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FORGES ET LAMINOIRS DE L'ESPÉRANCE

IVlédallles d'Or*

SOCIÉTÉ ANONYME

im FORGES ET LAMINOIRS DE L'ESPERANCE

Victor Dnmont, (lirecteui>géraiit

Louvroil (Nord)

Nous voici dans la patrie da fer à cheval. C'est une spécialité pleine d'intérêt.

L'exposition de M. Victor Dumont, en qui s'incarnent les forges de l'Espérance, est tout entière empreinte de cette préoccupation maîtresse : la fabrication mécanique du fer à cheval. C>st un gros et intéress^ant problème désormais résolu.

Comme par une antithèse savante, le portique élégant qui sert à l'exposition des forges de l'Espérance, est une petite merveille d'élégance et de main-d'œuvre habile. Des feuil lards en spirales, des volutes folles ornementent ces balustrades et ces chapiteaux; on se croirait encore au temps du forgeronartiste et villageois. Et pourtant la fabrication mécanique du fer à cheval a sonné le glas Ainèbre delà petite main-d'œuvre du forgeron maréchal-ferrant. Désormais, de plus en plus, on verra dans les villages s'éteindre la petite forge aux coups de marteaux joyeux où l'on fabriquait avec des fers plats étrangers, au jour le jour, la robuste chaussure des coursiers campagnards.

La grande usine est parvenue au prix de multiples efforts, à préparer avec des fers français, presque sans main-d'œuvre et mécaniquement cet objet de consommation courante pour le monde civilisé-

A l'abri de ce portique charmant en fer forgé où revient comme une note favorite le principal objet de la fabrication, M. Dumont a exposé, d'abord, au centre, dans un élégant meuble, tous les prQfllés que produit la Compagnie, les petits rails ronds, demi-ronds creux ou non, tubes en fer étiré, etc. ; puis dans deux vitrines, les essais de ses matières premières, fers à rivets, rondins, fers bruts, etc ; à côté on voit des fers à cheval de toutes les dimensions, en piles sur le sol ou recourbés à froid.

Sur le mur du fond, toute l'ornementation, autour des deux rouleaux énormes de feuillards de 20 mill. sur 0,00.5 et 80 milL

sur 0,004, repose sur des rosaces formées de fers de toute espèce, « ordinaire province» », « traits légers demi-carrés », < culture demi-dégagés », < cultures dégagés », c fers gros camionnage », c poneys », omnibus, pinçards et pointus, Compagnie Urbaine, série de luxe, etc , etc. On devme, par cette nomenclature seule, tout le mérite et toute la difficulté d'une semblable fabrication.

Signalons en terminant une jpetite tour Eiffel, forgée tout entière dans un carré de 10 mill.

Sur le côté, enfin, nous observons une série de feuillards de toutes les largeurs et épaisseurs, ainsi qu'une spécialité nouvelle^ le poteau de clôture en fer à T apointé.

Spécialités de 1» Société.

Le simple coup d'œil que uAis venons de jeter sur Texposition des forges de TEspérance, nous doime une idée exacte des spécialités de ces usines.

D'abord les cornières égales à angle droit, vingt dimensions au moins de 1 kilog. le mètre à 15 kilog. Les cornières inégales seize dimensions, les fers à vitrages depuis 2 kilog. le mètre jusqu'à 10 kilog., 15 dimensions ; le» fers à T simple, 30 échantillons au moins, les mêmes à rainures à la base ou à V sim- Sles inégaux, les octogones et les hexagones provenant de ronins laminés sur échantillon les fers en U, les fers coniques, les demi-ronds une cinquantaine de profils divers : des rails et éclisses, des bombés, des fers à chanfrein, à couteau, que sais-je, sans compter les innombrables fers à T double et les rayons de roues.

Fers A cbeval

La fabrication mécanique du fer à cheval n'a pas été seulement une question de machine, mais bien de méthode, de classification correspondant aux pieds deâ divers animaux qu'il s'agissait de pourvoir. Aussi voyons-nous surgir toute une nomenclature intéressante et qui a été évidemment Tolget de longues études.

Il a fallu d'abord faire les pieds de devant et de derrière puis distinguer la gauche de la droitô. D'où quatre grandes catégories, fer ordinaire de devant de droite, de derrière de droite et les deux autres catégories exactement inverses.

Puis il a fallu distinguer les chevaux de gros trait camion, omnibus, etc., des chevaux de traits léger et de luxe. D'où une division nouvelle.

En outre, il a fallu satisfaire, comment dirai-je, aux petits usages étalîlis qui ont imposé des formes carrées, rondes ou pointues, selon les localités et les animaux.

Enfin il a fallu satisfaire toutes les tailles comme pour la chaussure de l'homme, de sorte que l'on est arrivé à la très curieuse classification suivante du fer à cheval :

Fer ordinaire de devant de droite ;

— de derrière de droite;

— la même division inverse pour la gauche ;

— très épais en pinces et en talons pour chevaux

d'usure, omnibus, camion et gros trait ;

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