NORD
L'exposition de la société anonyme des hauts fourneaux de Maubeuge est un petit chef d'oeuvre d'élégance et de bon goût. Je ne sais qui a présidé à Tarrangement harmonieux des objets exposés, mais, tous mes compliments. C'est de Tart.
Je veux décrire tout cela minutieusement.
Le rectangle allongé qui circonscrit l'Exposition dans le pignon gauche du pavillon du Nord est encadré par quatre pylônes formés d'obus rabotés qui supportent une oalustrade en rondin de fer cordelé à froid et imposant d'aspect.
Au premier plan, sur le sol recouvert d'une tapisserie rouge des obus ogivaux coupés par le milieu ou entrouverts pour faire voir l'intérieur. C'est, le côté guerre, destruction.
Au fond au centre, alors, le côté construction, sous forme d'un obélisque entièrement composé de fer à T, ornementé de cornières en gammes et dans le soubassement tous les engrenages possibles et imaginables, avec une étoile comme couronnement, formée d'engrenages et d'emboutis superbes.
De chaque côté du soubassement une trophée d'obus.
Au fond enfin, à droite et à gauche, suspendus à la cloison, des chefs-d'œuvres de torges, de grands profilés, cintrés à froid et à chaud formant demi cercle et appuyés sur le sol autour de l'obélisque central comme un arc en ciel.
Tel est l'aspect général de cette très magnifique exposition.
On dirait de loin un monolithe noir, debout, surmonté d'un soleil et s'appuyant sur une demi circonférence en forme d'arc monumental.
Examinons maintenant les choses en détail
lies obiui
Sur un longeron de fer à T de 250 sur 203 on voit 23 types d'obus, dont on a enlevé le li4 ou la moitié du métal pour faire voir l'intérieur. C'est merveilleux de précision comme moulage. On y voit depuis l'obus des petits Hotchkiss jusqu'au gros calibres.
Des obus entiers sont parsemés ça et là sur le premier degré de l'estrade. Ils ont tous à la base le cordon en cuivre rouge qui assure l'obturation.
C'est en résumé toute la série des projectiles bruts et tournés dont la fabrication est une spécialité des fonderies de la Société depuis que l'on emploie Tobus ogival.
Détail intéressant à noter, Tusine a été cliargée en 18*72- 1873, lors du ranouvelleoient du matériel de rartillerie, de faire les différents types dressai présentés à Tadministratio n de la guerre.
Pylône eeitiral
Que dire du grand pylône central ; il comprend les principaux échantillons de ter soudé et de ter fondu profilés fabriqués par les laminoirs de la société.
Tout ce que Ton peut rêver comme petits engrenages, cônes, cyîindnanes, pleins, à rayon, conjugués ou non, destinés aux machine» outils, etc., sont là, constellant la base du pylône.
11 es>t lui \nême constitué par des gammes stratitlées' en hauteur:* décroissantes de fers a double Ttrès beaux de pureté de lignes. En haut, ce fameux soleil composé d'un grand engrenage ayant comme rayons extérieurs des obus entiers emboutis et au centre les arabesques du forgeron qui flamboient, formant le chiffre de la Société sur fond d*or H. F. M. entrelacés.
liés.
Au fond les profilés recourbés, c'est-à-dire la j^rosse barre en I de 400 millimètres sur 140 en fer soudé, cintré à froid sur un rayon de 2 m. 85, le longeron symétrique de 250 X 203 en fer fondu cintré à chaud sur le même rayon, la barre de fer U de 230 millimètres, cintrée sur un rayon de 2m,65; deux barres de petits fers, Tun en U de 30 x 15 de 37 mètres, l'autre en 1 de 22 X 15 de 40 mètres.
Et encore le longeron en fer soudé de 250 millim. de hauteur et de 205 millimètres de largeur qui a 20 m. 50 de longueur.
Et le petit longeron enferfondudel9m. 50 de longueur, tous les deux supportés jusqu'au plafond du pavillon et sur presque toute sa longueur par des rondins de fer formant colonnes. Nous y avons déjà signalé le grand profilé de la Providence.
L'esprit reste étonné de pareils tours de force et se demande où Ton s'arrêtera dans cette voie
Ces longerons sont employés couramment déjà dans la construction des plaques tournantes de la Compagnie P. L. M.
Piinoplies de petit* profilés.
Que dire des deux panoplies des petits profilés qui s'élèvent de chaque côté du pylône central. Là sont réunies les diverses barres cornières, double 1 et U en fer soudé et fondu ayant subi différentes épreuves, la torsion, le martelage àfh)id,tous le spécimens du travail de forge sur des profilés, ainsi que des volutes en rail Vignole de 10 kil. par mètre courant, du fer à H de 22 X 15 d'une longueur de 40 mètres arrondi en spirale et à froid.
Tout cela est merveilleux d'audace tranquille et de tours de force réalisés.
Vitrines.
Dans des vitrines luxueuses s'étalent les essais de rondins en fer fondu de 20 millimètres dont la résistance est de 47 k. "T, 1 allongement de 30 0/0 et rétrietion de 0,550/0 î
Surtout des échantillons de fonte pour plongeurs des ascenseurs de la tour Eiffel ayant donné 16 k. 9, 17 kil., 18 k.5 et jusqu'à 21 kil. de résistance à la traction 1
Je passe tous les pliages à froid et les fantaisies abracadabrantes des habiles forgerons qui n'ont pas oublié Tartistique tradition de leurs pères du siècle dernier.
Pour les fers, il y a les échantillons officiels d'une fourniture de 300 tonnes de fers profilés pour la Compagnie du Saint- Gothard (fer soudé) dont les conditions imposées et largement remplies étaient :
1" lot. Résistance à la traction 38 k.
Allongement 23 0/0.
2* lot. Résistance. 38 k.
Allongement. 13 0/0.
On le voit, on fait pour ainsi dire maintenant tout ce que Ton veut au point de vue des propriétés du métal.
Ii« plongeur pour iMoenseiir
En face de TExposition que nous venons de décrire aussi exactement que possible, on a couché un spécimen de plongeur creux et raboté de Tascenseur à piston articulé de la tour Eiffel fourni par la Société de Maubeuge.
C'est un cylindre de plus de trois mètres de longueur sur un mètre de diamètre extérieur dont les conditions de résistance au choc sont éminemment remarquables . Au choc la fonte donne 51 k 65 en moyenne et à la traction 18 k.lO.
On ne peut pas, je crois, trouver qualité plus fine et plus appropriée à l'emploi recherché.