FERRIERE-LA-GRANDE
Les débuts furent pénibles ; e^ëtait une fabrication toute nouvelle, les hommes techniques étaient rares, les ouvriers de métier ne Tétaient pas moins, mais Ténergie et la volonté aidant, les difficultés furent vaincues, et bientôt on vit s'élever, à côté du premier fourneau dont les dimensions étaient relativement restreintes, un autre appareil du même genre d'une capacité beaucoup plus grande, alimenté par deux machines soufflantes de 00 chevaux chacune. La production de Tun était de 8 à 10 tonnes de fonte par jour, celle de Tautre de 12 à 15 tonnes. (Ces chiffres paraîtront bien faibles aujourd'hui, mais il ne faut pas oublier qu'il y a 60 ans, cette industrie était encore dans Tenfance) .
Quelques années plus tard, vers 1836, et pour aider à Técoulement de la fonte brute d'affinage, M. Dumont construisit des fours à puddler et un train de laminoirs destiné spécialement à fabriquer du fer ébauché lequel était transforme en verges à clous ; puis il agrandit successivement l'usine, monta des laminoirs à tôles fines et à fers marchands, installa une fonderie et un atelier de construction, et dota ainsi la contrée de ces éléments de prospérité qui transforment en peu de temps toute une région. Sa mort, survenue en 1864, alors que la production des laminoirs atteignait déjà 12,000 tonnes, laissa l'œuvre en bonne voie, et si nous rappelons ce souvenir, c'est pour dire qu'il fut un de ces vaillants pionniers de l'industrie métallurgique à qui le pays tout entier doit être reconnaissant.
Situation topo^rapltiiiae
Les laminoirs, situés dans une belle vallée, arrosée par la Solre, construits sur une superficie de 8 hectares environ, sont desservis par le chemin de fer de Maubeuge à Fourmies et Hirson, auxquels ils sont raccordés.
Ils puisent dans TEst les fontes nécessaires à leur fabrication; les charbons proviennent des bassins de Mous et du Fas-de-Calais.
Le rayon de vente comprend la région du Nord jusqu'à Paris, pour s'étendre ensuite dans la Normandie et la Bretagne, avec le littoral de la Manche et de l'Océan ainsi que l'Algérie.
Les établissements métallurgiques de Ferrière-la-Grande (Nord; c'eut centralisés à la grande forge dite du Bois-Castiau. Ils comprennent des chaudières à vapeur naturellement, car il n'y a pas moins de 15 machines à vapeur ; 24 fours à puddler et à réchauffer; des machines à vapeur en grand nombre; quatre trains de laminoirs, finisseurs et un ébaucheur; cisailles; scies circulaires; deux marteaux-pilons; squeezer; pompes alimentaires; casse-rails; forges pour l'outillage; atelier de tours; magasins divers; presses a dresser; mazerie; voies ferrées desservant l'usine ; logements et cantine ; bureaux, enfin toutes les dépendances d'une grande usine.
Les établissements de la petite lorge dite Fetit-Mill comprennent le môme outillage approprié à un travail plus délicat. Elle comporte un train él)aucheur, un marteau-pilon, 4 chaudières à vapeur, et un train finisseur à petits fers. Le tout desservi par 4 fours à puddler, un four de chaufferie et deux machines à vapeur.
Les laminoirs produisent :
P Des fers marchands de tontes dimensions et qualités, à savoir :
a ronds de 7 à 125 millimètres; h carrés de 7 à 110 millimètres ; c plats de 14 à 160 sur toutes épaisseurs.
2* des cornières de 20 à 100 de coté ; 3* des poutrelles de 80 â 100 de côté ; 4" des petits rails de terrassements ; 5« des profilés divers en I, T, U, V, vitrages, moulures, etc.; 6» des fers rustiques laminés.
La puissance productive annuelle est de 22 à 25,000 tonnes réparties entre les deux usines.
Comaierce
Les usines de Ferrière-larGrande jouissent/dans leur clientèle, d*une bonne réputation pour la qualitéde leurs produits.
Au début, les fonies produites sur place avec les minerais hydratés de la contrée permettaient de fabriquer presque exclusivement des fers forts destinés à remplacer, petit a petit, les fers au bois battus au marteau, les seuls connus dans la région. Plus tard, on a employé les fontes de TEst venant des meilleures sources, mélangées à des fontes truitées et manganésées, et travaillées avec le plus grand soin dans les fours a puddler.
Dans ces dernières années, Tusine a étendu sa fabrication de fers profilés de petit et moven calibres et compte aujourd'iiui, en dehors des fers ronds, carrés et plats de toutes dimensions marchande^, plus de 200 profils divers.
La direction technique a été confiée dès 1857 à son administrateur actuel, M. K. Lesaffre, universellement estimé et dont l'habileté professionnelle est devenue proverbiale. En 1877, le Conseil d'administration de la Société lui confia la direction générale des établissements. Voilà donc plus de 30 années que la fabrication se trouve dans les mêmes mains, avec un personnel ouvrier attaché au sol et animé du meilleur esprit.
Le siège social est à Ferrière-la- Grande (Nord), dans les bureaux de la Société.
Les noms seuls des membres du conseil d*administration de la Société donneront au lecteur Texplication d'une prospérité industrielle due à des efforts con&tants et pratiques et à une ligne de conduite commerciale admirablement suivie.
Ce sont ; MM. Alfred AncUin ingénieur civil, membre de la Chambre des représentants de Belgique, officier de la Légion d'honneur, président;
D'iluarft cbaron Hippolyte), maître de forges, chevalier de la Légion d'honneur, administrateur ;
De Sainciirnoii (comte Fernand), maître de Forges, chevalier de la Légion d'honneur, administrateur;
E. ^Valraad, ancien notaire, administrateur ;
Et enfin K. LesaHre, uiaitre de forges, administrateur délégué.