LE BLANC, GEORGI ET C
r Administration de TExposition a chargé la Société de Texécatlm d*une partie des grandes colonnes ornées, du palais des Beaux- Arts et Arts- Libéraux.
Mentionnons aussi que dans ce moment les usines de Marquise exécutent d'importants travaux dans les ports du Havre, Calais, Dunkerque et La Roc^helle.
Le succès des Usines de Marquise est dû en grande partie, à la sagesse et à la compétence du Conseil de surveillance, et surtout à rintelligence et à ractivité des deux gérants, dont les noms servent d*étendard et de raison sociale à la Société.
Le Conseil de surveillance est ainsi composé : MM. Saiou, ancien banquier, président : Clausse, propriétaire, administrateur de la Nationale ; Benoisc. manufacturier; Alfred Boafv, ^ manufacturier; Maaban. propriétaire; Jules Liefebvre, ancien banquier ; Le Camus ^ propriétaire ; Resset, ancien négociant ; Jules Le Blanr, gérant ; Charles Georgl, gérant.
Le jury deTExposition universelle de 1889, reconnaissant les efforts faits par cette Société pour améliorer notre industrie et la faire connaître à l'étranger, lui a décerné une Médaille d'ArBent.
Hors Ooncours
H. DE OUILLACO
klembre du Jury des Récompenses
ETABLISSEMENTS DE QUILLACQ
Société Anonyme de Construction mécanique
d^AWZIlfr (Nord)
Nous ne saurions mieux terminer l'examen complet que nous avons fait des usines du Nord, si ce n'est par Tétude des Expositions des Etablissements de Quillacq.
Cette Société s'est spécialisée en 1889 par l'exhibition de quatre machines Wheelock, d'un type particulièrement étudié et complet qui semble actuellement avec ses perfectionnements, le dernier mot de la machine à vapeur.
On se rappelle la mention sommaire que nous en avons faite lors de notre étude des mines d'Aniche (page 133 de notre premier volume).
Le moment est donc venu de revenir avec détails sur ce point, un des plus importants de l'Exposition de 1889.
Quatre machines ont fonctionné durant plusieurs mois. Indiquons d'abord leur emplacement et leur but.
lie* 4 nificKiiie* IV'lieelock-Qailliicq à rfixporition.
Une première machine Wheelock-Quillacq était établie sur e quai de Seine, en face l'exposition d'agriculture. Elle était d'une puissance de cent chevaux et fournissait les Eaux de l'Exposition.
Son fonctionnement a été régulier et rien n'a péché dans ce service important depuis le premier jusqu'au dernier jour.
La force de la machine était de cent chevaux, et nous donnerons plus loin des détails sur sa construction.
Deux autres machines étaient installées dans le pied sud-est delaTonrEiffeL
386 ÉTABLISSEMENTS DE QUILLACQ
Elles étaient destinées à pomper les eaux nécessaires aux ascenseurs de la Tour Eiffel, Leur force à chacune était de 150 chevaux.
Enfin, la machine la plus importante et sans contredit une des plus remarauables de TExposition, était installée dans la galerie des Machines au sud, du côté de Tavenue Suffren (type Compound).
Elfe servait à faire mouvoir toute la section filature et tissage.
Sa force était de 300 chevaux.
En résumé, les Etablissements deQuillacq, possédaient donc â eux seuls 700 chevaux de force à TExposition universelle.
Le succès de ces machines Wheelock. sera suffisamment affirmé lorsque nous dirons qu*en une seule année, de 1887 à 1888 les commandes de ces machines à tiroirs-plans-équilibrés forment ensemble une force de 10,000 chevaux.
En 1888-1889 ce chiffre a été dépassé.
lle«cription des nmeltiiie* H^lieelock.
décrivons maintenant ces importants appareils :
Le distributeur à tiroirs plans, — Le trait principal de ces machines si originales, est la distribution à tiroirs-plans (grille équilibrée) disposition plus nouvelle encore que celle à ODturation conique de l'ancienne machine Wheelock.
Cette distribution a été étudiée, de prime abord, pour les machines très puissantes et les machines à grande vitesse ; mais depuis, Texpérience a démontré qu'elle donnait des résultats non moins satisfaisants pour les plus petites forces.
Les mouvements extérieurs sont absolument les mêmes que ceux de l'ancienne machine Wheelock à distribution par obturateurs coniques : les figures 1 et 6 en indiquent les principaux organes extérieurs.
HonTcmenUi extérieiirs (Fig. 1)
L^excentrique placé sur l'arbre du volant, comme dans les machines à tiroirs ordinaires dits à coquilles, donne un mouvement d'oscillation à la barre A qui communique ce mouvement au levier B par une fourche C. On peut ainsi, en soulevant la barfe d'excentrique par la poignée D. la déclancher ; et, au moyen de la poignée E du levier B mouvoir, s'il y a lieu, les obturateurs à la main, pour faciliter la mise en marche.
Les frottements de ces obturateurs sont d'ailleurs si réduits par la disposition que leur a donnée l'inventeur, qu'il suffit d'un effort très modéré pour mettre le tout en mouvement dans les machines les plus puissantes et sous les plus fortes pressions.
En F, sur le levier B est fixé un tourillon portant le déclic G. L'embase encastrée de ce tourillon est excentrée par rapport â sa tige, ce qui pei*met de régler la position du déclic.
Dans la fourchette se trouve un guide cylindrique H, avec une partie plate entrant à frottement doux dans Tépaisseur du déclic, et pivotant sur le tourillon F. Sur ce guide glisse un
dé ou petit cube en acier portant un tourillon I, mobile dans rœil du levier coudé J- Le poids du déclic G fait presser sa branche supérieure rectiligne sur le dé d'acier, ce qui en as • sure la direction. Sur cette branche rectiligne de la fourchette se trouve fixée, en K, une touche saillante en acier; qui vient se placer devant Tarrête du dé, et celui-ci entraîne le levier coudé J; Tespace entre K et G étant juste suffisant pour recevoir le dé.
En L se trouve un levier mobile sur Taxe J, et il porte sur sa douille 2 petits ergots M et N. La position de ce levier L est déterminée par le régulat-eur qui lui transmet ses variations par la tringle 0. Ces variations ont pour effet de modifier la position de Tergot M.
Quand la barre d'excentrique A recule, et avec elle le déclic G, la partie courbe inférieure de la fourchette vient butter contre l'ergot M ; le déclic se relève et le dé se désengage de la touche K; le levier coudé J, devenu libre est tiré par le contre-poids à ressort P qui lui est relié par le tourillon Q, et le tiro\F d'admission se ferme instantanément.
Au retour de labarre d'excentrique, la fourchette se trouve bientôt dégagée de Tergot M; elle retombe sur le dé d'acier que la touche K ressaisit à la fin de la course, prête à ouvrir de nouveau le tiroir.
Sur la tringle 0 se trouve un ressort spiral R dont on peut varier la tension au moyen d'une simple vis à main ce qui
â88 ÉTABLISSEMENTS DE QtJILLACQ
permet de changer le régime de vitesse avec la plus grande lacilité et pendant la marche même.
Enfin, si le régulateur vient à se déranger, l'ergot N se rapproche du déclic, le soulève d'une manière permanente, sans que la touche K puisse reprendre le dé d'acier I, de sorte que l'admission restant fermée, la machine s'arrête d'ellemême, ce qui prévient tout accident.
Les leviers B et J sont tous les deux fixés à l'extrémité d'un axe en acier trempé S (fig. 3 et fig. 4) tournant dans des douilles T aussi en acier trempé et ajustables longitudinalement.
Ces axes ont un collet U (lig. 3^ qui, pressé constamment par la vapeur contre l'extrémité intérieure de la douille, forme un joint de vapeur parfaitement étanche, sans aucun calfat.
Tous ces détails sont d'ailleurs absolument semblables à ceux de l'ancienne distribution Wheelock à obturateurs coniques.
ilevcription de* Tiroira-Pluiui (grille éqniUbrée )•
Comme dans l'ancienne machine Wheelock, il se trouve à chaque extrémité inférieure du cylindre 2 ouvertures légèrement coniques a-b (fig. 1 et 2) dont l'une (b) renferme l'obtu-
rateur d'introduction, et l'autre (a) l'obturateur d'échappement; mais au lieu de cônes mobiles distributeurs» ces ouvertures
reçoivent un support ou bouchon fixe (tlg.8et4) qui s'y trouve fortement coincé, comme le serait une clavette, par un simple coup sec sur sa plus large extrémité.
La partie de ce bouchon fixe, située à Textérieur du cylindre est découpée, et forme une table ou ^lace percée d'ouvertures longitudinales (fig. 2, 3 et 4), formant ensemble une lumière d'une grandeur exceptionnelle, à travers laquelle la vapeur passe très librement.
Sur cette glace travaille la grille de distribution. Cette grille est conduite par Taxe ou arbre C (fig. 2j et S C (ûg. 3), et par l'intermédiaire des leviers articulés en genouillère D.
OBUURATEUR COMPLBT PETIRB DE SON SIEGE
L'examen des Ûg. 1 et 2 montre que quand l'excentrique sur l'arbre du volant passe à ses points morts, le déclic et les leviers articulés s'y trouvent en même temps, de sorte que la grille devient pour ainsi dire immobile, tandis que l'effet contraire se produit quand l'excentrique est à peu près à micourse, c'est-à-dire au moment de l'ouverture et de la fermeture des lumières. II résulte de cette triple réduction ou accélération du mouvement que la grille n'a à faire qu'un parcours égal à l'une de ses ouvertures, plus 3 ou 4 millimètres, et que ce parcours est pour ainsi dire mstantané.