la faiblesse du capital accumulé ne leur permettant pas encore de compter sur les probabilités de tirage des valeurs à lots.
Ils ont néanmoins erercé une action très sensible sur le personnel ouvrier qui prend ainsi peu à peu Thabitude bienfaisante de mettre en réserve une partie de son salaire.
//. — Caisse de secours. — La caisse de secours, en cas de maladie et de chômage forcé, a été formée en 1880, par le personnel ouvrier, avec Tappui effectif de la maison. Elle est alimentée à Taide de cotisations versées chaque quinzaine ; leur taux en est proportionné aux besoins.
La maison contribue elle-même, chaque année, pour un chiffre variable.
La caisse est administrée entièrement par le personnel ouvrier. Chaque adhérent a droit à un secours journalier en cas de maladie.
Le taux de la cotisation a varié de 30 à 50 centimes, le chiffre des adhérents s'est peu à peu élévë à 220. Sur les recettes, on a marqué la contribution de la maison et des membres honoraires qui est de 40 0/0 environ.
Pendant les premières années, les dépenses égalaient sensiblement les recettes et rencaisse était nulle à la fin de Texercice. Depuis lors, Texpérience a montré aux ouvriers, d'abord très réfractaires à cette idée, qu'il était nécessaire d'avoir un certain capital en caisse, et ils ont dirigé leurs efforts dans ce but.
///. — Participation aux bénéfices. — La participation aux bénéflces, introduite en 1877, est établie sous forme de gratification ou d'allocation supplémentaire fixée par les patrons.
Employés et ouvriers entrent dans la maison avec des ap-
Sointements lixes, établis d'avance. D'après les services renus et les aptitudes plus ou moins grandes de chaque employé, il lui est attribué une part plus ou moins élevée de cette allocation supplémentaire.
Une portion des bénéfices est consacrée à la rémunération du capital ; l'autre, qui varie avec la marche des affaires, est librement donnée au personnel.
Les employés reçoivent, dès leur troisième année de service, cette gratification proportionnelle. Les ouvriers y sont admis au bout de cinq années de présence, dont on déduit les temps de chômage forcé qui ne sont point de leur fait. Leur part varie en raison de leurs services et de leur intelligence. Pour empêcher que les sommes ainsi allouées aux ouvriers.
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souyent escomptées et hypothéquées à ravance, ne soient immédiatement dissipées, une partie seulement de la somme accordée à chaque ouvrier lui est versée. Le surplus, pouvant s'élever Jusqu'à la moitié, suivant le cas, est placé à la Caisse Nationale de Retraites pour la vieillesse, en échange d*un livret, propriété de l'ouvrier. Cette mesure de précaution n'est pas prise pour les ouvriers ayant Thabitude de l'épargne et faisant partie de groupes d'épargne ou de Sociétés analogues. A ceux-ci, la gratification leur est versée intégralement.
La participation, établie en 1877, comprenait, une année après onze employés. En 1880, 12 employés et 23 ouvriers iouissaient de ce supplément de rénumération. En 1884, 24 employés et 38 ouvriers prenaient part à la répartition. Le nombre des participants est allé croissant ; il est actuellement de 90 ouvriers et 30 employés. Les sommes versées aux ouvriers croissent aussi avec le temps ; elles varient de 8 à 10 0/0 du salaire. Pour les employés, elles s'élèvent jusqu'à 60 0/0 de leurs appointements.
Les sommes versées aux participants ont atteint, en 1880, 830,000 francs.
Historique
Origine de V Etablissement Industrie des Phares, — L'origine de l'Etablissement de MM. Sautter, Lemonnier et C* remonte à l'année 1825, où il fût fondé par l'opticien Soleil, pour la construction des phares lenticulaires que venait d'inventer AnipiBilB Fresnei. Mais le développement de cette industrie ne commença réellement qu'à partir de 1852 où elle passa aux mains de M. Louis Sautter, dont le concours important et l'autorité reconnue en cette matière, contribuèrent à ladoption de ce nouveau système d'éclairage par la plupart des nations maritimes.
Une grande partie des phares lenticulaires existant sur le globe entier furent construits par ses soins. Le nombre total des appareils livrés par l'usine de l'avenue deSuffren, a atteint, en 188», 2061 dont 143 de premier ordre.
Ce fut également avec la collaboration de M. Louis Sautter que l'on appliqua la lumière électrique à l'éclairage des côtes, et que se construisirent les premiers phares électriques fï*ançais, ceux de la Hève.
En 1867, M. Lonla Sautter étudiait et créait le premier appareil proiecteur de lumière, du système lenticulaire, destiné au yacnt du prince Napoléon, la « Reine Hortense ».
L'industrie de l'optique s'enrichissait d'une nouvelle branche, d'invention toute n^angaise, dont le développement, lié au progrès de l'électricité, a pris, dans la suite, un essor inattendu.
il y a plus de dix années, M. Louis Sautter s'est adjoint, comme collaborateur, son âls, qui partage aujourd'hui Ja direction avec M. Lemonnier, sous la raison sociale Sautter, Lemonnier et C*. M. Louis Sautter continue à la Maison l'appui de sa longue expérience. Bntln* la direction de la Mai-
son s'est assuré, depuis deux ans, le concours de M. EoKlle Hsrlé, ingénieur des Ponts et Chaussées.
Electricité industrielle. — Le plus grand progrès réalisé
Sour la production des courants électriques a été Tinvention es machines dynamo-électriques.
Dès rapparition de la machine de Gramme, en 1870, M. Lemonnler était frappé des avantages exceptionnels que présentait ce générateur d'électricité, et il proposait d'en substituer remploi à celui des machines magnéto pour Téclairage des phares et des projecteurs.
Ce fut, en effet, pour des appareils de projections électriques, destinés à la Marine de Guerre, et commandés par des Gouvernements qui pouvaient supporter des ft*ais de mise en œuvre d*une invention nouvelle, que MM. Sautter, Lemonnier et C* construisirent, en 1872, d'après les indications de l'inventeur, leur première machine Gramme. Le succès répondit à leurs efforts dans cette voie nouvelle, où tout était à créer, et les perfectionnements auxquels ils contribuèrent dans la construction des dynamos, rendirent bientôt possible l'éclairage industriel.
Progrès de l'éclairage électrique — Les résultats satisfaisants obtenus par l'éclairage électrique de l'usine de l'avenue de Suffren, la seconde en France par ordre de date (l'atelier Gramme a été le premier), engagèrent MM. Sauttor, Lemonnier et C'% à proposer l'emploi de la lumière électrique aux grands ateliers de construction, puis aux tissages, et plus tard, aux filatures.
En 1878, l'éclairage par arc était déjà, sinon populaire, du moins assez répandu et perfectionné. Ce n'est toutefois qu'à partir de l'Exposition Internationale d'Electricité, en 1881, où se révéla la lampe à incandescence, que fut acquis à l'industrie la division de la lumière électrique et la possibilité d'entrer en concurrence plus directe avec les autres modes d'éclairage.
L'année 1881 a marqué l'ouverture d'une èie nouvelle pour l'électricité industrielle. On ne s'en est pas rendu compte à cette époque, et ce n'est guère que maintenant que l'on s'aperçoit clairement de l'impulsion extraordinaire qu'ont donné, à toutes les applications, les travaux du Congrès International des Electriciens, et tout particulièrement la fixation si importante des unités de mesure.
Les progrès de l'industrie électrique ont été depuis lors si rapides qu'il serait difficile d'en donner une idée. Les besoins croissants se sont diversifiés et il a fallu y répondre dans des conditions de plus en plus variées.
Installations d'éclairage par MM. Sautter, Lemonnier et O: — En modifiant les types de dynamos, les modes de distribution, les systèmes d'appareillage, MM. Sautter, Lemonnier et C* ont pu réaliser de nombreuses installations pour la grande et la petite industrie, pour les arsenaux, les poudreries et les manufactures de l'Etat, oii les avantages de l'éclairage électrique sont manifestes, pour les maisons d'habitation, les voies et places publiques, les jardins, pour les chantiers de travaux publics, les canaux, les ports, etc.
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Eclairages provisoires. — Dans certaines circonstances critiques, il importe d^installer rapidement an éclairage provisoire, d^une grande puissance: on peut citer, à ce propos* parmi les installations de ce genre faites par la Maison, TitDe sur le chemin de fer du Nord en 1883, pour déblayer le tunnel de States près Huy (Belgique), qui venait de s'ébouler ; elle fut mise en état de fonctionner en quelques heures, et une autre sur le chemin de fer de TEst, en janvier 188*7, où le même accident venait de compromettre la construction commencée de Touvrage d'HenlIlei Cattoa.
L'emploi de l'électricité est tout indiqué pour certaines opérations militaires de grande importance comme l'embarquement rapide de troupes ou de matériel. 11 ne sera pas inutile de rappeler Texpérience faite lors de l'essai de mobilisation du n* corps d'armée en 1887. En une seule journée, avec un matériel industriel ordinaire de dynamos et locomobiies. et un personnel composé d'hommes étrangers à la pratique de l'électricité, deux ingénieurs envoyés par la Maison ont pu établir 17 foyers à arc dans la gare de Toulouse, 8 dans celle de Carcassonne, et assurer l'embarquement des troupes dans les délais prévus.
Eclairage des navires, — Une ]»ranche toute spéciale des applications de Télectricité est Téclairage intérieur des navires. Les conditions à remplir sont plus difficiles et plus impérieuses, en général, que dans les installations sur terre ferme. MM. Sautter, Lemonnier et C** ont été les premiers à propager l'éclairage électriaue dans la Marine Française, et ils ont acquis, dans ces dernières années, une grande expérience par les nombreuses installations dont ils ont été chargés, aussi bien à l'Etranger qu'en France, pour les navires de guerre et de commerce.
Un seul chiffre suffira à montrer l'importance de ces installations, elles représentent une puissance de 10,000 chevaux électriques.
Nous signalerons aussi la part prise au développement des signaux maritimes pendant la nuit à l'aide de 1 électricité, application dont Timportance militaire et même commerciale est de plus en plus ressentie dans les milieux maritimes.
Projecteurs, — Depuis l'Exposition de 1878, oii fieraient les appareils de projection électrique du type lenticulaire, construits par MM. Sautter, Lemonnier et C'*, l'emploi des projecteurs de lumière électrique s'est généralisé, non pas seulement dans la Marine Française mais aussi dans la plupart des Marines Etrangères.
Le projecteur Mangla, que ses propriétés optiques et sa puissance ont fait adopter otiiciellement dans presque tous les pays, figurait pour la première fois à l'Exposition d'Electricité en 1881. On pourra juger de l'extension qu'à prise cette industrie par le chiffre des aj^pareils livrés par MM. Santier, Lemonalep et €**, qui est a l'heure actuelle, d'environ 1.500.
L'application des projections électriques à la marine du commerce, proposée par MM. Sautter, Lemonnier et G'*, dès avant 1872, avec l'aide des appareils qu'ils avaient créés, n'a pris un sérieux développement qu'à partir de l'ouverture, pen-
dant la nnit, du Canal de Suez. Bien que les appareils ■■■«!» aient donné là plus que Ton ne s'y attendait, ropinion de MM. Sautter, Lemonnier et G**' est ^ue Ton ne se trouve encore qu'au début de ce nouvel emploi de la lumière électrique.
Appareils pfioto-électriques mobiles. — La construction des appareils photo-électriques mobiles, destinés aux armées de terre, s'est développée — quoique d'une manière moins rapide que pour la marine de guerre — pendant la dernière période décennale.
Les modèles employés se sont diversifiés et permettent de répondre plus complètement aux exigences variées de la guerre moderne. MM. Sautter, Lemonnier et C* ont fourni des appareils photo-électriques aux principaux pays de l'Europe.
Moteurs à grande vites^. — La fabrication des moteurs à grande vitesse, destinés à la commande des dyna:uos, a pris une sérieuse extension depuis quelques années. A cette branche de l'industrie de MM. Sautter, Lemonnier et G'% qui ne comprenait au début (en 1833) que la construction du moteur Brotherhood à trois cylindres, sont venus s*adj oindre, pour ce qui est des moteurs a vapeur, les moteurs genre pilon à 1 ou 2 cylindres et leurs variétés, et, tout récemment l'ingénieux appareil dit turbo-moteur, inventé par M. Parsons.
un atelier spécial a été créé pour cette mécanique toute de précision. Rien n'a été épargné pour constituer un outillage exact qui ne le cède en rien à celui des ateliers de précision les plus renommés.
Machines. — L'atelier de construction des machines dynamos électriques de MM. Sautter» Lemonnier et C'« s'est notablement agrandi depuis la dernière exposition. Le succès croissant des machmes dynamos, soit comme générateurs d'électricité, soit comme moteurs, les a amenés, tout en conservant comme point de départ l'anneau ttramme, à étudier des types nouveaux réponaant à des besoins souvent fort différents. Le nombre total de chevaux électriques sortis de cet atelier a atteint, en 1889» 17,000. chevaux.
Crayons électriques. — MM. Sautter. Lemonnier et €*• ont également poursuivi et développé la fabrication des crayons électriques. De sérieux progrès ont été réalisés pour l'obtention d'une lumière fixe et régulière.
Signaux sonores, — Le développement qu'a pris l'atelier de précision a permis à MM. Sautter* Lemonnier et C<" de perfectionner la fabrication des signaux sonores, déjà représentés à l'exposition de 1878, et dont l'usage tend à se généraliser depuis cette époque, soit pour signaler les côtes aux navigateurs par les temps de brume, soit à bord des navires.
L'administration des phares de France expose, dans son pavillon duTrocadëro, des appareils construits par MM. Saaiter, Lemonaler et C'*, pour le phare de Harfleur.
Appareils de levage, — Les appareils de levage, système ■és7, Beheverrla et Bazaa, brillamment récompensés en 1878, sont maintenant d*un usage courant dans l'industrie et
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les travaux publics. Divers perfectionnements ont été apportés aux types primitifs.
Compresseurs, — MM. Sautter, Lemonnier et C*« continuent également à fournir des compresseurs et des machines à comprimer Tair aux travaux puolics, aux mines, aux sucreries, aux usines qui emploient Tair comprimé comme force motrice ainsi qu*aux manutactures de produits chimiques.
Les principales installations en France peuvent se subdiviser ainsi :
Tissages et filatures, 44 ; mines, 15 ; ateliers de construction mécanique, 57 ; teintureries, 6 ; papeteries, 3 ; fonderies et forges, 14 ; Huileries, distilleries, sucreries, glaceries, produits chimiques, etc., 29 ; ateliers divers, imprimeries, chaudronneries, ébénisteries , scieries, lingeries, etc., 22; ministères de la marine et de la guerre, poudreries, cartoucheries, ateliers de constructions, arsenaux, etc., 19 ; éclairage maritime privé, 10; installations d'éclairage public, villes, 6 ; chantiers de travaux publics, G ; ports et docks, 11 ; magasins généraux, 7; chemins de fer, gares, tunels, 5;moulins, 11. Soit un ensemble de 2G5 installations.
Disons en terminant cette revue rapide que la surface occupée par les ateliers a plus que doublé depuis 1878. Elle a passe, en effet, de 3,100 mètres carrés à 7,400 mètres carrés.
La force motrice employée a plus que quintuplé dans la même période. Ces indications sunisent à montrer l'accroissement important qu'a pris l'établissement de MM. Sautter, Lemoanler et C\
Tel est l'ensemble réellementremarquable de cette exposition qui, dans tous les sens, l'industrie, la navigation, la guerre, la marine, indique d'immenses progrès et a valu à M. Lemonaler la croix de Chevalier de la Léffian il*lioimeur.
Les récompenses obtenues par cette usine à diverses expositions sont nombreuses : 9 diplômes d'honneur, 12 médailles d'or.
Hors coiteour«9 Hembre du J^ury* une médaille d'Or et une médaille d'Arffeitt à la classe d'économie sociale, en 1889.
Les collaborateurs qui ont apporté à cette usine leur concours n'ont point été oubliés. Notons :
M. WiBler une Médaille d'Or et une Médaille d*Ar- Senf ; MM. Saeqnet, Marqnet, Desbnlssons et Wilhem, des Médailles d'Argent; MM. Desbalss^nB et Uzel des Médailles de Bronaee.
«RAND PBIX. — 4 HÉDAIUbE» D'VR
KT
18 meOAIliliES DE CAliliABORAVEURS
Anctons ETABLISSEMENTS CAIL
SOCIETE ANONYME
Capital Vingt xii.illioii.s
Usine et Siège social. Quai de Grenelle, 15, àParis
Succursales à Denain et à Douai (Nord) Chantiers de bateaux à Saint-Denis (Seine).
Constructions mécaniques y Travaux Publics Matériel d'Artillerie, Electricité dynamique.
Les Etablissements Cail sont connus du monde entier et il n*est pas une colonie importante ou un gouvernement qui n'ait été en relations d^affaires avec cette Société. A ce seul point de vue nous devons lui donner ici une large place. Mais bien d'autres considérations qui ressortiront au cours de cette étude nous invitent à décrire ces ateliers du progrès et de la science mécanique.
L'exposition des Aneleas Etablisse ments Call. a été groupée dans un pavillon aménagé avec beaucoup de goût; elle attirait de nombreux yisiteurs désireux d*examiner les machines construites par cette usine dont tout le monde connaît la réputation.
Les Aaelens Etabllsseaieiits Call* ont été, avec quelques grandes usines, les créateurs, il y a environ 60 ans, de l'industrie mécanique, qui était appelée à prendre un si grand développement.
Les produits exposés ont été compris dans un certain nombre de classes que nous réunirons en trois groupes :
1° Matériel pour les mines et la métallurgie, ragriculture. 2* Machines, matériel de chemins de fer et travaux divers. 8" Matériel de guerre.
l"" Matériel pour les Mines, la Métallurgie, rAgriculture
Chevalet d'eœ traction pour Mines. — Le dessin exposé représente un chevalet construit par la succursale de Deaain. Il doit élever un poids de 5.000 kilos se décomposant comme suit;
Cage 2.100
4 berlines 900
Charbon 2.000
A la vitesse d'ascension de 8 mètres par seconde. Kextraction en douze heures peut atteindre 600 tonnes pour une nrofondeur de 600 mètres, avec une machine à vapeur à2cjlinare8, ayant 0.500 de diamètre et 2 m. 200 de course.
MaeliiBe A Tapeur verticale C^ampoiiBd de ••• elte^aux.
Cette machine verticale, type Compound, actionne une par* tie des machines exposées dans la Classe 58.
S«s dimensions principales sont : Diamètre du cylindre à haute pression, 0.435 ; Diamètre du cylindre à basse pression, 0.700; Course des pistons, 0.700; Nombre de tours, 100.
L'attention est attirée par les dispositions spéciales adoptées pour la distribution de vapeur et la commande de la détente par le régulateur, dispositions qui, du reste, ont été brevetées.
Le tiroir à conduit cylindrique permet d'obtenir de grandes sections de passage de la vapeur pour des dimensions restreintes des' tiroirs, en assurant réquilibre complet des tuileaux cylindriques de détente; la commande du tiroir par deux tiges latérales réunies par une traverse permet de rapprocher les axes des tiges des tiroirs de Taxe du cylindre.
Extraefewni dm CSaa, mjmtètme Beale.
Ces appareils, dits extracteurs^ ont pour but de faciliter le départ du ffaz, en Taspirant au fur et à mesure de sa formation et en ofiminuant en même tezops la pression dans Tintérieur de la cornue de distillation. Celui exposé est du modèle de 8.000 mètres cubes en 24 heures.
Campressear d'air, systèvie Burekltardt.
Ce compresseur employé dans les industries chimiques, sucreries, papeteries, mines ]>erforateur8 de tunnels, etc., sont des systèmes Burckhardt et Weiss, dont les AseieBsEuibiIsBemenCs Cail sont concessionnaires ; ils sont basés sur la compensation de pression faite au moyen du tiroir, point de départ de la construction de ces machines. Ils peuvent également être employés comme machines soufflantes de fonderie .
Ces appareils peuvent être disposés pour être actionnés soit par une ibrce motrice, indépendante, soit par une machine à vapeur en connexion directe avec le cylindre de compression ; ils peuvent aussi être conjugués pour recevoir leur mouvement d'une seule machine.
Dans ce système, les valves et soupapes sont remplacées par des tiroirs fonctionnant à sec, les espaces nuisibles sont réduits au minimum; la construction en est simple, de dimensions minimes et surtout d'une faible consommation de vapeur.
Ces compresseurs peuvent sans aucun changement être employés comme pompes à faire le vide. Il sumt d'aspirer Fair dansTespace clos a purger d*air et de Tévacuerlibrement, au lieu de refouler dans te récipient Tair comprimé puisé dans Tatmosphère. (Voir description complète dans notre deuxième volume, aux mines de Blanzy).
Monfe-cliarses d« ritétol des Postes.
Les Aneleas EtabllBBements CmiU obtenaient le 18 décembre 1887, du Ministère de rinstruction publique et des Beaux-Arts, d*opérer la transformation des anciens monte-charges de Thotel des Postes, qui n'avaient pu fonctionner; le délai accordé qui était de cinq mois n'a pas été dépassé.
Description générale. — Chaque monte-charge, dans son ensemble, est un ascenseur mû par la vapeur. Mais ne pouvant agir sur une colonne de vapeur, à cause de son élasticité, pour obtenir les arrêts fixes de la cage, on a interposé une colonne d*eau entre la vapeur motrice et la cage à soulever.
L'appareil se compose de deux cylindres, dont le piston est formé de deux parties. La partie supérieure est le piston à vapeur proprement dit; la seconde *partief d'un aiamètre moindre, plonge dans un cylindre hydraulique. L'eau de ce dernier cylindre est refoulée par un tube dans une presse hydraulique, au piston de laquelle est fixée la cage de l'ascenseur par l'intermédiaire d'un câble. Ainsi, en mettant le cylindre a vapeur en communication soit avec la vapeur des chaudières, soit avec l'échappement, on force la cage a monter ou à descendre.
Cylindre à vapeur.-^ L'arrivée et la sortie de la vapeur se K)nt par un orifice ménagé à la partie supérieure du cylindre.
Cylindre hydraulique.— 1\ est placé au-dessous du cylindre à vapeur et réuni à celui-ci par deux entretoises d'acier.
Pistons. —Ils sont en fonte et réunis ensemble. Le piston supérieur, c'est-à-dire le piston à vapeur, est à double paroi, de façon à ménager un courant d'air entre la surface directement exposée à la vapeur et le reste de la masse de fonte. Autour du piston à vapeur sont tournées des gorges dans les-
âuelles viennent se loger des segments en fonte formant joints e vapeur.
Le piston inférieur ou piston hydraulique est un simple cylindre en fonte.
Presse. ^ La presse de soulèvement des cages est un cylindre formé de 4 tronçons en fonte. Il repose à la partie inférieure sur un socle en fonte ; à la partie supérieure, il est couronné par un tronçon portant la tubulure d'arrivée d*eau.
Le piston est formé par un cylindre en bronze. Sur sa surface extérieure soat ménagées des gorges circulaires destinées à arrêter le passage de Teau. A chaque extrémité de ce cylindre est une garniture en cuir embouti.
Pour diminuer la course de cette presse, on a moufdé le câble de suspension de la cage.
A cet effet, le càble est fixé par un bout à un point fixe de la toiture, passe sur une poulie mobile portée par la tige du piston de la presse, puis sur une poulie fixe placée dans la toiture, et enfin se fixe à laçage.
La poulie mobile mise sur la tige du piston, tourne autour d*un axe qui est porté par une chape à la partie supérieure de la tige du piston. Aux extrémités de cet axe et en dehors des bras de la chape sont placés des coulisseaux en bronze glissant entre des ornières verticales formant guides.
La presse est en communication par un tuyau avec le cylindre hydraulique.
Cage. — Dans cette cage peuvent se mettre deux paniers d'osier renfermant les lettres. Chaque panier pèse au maximum 200 kilogs tout compris.
Le poids de la cage vide est de 600 kilogs ; le poids total avec la surcharge est donc de 1,000 kilogs. Le poids mort de 600 kilogs est en grande partie équilibré par le poids des pistons des cyl ladres hydrauliques et à vapeur.
Le câble de suspension est fixé à la cage par Tintermédiaire d*un parachute formé d*un balancier dont les deux extrémités partent des tiges auxquelles est suspendue la cage par Tintermédiaire de ressorts toujours de tension. A ces dernières tiges sont articulées deux griffes qui sortent des cages quand, par suite de la rupture du càble, les ressorts perdant leur tension font remonter les tiges.
Des guides métalliques sont placées aux extrémités d'une diagonale.
Aux extrémités de la deuxième diagonale sont montées des guides en bois dans lesquelles viennent s*imprimer les griffes des parachutes en cas d*accident.
Câbles et poulies. — Les câbles peuvent supporter dix tonnes sans se rompre. Les poulies ont tontes 1 mètre de diamètre; elles sont en fonte et leur gorge est garnie de caoutchouc.
Distribution de vapeur. — Le distributeur de vapeur est formé par un double piston oscillant dans un cylindre qui communique à des niveaux différents avec la chaudière, le cylindre à vapeur et Tévacuation.
En plaçant le double piston au haut de sa course, le cylindre à vapeur communique avec Tévacuation ; au milieu de sa
course, les orifices sont bouchés, et an bas de sa course, le cjlindre à vapeur communique ayec la chaudière.
La manœuvre du double piston se fait par Tintermëdiaire d*une crémaillère et d*un pignon sur Taxe duquel est une roue actionnée par une chaîne Gall.
Distribution d*eau. -^ Le distributeur d*eau est formé par une boîte rectangulaire en fonte divisée en trois parties par une cloison horizontale et par une cloison verticale qui
Sartage en deux parties égales la capacité supérieure. Chacun es deux compartiments supérieurs communique avec le compartiment inférieur par une soupape pouvant s'ouvrir de bas en haut ; ces compartiments communiquent librement d*autre part, Tun avec le cjlindre à eau, Tautre avec la presse de soulèvement de la cage.
Ces soupapes sont munies de tiges traversant des presseétoupes placés dans la paroi supérieure de la boîte en fonte. Ces tiges sont terminées par des étriers dans lesquels peuvent tourner des cames dont Taxe est supporté par des paliers boulonnés sur la boîte.
A Textrémité de Tarbre à cames est calée une roue dentée sur laquelle s*enroule la chaîne Oall, qui commande déjà le distributeur à vapeur.
Les cames de commande des soupapes sont pareilles et symétriques par rapport à leur axe, en sorte qu*en tirant sur la chaîne de Gall, on les ouvre ou on les ferme toutes les deux. Une soupape ne suffirait pas et la fermeture ne serait pas instantanée avec une seule, parce que la soupape tendrait à rester soulevée pour le sens du mouvement de Teau dans lequel la pression s'exercerait sur la grande face de cette soupape.
Prises de vapeur. — La vapeur est prise sur des générateurs Belleville et pour remédier à Tinsufâsance du volume de vapeur de ces chaudières, des réservoirs sont placés à proximité de chaque groupe de six ascenseurs, et de là partent les tujaux qui alimeotent chacun des ascenseurs.
Manœuvre, — En tirant la chaîne Gall dans un sens, on aura le distributeur d'eau et on met en mémeten^ps le cylindre à vapeur en communication avec les chaudières
En tirant cette chaîne en sens contraire, on met le cylindre à vapeur en communication avec Téchappement et on ouvre le distributeur d'eau. I^e point médian correspond à Tarrôt, les distributeurs de vapeur et d'eau sont fermés.
L'organe de la manœuvre consiste en un câble fini à ses deux extrémités à la chaîne de Gall et dont les deux brins montent verticalement pour se rejoindre par dessus une poulie de renvoi placée à la partie supérieure de l'édifice. On manœuvre l'ascenseur en agissant sur ce câble, soit à la main pour la mise en marche, soit automatiquement à l'aide de taquets mobiles placés sur laçage pour les arrêts. La vitesse moyenne des ascenseurs est de 0,40 par seconde.
La hauteur totale à franchir est de 25»,69. La pression de la vapeur fournie par les générateurs Belleville est de 10 kil., mais en réalité elle est presque toujours infér.eure à 8 kilog-, et la pression de l'eau par centimètre carré est de 19 kilog.
Chacun des ascenseurs à vapeur a son installation propre en sorte qu*un accident arrivant à Tun d*eux n*a aucune influence sur les autres.
Matériel de «aererie pour la diftarion de la Itetterave
Coupes»racine8 pour betteraves, — Le coupe -racine se cornpose d'une trémie llxe supérieure en fonte dans laquelle les betteraves, préalablement lavées, viennent tomber sur un plateau de l^'SâO de diamètre armé de 20 couteaux, ayant S80 millimètres de longueur tranchante. Ce plateau fait 90 révolutions par minute- La trémie de chargement porte des barrettes inclinées à 45* pour retenir les betteraves, réguktriser leur chute et les faire porter sur les couteaux. Jusqu'ici le pivot de Tarbre du plateau était porté par une traverse coupant en deux l'ouverture de la trémie ; cette disposition offrait rinconvénient d'obstruer en partie l'ouverture de la trémie et de retenir une certaine quantité de cassettes qui, rencontrant la traverse, y séjournaient et s'altéraient au contact de Tair. Il a été remédié à cet inconvénient en faisant porter l'arbre du plateau sur une arcade qui laisse entièrement libre toute ouverture de la trémie, et permet ainsi l'écoulement complet et immédiat de la cassette dans les diffuseurs.
A la partie inférieure du coupe-racines se trouve une trémie fixe menant les cassettes produites sur un conducteur horizontal destiné à Talimentation des diffuseurs, lorsque ceux-ci sont placés en ligne ; dans le cas où les diffuseurs sont disposés suivant une circonférence, la trémie inférieure du couperacines est mobile autour de l'axe de celui-ci.
L'appareil exposé peut couper au minimum 250.000 kilog. de betteraves par vingt-quatre heures.
Diffuseurs de 15 hectolitres pour les betteraves, avec porte de vidange a bayonnette (système breveté S. 6. D. G.).
La demi-batterie de diffuseurs exposée a été construite par la succursale de Douai. Elle comprend six diffuseurs avec six calorisateurs à serpentins, disposés pour une batterie en ligne; les six diffuseurs complétant la batterie sont placés symétriquement aux premiers, de l'autre côté du conducteur des cassettes.
Les diffuseurs présentés sont d'une capacité de 15 hectolitres.
Il se construit également des batteries de diffusion cour traiter la canne comme la betterave, mais les dispositions sont modifiées à cause de la textibilité de ce végétal.
Pompes à vapeur à jus trouble. — Pour distribuer les jus troubles des sucreries aux appareils de fiitration sans pression, les Aneiena EiablUBemeniB Call, ont pris un brevet pour une pompe dont ils exposent un dessin à Téchelle de 2/5.
Autour d'une colonne, formant tout à la fois bâti de la machine et réservoirs d'air pour l'aspiration et le refoulement.
on a groupé les pompes et cylindres à vapeur, de manière à réduire autant que possible Tespace nécessaire à Finstallation de ces pompes, dont le volume des récipients d*air est largement suffisant.
Une machine à vapeur à deux cylindres actionne le système qui se met en route de lui-même lorsque le refoulement des
Sompes est libre; le mouvement se ralentit lorsque les tuyaux e refoulement commencent à s*obstruer et il s*arrête complètement quand le filtre-presse en travail est rempli. Ces résultats sont obtenus par remploi d*un régulateur de pression agissant sur la value d*admis8ion de vapeur.
Filtre-presse pour sucreries» — Employé pour filtrer sans décantation tous les jus provenant des carbonatations, il a été construit par la succursale de Douai; il est à 40 compartiments, formé par des plateaux carrés de 1 mètre de côté, le mode de serrage le rend complètement ëtanche. L'appareil est à lavage et des robinets d air laissent pénétrer Teau pour désucrer les tourteaux. Les robinets d*écoulement du jus filtré sont installés sur une partie de Tappareil,; l'autre partie est munie de soupapes du système CIzeh.
Appareils d'évaporation d basse température et d triple effets pour sucreries, — L'appareil exposé qui peut opérer sur 2.400 nectolitres de jus par 24 heures, se compose de trois chaudières différentielles ayant ensemble 320 mètres carrés de surface de chauffe et emploie le calorique latent de la vapeur qui a déjà développé sa force motrice dans les diverses machines de Tusine. La partie tubulaire de chaque chaudière est divisée en trois compartiments qui sont alimentés chacun par un robinet d'arrivée de vapeur que Ton règle à volonté pour que révaporation soit uniforme sur la surface du liquide à évaporer.
Chaudière close pour cuire en grains dans le vide. — Cet appareil est destiné à concentrer les sirops jusqu*à la cristallisation du sucre.
La chaudière exposée a 2",750 de diamètre. La disposition adoptée pour les robinets d'amenée de vapeur est telle que, pour le ctiauffage, on peut à volonté faire circuler de la va-
Seur directe dans un nombre quelconque des six serpentins ont elle est garnie, pendant que les autres reçoivent la vapeur d'échappement des machines motrices de Tusine.
La grande hauteur (2"" ,400) donnée à la calandre ou partie cylindrique de rappareiU permet d'obtenir du sucre en très gros grains, les charges de sirop répétées amenant du nouveau sucre en dissolution, qui vient nourrir les cristaux déjà formés et augmenter par conséquent leur volume selon les demandes du marché,
La capacité utile de cette chaudière donne à chaque opération un volume de 140 hectolitres de masse euite.
La pompe est à double effet.
Les chaudières closes à cuire dans le vide se construisent |;énéralement pour les sucreries, en fonte avec calandre en tôle, mais pour les raffineries elles se font entièrement en ouivre, dont le modèle a été adopté par les principales raffineries de Paris.
Filtre à sucre, système Kasatowsky,-^ Ce filtre mécanique breveté convient pour filtrer les jus et les sirops, même sons ane grande pression.
La surface filtrante est supportée par des spirales en fil d*acier qui n'obstruant aucune partie du tissu ûltraot, permettent, lorsque la couche dMmpuretés prend une certaine importance et que le débit diminue, d*augmenter la pression en réglant Tonverture du robinet d*entr6e pour assurer la débit en filtre.
Turbines pour le raffinage du sucre par le procédé Teetz^ Selwey et Lange, — Le groupe de trois turbines exposé est destiné à la production dans les sucreries du sucre ratfiné en tablettes; ce procédé permet aux fabricants de sucre de transformer directement leurs produits en sucre raffiné cassé en morceaux.
Les sirops obtenus par la refonte des sucres bruts, après avoir été envoyés à la chaudière à cuire, tombent en masse cuite dans les cristallisoirs.
Ces cristallisoirs se composent d*un récipient en tôle iplvanisée, partagé en huit parties à Taide de cloisons mobiles placéob dans le sens de la largeur. Ces huit parties sont ellesmêmes divisées en un certain nombre de cases à Taide de S laques en zinc; les espaces existant entre ces dernières sont estinés à être remplis par la masse cuite, pour former des plaques dont Tépaistieur peut être variable.
Lorsque la masse est suffisamment cristallisée, les blocs sont retirés des cristallisoirs et placés dans la première turbine pour y être traités jusqu'à ce qu'il ne se produise i)lu8 aucun écoulement. Les blocs sont alors mis dans le récipient en fonte existant entre la première et la deuxième tur- Dine; c'est dans ce récipient que se fait le premier clairçage. La clairce employée à cette effet est celle provenant du turbinage dans la troisième turbine.
Les blocs sont ensuite repris et placés dans la seconde turbine pour y être traités de la même façon que dans la première, puis enfin dans la troisième turbine oii se termine le claiçage.
Ils sont ensuite séparés ; on démonte les châssis, on enlève les plaques en zinc placées entre les plaquettes de sucre qui sontportéesà Tétuve; après quelques heures d'étuvage, lesplaquettes peuvent être iingottees et mises en morceaux.
Par 100 kilog. de masse cuite sortant de la chaudière, on obtient 56 kilog. de sucre cassé.
2"" Machines et Matériel de chemins de fer et travaux divers.
Locomotives, — La locomotive Crampton exposée provient d'une fourniture de 50 locomotives faites par l'usine Der^sne et CmII en 1849
Cette locomotive donne des résultats très curieux au point de vue de sa durée, parcours effectués, etc. En voici un résumé:
Prix de la machine en 1849 : 58,000 fhines.
Chaudière timbrée à Torigine à 1 atmosphères.
Le parcours efTectué : l,10l,40li) kilomètres, soit environ 28 fois le tour de la terre.
La dépense d'achat et de réparation s'élève à 0.210 par kilomètre parcouru.
Locomotive-tender à voie normale pour chemin de fer d'intérêt locat, — Cette locomotive esî à six roues accouplées, le diamètre des cylindres 0'',400. Surface totale de chauffe 80",40. Capacité de chaudière 2,550 litres. Puissance de traction, d*après le 1/7 du poids adhérent avec 1/2 des approvisionnements 4,664 kilog., d'après les organes 4,000 kilog.
Locomotive- tender à voie étroite, — Cette locomotive à quatre roues accouplées, est construite pour voie de 0 m. 800 entre rails; tous les mouvements sont antérieurs aux longerons ainsi que la distribution, ce qui rend le mécanisme très abordable. Diamètre des cylindres : 0 m. 165.— Surface totale de chauffe : 7 m. c. 46. — Ôapacité de la chaudière: SlO litres.
— Puissance de traction, d'après le 1/7 du poids adhérent avec 1/2 des approvisionnements : 714 kilogr., (Taprès les organes : 640 kilog.
Locomotive sans foyer. ^Ia locomotive sans foyer d'origine américaine du système Laoibi, perfectionnée par M. Franeq,
n'a qu'un réservoir cylindrique pour générateur de vapeur pouvant résister à 15 kilog. de pression. La vapeur est fournie par un générateur stationnaire. Ces locomotives ne faisant pas de fumée, n*ayant pas de foyer, sont exemptes d'odeurs et évitent surtout le danger d'incendie et peuvent convenir dans les exploitations agricoles, plantations et cannes à sucre, où les incendies sont si froquentiB avec les machines ordinaires. Ces machines fonctionnent depuis neuf années sur la ligne de Roubaix à Lille.
Presse monétaire (système Thurmelin). — Le principe de cette presse consiste spécialement dans l'emploi de la virole brisée pour frapper ciu même coup la face, le revers et l'exergue de la pièce.
Cette presse a été adoptée par l'Hôtel des Monnaies de Paris et de nombreux Etats étrangers, elle frappe à la minute 65 à 70 pièces de 50 c; 50 à 60 pièces de 1 tr.; 40 à 50 pièces de 5 fr. argent ou pièces de grandeurs correspondantes, soit en cuivre, or ou argent.
Ascenseur des Fontineties pour bateaux de 300 tonneaux,
— Les Avelens établUseaicvta Call exposent un petit modèle en relief de l'ascenseur hydraulique qu'ils ont construit
Srès d^Arques au lieu dit les Fontinettes, canal de Neuffossé, épartement du Pas-de-Calais.
Le canal de Neuffosé réunit les ports de Calais, Gravelines et Dunkerque aux lits canalisés de la Lys et de l'Escaut, au Nord et au canal de Saint-Quentin, au Sud, faisant communiquer ainsi nos ports du Pas-de-Calais avec Lille et la Belgique d'une part, et avec le bassin de la Seine et Paris d'autre part.
Ce canal est, comme trafic, Tundes plus importants du Nord de la France, mais an lieu dit des Fontinettes, il est Interrompu par une série de cinq écluses superposées, et Tencombrement était tel depuis plusieurs années, qu'on fut obligé de consacrer la moitié de cnaque semaine au passage des bateaux montants et Tautre moitié au passage des bateaux descendants, et alors la durée du passage d*un bateau était réduite à 1 h. 40 m. Malgré cela, Tentraye apportée à la navigation était trop grande, et le Ministre des travaux publics mit un projet au concours en 1880. Le conseil des Ponts et Chaussées se décida, après examen des divers projets, à adopter Tascenseur hydraulique, système Clark, qui permet de âduire à moins de cinq mmutes la durée du passage d*un bief à Tautre.
L*appareil se compose essentiellement de deux sas ou portions de canal capables de contenir les plus gros bateaux. Chacun de ces sas est en équilibre à Textrémité d*une presse hydraulique, les deux presses communiquant entre elles par un tuyau muni d*une vanne.
Les deux presses et les deux sas sont identiques. Les sas ont 40 mètres de longueur, 5 m. 60 de largeur et 2 mètres de profondeur, pouvant recevoir des bateaux jaugeant environ SOO tonneaux.
La course des presses est de 13 m. 18, différence de niveau entre les canaux supérieur et inférieur. Le diamètre des pistons hydrauliques est de 2 mètres.
Lorsque la profondeur d'eau est déterminée dans un sas, le poids de ce sas est le même, qu'il contienne ou non des oateaux, et lorsque les deux sas sont de niveau et la communication ouverte entre les deux presses, le système est en équilibre si les deux sas sont de même poids. Si, au contraire, les deux sas sont de poids différents, le plus fort descendra en forçant le plus léger à monter.
L*ascenseur est formé de deux sas montés sur les pistons de deux grandes presses hydrauliques. La construction des sas n*offre aucune particularité remarquable. Les presses, au contraire, dépassent de plus du double, comme dimensions, les plus grandes presses existantes. Elles ont 2 m. 08 de diamètre intérieur, 13 m. 13 de course, et fonctionnent sous une pression normale de 25 atmosphères.
Pendant les dixpremiersmoisde son installation. Tascenseur areçu 9,136 bateaux, jaugeant. ensemble 1,261,800 tonnes.
Ponts métalliques. — Les aneienB ètablIsseBients Gaii
exposent les photographies des ponts construits par eux, depuis 1878, nous remarquons :
La passerelle de Pile des '.Cygnes, sur la Seine, à Paris (1878), la longueur du tablier est de 120 mètres sur le grand bras et 90 mètres dans le petit bras de la Seine, le poids de la partie métallique du tablier 405,000 kilog., le poids parjmètre carré, 290 kilog.
Le pont sur le Quadalquivir, à Palma (Espagne) (1882-83), longueur, 208 mètres, partagée en cinq travées. Les poutres sont en treillis, le poidsjdu pont est* de 400,000 kilog., celui des piles en fonte atteint à peu près le même chifll*e.
Pont sur la Loire, à Saumur (1883-84). Ce pont, destiné au passage de la ligne construite par les chemins de fer de TEtat
Sour relier Paris à Bordeaux, est à deux voies, a 1,050 mètres e longueur, est formé de 14 travées de 75 mètres, et son poids est de sept millions de kil. Le tablier métallique est formé de deux poutres continues à treillis de 7 m. 60 de hauteur.
Quatre ponts construits sur le chemin de fer de Tarascon à Ax (1886-89). Plus de quinze ponts sur le chemin de fer de ceinture de Paris (1887-89), construits sans entraver un seul instant la circulation des trains sur la ligne. Le pont rue Caulaincourt (L888), d*une longueur de 135 mètres, dont le poids est de 842 tonnes. Le pont d*ArcoIe, à Paris (1888-89), reconstruit.
Puis enûn les coupoles tournantes en acier de 7 m. 50 de diamètre pour les Observatoires de Meudon, Santiago et de San-Fernando de Cadix. Le pavillon du Mexique (temple zatèque) servant à Texposition des produits de la République Mexicaine au Champ de Mars recouvrant un espace rectangulaire de 70 mètres de long sur 33 mètres de large ; la hauteur du bâtiment est de 14 m. 50, la couverture est en tôle. Ce bâtiment démontable sera transporté au Mexique après la clôture de TExposition.
Appareil purificateur cTeau^ — La nécessité d'une eau pure pour Talimentation des grandes villes a obligé d'avoir recours à des moyens artificiels de purification pour détruire les germes que les eaux peuvent contenir.
Certaines villes, Anvers, Dordrecht, Gunda sont pourvues d'appareils du système Anderson se composant de cylindres horizontaux tournant autour de tourillons creux par Tun desquels Teau entre dans l'appareil pour en sortir par l'autre.
Une quantité de fer, d'après le système Anderson, enlève la couleur des eaux impures, réduit les matières organiques et détruit les produits fermentes dus à la putréfaction.
Le cylindre reçoit le dixième de son volume en fer qui est mis ensuite en mouvement au moyen d'une force motrice .
Par ce mouvement, l'eau impure traverse l'appareil et reçoit Faction du fer qui, remonté par les palettes, tombe constamment à travers l'eau. L'effet est plus prononcé que lorsque le 1er est emplové sous forme de nltre et l'économie réalisée dans le coût du nettoyage est très considérable.
Les analyses faites avec beaucoup de soins sur différentes eaux ont montré l'efâcacité absolue de ce système qui donne comme résultat la destruction complète des germes organiques, Tabsorption totale de l'ammoniaque libre et la réduction de 75 0/0 de Tammoniaque albuminoïde.
Ces appareils peuvent purifier de 133 à 6.500 mètres cubes d'eau par 24 heures.
Moteur à vapeur de naphte appliqué à Ut navigation de plaisance. — Au centre du pavillon, figure un canot muni d'un appareil moteur du système Quillfeldt (breveté s. g. d. g.) à vapeur de naphte.
Les machines à vapeur d'eau appliquées sur les canots les surchargent d'un poids exagéré comme combustible et Tappa-
reil moteur très encombrant exige an temps assez long pour être mis sous pression.
L'emploi de la vapeur du pétrole rend d'excellents services tant par ses qualités de sécurité, de simplicité que par le faible volume de son moteur.
La vapeur de pétrole sert à la fois de combustible dans une chaudière à serpentin et d'agent moteur dans une machine à trois cylindres agissant à simple effet.
La machine est surmontée de son appareil évaporatoire, de sorte que l'ensemble est des plus compacts. Dans une enveloppe cylindrique ouverte à 1 air libre, se trouve un serpentin en cuivre qui constitue le générateur dans lequel le pétrole vient produire tout à la fois la vapeur nécessaire au chauffage du générateur et au fonctionnement du moteur.
Un réservoir placé sur l'avant du bateau contient la provision de pétrole Près de la machine se trouvent deux pompes accessoires, l'une à air, l'autre à pétrole ; ces deux pompes fonctionnent à la main, ne servent que pour la mise en marche de l'appareil. La mise en train se fait en 3 ou 4 minutes et la machine entre d'elle-même en fonctions.
La consommation varie de 4,5 litres et 6,7 litres par heure pour les machines de 2 à 4 chevaux.
Enfin il n'y a ni bruit, ni fumée, ni échappement de vapeur; de plus le faible poids du moteur permet de l'installer a l'arrière et on n'a à redouter aucune explosion. Chaq^ue bateau peut emporter, selon sa capacité, un approvisionnement nécessaire pour obtenir une marche de 50 à 80 heures environ.
S* Hatériel de snerre.
Le matériel de guerre, enfin, comprend les pièces de montagne, de campagne, de siège et de place, de marine et des côtes du système de Bange, et des canons à tir rapide du système Ëngstrom.
Matériel de montagne, — La bouche à feu exposée, du calibre 80 millimètre, est semblable au canon réglementaire de l'artillerie française (*),
L'affût diffère de l'affût réglementaire en France en ce qu'il ne comporte pas de rallonge de flèche et qu'il est muni d'enrayures à ressorts pour limiter le recul ; le matériel peut être transportée dos de mulet ou sur roues, au moyen d*une limonière. Dans le premier cas, un premier mulet porte le canon, un second l'affût, un troisième les roues et la limonière ; les caisses à munitions sont portées deux par deux par un mulet, chacune d'elles contient sept coups.
Matériel de campagne, — Les bouches à feu exposées sont également du calibre de SO ,* l'un est un canon léger destiné
(1) Les dimensions principales des pièces d'artillerie'ont été réunies dans un tableau qui se trouve à la suite de la description du matériel de guerre, page 686.
aux pays montagneux ; Tautre est le canon réglementaire dans Tarmëe française. L*affùt est en tôle d*acier et muni de quatre sabots d'enrajage; Tayant-train est complètement métallique, le coffre contient 18 projectiles et 20 gargousses.
Matériel de siège et de place, — Le matériel exposé comprend un canon de 155 milumètres. Le canon de 120 est du modèle réglementaire de France. Comme Tobusier de 155, Taffût est également du modèle réglementaire et muni d*un f^ein hydraulique, il est entièrement en acier. Les projectiles exposés sont un obus ordinaire et un shrapnel.
Matériel de marine et de côtes. — Les Anelena établiase-
meniB Gaii exposent un canon de 155 sur affût de bord, destiné à tirer à de grandes vitesses : la mise de ieu est faite par une étoupille obturatrice à friction système de Bange. OL^affut en acier coulé est à pivot central et IVein hydraulique ; un masque en tôle d'acier chromé fixé au châssis garantit les servants contre le tir de la mousqueterie et des canons-révolvers. Le mortier de 270 est celui eqiployé en France pour le service des côtes. L'affût glissant en acier ne reçoit de roues que pour les transporta.
Le Canon de 320 monté sur affût de côte est renforcé an moyen du frottage biconique du colonel de Bange, qui a pour but de faire concourir les frottes à la résistance longitudinale du canon. L'affût permet de tirer sous des limites d'angles très étendus et à rendre le pointage très facile; des freins hydrauliques s'opposent à la fois au recul et au soulèvement de l'affût.
Des essais faits à Calais en mai 1889 oût constaté que la puissance vive du projectile à sa sortie du canon est de 8,622 tonnes mètres. Cette puissance serait suffisante pour élever m bouche à feu à une hauteur de 183 mètres et pour produire les effets suivants:
Epaisseur de la plaque en fer traversée par le projectile à sa sortie du canon : 0 m. 90.
Epaisseur de la plaque traversée par le projectile à la distance de 1,500 mètres :0 m. lo.
Sa portée est de 20,000 mètres.
Canons à tir rapide. — Les deux canons exposés sont du calibre 57 millimètres et spécialement destinés au flanquement dos fossés ou à être employés comme canons de campagne. La fermeture est du système Engstrom, et la manœuvre de ces canons est très facile. La rapidité du tir est d'environ 85 coups par minute.
L'affût est muni de freins absorbant la force vive du recul qui est très faible. Il ne porte pas d'appareil de pointage, le canon étant muni d'une crosse qui sert à tirer à l'épaule.
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