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forts de la Meuse. Ces pavillons doivent d'ailleurs être édifiés d'une façon définitive nour constituer, après Tachèvement des travaux, Thabitation au commandant de ces différents forts.
Ces bâtiments sont à simple rez-de-chaussée. Ils couvrent une surface de 88 m* environ, avec 3»,60 de hauteur, jusqu'à la sablière. Le poids total de la partie métallique est de 20,000 kilog. Le prix en usine à Hautmont serait de 11,400 fr., y compris les portes et croisées en chêne et les planchers en sapin. Il faudrait y ajouter le transport et le montage, qu'on
S eut évaluer en moyenne à 4 ou 5 fr. les 100 kilog., c'est-àire 800 à 1,000 fr., ce qui conduit au prix total de 12,400 fr., soit environ 140 fr. le mètre carré couvert et 02 fr. les 100 kilog.
In«eUulioiia Ouvrières.
Depuis plus de 15 ans, M. de Sehryver vit dans la meilleure intelligence avec le personnel ouvrier. Il lui a sulfi pour cela de ne jamais diminuer les salaires sans que tout le monde ait pu constater la pénurie de travail, et de les augmenter quand il y avait lieu sans attendre les réclamations. Du reste, un grand nombre d'ouvriers sont à l'usine depuis 10, 15 et 20 ans. L'un des contre-maîtres a reçu l'an dernier du gouvernement la Médaille d'Honneur après plus de trente ans de services inininterrompus. Un autre a obtenu cette année la Médaille d'argent de la Société Centrale des Architectes, après plus de 25 ans de services.
La Caisse de Secours est alimentée par une retenue de 2 0/0 sur les salaires. Elle pourvoit exclusivement aux besoins des malades et des familles d'ouvriers. Elle est généralement en déficit au bout de l'année, mais la Société prend à sa charge tout ce qui dépasse la retenue de 2 0/0,
La caisse est administrée par des ouvriers élus par leurs pairs dans les difl'érents ateliers. Le conseil est complété par les contre-maîtres, le directeur-gérant, le directeur des ateliers et le comptable qui fait fonction de secrétaire.
L'Assurance contre les Accidents est payée par la Société sans que la Caisse de Secours intervienne.
Illstorique et Consistence des l.l«ine«
L'usine de MM. Sebryver et C'* est située à Hautmont (Nord).
Fondée en 1853 avec un modeste capital, elle était destinée à la fabrication du matériel de chemin de fer. Après des transformations et augmentations nécessaires, l'entreprise passa entre les mains de la Société créée par MM. L. de Schryver et Cie, en 1874, au capital de 500,000 francs, porté aujourd'hui à 1,200,000 francs. L'usine De Schryver à Hautmont est construite sur deux hectares de terrain; elle est reliée au chemin de fer du Nord par un raccordement à grande section et comprend :
Un atelier de construction pour ponts, charpontos, etc.
Un atelier d'ajustage.
Une forge.
Une fonderie.
Tin atelier spécial pour le montage des trains de wagons.
Un atelier de galvanisation.
Vn atelier pour la construction des bâtiments en tôles d'acier, embouties et galvaniséefî, système Danly.
Vateiier de construction est outillé pour produire, par mois, 4 à 500 tonnes de travaux métalliques de toute espèce. 11 est pourvu de tous les outils les plus perfectionnés: riveuses hydrauliques mobiles, du système Twfdrl, scies à froid, machines /> nercer, à forer, à dresser, à meuler, à cintrer, etc. Les n anieuvres s'effectuent au moyen de ponts roulants mécaniques, portés sur les colonnes des ateliers, ev les chargements sur wagons se font dans les halles mêmes.
Vateiier cTajustage est spécialement organisé pour la partie mécanique des 'grands travaux métalliques. 11 contient des machines-outils de toute sorte : machines à raboter, à mortaiser, à limer, à tarauder, à forer, des tours, etc.
La forge est des plus importantes : elle comprend 9 marteaux-pilons : Tun tl'eux, dont la masse tombante est de 8,000 kilos et la chute de 3 métrés, est pourvu d'une chabotte de "tb tonnes. Ce marteau puissant a permis de faire les plus grosses pièces de machines en 1er et en acier et jusqu'à des pièces pesant 15 tonnes. Outre les pièces de machines, la forge produit par jour 20 trains montés, centn^s de l'oues et essieux. L'installation de la fonderie est très complète: on a pu y couler d'un seul bloc la chabotte de '75 tonnes du n)arteau- pilon dont nous venons de parler et qui fonctionne dans les ateliers de la Société De Schryver et Cie. Un atelier spécial^ contenant des tours à roues, à bandages, à essieux, à trains, une presse à caler, des fon^ries spéciales, un four à recuire, et<î., permettent de terminer tous les jours l'ajustage des 20 trains sortis de la forge.
MM. De Schryver et Cie ont été amenés, à la suite des commandes importantes laites pour le port diî Dunkerque, à monter un atelier de galvanisation oii l'on peut galvaniser des pièces de 7 mètres de longueur sur 2 mètres de largeur et sur 0 m. 400 d'épaisseur.
La Société a monté en 1885 la fabrication des tôles ondulées et galvanisées pour toitures.
En IS-îS, elle a installé un atelier pour la fabrication de bâtiments en acier, système Danly. Cet atelier comporte une presse hydraulique puissante, des cisailles ciivulaires, poinçonneuses, etc.
La force mortrice est fournie par une machine à vapeur de 100 chevaux. Six chaudières produisent la vapeur nécessaire pour actionner la uiîichine et les marteaux-pilons.
Une première halle sert au montage des ponts, a 15 mètres de largeur sur 50 mètres de longueur ; elle est desservie par un pont roulant de 8 tonnes, dont tous les mouvements sont commandés mécaniquement et contient des riveuses hydrauliques du système Twedel.
La halle voisine renferin(Mes petites forges à cintrer les pièces des constructions exécutées, les machines à scier à froid, à meuler, etc.
La troisième halle est spécialement destinée au montage
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des travaux légers : charpentes, réservoirs, etc. Elle a 19 mètres de largeur sur 65 mètres de longueur.
L'atelier de construction est complété par deux halles d'outils; perçoirs, foreries, meules, etc., et une halle de 80 mètres de longueur sur 10 mètres de largeur, spécialement affectée aux petits travaux : ponçeaux, poutres rivées, etc.
Cette halle est également desservie par un pont roulant et contient des riveuses Twedel.
Parmi les travaux exécutés depuis la création de la Société en 1814, nous pouvons citer :
Les grands ateliers d'HellemmeS'les-Lille, construits en 1877 pour la Compagnie du Nord; le poids total de la partie métallique est de 1.310 tonnes.
Les ateliers de la plaine de Landy (Paris), construits pour la même Compagnie, en 1878 ; la partie métallique atteint 300 tonnes.
Le pont sur TOise, à Compiègne, qui a 121 mètres de longueur et pèse 600 tonnes.
Les ateliers de Mohon construits pour la Compagnie de TEst en 1882. Le poids du métal employé est de 600 tonnes.
Le pont de la gare aux charbons de La Chapelle, à Paris, construit par la Compagnie du Nord, en 1881. Ce pont qui pèse 400 tonnes a été monte sans interrompre la circulation des trains, ni sur la ligne du Nord, ni sur le chemin de fer de ceinture. La pose du tablier a été exécutée dans les conditions les plus défavorables : M. de Sehryver, qui a étudié d'une manière toute spéciale ce problème si difficile et si varié de la pose des ponts métalliques, a parfaitement réussi le montage du pont sur lequel nous donnerons quelques détails.
La Société de S^bryver et C*' vient aussi d'exécuter sept ponts pour le port de Dunkerque. Ces ponts construits en 1883 et en 1884 pèsent ensemble plus de 900 tonnes et ont été exécutes dans les meilleures conditions possibles.
En 1880, on a fondu dans cette usine les fontes nécessaires à la construction d'appareils Hari^reave pour la fabrication de la soude. Ces appareils comprennent des cvlindres en fonte de 6"565 de diamètre sur 1"»904 de hauteur et 35 millim. d'épaisseur. Chacun d'eux pèse 9.600 kil.
N'oublions pas de signaler dans l'exposition de MM. de Sehryirer et C^*, à Paris, trois plaques rivées et sciées par le milieu de façon à bien montrer la rivure ; l'une des plaques est rivée à la main ; la deuxième à la riveuse hydraulique; la troisième montre la rivure spéciale à tète fraisée pour la construction des bateaux. Ces spécimens prouvent combien ce travail de rivure est bien exécuté dans les ateliers de la Société.
Depuis la constitution de leur Société, MM. de Schryrer et C** ont en 15 années fourni plus de 62 millions de kilogr. en en travaux métalliques pour l'Etat, les départements, les communes ou l'industrie privée.
La production s'est élevée de 2 millions à 6 millions de kilogr. par an et dépasserait facilement 8 millions si la crise actuelle ne rendait très difficile l'aUmentation de toutes les branches de l'usine.
MM. de Sehwjvev et C*« n'ont exposé que cinq fois ;à Rouen
en 1884 où ils ont obtenu la médaille d'pr, à Anvers oii le jury international a justement récompensé leurs heureux efforts par le diplôme d'honneur.
A Avesnes, en 1886, diplôme d'honneur.
A TExposition d'hygiène de Paris, en 1883, médaille d'or pour un pavillon en acier.
En pleme marche, la Société occupe 600 ouvriers; tous travaillent à l'entreprise soit individuellement , soit par brigades.
Les matières premières viennent surtout des forges du bassin de Maubeuge. Les aciers sont fournis par les aciéries des bassins de Valenciennes et de Longwy, et les fontes par le bassin de Longwy.
Les établissements de Sehryver et C*« ont su affirmer leur vitalité d'une manière éclatante,pendant la crise que traverse l'industrie flrançaise.
H. de SCHliirVEIIi et mon Persomiel.
Du reste, il suffira de connaître les états de services industriels de réminent directeur, M. de Sehryver, pour avoir le secret de la prospérité de l'usine qui nous occupe.
Belge d'origine, naturalisé français, M. de Sehryver est ingénieur sorti de l'Ecole du Génie civil de Gand, une des meilleures écoles de Belgique. Sa carrière presque tout entière s'est passée à Haumont. Après ses débuts en Belgique, il entra chez ses prédécesseurs, MM. Pigé et C*«, en 1872, en qualité d'ingénieur de l'usine. Enfin en 1874, il fonda la Société qu'il dirige depuis près de seize années. 11 a publié un livre intitulé: Etude sur les Marteaux pilons, qui est un traité unique de la matière avec toute la mathématique que comporte la question.— C'est lui qui a donné cette définition classique et lumineuse du forgeage : c Quand un corps quelconque tombe dans la « neige, il y marque son empreinte d'autant plus profondé- « ment que, toutes choses égales d'ailleurs, il est plus lourd, « qu'il tombe de plus haut, que la surface de contact est plus « petite, que le corps est mou, élastique, que la neige est « plus dense et que le sol sur lequel elle repose est plus dur.
« Ce phénomène si simple résume tout le travail de forge. >
Le directeur de l'usine, M. ttonln, est un ingénieur praticien émérite, sorti de l'Ecole de Chalons, ayant passé par Fives- Lille, de 1868 à 1879, par les ateliers de Quillacq de 1879 à 1884 comme ingénieur, et attaché à MM. de Sehryver depuis cette époQue. Le chef de la comptabilité, M. Dartevelle, a près de 25 années de services à l'usine où il a passé toute sa carrière.
On le voit, un personnel de choix dirige l'usine d'Hautmont. La Médaille d'or dans la classe 41 et la Médaille d'argent dans la Classe 63 ont été des récompenses largement méritées.
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Orand. I*jrix
Société des Fonderies et Laminoirs
DE
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