ToMe en fonte
Tout le monde remarque enfin rénorme table en fonte pour la fabrication des verres cannelés et losanges en métal extrêmement serré d'un poids formidable de 5,000 k.
Elle est destinée au coulage des verres et les losanges striés de sa surface ne laissent pas voir la moindre soufflure ou le moindre défaut.
Les dimensions de cette formidable plaque sont de 4"* X 1-30 X 130 mill. On ne saurait croire combien les visiteurs'semblent apprécier la beauté du grain et le fini de travail des gravures losangées dont elle est recouverte .
Ces tables pour lesquelles la France était autrefois tributaire de l'Angleterre sont devenues la spécialité des usines de la Société de Maubeuge qui les livre couramment aux manufactures de glace fï'ançaises belges et allemandes*
SoBiieries éleetriiguem de ehemliitf de fer
Chacun se rappelle les sonneries électriques du chemin de fer du Nord par appareils à block system dont on entend le tintement à chaque déçart de train. Ces sonneries en fonte brute autrefois fabriquées par TAllemaffue sont exécutées maintenant couramment dans la fonderie de la Société de Maubeuge.
Encore une conquête sur l'ennemi.
IfA sottiiare éleetriiitte
Une des attractions du pavillon du Nord est la soudure électrique. Là, abrité derrière une cage vitrée en verre sombre, on aperçoit un travailleur masqué, armé d'un arc voltaïque d'une puissance inouie qui fait couler comme Teau en goutelettes éclatantes, le fer fondu, le fer forgé, la fonte et tous les métaux.
Quelle merveille de pouvoir souder sur place sans avoir à les rapporter au four et a les exposer à des détériorations dangereuses, les pièces de fer les plus grosses.
C'est l'apparition de l'électricité dans la métallurgie. On ira loin dans cette voie. L'aluminium à bon marché sortira peutêtre de ces essais, dont la nouvelle, il y a quelques années, aurait stupéfié nos praticiens.
La soudure électrique du fer, on ne le remarque peut-être pas assez est un des rares procédés nouveaux et originaux que nous offre l'Exposition de 1889.
Nous en reparlerons peut-être.
lia minière de 1» Cote Rouse
Toutes ces fabrications, tous ces produits merveilleux ont une origine. Comme Antée, ils ne seraient rien s'ils ne puisaient le minerai, leur raison d'être, dans la terre.
La Société de Maubeuge associée à la Société de Denain- Anzin s'est assuré en France une exploitation importante de minerai à Hussigny (Meurtlie-et-Moselle).
Les minerais exploités sont des minettes^ oxydes de fer en stratification à peu près horixon taies et presqu'à fleur de terre situés dans les montagnes du bassin de Longwy.
Un modèle parfaitement exécuté à l'échelle de 2"»/" pour un mètre par M. J. Dlfi^eon, de Paris, représente la méthode d'exploitation usitée à Hussigny.
Le sol est composé d'un massif mamelonné avec de petites vallées creusées par les ruisseaux. C'est dans ces vallées, que Ton a attaqué naturellement les couches décapées par la morsure des eaux torrentielles. A partir de ce point de départ tout le mamelon a été attaqué par sa base. D'abord on voit les locomotives et les trains gravir la montagne sur des rampes pour aller chercher le déblai superficiel de terre végétale.
Puis vient ensuite une couche de calcaire ferrugineux^ ser*"
vant de castine pour la fusion . Sous elle s'étend alors une prejnièra couche de minerai, la mine rouge^ dont un cube énorme existe à rentrée du pavillon du Nord comme échantillon.
En dessous une petite couche de calcaire, puis la mine grise et dessous, la mtne noire, car on remarque que le minerai noircit en profondeur, c'est-à-dire que peut être la quantité de matières organiques augmente.
Toute l'exploitation peut se résumer en quelques mots.
Décapage des terrains stériles superticiels par des voies au plus haut niveau possible; enlèvement et exploitation des minerais par des voies au plus bas niveau possible dans le fond des vallées.
Un jour viendra où évidemment la tonne du terrain stérile à enlever surpassera de beaucoup le cube du minerai utile à enlever. Mais à ce moment on entrera en galerie, ce qui semble déjà commencé à la Gôte-Rouge et la mine aura fait place à la minière.
Espérons qu'à ce moment une législation libérale et protectrice en même temps aura remplacé Vimbroglio légal actuel qui soumet les minières à un régime mal défini et préjudiciable à tous les intérêts.
M. Beiuird, l'éminetit président du Conseil et notre collègue à la Chambre est mieux placé que tout autre pour résoudre cette question si complexe et si délicate.
En resumé, le gîte de la Côte Rouge à peine touché par l'exploitation donne la notion d'une richesse pour ainsi aire inépuisable.
Une affaire assise sur de teflles bases peut déûed:* le temps.
Conformons nous à l'habitude contractée dans ce livre. Un mot d'historique est nécessaire.
La Société des Hauts-Fourneaux de Maubeuge, fondée en 1837, avait pour objet, à son début, la fabrication de la fonte brute et l'exploitation des gisements de minerais de fer de l'arrondissement d'Avesnes
Créée par des Valenciennois à l'aide de capitaux français, elle est restée depuis sa fondation jusqu'à l'époque actuelle essentiellement française par ses actionnaires, par ses administrateurs et par sa direction.
Elle fût l'origine de ce grand centre industriel de Maubeuge, devenu aujourd'hui un des plus importants de la France au point de vue de la fabrication du fer.
L'usine se composa d'abord de 2. puis de 4 hauts fourneaux. On j adjoignit, en 1841, une fonderie de première et de seconde fusion, oii grâce aux minerais environnants on obtint des fontes de qualité exceptionnelle qui ftirent livrées dès cette époque aux adminisirations de la Guerre et de la Marine.
En 1852, on fonda des laminoirs où fut entreprise la fabrication des rails et de la tole. Depuis la généralisation de l'emploi des rails d'acier, ces laminoirs ont été complètement
transformés et appropriés à la fabrication des fers spéciaux et notamment des gros profilés.
A la même époque, des ateliers de construction furent créés à côté des fonderies. Ces ateliers, qui ont commencé par s occuper de la constrution du matériel fixe de chemin de fer, se sont constamment développés jusqu'à nos jours.
Vers 1865, la découverte des riches fcisements miniers de l'Est de la France, ayant rendu difficile le traitement avantageux des minerais de l'arrondi ssement d'Avesnes, la Société de Maubeuge se préoccupa de s'y créer de nouvelles ressources minières. Elle se livra, depuis cette époque, à une série de travaux de recherche qui contribuèrent puissamment à la reconnaissance et à la mise en valeur de l'important bassin minier de Meurthe-et-Moselle et qui lui valurent d'obtenir successivement, tantôt seule, tantôt en participation avec d'autres Sociétés les concessions de :
Buthegnémont de 328 hectares.
Godbrange 952 —
Tiercelet 769 — -
Jamy 812 —
d'une superficie totale de 2.861 hectares.
Elle achetait, de plus, avec la Société de Denain et d'Anzin les terrains miniers de la Côte-Rouge, les plus riches du bassin de Longwy, d'une superficie d'environ 21 hectares, dont le plan en relier figure à l'Exposition.
Enfin, elle créait, en 1883, à Senelle près de Longwy, sous le nom de Senelle-Maubeuge, une nouvelle usine, au capital de 4 millions, composée de trois hauts fourneaux, dont deux de grandes dimensions, qui, sous la direction de MM. D'Hnari frères produisent journellement chacun 80 tonnes de fonte de moulage ou 100 tonnes de fonte d'affinage.
CoBAlstanee «etuelle des aaiiie«;de JUnulieuve
Construites sur un terrain de 25 hectares, dont 3 h. 10 de superficie couverte, situé entre le chemin de fer du Nord et le canal de la Sambre, les usines de Maubeuge comprennent : Deux hauts fourneaux Une importante fonderie Des laminoirs à fer et à acier Des ateliers de construction.
Les deux hauts lourneaux, de grandes dimensions, produisant chacun 90 à 100 tonnes par jour de fonte d'atfinage, ont été substitués à quatre anciens d'une production moindre.
Ils ont été construits avec les derniers perfectionnements. Ils sont munis d'appareils Whltw«li et de deux fortes machines souf fiantes qui ont remplacé 4 machines anciennes à balancier.
La Fonderie est desservie par4 cubilots de systèmes nouveaux, 2 ventilateurs Boou un monte-charge mécanique, 10 grues dont 3 de 15 tonnes et une dé 25 tonnes mue par un câble télédynamique.
Elle produit annuellement de 5 à 6,000 tonnes de fontes moulées de toutes sortes et la puissance de son outillage lui permet de couler des pièces d'un poids de 50,000 kilogrammes.
Les Laminoirs se composent :
D*une Halle de puddiage contenant 2 trains, 4 marteauxpilons, d4 fours doubles qui ont été récemment substitués à 48 fours simples, 2 cisailles à leyier et 1 cisaille double à vapeur;
D*une Halle de finissage comprenant 2 petits trains à courroies avec trains d'aisance, 2 trains moyens et 2 gros trains récemment créés pour le laminage à grandes longueurs des gros profilés.
Ces 6 trains, montés en trios, sont desservis par 10 fours à réchauffer, dont 3 à grande production, 5 scies circulaires à chaud, oscillantes, 6 cisailles à vapeur dont 2 de 40 tonnes,
1 presse à vapeur à f^oid et 2 machmes à dresser les cornières. Deux ateliers de réparation et de tournaee des cylindres,
activés par 3 machines à vapeur, sont annexés aux laminoirs.
La production annuelle de cette partie de Tusine en marche normale est de 45,000 tonnes de fers et aciers marchand et profilés.
Les Ateliers de construction produisent annuellement de
2 à 4,000 tonnes de fontes et fers ouvrés. Ils sont constitués par :
Une forge comportant 20 feux et 2 marteaux-pilons ; '
Deux halles contenant des machines-outils de toutes sortes : tours, raboteries, fraiseuses, foreries, etc., etc., activés par une machine à vapeur de 50 chevaux et desservis par une grue-locomobile et 4in pont roulant automatique de 15 tonnes ;
Deux halles d'ajustage et de montage avec leurs grues-looomobiles;
Une halle de chaudronnerie munie d'un grand four et spécialement outillée pour le cintrage des gros profilés.
Un atelier de soudure électrique par le système Benardos, a été établi depuis une année environ. Il est composé d'une machine à vapeur de 100 chevaux activant deux dynamos de 300 ampères et d'une batterie d'accumulateurs de 40 éléments.
On opère, dans cet atelier, les soudures au moyen de l'arc voltaïque qui met instantanément en fusion les métaux à souder.
Ce nouveau procédé est encore à l'état naissant, mais les expériences déjà faites ont démontré qu'il est appelé à rendre de véritables services dans une quantité de cas exceptionnels. C'est ainsi que l'atelier de Maubeuge est arrivé dans ces derniers temps à souder le fer et nickel, résultat que l'on n'avait pu encore obtenir par les procédés ordinaires.
Far0e motriee
Les usines renferment :
Deux grandes machines soufflantes de 200 chevaux cha^ cune ;
Quarante-quatre machines à vapeur d'une force totale de 5,500 chevaux;
Quarante-cinq générateurs dont sept de différents systèmes tubulaires;
Trois grues-locomotives, dont une d'une puissance de 15 tonnes, spécialement destinée au montage des gros trains ,-
Trois locomotives pour le service de la traction, dans l'intérieur de Tusine, des matières premières et des produits finis.
Ces établissements sont desservis par la Compagnie du Nord à laquelle ils sont reliés par deux embranchements, par le canal de la Sambre sur lequel ils ont un quai de 150 mètres de longueur et, dans Tintérieur, par plus de 1 kilomètres de voies montées sur traverses métalliques fabriquées par Tusine.
Iiiirriiisons
Les établissements de la Société de Maubeuge ont pris part, depuis 50 ans qu'ils sont fondés, à toutes les grandes entreprises de travaux publics et privés.
Ils ont livré aux chemins de fer 120,000 tonnes de coussinets en fonte et une quantité triple de rails, alors qu'ils se laminaient en fer; ils ont monté environ 400 ponts en fonte et fer, construit la partie métallique de près de 200 gares, fourni environ 3,500 j)laques tournantes à la voie de 1"50 et se sont ftiit une spécialité die tout ce qui est construction de matériel fixe pour les chemins de fer.
En même temps, ils ont constamment livré aux administrations de la Marine et de la Guerre des fontes d'une ténacité remarquable, notamment en projectiles de toutes dimensions: depuis 1859, 2,653,000 obus formant un poids total de 13,622,000 kilogrammes sont sortis de leurs fonderies.
Ils ont pris part à la majeure partie des fournitures de fer et de fonxes destinées aux grandes constructions nouvelles : entre autres, celles des Halles Centrales, du Palais de l'Industrie, de la gare Saint-Lazare, des bâtiments de l'Exposition.
Non seulement la Société a constamment alimenté de ses produits le marché français, qui est son principal débouché, mais, à plusieurs reprises, elle a obtenu des fournitures importantes à l'étranger; on peut citer, parmi les plus récentes : 900 tonnes de baraquements en îevs et fontes ouvrés pour le Congo, 150 tonnes d'appareils mécaniques aux Manufactures de Glaces de Waldhof et de Stolberg (Allemagne), 850 tonnes de fers de qualité exceptionnelle donnant 38 kilos de résistance et 25 0/0 d'allongement pour le chemin de fer du Saint- Gothard.
Pi^offvès accomplis
La Société des Hauts-Fourneaux de Maubeuge a constamment cherché à tenir ses établissements au niveau des progrès accomplis en métallurgie : c'est ainsi que ses installations de hauts-fourneaux ont subi trois transformations successives et complètes, pour arriver, d'une production Journalière
de 12 à 15 tonnes, il y a 30 ans, à une production actuelle de 90 à 100 tonnes.
Les laminoirs ont été complètement renouvelés : de nouvelles machines de grande puissance et de systèmes perfectionnés ont permis d'arriver à un laminage de protilés de grandes dimensions et de barres aussi longues que possible.
Les ateliers ont été agrandis et dotés des engins les plus perfectionnés.
Elle augmente constamment ses moyens mécaniques et économiques de travail de manière à réduire au minimum remploi de toutes les mains-d'œuvre : c'est ainsi que la mise à Avagon de tous ses produits se fait aujourd'hui par des moyens mécaniques, que la traction à vapeur a remplacé la traction par chevaux, etc., etc.
Dans le même ordre d'idées, Téclairage électrique, assuré par 20 gros foyers et 450 lampes à incandescence, a été substitué au gsiz qui avait lui-même succédé à l'éclairage à l'huile, puis au pétrole.
Enân, la Société n'hésitait pas à entrer dans la voie toute nouvelle de l'application de l'électricité à l'industrie métallurgiq^ue en installant dans ses usines un atelier de soudure électrique.
Grâce à ces efforts, à ces progrès successivement accomplis, aux sacrifices continuels qu'elle s'est imposés, la Société de Maubeuge a pu suffire, par des abaissements continuels de prix de revient, aux dépréciations constantes qui sont venues lt*apper les produits métallurgiques.
Les fontes brutes, qu'elle livrait au prix de 28 fVancs, valent actuellement moins de 5 francs les 100 kilogrammes:
Les coussinets dont elle a fourni, à ses débuts, jusqu'à 12,000 tonnes par an, à 46 ft-ancs les 100 kilos, se livrent aujourd'hui au-dessous de 10 francs;
Le prix des plaques tournantes, qui a été de 65 ft'ancs les 100 kilos est descendu au-dessous de 20 francs;
Les fers, dont le cours a été de 35 à 40 francs, se sont vendus Jusqu'à près de 12 fï»ancs.
Coat des mille*
Bien que les sommes consacrées à la création et au développement de ses établissements dépassent aujourd'hui 8 millions, la Société de Maubeuge a pu conserver, sans Taugraenter, le capital de 3 millions auquel elle a été fondée en 1837.
Depuis son origine, 4 millions, sous forme d'emprunts, ont été remboursés intégralement par des prélèvements sur les bénéfices.
Malgré ces charges, elle a pu distribuer à ses actionnaires une moyenne d'intérêt de 5 0/0, depuis son existence.
Peraomiel. — Institutionii ouvrière*
Le personnel de la Société comprend plus de 1,500 ouvriers et ^ contremaîtres ou employés, qu'elle a su s'attacher par
une sollicitude constante de leurs intérêts moraux et matériels.
De vastes immeubles construits dans Tusine pour le personnel technique et les employés, deux cités ouvrières de 71 habitations assurent aux uns le logement a bon marché et servent à maintenir, au profit des autres, les loyers à un taux modéré dans les localités environnantes.
Quatre médecins ou chirurgiens sont chargés de soigner les ouvriers; une bibliothèque met à la disposition de tous, des livres utiles ou agréables ; une caisse de secours vient en aide aux malades, aux blessés, aux nécessiteux char^rés de famille; une caisse d*épargne, primitivement obligatoire, actuellement facultative, engage les ouvriers à prévoir l'avenir en mettant en réserve une partie de leurs salaires : aussi depuis sa création, Tusine leur a-t-elle remis plus de trois millions de ft*ancs qui, consacrés à des achats de terrain, à la construction de maisons, à Tacquisition de mobiliers, ont fait arriver à la propriété 6 ou 700 ouvriers.
La Société a ainsi un important noyau d*ouvriers âdèles et dévoués : quarante d'entre eux sont attachés à ses établissements depuis 40 ans et elle en compte encore cinq à son service qui y sont entrés à sa fondation, il y a plus de 50 années. (Deux de ces derniers ont obtenu, cette année, du Gouvernement, des médailles de mérite.)
Récompenae* aux Expositions
Médailles d*argent aux expositions universelles de 1849 et 1855 à Paris.
Médaille d'argent et Croix d'honneur à l'Exposition universelle de 1872, à Londres.
Médaille d'or à l'Exposition universelle de 1867, à Paris.
Médaille d'or à l'Exposition universelle de 1888, à Barcelone.
Résamé
Telle est aussi rapidement que nous avons pu le faire Texposé fldède de la puissance des usines de la Société de Maubeuge. Le vaillant Conseil d'administration de cette société qui compte à sa tête un des industriels les plus droits et les plus éclairés de notre temps, M. Henanl, notre collègue â la Chambre, est composé en totalité d'hommes d'élite. Le bras qui exécute ses décisions et résume toute l'activité sociale est M. L. Jambllle, directeur-gérant dont le nom est à lui seul tout un programme de sagesse administrative et d'amour du progrès.
Voici la comjposition du Conseil d'administration : M. Léon Renard, députe du Nord, président.
M. Louis Piibrard, administrateur.
M. Carlos Let ebvre, id.
M. le baron Hippolyte d^Hvari, adminis trateur.
M. Louis Jambille. -—
Directeur-Gérant : M. Louis Jamlillle, ingénieur des arts et manufactures.
Secrétaire Général: M. Charles SpAlari.
Directeurs des fabrications. — Fourneaux: M. Edmond Vopel, ingénieur des Arts et manufactures.
Laminoirs : M. Edg. BUiifflUe, ingénieur des Arts et Manu* factures.
Fonderies et Ateliers : M. Antoine Vopel, ingénieur.
Avec de tels hommes et de tels éléments de prospérité la Société anonyme des hauts-fourneaux de Maubeuge a derrière elle un grand passé, devant elle un plus grand avenir.
Elle était hors concours dans le jury des récompenses de 1889.
Orand r*rlx
SOCIETE DE VEZnr-AUUrOTE
A Maubeuge (Nord)
Cette fois, nous sommes en plein luxe et rien, comme ornementation n*a été négligé pour donner à cette exposition un cachet tout spécial.
Elle est tendue de haut en bas d'un velours rouge qui fait ressortir la couleur noire mate des objets, et Tacier poli des sections de profilés.
Des piliers monolithes sculptés en laitier coiffés d*un anneau monumental en cuivre dans lequel s'enfile une riche torsade gardent l'entrée de cette exposition.
Gomment donner une idée de Tagencement artistique du portique plein cintre de l'entrée, reposant sur deux pilastres, oui se terminent d'un côté par l'allégorique enclume et de 1 autre par la moitié d'un cylindre de petit mill ?
C'est pour le plein cintre une arcade légère en cornières noires mates entretoisée de sections de profilés polis, de fers à U à T hérissés de fins ornements en petits profilés à section cruciale.
Les pilastres, eux, sont de vrais chefs d'œuvre de proportions élégantes. Ils sont obtenus par les mêmes procédés, cornières mates formant l'ossature et profilés aux sections polies donnant l'ornementation.
Les deux pilastres reposent emblématiquement sur le laitier et deux énormes blocs de maçonnerie dont les moellons sont du minerai de fer aux couleurs variées.
Au fond de l'Exposition une très belle bibliothèque en ébène sculpté renferme tous les profilés possibles généralement de grandes dimensions ainsi que des rails et leurs éclisses.
Au dessus, un forgeron digne de ses aïeux des siècles passés a forgé le chiffre monumental V.-A. entouré de palmes attachées par un ruban très artistement fouillé, naturellement en fer.
De chaque côté des poteaux de clôture nointus en cornières légères semblent monter la garde debout le long de la cloison.
Sur les deux parois de retour, des cornières de feulllard, du fer qualité n« 5, des traverses métalliques au-dessous desquelles sont deux vitrines en ébène également contenant les écnantuions et les essais de matières.
Au centre enfin, sur un bloc de minerai mesuttint presque *
un mètre cube et entouré de produits refractairea et de pavés en laitiers, on voit étages, les rayons de roues des types divers adoptés par les Compagnies de chemin de fer et un fer à aile complètement courbé suivant un cercle de 50 centimètres de diamètre.
Tel est, au premier coup d'œil, Taspect très luxueux et très flatteur de cette exposition ne comprenant que trois tons dominants, le noir, le rouge sombre et Tacier poli. Cela est très puissant comme effet ornemental.
Voyons les objets exposés.
Produits exposé*
Minerais de fer des mines de Boudonville et de l' Avantgarde [Meurthe-et-Moselle), — Ces minerais comme nous Vavons dit sont à la base des pilastres et en échantillon, monumental au centre. Ils proviennent des mines de Boudonville et de TAvant-garde qui sont situées à proximité de Nancy ; leurs minerais appartiennent à la formation oolithique *et donnent moyennement à Tanalyse les résultats suivants :
Minerai da Minerai dd
Roudonville rATint-garde
Perte à la calcination .... 18,40 0/0 18,40 0/0
Silice. . . : 14 11,50
Alumine 8,82 7,02
Chaux 6,56 10,88
Magnésie » 1,81
Oxyde ferrique 50,63 48,19
Acide phosphoriqi^e 1,57 1,65
Ces minerais sont employés aux hauts fourneaux de Maxéville.
Fontes d'affinage des hauts fourneaux de Maxéville et
d'Aulnoye. — L'analyse des échantillons de fonte exposés dans les vitrines est nécessaire à connaître.
Fonte de Maxéville Fonte d'AnInoTe
Silicium 0,35 0/0 0,28 0/0
Soufre 0,45 0.36
Phosphore 1,60 1,03
Carbone > 2,24
Fer » 96,04
Ces fontes se caractérisent par une faible teneur en silicium et en soufre, elles sont par suite, d'un altinage rapide à faible déchet en môme temps qu'elles donnent lieu à du fer d'excellente qualité. Celles d'Aulnoye ont une teneur relativement faible en phosphore ; aussi le fer qui en résulte possède-t-il à froid toutes les qualités requises pour emplois courants, tandis que cette teneur reste encore suffisante pour assurer le degré voulu de malléabilité à chaud.
Sections laminées de la collection com,plète des fers pro-
. filés des laminoirs du tilleul et de Saint-MarceL — Dans
le meuble en ébène dont nous avons parlé, on trouve la série
r entière des poutrelles, tant^ celles à petites ailes que celles à
larges ailes; les premières depuis 80 jusqu'à 260 ■/■» de hauteur. Les laminoirs peuvent donner ces poutrelles en longueurs allant jusque 20 mètres dans les 80 a 300 ■/"' et jusque 16 métrés dans les 350 et 400 "/"*.
La collection présente une série complète de fers en IJ depuis 50 jusque 260 •»/« de hauteur; également toutes dimensions de cornières à branches égales et inégales ; des fers à simple 'ff et des fers zorés ; des rails et éclisses de tous poids depuis les plus petits jusqu'aux plus forts.
On remarquera quelques spécimens de cornières laminées à grande longueur, entre autres une cornière de 60 X 60 présentant un développement de 55 mètres.
Parmi les poutrelles, les fers en U et les cornières figurent les types adoptés par les grandes compagnies de chemins de Ter français pour la construction de leur matériel roulant; de plus quelques uns des types requis pour pays étrangers.
Echantillons de fers marchands des divers n°* dm Commerce,— Les produits exposés représentent dans leur cassure, la qualité moyenne des produits des laminoirs de la Société.
Les n»* 2 et 3 sont fabric^ués avec les fontes des hauts fournaux d'Aulnoye et de Maxeville, les n°» 4 et 5 résultent des mêmes fontes associées à des fontes hématites étrangères ; les numéros supérieurs proviennent exclusivement de fontes hématites et de fontes man^anésées étrangères.
La résistance et la faculté d'allongement avant rupture des fers de ces divers numéros peuvent se chiffrer comme suit dans les échantillons de largeur et épaisseur courantes :
Fer n'' 2 Résistance 32 kilos Allongement 6 à 9 0/0 >3 »34i » 9àl2
» Fin grain » 40 » i 20 à 25
Parmi les échantillon*» exposés on trouvera des fers fendus pour clouterie, des fers à grains pour cannes de verreries, des leuillards coupés et ployés et notamment deux bottes feuillard enroulé présentant chacune un développement de 150 mètres.
Collection de fers ayant subi les épreuves prescrites par les principaux: cahiers des charges. — Cette collection consiste notamment en :
Fers marchands divers éprouvés par TAdministration de la marine.
Fers à rivets divers éprouvés p\r le service de rartlllerie.
Cornières et profilés divers fers, et aciers soumis aux essais des cahiers des charges des C*" du Nord, de l'Est, de Paris- Lyon-Méditerranée.
Fers à bossages pour roues de chemin de fer, — La fabrication de ces fers constitue l'une des spécialités des laminoirs de la société. On trouvera parmi les types exposés, la plupart de ceux adoptés par les C'** françaises de chemins lîe fer ainsi que divei*s modèles pour l'étranger.
Briques réfractaires pour hauts-fourneaux^ fours métallurgiques et autres, — La Société ftibrique pour ses hautsfoiiraeaux des briques spéciales de petit modèle présentant de sérieux avantages sur les briques de grande dimension qui s'employaient au^fois; ces modèles en petit nombre sont établis de telle Ikçoii que combinés entre eux, ils permetteni de réaliser toutes les assises que présente le profil du hautfourneau.
Les briques pour fours métallurgiques se font de deux qualités :
La qualité n" 1 et la qualité extra; cette dernière convient pour les plus hautes températures.
Parmi les spécimens exposés figurent aussi des briques de formes variées requises pour la construction des fours dans les fabriques de produits chimiques, usines à gaz, etc. Egalement des carreaux céramiques pour pavements lesquels pré* sentent une grande résistance a Tusure ; ces carreaux sont faits avec les mâchefers des fours des laminoirs.
Con«istaiiee de« U«ine«
Les usines d'Aulnoye et de Maxéville consistent chacune en deux hauts-fourneaux de grande dimension munis de machines et appareils des plus perfectionnés. Elles produisent annuellement, par haut-fourneau en activité, 85.000 tonnes de fonte d'affinage, ce qui porte à 130.000 tonnes annuellement la puissan ceproductrice des deux établissements.
Les laminoirs du Tilleul et de Saint-Marcel peuvent produire 60.000 tonnes annuellement en fers profilés cle tous genres en fers marchands et larges plats de toutes sections; spécialité de fers fendus pour clouterie, de fer cavalier, fers de boulonnerie, feuillards, fers fins, etc. — Ils disposent de 68 fours à puddler, 22 fours à réchauffer, 7 marteaux pilons, 13 trains de laminoirs, les uns de la plus grande puissance pour grands profilés, les autres de dimension moyenne et jusqu'aux plus petits pour feuillards; 40 chaudières et 60 machines à vapeur représentant une puissance de 3.000 chevaux.
Production actuelle : 70.000 tonnes de fonte et 50.000 tonnes de fer annuellement.
La Soclétéde Vezin-Aulnoye occupe de 2.000 à 2.200 ouvriers, tant à ses exploitations minières et à ses hauts-fourneaux qu'à ses laminoirs. Ses quatre usines sont desservies par chemin et par canaux, de sorte que les fontes de Maxéville et d'Aulnoye peuvent venir aux laminoirs par bateaux.
Les laminoirs de Maubeuge et d*Haumont sont situés à 15 kilomètres environ du bas.sin houiller de Mons et à 40 kilomètres de celui du Nord de la France : leur proximité des ports de Dunkerque et d'Anvers les met dans une position particulièrement favorable pour l'exportation vers T Amérique et les Indes; voisins également des ports de Calais, Terneuzen et Bruxelles, ils peuvent en quelques jours rendre leur produits à Londres; d'ailleurs, leurs moyens d'action leur permettent de fabriquer avec la promptitude requise pour Texportation, des tonnages considérables de fers.
Direction et Inatitutiona ouvrièfe^ea
Le caractère anonyme de la Société de Vezin-Aulnoye présente ce correctif particulier que la Direction générale de la Société et les directions spéciales de ses quatre établissements sont depuis l'origine et restent confiés aux membres d'une même famille, celle du fondateur, et exercées dans le même esprit.
Stabilité du travail. — Sauf un chômacçe d'un an et demi imposé par une crise commerciale extrême à Tusine d'Aulnoye en 1867-1868, aucun des quatre établissements de la Société n'a, depuis qu'elle les exploite, suspendu le travail. Même pendant la guerre de 1870-71, la Société maintint partout à moitié le travail, en ayant soin de conserver de préférence les ouvriers de longue date fixés en famille sur place.
Depuis deux à trois ans, pour continuer à occuper régulièrement tout leur personnel, les laminoirs ont dû travailler sans profit pour 1 exportation à concurrence de 20 0/0 en moyenne de leur production.
Jïepos hebdomadaire, — Il y a, aux laminoirs, du samedi soir au lundi matin, arrêt réglementaire de la fabrication et de tous les travaux à cause des réparations impossibles pendant la marche.
Il y a également suspension de travail, du samedi soir au luncfi matin, aux Hauts-Fourneaux, excepté pour la soufflerie, le chargement et la coulée.
Ainsi sont épargnés à l'ouvrier, sans dommage industriel en définitive, un funeste surmenage physique et une privation de la liberté de remplir ses devoirs de famille.
Habitationa ouvrières, — La Société a immobilisé à ce jour en logements d'ouvriers un capital de 226,000 francs.
Elle fait, d autre part, à ses ouvriers stables et économes, des avances d'argent pour leur permettre d'acheter ou de se bâtir une demeure. Le solde de ce compte d'avances est actuellement de 76,618 fr. 10 c.
Les maisons ouvrières que la Société a construites sont en général composées seulement de deux logements avec entrée, cour et jardm séparés et comprenant chacun une cave, quatre chambres et un grenier.
Caisses d'épargne, — Une Caisse d'épargne fonctionne dans chacun des quatre établissements et reçoit les plus petites sommes.
Le taux d'intérêt est actuellement de 4 0/0.
Le nombre total des déposants est de 289, et l'ensemble des dépôts s'élève à 264,810 fr. 63 c.
N'ayant qu'à enç^ager et habituer si possible l'ouvrier à l'épargne, la Société l'envoie aux Caisses d'épargne publiques pour les versements qui porteraient son dépôt au-dessus de ;»,000 ft*ancs.
Caisse de secours et Assurance contre les accidents. — • Ces institutions depuis dix ans fonctionnent uniquement aux frais de la Société et sans aucune retenue sur les salaires.
Elles coûtent annuellement à la Société 75 à 80,000 francs.
Outre qu'elles assument les frais de médecin et de pharmacien, les caisses de secours versent à Touvrier en chômage pour cause de maladie ou pour cause de blessure ordinaire, une indemnité journalière au minimum dans le premier cas de 35 0/0 de son salaire à partir du premier jour.
L'assurance collective des ouvriers contre les accidents graves, a été contractée avec la Gie La Royale Belge dès l'année 1869.
En vertu de cette assurance au minimum :
1** En cas de décès par suite d'accident, l'épouse ou les héritiers directs de la victime reçoivent une indemnité égale à 400 fois le salaire quotidien mais jamais moindre de 1 ,600 fr.
2" En cas d'incapacité incurable totale ou i)artiene de travail, par suite d'accident, la victime reçoit, suivant les degrés d'incapacité, la totalité, les deux tiers ou le tiers d'une indemnité égale à 80 0/0 du capital d'une rente viagère établie sur la base de 800 fois son salaire quotidien compté sur le pied de 4 francs au minimum par jour.
Instruction. — La Société a ouvert en 1878 et entretient à ses laminoirs de Hautmont, une école gratuite privée pour les garçons de ses ouvriers.
Elle subventionne ailleurs des écoles publiques où les familles de ses ouvriers ont des enfants.
Enfin elle participe à certains subsides d^usines pour le culte.
Pour tous ces services, elle dépense en moyenne 80,000 francs par an.
Cercle d'ouvriers et Economats coopératifs. — Le personnel dirigeant de la Société a créé et entretient dans les localités sièges de trois de ses quatre usines des Cercles d'ouvriers, et il contribue à d'autres œuvres de patronage.
U a aussi, en 1882, fondé .dans ces localités sous forme de Sociétés coopératives, des Economats populaires pour toutes sortes d'articles de subsistance et de vêtement, y fonctionnant en concurrence sagement réglée avec le commerce local qu'ils ont uniquement pour but de contnMer pour ainsi dire et de tenir dans les règles de la loyauté quant a la qualité, au poids et au juste prix des marchandises.
Stabilité et confiance des ouvriers. — La Société occupe 2,004 ouvriers.
107 ont 20 ans ou plus de service;
de 15 à 20 ans;
de 10 à 15 ans ;
de 5 à 10 ans;
de 2 à 5 ans;
de 1 à 2 ans.
et
moins de 1 an.
Les différends entre les ouvriers et la Société ou ses agents
I*iNES t)U lîORD 2OT
même pour les moindres sujets sont d'une rareté extrême et notoire. Cela tient certainement à ce que la somme des sacrifices que la Société fait annuellement depuis dix ans pour ses ouvriers en dehors du salaire, s'élève a 5 p. 0/0 du montant des salaires et à 50 francs en moyenne par tête.
La durée du service actif des 2.004 ouvriers actuels de la Société, est de 7 ans 6 mois et 25 jours en moyenne (juin 1889). Ce chiffre seul se passe de commentaires.
HISTORIQUE
La Société anonyme de Vezin-Aulnoye a été fondée en 1858, par M. Joseph Sepalehre, ingénieur, avec la collaboration de son frère François Stipalehre, pour le traitement aux hautsfourneaux d'Aulnoye (Nord) d«6 minerais oligistes de Vezin (Belgique).
Elle s'est accrue successivement comme suit :
En 1865, des hauts-fourneaux de Maxéville-lès-Nancy ; — - en 1866, des laminoirs du Tilleul (Maubeuge) ; — en 1869, des laminoirs de Saint-Marcel (Haumont Nord). — Elle a obtenu également et possède des concessions minières à Maxéville, à Pompey, à Ho mécourt-jœuf (Meurthe-et-Moselle).
En 1882, à la mort de M. Joseph Sepnlehre, fondateur et administrateur délégué de la Société , son frère Alexandre ftepnletoe, docteur en droit, secrétaire du Conseil d'administration, lui succéda en qualité de directeur général.
Le Conseil d'administration est actuellement ainsi composé: MM. Edw. L. HonteEore, ingénieur, Président;
Etienne Dapant, inspecteur général des mines en retraite ;
A. de Lhoaenx , banquier ;
N. Grodenc, banquier;
François Sepulehre, ingénieur.
En résumé, cette société puissante, sagement administrée et dirigée, est une de celles qui par Taccord de son personnel, le fini de sa fabrication fait le plus grand honneur a la métallurgie irançaise.
Le Grand Prix a été sa juste récompense.
258 PERRIERE-LA-GRANDE
I^édaUles d'Or*
SOCIÉTÉ ANONYME
Des ÉtaUissemeiits Métallnrglqnes
FERRIÉRE-IiilL-CSRAIVllE, Prèfi laubeage (Nord)
I/induBtrie n'exclut pas rart, elle y contribue un peu, comme Targent pour le bonheur.
On n'est pas, en effet, à TExposition de Ferriëre-la-Orande, en présence d'une exhibition maussade et noire, de morceaux de fer quelconques ; un élégant portique en rondins rustiques reliés par des brins d'osier, avec quatre arcades et une grande entrée monumentale en bois recourbé, tout recouvert encore de son écorce, vous accueille agrestement. On s'attend à voir grimper au pied quelque houblon ou quelque douce-amère poétique, tant ces branches coupées à la serpette, ces arabesques en rondins croisillonnés et tordus élégamment, semblent encore fraîchement échappées de la main d'un jardinier modèle.
Rassurez-vous, pourtant, il n'y a là aucun anachronisme, ces bois sont en fers rustiques artistement peints, mais ce qu'il y a de plus curieux, ils sont en fers laminés dont la surface est rugueuse, comme une véritable écorce et simulant, à s'y méprendre, la nature. On comprend de suite le développement que ]^rend une semblable spécialité dans notre époque si essentiellement décorative^ soit dit avec critique ou non. En effet, pour les ponts, les kiosaues, les grilles, baleons, berceaux, corbeilles ^ volières, bancs, chaises, tables^ etc., de quel secours peuvent être ces ronds de fers rustiques ayant toutes les grosseurs et tous les aspects extérieurs q(ue l'on veut?
Vitrine des rastiques laminéa
Voyons les objets exposés :
Une vitrine spéciale nous monti'e, du reste, les immenses applications de cette spécialité. Les gros rondins ne sont pas massifs, ce sont des demi-ronds creux. Ils sont obtenus par des procédés de laminage spéciaux et modelés extérieurement suivant Pécorce que 1 on décire. On réunit ensuite les deux
moitiés pour faire le rondin entier. Les branchages émergeant du rondin s'ajoutent, après coup, très facilement avec des rondins pleins, petits, à surface également ornementée par le laminoir comme i)our les gros échantillons.
Des essais à fï'oid de rustiques montrent la malléabilité du métal. On en fait de réritables tirebouchons indéfinis, avec des échantillons de toute grosseur, de sorte que a côté du bois si bien imité on croit voir quelque serpent caché dans les branches.
Le« proflléa
On courrait donc appeler cette exposition Texposition des fers vivants si dans la grande vitrine de face, nous ne voyions alors s'étaler tous les profilés imaginables en L. I. T. U. V. X. Z. toutes les lettres de ralpnabet. en un mot, sans compter d'innombrables fers à jets deau, corniches, moulures de toutes espèces, fers elliptiques demi-cvlindriques en croix, que sais-je, plus de trois cents échantillons de profilés dont pas un ne se ressemble et affectant toutes les formes les plus fantastiques.
Enaifl A froid
Enfin pour achever et pour donner la notion d'une exposition complète pour tout, absolument tout ce qui concerne le laminage petit et moyen, l'usine de Ferrière-la- Grande, nous a donne sous une vitrine spéciale les essais de toutes les matières. Ses corroyés pour câbles, rivets, essieux de voitures, bandages de roues, etc., etc.; ses fers forts ont une nervosité remarquable qui rappelle dans leurs cassures comme un flot de soie argentée et tordue.
Traverse^ ^^ lonsrineA inétollIiiucA
N'oublions pas de signaler en passant une chose qui nous intéresse, partout oii nous la trouvons, c'est la traverse et la lon^ine en fer. Perrière expose un modèle d'attache très ingénieux, modèle d'attache supprimant le boulon et Técrou, et Ton sait que c'est là le nœud de la question. Il y a divers autres systèmes de longrines et de traverses fort intéressants qui prouvent que lorsque le gouvernement aura bien voulu, au nom de la sécurité des chemms de fer, imposer la traverse métallique, l'usine de Ferrière-la-Grande, sera une des premières du coté du progrès. Elle attend.
HI8T#RIQU£
On sait que je désire laisser dans ce livre, une trace de l'origine de toutes les Sociétés et établissements. Eh bien. Femère-la-Grande, est une des plus anciennes usines de la région du Nord de la France.
Elle a été fondée en 1830 par M. Pierre François Damoat ancien député, chevalier de Légion d'honneur, qui construisit à cette époque les premiers hauts fourneaux au coke, destinés à produire de la fonte d'affinage et de moulage avec les minerais de la contrée.