‹ Les mines et usines en 1889Chapitre 72 sur 199 · VX · texte numérisé non relu

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5 réservés pour ravenir et 11 poar les cités ouvrières, les jardins, dépendances, etc.

L*u8ine est raccordée au chemin de fer de TEst à la station de Pompey, et elle possède un port intérieur également raccordé au même chemin de fer par une voie ferrée qui traverse Tusine. Les matières premières peuvent ainsi arriver, indifféremment, par voie de fer et par eau, et se répartir dans les différents services. Les produits marchands de chaque service peuvent, de la môme manière, être expédiés par les deux voies.

La situation de l'usine de Pompey est remarquablement choisie. Ses produits peuvent être expédiés partout : en chemin de fer, à Paris et au-delà; à Lyon et au-aelà, par voie d*eau.

Pour Texportation, elle communique directement, par voie d*eau, avec Anvers d*une part, et Marseille de Tautre. Elle peut encore, par la voie (Teau, recevoir ses combustibles du Nord et du Pas-de-Calais, de la Ruhr et du bassin de Saarbriick, de la Belgique, suivant la situation économique de chacun de ses marchés.

Le port intérieur comprend un avant port, avec deux lignes de quais de chargement pour les produits à expédier au dehors, et un dock de 580 mètres carrés de superficie.

Dock. — Le dock est outillé de quatre grues hydrauliques

gour le déchargement des arrivages des matières premières, eux bateaux peuvent prendre place dans le dock et être chargés simultanément, chacun par deux de ces grues hydrauliques, qui lèvent des charges de 1,200 kilos, et qui sont actionnéies par un accumulateur Amstron^, refoulant Teau à 50 atmosphères de pression, et desservi lui-même par une pompe à vapeur absolument automatique. On décharge ainsi 400 tonnes de houille en vingt-quatre heures; les wagons ainsi chargés par les grues hydrauliques, ou arrivés par chemin de fer, vont ensuite se déverser sur des estacades maçonnéesà 4 mètres au-dessus du sol,dont deux s'élèvent devant les hautsfourneaux et la troisième entre Tatelier de puddlage et les laminoirs. Les estacades permettent d*approvisionner à Tavance 80,000 tonnes de matières premières pour Talimentation des hauts-fourneaux et 10,000 tonnes de houille pour Talimentation de la forse.

L'économie de ce déchargement résulte de ce fait que la vapeur actionnant la pompe de Taccumulateur, est produite par les gaz des hauts-fourneaux.

Avant-Port — L*avant-Port a une superficie de 2,000 mètres carrés, et peut contenir, — tout en maintenant rentrée libre, — huit bateaux, dont deux en chargement ou en déchargement.

Transports. — Les transports intérieurs sont faits, partie par deux locomotives de 13 tonnes sur un réseau de grande voie de 3 kilomètres, et partie par 15 chevaux sur un réseau de petites vois de 10 kilomètres permettant d'aborder dans toutes les parties de Tusine où les grandes voies ne pourraient accéder.

Hauta-Foumeaux, — L^usine possède un groupe de deux hauts-fourneaux, mais ce nombre peut être doublé, triplé même sur les terrains restés libres au sud de ce premier groupe. Les hauts-fourneaux ont 18 mètres de hauteur, une capacité de 265 mètres cubes chacun, et sont pourvus de 4 tuyères ; ils sont élevés au-dessus du sol de manière à permettre, tant la prise directe de la fonte en fusion au creuset au moyen d'une poche roulante, que le chargement automatique des laitiers qui s'écoulent par une tuyère Lûrmann, et sont grenailles dans le courant de f\iite des eaux du creuset. Ils sont caractérisés, comme construction, par la brique creuse pour la chemise extérieuie, et par le blindage de leurs étalages au moyen de panneaux en tôle. La brique creuse contnbue à la légèreté du massif supporté par des colonnes, et les tôles assurent la solidité de la partie sujette à Tusure. Chaque haut-fourneau est pourvu de 4 appareils à air chaud, du système Withwell, dont la hauteur primitive de 8"70 a été finalement portée à 18 mètres, ce qui leur a donné une surface de chauffe de 2°^ 50 mètres carrés par appareil, et a permis d'élever la température du vent aux tuyères jusqu'à 800».

Le vent est fourni aux hauts-fourneaux par deux machines soufflantes verticales, construites par M. de Qulllacq, à condensation et à détente fixe, marchant à raison de 8 à 12 tours par minute, et dans lesquelles les cylindres soufflants ont 3 mètres de diamètre et 2™ 50 de course.

Une grande économie, d'accord avec la bonne marche des hauts-fourneaux, résulte de ce que la totalité des gaz sont recueillis au gueulard par une prise centrale d'où ils se dirigent, partie vers les appareils à air chaud, et partie vers un massif de chaudières, au nombre de onze, qui produisent non seulement la vapeur nécessaire au service propre des hauts-fourneaux, — machines soufflantes, — monte-charges et pompes d'alimentation, — mais encore un excédent qui est utilisé pour la marche des pompes de Taccumulateur Amstrong, — celle des pompes centrifuges qui alimentent d'eau les divers services de l'usine, — et pour la marche de deux machines électriques.

Deux monte-charges à vapeur, d'une construction légère et élégante, actionnés par des machines accouplées et à câbles d'acier, sont indépendants pour chaque haut-fourneau. Ils sont au droit des estacades a mine et a coke où s'accumulent les matières premières que consomment les hauts-fourneaux :

— minerais de Ludres arrivant par fer ; — coke de Seraing, du Nord et d'autres provenances, arrivant par fer ou par eau ;

— et castine du pays.

Les hauts-fourneaux de Pompey produisent chacun de 110 à 115 tonnes de fonte d'affinage par 24 heures ; la production est réduite d'un quart en fonte de moulage. On obtient facilement de bonnes fontes d'affinage tenant moins de 0.50 0/0 de silicium, avec moins do 0.50 0/0 de soufre ; la pro-

Sortion de soufï'e est beaucoup moindre dans les fontes chaudes 'affinage où la teneur en silicium devient par contre plus élevée.

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Voici des exemples de la composition des fontes :

( Soufre de 0,156 à 0,500 0/0

Fontes d'aWnage < Silicium 0,467 à 1,000

f Phosphore 1,400 à 1,800

! Soufre 0,017

Silicium 2,550

Phosphore 1,140

Carbone 3,700

Les laitiers des hauts-fourneaux donnent des produits accessoires : — les laitiers d'affinage noirâtres, grenailles à Teau peuvent remplacer le sable à bâtir et, coulés en gros blocs de porphire artificiel, servent à confectionner des pavés ; — les laitiers de moulage, plus calcaires, de couleur blonde, servent à la fabrication des ciments artificiels et des briques. — Les nettoyages périodiques des appareils à air chaud fournissent des poussières très riches en potasse et en chaux, avec une proportion notable d'acide phosphorique formant un amendement très recherché des agriculteurs de la contrée.

lo Puddlage, — Cet atelier, à charpente en bois, d'une construction très étudiée, a la forme d'une grande croix dont la tète et les bras sont occupés par les fours à puddler — le centra par les pilons -— la base par les trains de laminoirs, les plaques k dresser et les bascules. Cette forme, très rationnelle, permet d^u&ener les loupes des fours aux pilons et laminoirs le plus rapidement possible, par conséauent avec économie de transport, et dans les meilleures conditions de chaleur pour une épuration effiowîe^

Les fours sont accoBte deux à deux avec chaudières verticales extérieures au bâtiment, et forment 2 lignes chacune contre les deux murs du bâtiment. Les 2 lignes de grilles sont ainsi en face Tune de rautr«« et suffisamment distantes pour permettre les manutentions à Iwpas sur chariots appropriés, roulant sur dallage en fonte, des bouilles, des déchets de cendriers et des loupes. Les fontes arrivent par un réseau de voies extérieures à l'aplomb de chaque four ; ce réseau permet l'évacuation des scories des fours.

Les fours sont au nombre de 25, dont 16 fours simples et 9 fours doubles Le four simple de Pompey est décrit dans le traité de métallurgie de Griiner. Quelques-uns sont garnis d'une ceinture complète de pièces de fonte à courant d'eau pour le puddlage des fers de qualité. Les autres ont un garnissage en minerai : ce garnissage, appliqué pour la première fois à Ars-sur-Moselle, et aujourd'hui très répandu, a pour résultat, grâce au meilleur laitier ainsi obtenu, une épuration plus grande des fontes, et notamment leur déphospnoratioQ plus avancée.

Le four double n'est autre que le four primitif pourvu d'une seconde porte de travail et dont les dimensions ont été forcées de manière à porter la charge de 235 kilog. à 500 kilog. Le four double fait 9 charges et le four simple 12 charges en 12 heures.

La production journalière est donc de 150,000 kilog. Elle

sera augmentée par rinstallation d'un procédé de puddlage mécanique dont un des fours est déjà pourvu depuis plusieurs mois, à titre d'essai, et qui aura le plus grand avantage de supprimer la partie la plus pénible du travail du puddleur.

Ces 25 fours sont desservis par 4 pilons de 2,500 kilog. et par 2 trains de puddlage.

Chaque train est conduit par une machine à vapeur à condensation et à détente variable, tournant à 90 tours, et comprend 3 paires de cages permettant de faire toutes les dimensions (Tébauchés et, par suite, de choisir pour chaque

fièce à obtenir, tôle^ large plat, profilé ou pièce de forge, les bauchés donnant le paquetage le plus rationnel pour la pièce à obtenir.

Les fers bruts sortant du puddlage sont cassés, barre par barre, et soigneusement classés avant d'être envoyés au finissage.

Les scories de puddlage sont devenues des produits accessoires : les crasses de cinglage et les scories de Tours à puddler sont très recherchées pour la fabrication des fontes à déphosphorer dans les convertisseurs par le procédé Thomas. L'importance de ces produits peut s'élever à 86.000 tonnes par année.

Les crasses des grilles sont criblées et lavées; elles donnent, comme produit marchand, de l'escarbille lavée de très bonne qualité, d'un excellent emploi pour la fabrication de la chaîne. Le résidu stérile est la seule matière sans valeur qui soit conduite au crassier.

2« Aciéries. — Les aciéries doivent comprendre un groupe de 6 fours Martin Siemens. Le premier élément de ce groipe est construit ; il a été mis à feu en 1888, et capable de 3 coulées de 12 à 14 tonnes en 24 heures, soit 12 à 14,000 tonnes d'acier par an.

Ce four a 3 portes de travail, à conduits de gaz et air isolés du massif, et dont le plancher de travail est à 3 mètres audessus du niveau général de l'usine; il est desservi par une batterie de 8 gazogènes Siemens en deux files adossées, grilles à l'extérieur, et réunis par 4 sur la même cheminée. La grille mesure 1"'70 de large sur 0«"80 de profondeur. La distance de l'axe de la cheminée des gazogènes à l'axe du four Martin, est de 25«75.

Les régénérateurs placés sous le four, mais ne le supportant pas, donnent un volume d'empilage de 2'"60 de hauteur, 3°>40 de profondeur perpendiculaire à l'axe du four et 2"28 de large pour la chambre à air, l»"8o pour la chambre à gaz.

Une fosse rectiligne perpendiculaire au four est desservie par une poche roulant sur rails. La grue à vapeur actuelle servant au démoulage, va être remplacée par des grues hydrauliques actionnées par l'accumulateur Amstrong.

Cet atelier est éclairé par 2 lampes électriques à arc, de la force de 200 bougies chacune.

Ce four traite actuellement des fontes de Pompey et des ferrailles sur sole basique en magnésie, et livre à la tôlerie, aux laminoirs et à l'atelier des marteaux, les lingots nécessaires pour la fabrication des tôles, larges plats, ptoûlés.

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essieux, arbres de transmission, aux différentes conditions exigées par les cahiers des charges de la Marine, des grandes Compagnies de chemins de fer, de TArtillerie, ou par les commandes d*une clientèle qui apprécie de plus en plus les garanties offertes par Tacier sur sole.

Cet atelier va, en outre de la fabrication du lingot brut, liyrer des moulages d*acier.

Fabrication des fers marchands et profilés. — Un atelier de 7,680 mètres carrés de surface, couvert par une charpente mixte en 5 travées de bois de 16 mètres de portée est consacré à la fabrication des fers marchands et profilés de tous les échantillons, à la fabrication des tôles et larges plats.

Cbuque train a son atelier de paquetage avec cisailles et bascules derrière les fours, son atelier de finissage avec scies à chaud ou cisailles à fï*oid, plaques ou presses à dresser devant les trains.

Pour les fers marchands et profilés, tous les fours sont à grille ordinaire et vent soufflé, avec chaudières horizontales pour rutilisation des flammes perdues.

Les trains sont au nombre de trois : — le petit train et le train moyen commandé par une même machine, — et le train marchand commandé par une machine spéciale ; — ces commandes se font par courroies.

Le petit train se compose d'un box trio et du petit train proprement dit à 5 paires de cages. Ce box permet de partir d'un paquet plus gros que ne le permettait le train ordinaire, ce qui accroît la production en augmentant la qualité du produit par uncinglage plus énergique. Il est desservi par 2 fours. — Le train moyen comprend 3 paires de cages et est desservi par deux fours. — Le tram marchand se compose d'un box trio et du train proprement dit à 3 paires de cages. Il est desservi par deux fours

C'est de ces laminoirs que sont sortis tous les fers employés dans les plus grandes constructions modernes. Citons en passant: — la gare de Pesth; — le pont du Douro; — les charpentes métalliques de TExposition universelle de 1889, dont Si. Fould-Dupont a été le principal fournisseur; — le viaduc de Garabit; —le pont de Saumur; — le pont de Collonges, etc.

Tous les fers de la Tour Eiffel, -r. 7,000 t., — ont été laminés à Pompey, et il a été essayé 4,200 barrettes pour la réception de ces fers.

f* Fabrication des tôles et larges plats. — Cet atelier comprend un train à tôles et un train universel actionnés par nne machine à vapeur à commande directe.

Le train à tôles se compose de 2 paires do cages, dont la cage finisseuse est pourvue d*nn trio Lauth.

Ces trains sont desservis par trois fours à souder, un four Ponsard à chaudière tubulaire, et 2 fours à gazogène Bicheroux soufflés, à chaudière horizontale, dont un à feu et un de rechange, et 2 fours dormants à recuire.

La production journalière est de 42,000 kil. Cet atelier livre des toies et larges plats de construction, des tôles de fer et

des tôles d'acier pour la marine française et des tôles minces de fer et d'acier jusqu'à 5/10 de millimètre.

Le premier train universel monté en France Ta été dans la maison d'Ars-sur-Moselle.

Production journalière des laminoirs.

i?«.w, ^«««K««^c i Petit train 24.000 kil. i

^".rJJJ^fii^^ Train moyen... 28.000^ 88.000 kil.

et profiles f Train marchand 36.000 - j Tôles et larges plats 42.000 — 42.000 —

Total 130.000 kil.

Les scories de réchauffage sont vendues pour la production des fontes; on en produit environ 20 tonnes par jour.

Tours à cylindres. — L'atelier à tourner les cylindres de laminoirs est placé à l'angle sud-ouest du bâtiment des laminoirs. Une machiné à vapeur a deux cylindres, du système Wolf, conduit les 5 machines-outils de cet atelier : un tour pour les petits cylindres, 2 tours pour les gros et moyens cylindres, un tour pour les cylindres de tôlerie, et un appareil spécial pour rainer les cylindres à tôles striées. Une petite forge, un étau d'ajusteur et une meule complètent routillage.

Les transmissions principales sont souterraines et toute la surface de l'atelier est desservie par un pont roulant à bras de 10 tonnes de puissance. Une petite voie pénétre dans le milieu de l'atelier et amène les cylindres au pied des tours.

Grosse forge.— Vax eUer de grosse forge, installé dans l'aile Nord du bâtiment du puddlage, comprend six marteaux pilons de différentes puissances. Deux d'entre eux, à simple effet, du poids de 3,500 a 2,500 kilog., sont surtout destinés au matriçage ; les autres, à double effet, entièrement automatiques, du poids de 500 et 1,000 kilog., servent à étirer.

Ces pilons sont desservis par quatre fours à réchauffer à grille ordinaire et à vent forcé; les flammes perdues se rendent sous des chaudières horizontales qui concourent à l'alimentation des pilons. Un moteur à vapeur de 12 chevaux, active un ventilateur et une cisaille à queue servant à découper les barres pour la confection des paquets.

Cet atelier produit par mois 150 à 200 tonnes de pièces forgées en fer et en acier. Ses principales fabrications com-' Srennent les tampons à tiges, les faux tampons, les crochets e traction; — les boisseaux et plongeurs des différentes compagnies de chemins de fer, cette dernière fabrication ayant fait l'objet d'un brevet récemment pris; — des essieux de toutes formes et de tous poids pour le commerce, Tartillerie et le génie; des blocs d'enclumes, bigornes, bielles, manivelles; — arbres lisses et à renflements; - enfln, toutes les pièces étampées ou matricées.

Fonderie,-^ Cette fonderie, entièrement construite à l'usine, bâtiments et outillage, occupe une surlace couverte de 600 m.

carrés; elle est disposée de façon à pouvoir se tripler lorsque la nécessité s*en fera sentir.

L*atelier de moalage proprement dit, se compose : — d*an bâtiment principal très élevé et bien éclairé» desservi par an pont roulant à commande funiculaire de 15 tonnes de puissance; — et de deux ailes latérales, dont Tune, consacrée aux petits moulages, est desservie par un pont roulant de 2,000 kilogrammes; l'autre sert à abriter les étuves, les moulins à sable et les ventilateurs. Le fond de la ^ande travée du hall est occupé par deux cubilots placés extérieurement et pourvus d*un monte-charge mécanique. Une grande fosse, profonde,

S lacée à leur pied, est destinée à la coulée des gros cylindres e laminoirs et de toutes les pièces qu*il est nécessaire de couler debout. Le fond de Taile des petits moulages est occupé par un petit cubilot de 1,000 kilog. a Theure et par deux fours a creusets soufflés facultativement pour la fusion du bronze. Le vent est fourni par des ventilateurs Roots à pression, placés à proximité des cubilots.

Tous les appareils mécaniques sont conduits par une machine à vapeur de 15 chevaux, placée très près de la fonderie, mais dans un bâtiment à part.

Un magasin à modèles, disposé en étagères, reçoit les nombreux modèles qui y sont soigneusement classés et dont le nombre dépasse aujourd'hui 3,000.

Cette fonderie, créée surtout pour l'entretien de Tusine et pour Talimentation de ses ateliers de construction, produit néanmoins une certaine quantité de moulages livrés au commerce et à rindustrie. Elle fabrioue, entre autres, des roues de wagonnets très légères en métal spécial, se rapprochant beaucoup de l'acier fondu par sa malléabilité et de la fonte trempée par sa dureté; tous les wagonnets des mines et ceux de l'usine sont pourvus de ces roues. 11 a été récemment coulé une cage de laminoir pesant 14,000 kilos. La production mensuelle est de 120 à 150 tonnes.

Ateliers, -^ Ces ateliers sont situés à Textrémité nord de l'usine. Spécialement créés pour la construction de l'usine et son entretien, ces ateliers ont pris rapidement une grande importance : ils livrent aujourd'hui au commerce et à l'industrie une grande quantité de pièces brutes et unies.

Ctmatiructions mécaniqnes» — Montage. — Une machine Corliss de 60 chevaux, alimentée par deux chaudières horizontales à bouilleurs, conduit toutes les machines-outils, les meules et un ventilateur. Les étaux d'ajusteurs sont disposés sur le pourtour du bâtiment, tandis que les machines, pour la facilite des manœuvres des grosses pièces, sont placées au milieu et desservies par des voies sur sol. L'outillage, très complet, se compose de tours parallèles, tours à engrenages, gros tours à plateaux, petits tours, machines à raboter, étaux limeurs, mortaiseuses, taraudeuses, lapidaires, machines à percer, meules. Un atelier d'outillage et d'ajustage de précision se trouve annexé à l'atelier principal ;et vient le compléter.

En outre des constructions nouvelles et de l'entretien de

Tusine, cet atelier livre au commerce de 100 à 200 tonnes par mois de pièces igustées, comprenant sartont les tampons, boisseaux, plongeurs, crochets, tendeurs, plaques de garde, etc., en un mot toutes les pièces de chemins de fer et autres pièces forgées par Fatelier de grosse forge devant être livrées finies.

Petite forge. — Un petit four à réchauffer, on pilon automatique de 250 kilog.; une machine à forger les Douions et 14 feux de forge maréchale alimentés par un ventilateur, sont groupés sous un hall d'une superficie de 480 mètres carrés. On j fabrique les pièces dont la fabrication ne serait plus économique à la grosse forge.

Chaudronnerie, — Charpentes. — Cet atelier est situé entre le montage et la petite forge ; son outillage se compose d'étaux, meules à émeri, poinçonneuses, cisailles, marbres à planer, petites cisailles, machines à percer doubles, machines à cintrer fixes et mobiles une machine à fabriauer les tôles cornières pour wagons, des fonds à emboutir, des presses et plusieurs leux de forge.

Un petit atelier de chaudronnerie en cuivre et de ferblanterie est annexé à Tatelier principal.

La porte monumentale composée des produits de Pompej et qui figure à TExposition de 1889, presque toute les constructions en fer de l'usine, Taciérie entière, les chaudières à vapeur, les grosses conduites de gaz, les tuyères des hautsfourneaux, ont été exécutées de toutes pièces dans cet atelier.

Charpentiers — Menuisiers — Modeleurs — * Charrons. — Dans un môme atelier sont réunis tous les ouvriers travaillant le bois : les charpentiers et les menuisiers qui s'occupent de Tentretien et des constructions nouvelles, les modeleurs qui font les modèles pour la fonderie, les charrons qui fabriquent et entretiennent le matériel roulant en bois de Tusine.

Dans cet atelier sont tous les outils nécessaires au travail des bois, tels que scies à ruban, scies circulaires, tours à bois mus mécaniquement, et tous les agrès nécessaires à la manœuvre des pièces.

Bureau des études. — L'usine dispose d'un bureau technique, spécialement chargé d'étudier les projets et de dresser les plans et devis nécessaires à leur réalisation. L'usine entière est sortie de ce bureau qui fut le premier créé. Tous les travaux confiés à la maison, constructions mécaniques, charpentes, projets divers, ne sont exécutés qu'après des études complètes qui en garantissent le bon établissement.

Atelier d'essais. — Dans un atelier s'effectuent les essais chimiques et physiques destinés à servir de guide à la fabrication. C'est la encore qu'ont lieu les essais prescrits par les

cahiers des charges sons le contrôle des agents réceptionnaires.

Le laboratoire de chimie possède tous les appareils nécessaires aux analyses journalières des matières premières et des produits divers de la fabrication.

Une machine d*une grande précision permet de mesurer la résistance des fontes, fers et aciers,

Eclairage. — Les diverses usines de Pompey, — cours, ateliers, bureaux, «— sont éclairées à Télectricité.

Le réseau électrique se divise en deux groupes: celui des ateliers et celui de la forge.

Les ateliers sont éclairés dans leur ensemble par 8 globes Jabloschkof alimentés par une machine Gramme, prenant son mouvement sur la machine Corliss qui conduit toutroutillaffe.

La machine de la forge, du type Schukert, beaucoup plus puissante que la précédente, alimente 103 lampes à incandescence de 16 bougies et 6 grands phares à arc d'une puissance totale de 12,000 bougies.

Tous les halls, chambres de machines et bureaux sont éclairés à rincandescence ; Vaciérie, qui a sa fosse de coulée éclairée par un arc de 1,000 bougies, fait seule exception.

Les autres arcs,éclairantrens6mblede Tusine, sont répartis de la manière suivante :

2 hauts-fourneaux ; 2 arcs de 2,000 bougies chacun, placés au sommet des monte-charges, à 21 mètres du sol, envoient leur lumière sur les déchargements de mine et de coke, sur la plateforme des monte charges et aux gueulards.

Un autre, placé à rentrée du port, d*une puissance de 1,000 bougies, éclaire les déchargements de bateaux et le parc à ferrailles de Taciérie.

Enfin. 2 phares de 25 mètres, de 3,000 bougies chacun, distants d'environ 180 mètres, éclairent suffisamment ce qui reste de la partie fréquentée de l'usine: le parc à fonte, la cour du puddlage, les estacades à houille et les expéditions par chemin de fer.

Un ouvrier spécialement chargé de la surveillance et de Tentretien de tout l'éclairage n'est occupé qu'une partie de la journée.

InatltvtioiiB en faveur des Onwrkmrm.

Le nombre des ouvriers de l'usine de Pompey est de 1,400 à 1,500, dont beaucoup, ayant fait partie du personnel d'Arssur-Moselle, appartiennent à la maison depuis de longues années, et doivent à la création de l'usine de Pompey d'avoir pu venir se fixer en France et garder leur nationalité à la suite de l'annexion, tout en conservant leur ancienne position.

Nombre d'ouvriers comptent plus de trente années de services consécutifs dans la maison.

Logements et citée ouvrières. — La stabilité d'un personnel aussi nombreux dans une localité jusque-là dépourvue d'iUr dustrie, n'a été rendue possible que par la construction de

logements et de cités ouvrières, et par des créations diverses améliorant les conditions de la vie matérielle de la population.

5 belles habitations, entourées de jardins, et comprenant 10 logements de famille, ont été construites pour le personnel supérieur, directeur et chefs de service.

2 grandes cités ouvrières, la cité Saint-Euchaire et la cité de la Gare, ont été pareillement édifiées pour le logement des contre- maîtres et d!es ouvriers.

Chaque cité comprend 6 bâtiments distincts; elles fournissent ensemble 200 logements. Chaque logement est aussi indépendant que possible : — un jardinet de 5 mètres sur 10 mètres en commande rentrée, qui se fait dans une belle pièce au rez-de-chaussée à carrelage polychrome ; un escalier spécial à chaque logement donne accès, d'une part à la cave voûtée, d'autre part au premier étage à une pièce de 2 fenêtres et au second à une mansarde plafonnée.

Ces logements sont donnés gratuitement au personnel, emplovés, contre-maîtres et gratuitement aussi aux chefs ouvriers, après un stage qui a pour but d'assurer leur stabilité.

Economat. Boulangerie, Boucherie, Ouvroir, — L'ouvrier ainsi logé aussi confortablement que possible, il a été créé, pour lui des magasins de denrées.

Le but poursuivi et atteint par cette création est le suivant: en laissant à l'ouvrier liberté absolue d'aller s'approvisionner oii bon lui semble, lui permettre — à la condition suffisante, mais nécessaire qu'il soit ouvrier dans les Etablissements — de s'approvisionner dans les magasins de la maison oii il trouve des denrées au-dessous des cours à qualité égale.

Les bâtiments de l'Economat et de ses dépendances occupent une superficie de 7 ares 48 centiares. Ils comprennent : magasins, bureaux, logements d'employés, boulangerie, boucherie et ouvroir.

L'Economat délivre au personnel, d'après l'importance des crédits alloués à chaque ouvrier, soit pour la quinzaine, soit pour le mois, en raison de son travail habituel, l'épicerie, les articles de ménage, la mercerie et les effets d'habillement. Les prix de denrées sont affichés dans les magasins et sont fixés périodiquement d'après les prix d'achats.

La boulangerie, installée dans des conditions économiques produit de 800 à 1,000 kil. de pain par jour, et réussit à vendre 0,05 cent, par kilogramme au-dessous du cours moyen.

Un boucher vient débiter la viande et son traité l'oblige à livrer à bas prix des produits de qualité garantie.

Réfectoire. — Dans un réfectoire établi à l'intérieur de l'usine, les ouvriers trouvent à se nourrir à des prix très modiques pour la portion, le repas ou la pension. Les hommes travaillant au feu peuvent venir se rafraîchir à certaines heures réglementaires.

Une salle est réservée pour des pensionnaires; elle renferme une bibliothèque à la disposition du personnel.

Ouvroir. — L'ouvroir se compose de 2 pièces et un magasin

au rez-de-chaassée. Les âUes d'ouvriers y sont admises gratuitement depuis rage de 14 ans ; elles y font deux ans d'apprentissage, et, sous la direction de maîtresses habiles, y apprennent à coudre, à raccommoder, à repasser, et tout ce qui concerne la lingerie et la confection des robes et des vêtements.

Le maison fournissant le local, les travaux que Touvroir fait pour le dehors suffisent à assurer son fonctionnement régulier.

Caisse de secours. — Alimentée par une retenue de 2 0/0 faite sur les salaires et par une allocation de M. Fould égale à moitié de cette retenue, cette caisse est administrée par un Conseil de 18 membres dont 12 sont élus par les sociétaires et 6 sont choisis par le chef de la maison.

Le service médical est assuré par 6 médecins attachés à la caisse de secours; il est complété par les traitements dans les hospices et par les consultations de médecins spécialistes.

Le fond de réserve de cette caisse dépasse 50,000 francs.

Assurance contre les accidents, — Tous les ouvriers sont assurés à une Compagnie d'assurances contre les accidents. Tout accident entraînant une incapacité de travail donne droit à une indemnité.

Caisse de retraite des employés. — Après 25 ans de services continus et 55 ans d'âge, tout employé et contre-maître reçoit une pension égale au tiers de son traitement. La pension s'élève à la moitié du traitement pour les traitements de 2,000 francs et au-dessous. Le tiers de cette pension est en cas de décès réversible sur la veuve et les orphelins.

Cette caisse est alimentée par les intérêts à 5 0/0 du capital provenant uniquement de la dotation et des versements des fondateurs et du chef de la maison sans aucune retenu^ sur les appointements. Malgré cette origine unique du capital, la gestion en est confiée à un conseil de neuf membres dont cinq sont élus parle personnel et quatre choisis par M. Fould.

Le capital s'élève aujourd'hui à plus de 300,000 francs et cette caisse sert pour plus de 15,000 francs de retraites.

Caisse de récompense et de retraite ouvrière. — Il était difficile de faire autant pour le personnel ouvrier ; cependant, grâce uniquement à une dotation de la maison et sans retenue sur les salaires, tout employé ou ouvrier ayant 20 ans de bons services continus et 40 ans d'âge est inscrit à une caisse de récompense pour une prime de 100 francs par an. Cette prime est portée à 125 francs pour les ouvriers ayant 25 ans de services et 45 ans d'âge, et à 150 francs pour 30 ans de service et 50 ans d'âge.

Cette rente est continuée à tout ouvrier incapable de travailler par suite d'infirmités, de maladie ou de vieillesse.

Le capital de cette caisse dépasse aujourd'hui 130,000 ft^ancs.

L*U8ine d*Apremont est située dans le département des Ardennes, et reliée au chemin de fer à la station d*Apremont. Fondée en 1831, par MM. Auguste Dopant et Ad. Dreyftia, et appartenant aujourd'hui à M. Fo«id-liop«Bt, elle comprend plusieurs ateliers : fonderie de deuxième fusion, ajustage, forges en pleine activité et un ancien haut-fourneau au bois, depuis longtemps éteint. La force motrice nécessaire à ces divers ateliers est fournie par trois roues hydrauliques et deux turbines de la force totale de 70 chevaux et par deux locomobiles de 18 chevaux.

180 ouvriers, presque tous du pays, sont occupés dans ces divers ateliers.

Fonderie. — La fonderie proprement dite comprend deux grandes halles à mouler desservies par cinq grues à bras, deux cubilots, quatre fours à creusets a fondre le bronze, une machine à moule, du système s«b«l, quatre du système Foold- D«p!«Bt et un moulin a sable. Sa production en moulages de toutes sortes, sur dessins, modèles ou au trousseau, atteint 3,000 tonnes par an ; cette usine s^est fait une spécialité de la fabrication des cylindres de laminoirs, des roues de wagonnets en fonte trempée, des boites à graisse et à huile, de presque toutes les pièces de wagonnage. et enfin des appareils de chauffaffe, système Fondet, et des caisses à orangers dont elle fabrique de grandes quantités.

Ateliers. — Ces ateliers de modelage et d*ajustage livrent au commerce, à Tindustrie et à Tagriculture des instruments aratoires, des manèges, roules en fonte, squelettes, croskills tout montés ; des essieux finis et tournés de toutes sortes et dimensions, ainsi que des pièces détachées entrant dans la construction des machines.

L^outillage comprend : un tour à cvlindres, 6 machines à percer, une mortaiseuse, 13 tours à aléser, 7 tours à tourner les essieux, 2 tours parallèles, 7 meules émeri, une scie à ruban, une scie circulaire, 2 machines à rabattre. La production en essieux finis s*élève à 500 tonnes par an.

Forges. — Cette forge, dont Toutillage se compose de 2 marteaux-pilons à vapeur, un martinet, 2 fours à réchauffer, un feu d*affinerie, un feu de forge ou chaufferie, et une cisaille, produit annuellement environ 100 tonnes de pièces forgées de toutes sortes. Les pièces de charrues, socs, versoirs, etc., en fer ou en acier, les poches embouties pour fonderies de métaux, et d^autres pièces encore, sont Tobjet d*une fabrication spéciale.

Divers. — Deux grues de 10 tonnes sont affectées au chargement des pièces lourdes sur les wagons de la Compagnie, qui arrivent jusque dans Tusine ; un pont bascule de 15 tonneu et de nombreuses bascules servent a contrôler rentrée et la sortie des marchandises.

Tontes les fontes sont essayées an choc, à la traction et à la flexion, et soiçieusement classées d*après les résultats. Trois machines spéciales sont employées à ce travail.

IJaime h ««iLe ém Bmrmimu (Belgiqve)

Cette usine a nne situation remarquable au poiat de vue des api^rovisionnements et des transports. Elle est située dans la partie du bassin de Liège oii les couches de charbon à coke sont les plus nombreuses et les plus riches parleur puissance et leur qualité.

Assise entre le chemin de fer du Nord Belffe et la Meuse, elle est reliée à ces 2 voies et peut, suivant Tetat des marchés et le cours du fret, recevoir ses charbons et expédier ses cokes par voie de fer ou voie d*eau.

Elle a été fondée en 1866, et est devenue, en 1880, la pro-

{»riété de la Maison qui Ta complétée par Tinstallation d'un avoir remarquable a plus d*un titre et qui a été monté par la Société Humbold de Ralk. Depuis cette époque, elle ne fabrique plus que des cokes lavés.

L'usine occupe une saperâcie de 3 hectares et possède deux batteries de fours à coke, comprenant 67 fours Dulait et 24 fours Smet qui peuvent produire de 50 à 54,000 tonnes de coke lavé dans rannée. Chaque batterie est pourvue d'une défourneuse mécanique.

Lavoir HumboldL — Le lavoir dispose de deux machines à vapeur. Tune de 60 chevaux pour l'ensemble de Tatelier, rautre de 24 chevaux pour le service des broyeurs; ces machines sont alimentées par 4 chaudières horizontales.

Le lavoir comprend une chaîne à godets, un grand trommel double, 1 cribles à secousses, un ventilateur, 4 caisses d'égouttage, 2 broveurs Carr et 2 pompes d'alimentation.

Les charbons à coke, livrés à l'état de menu et d'une épaisseur inférieure à 50 mill., sont déchargés sur une grande voie dans un magasin où puise la chaîne a godets. La charge est rendue uniforme dans chaque godet par une vanne que manœuvre un mouvement dépendant de celui de la chaîne. Les ffodets se déversent dans un double trommel à 3 tôles perforées de trous de 8. 15 et 4 mill. où se classent les charbons.

Les refus du trommel, supérieurs à 15 mill., coulent sur grille de 45 mill., se divisent en charbons de 50-45 mill. employés pNOur les défoumeuses à vapeur, et charbons de 15-45 mill. qui vont au bac n* 1 ; ceux de 15 à 8 mill. vont au bac n* 2; ceux de 8 à 4 mill. au bac n"* 3; ceux inférieurs à 4 mill. aux bacs n** 4, 5, 6 et 7.

Les bacs à secousses sur tôles perforées pour les charbons supérieurs à 4 mill., classent les produits charbonneux en 3 catégories qui s'écoulent automatiquement par des vannes réglées : les schistes en bas, les barrés au milieu, les charbons par le haut. Les bacs pour fines inférieures à 4 mill. ont leur tôle perforée recouverte d'un lit de feldspath et ne livrent que les 2 catégories, schistes et charbons.

Tous les schistes, réunis par un chenal, dans une caisse du

sous- sol, sont remontés par une chaîne à godets perforés dans une trémie à trappe, d'où ils sont chargés dans le wagon Decauville qui les conduit au remblai.

Les barrés, réunis de la même façon» sont remontés par une chaîne à godets perforés, dans un broyeur Carr, d'où ils vont rejoindre les fines inférieures à 4 mill., les schistes se trouvant en partie séparés du charbon par le choc.

Tous les charbons sont réunis dans une chambre à section verticale triangulaire, à la partie inférieure et pomtue de laquelle se meut une vis d'Archimède qui les pousse vers une extrémité, d'où une eliaîne à godets perforés les remonte en haut du bâtiment dans des cônes d*égouttage, où ils perdent leur eau la nuit.

Le chargement des fours ne se fait que le jour. Des vannes livrent passage au cliarbon lavé et égoutté à une vis sans fin qui alimente un broyeur Carr, à la trappe duquel les wagonnets viennent le recevoir pour le décharger, par leur fond mobile, en 2 points de la voûte du four.

La caractéristique de ce lavoir est le circuit indéfini de Teaa qui a servi au classement et au transport.

Les eaux qui ont entraîné les charbons, avant de passer au bassin de clarification, traversent une série de grandes caisses de précipitation pointues etétagées, où se déposent les boues. Ces boues s'écoulent dans le puisard d'une pompe centrifuge qui les livre à la noria des tours de dessication.

Les eaux des schistes se déversent directement dans les bassins de clarification et retournent à la pompe pour servir à nouveau.

Nous signalerons encore le classement ingénieux des ânes par injection de vent et injection d'eau.

A la sortie du troiiimel, un ventilateur injecte, à travers la nappe de fines qui descend, un courant d'air animé d^une vitesse suffisante pour entraîner la poussière de charbon et non les poussières schisteuses, sur le charbon lavé à son passage sur la vis sans lin qui le conduit des caisses d'égouttage au broyeur.

Les fines inférieures à 4 mill., dans le chenal où elles sont entraînées par un courant d'eau, rencontrent, avant d'arriver dans les bacs A feldspath, un appareil désigné dans le métier sous le nom de s tiom- apparat. Un courant d'eau ascensionnel débouche dans le chenal à charbons par une ouverture de même largeur que lui. Sa force peut être facilement réglée de manière à faire passer au-dessus de l'embouchure le charbon pur et le schiste Irger, tandis qu'il laisse tomber au fond le schiste lourd qui en sort avec l'eau d'une manière continue- Les caisses à laver sont débarrassées d'autant.

Cet atelier peut laver, en 10 heures, à 5 0/0 de cendres, 250 tonnes de charbon à 17 0/0, avec un machiniste et un laveur dont Tunique fonction est de surveiller et de régler les vannes des 7 bacs en ligne.

Dépôt de Faris

M. Fouid-Dapnnt possède, à Paris, dans un grand immeuble qui lui appartient, 52, rue d'Angoulôme, un Dépôt très impor-

tant où s'examinent et se préparent, dans les bureaux, les affaires à traiter et où se trouve constamment un assortiment très complet de ses fers pour la vente directe à la clientèle.

PhosphatMi de eliaux fossiles

En outre de ses usines métallurgiques M. Foold-Dopont possède dans les Ardennes et dans la Meuse de nombreuses exploitations et plusieurs usines de transformation de phosphates de chaux fossiles. Ces phosphates, reconnus de qualité supérieure et maintenant très recherchés par les agriculteurs, sont garantis de 14 à 16 — 16 à 18 — 18 à 20 — 20 à 22 — 23 à 25 0/0 d'acide phosphorique ; pour ne pas confondre avec d'autres ces produits qui font marque sur le marché, tous les sacs portent l'estampille de la maison.

'Exploitation en nodules, — L'exploitation des nodules se fait surtout dans 13 villages des Ardennes sur les terrains suivants : Fossé, Landres, Remouville, Saint-Georges, Champigneulles, Saint-Juvin, Sommerance, Exermont, Grandpré, Chevriéres, Cornoy, Chatel et Apremont ; et dans la Meuse, sur les terrains de Montblainville, Varennes, Boureuilles, Vauquols, Banluy et Cheppy.

25 lavoirs à bras, 450 hommes et 50 chevaux sont employés à cette exploitation.

En outre des terrains en exploitation dont nous venons de parler, et de plusieurs concessions appartenant à divers propriétaires, M. Fould-Duponi, possède, dans ses nombreuses forets, plus de 500 hectares de terrain renfermant des phosphates exploitables.

Usines de transformation. — Ces usines, au nombre de cinq, emploient 33 ouvriers, absorbent 120 chevaux de force motrice et produisent annuellement 10,000 tonnes de phosphates très finement moulus à dosages garantis.

Champigneulles. — Cette usine, située dans les Ardennes, près Grandpré, fut achetée en 1846 par MM. Dupont et Dreyfas ; elle se composait à cette époque d'une forge complète et d'un haut-fourneau au bois qui furent plus tard transjjortés à Apremont, lors de la conversion de l'usine métallurgique en usine à phosphates. Aujourd'hui, cette usine devenue la pro-

Sriété de M. Foold-Duponi, produit les premières marques es Ardennes et de la Meuse ; sa mouture est très Une et ses dosages garantis. Elle comprend 2 lavoirs à bras, 1 lavoir mécanique, 3 paires de meules et un concasseur, actionnés par 2 moteurs hydtauliques de 30 chevaux. La production est de 2,500 tonnes.

Moulin de Bauluy. — Ce moulin, situé dans la Meuse et appartenant à M. Fonld-Dupont, comprend 2 paires de meules, 1 lavoir, actionnés par un moteur hydraulique de 15 chevaux. La production est de 1,500 tonnes de farine de phosphate.

Les moaliiui de Grandprô (Ardennes), de Varennes et de la Fonderie,—- qui ne trayaillent qa*à façon les nodales foarnls par la Maison F««ld«DopoBt, — comprennent 7 paires de menles, 2 concassears et 4 lavoirs qai absorbent une force motrice de 75 chevaux. La production totale de ces 3 moulins atteint 6,000 tonnes.

mSTORIVIJE

L*étude de la Maison Fomld Dnpo«t, est, à plusieurs titres, intéressante et instructive ; c'est un exemple rare d'une industrie restée depuis trois générations entre les mains d*une famille qui a su, à travers oien des changements, — tels que la substitution du fer au coke à Tancienne métallurgie au bois, — plus tard la crise causée par le traité de commerce de 1860, — ensuite l'annexion de son principal établissement à TAllemagne, — enfin, tout récemment, le développement considérable donné à remploi de Tacier— d*une fttmllle qui a su, disons-nous, transformer a temps son outillage et se maintenir à la tête du progrès grâce à Tunité de vues et de direction qui j a régné.

L*ensemble des Etablissements qui appartiennent à M. Fo«ld-BopoBd est, comme nous Tavons vu, d*une importance peu ordinaire pour une Maison particulière opérant avec ses propres capitaux.

Les origmes de la Maison remontent à 1836 ,- à cette époque le fondateur, Auguste Dopont, s*associant à son fils Mjrtil Dapo«t et à son gendre Adolphe Dreyftaa, prenait en location la petite forge au bois de Cheherj, dans les Ardennes (transformée aujourd'hui en une sucrerie). Les débuts furent très modestes et très difficiles ; mais, au bout de peu de temps, les affaires de MM. Dupont et Drejftis avaient suffisamment prospéré, grâce à leur énergie, à leur probité et à leur intelligence, pour qu'ils pussent acheter successivement les forges voisines d'Apremont (Ardennes), et de ChampigneuUes (Ardennes). Ces deux dernières sont encore aujourd'hui la propriété de la maison; mais l'usine de ChampigneuUes a dû être supprimée comme forges à la suite des traités de 1860, et transformée, pour utiliser la force hydraulique dont elle dispose, en moulin à phosphates de chaux.

(fest dans ces usines d'Apremont et de ChampigneuUes que la maison prospéra iusque vers 1850 ; à ce moment, en prévision de l'essor que devait donner la construction des chemins de fer et du réseau de l'Est à la métallurgie, MM. Dupont et Dreyfus transportèrent leur principal établissement à Ars-sur- Moselle^^ où Us achetèrent l^isine Saint-Benoit à une Société qui n'avait pu la terminer, et où Us construisirent l'usine Saint-Paul, beaucoup plus importante. C'est à Ars-sur-Moselle que fût monté un des premiers grands hauts-fourneaux au coke; — que ftit créée, pour ainsi dire, la fabrication des fers à planchers et poutrelles â larges aUes, — et que fut monté le premier train universel instaUé en France pour la fabrication des grands larges plats et des longerons de ponts. L'osine d'An était en pleme prospérité au moment de la

guerre de 1870, dont MM. Dapont et Dreyfas eurent particulièrement à souffrir ; ils lurent même emprisonnés pendant plus de trois semaines parles Allemands après la capitulation, pour avoir fabriqué des obus pour la France, et facilité à leurs ouvriers les moyens de rejoindre Tarmée.

Aussi n'eurent-ils qu'un désir après le traité de Francfort, celui de conserver la nationalité française et de la conserver aussi au personnel ancien et éprouvé qui leur était si attaché. C'est en février 1872 que furent commencés les premiers travaux de construction des usines de Pompej qui devaient remplacer d'abord les forges d'Ars, en France, puis comporter tous les développements qu'elles ont reçus parla suite.

La métallurgie traversa à cette époque une période de prospérité sans exemple, et l'Allemagne, croyant que cette prospérité durerait toujours, chercha à s'emparer de tous les établissements industriels de la Lorraine. Par l'intermédiaire du Crédit Mobilier viennois, les forges d'Ars furent vendues, en 1873, à une Société allemande. MM. Dupont et Dreyfus purent alors concentrer toute leur activité sur le nouvel établissement commencé à Pompey.

En 1874, M. Dreyfus, arrivé déjà à un âge avancé, désira se retirer des affaires et M. Dupont reprit alors la suite de l'œuvre commencée en s'associant son gendre, M. Fould, ancien élève de l'Ecole polytechnique e'. offlcier d'artillerie démissionnaire.

M. Dupont mourut en 1884, et peu de temps après, en 1886, M. Foula, rachetant sa part à M. Gustave Dupont, conserva seul l'ensemble des Etablissements industriels dont il avait accepté depuis douze ans la gérance ; néanmoins, par un sentiment facile à comprendre. M. Fould tint à conserver le nom du fondateur de la maison qui figurait depuis cinquante ans dans la raison sociale, et prit comme raison commerciale le nom de Fould -Dapont.

N'oublions pas que le metteur en œuvre de ces transformations successive$ fut un maître en métallurgie. M. iiémanry, qui depuis 1856 avait dirigé les usines d'Ars, construisit depuis la première pierre jusqu'à la dernière, l'usine modèle de Pompey, dont la France a le droit d'être flère au double point de vue industriel et patriotique.

Telle est l'historique et la description complète de ces importants établissements.

Comme nous l'avons montré, M. Foaiil-Dap!>nt a contribué incontestablement avec son collaborateur M. Sehmitt, Henri, par réclat de son concours au succès de l'Exposition universelle.

Le CÀrand Prix, pour M. Foald-nnpont. et la lHéilaille

d'Or pour son collaborateur n'ont donc été qu'une récompense forcément atténuée à de grands et patriotiques services rendu?.

IViédaille d.'Or

Société FERRY, CURICQUE A C

Hauts-Fourneauz et Fonderies de Micheville-Villerupt {Meurthe^t- Moselle). — Laminoirs de Laval-Dieu- Montbermé {Ardenna). — Laminoirs de Crespin

[Nord).

L^exposition de cette Société dans la Classe 41, occupe Tangle droit (Tun groupe situé dans le milieu de cette classe près de rentrée de la Classe 45. Le fond du panneau de gauche ainsi que celui de droite est composé de barres de différents profils réunis en faisceaux ou bottelés en gerbes. Au milieu de celui de droite se détache un cartouche carré sur lequel on a réuni en groupes des sections de fers spéciaux fabriqués par la maison. Les fera ronds carrés^ à T, à double T, à U, ainsi que les fers d'angle y sont représentés chacun par une gamme très complète. L'inscription Ferry, Curlcqae et C*«, à Crespin {Nord}^ âui couvre les produits de cette usine, a ceci de particulier et 'original, c'est que les lettres qui la composent sont formées de la réunion de sections de fers spéciaux. Au-dessous de ce tableau se trouve un grand cadre renfermant le plan général des hauts-fourneaux de Micheville.

Ce cadre repose sur une vitrine qui contient des épreuves de fers provenant des forges de Crespin (Nord) et de Laved- Dieu-Monthermé (Ardennes).

Au pied de cette vitrine se trouvent des paquets de fers feuillards de toutes largeurs.

Sur l'autre panneau nous remarquons un cadre qui renferme quatre photographies représentant, la première : la colonnette du palais des arts Libéraux et des Beaux-Arts, la seconde la double colonne supportant la transmission principale du palais des Machines, la troisième le guide des freins des ascenseurs de la Tour Eiffel, la dernière une colonne type elliptique du palais des machines. Au-dessus et en dessous plusieurs couronnes de fers machine.

A droite de l'entrée est suspendue une collection de tôles minces en acier doux fabriquées à l'usine de Laval-Dieu.

A l'angle gauche est plantée debout une longueur du guidefreins de la Tour Eiffel; les dimensions respectables de cette pièce doivent inspirer la plus grande confiance aux ascensionnistes.

A rangle du milieu est placée une haute colonne en fonte dont le fût cannelé et le chapiteau Corinthien font un très bel effet.

L'angle droit est terminé par un rondin de fort diamètre.

A droite et en avant, sort du sol une pyramide quadrangulaire de la hauteur Tun homme, formée avec des échantillons de minerai, de laitiers, de fonte de moulage et d'atânage, étages les uns sur les autres, et dont le sommet est couronne par des échantillons de coke provenant de Tusine du Val-Samt-Lambert, près Liège (Belgique). Les blocs déminerai proviennent de la concessioïi de Micheville.

A terre nous voyons des coussinets pour voie de chemin de fer.

Dans une petite vitrine posée sur une belle pièce de fonderie, sont alignés dix beaux échantillons de fontes de moulage et d'afânage.

L'exposition est fermée par une balustrade en fonte d'un beau dessin et d'une exécution parfaite. A l'angle saillant avance un poteau indicateur de route.

L'administration de l'Exposition universelle a mis largement à contribution les établissements de la Société Ferry* Curleqre et C*" ; nous ne pouvons mieux montrer son importante participation à Tédification des bâtiments du Champsde-Mars qn'en donnant le bilan de ses fournitures.

Partout, en effet, on rencontre des produits de Micheville, S60 colonnettes pour le Palais des Arts et Beaux-Arts, — 91 supports transmission galerie des Machines, ~ 32 colonnes à hélice intérieur pour ascenseurs de la Tour Eiffel, — 7 colonnes pour l'escalier du pylône de la façade de la galerie des Machines, etc., etc. En tout 600,000 kil. de fonte. — Pour le fer, les poutres de la transmission dans la galerie des Machines, les fers des dômes des Palais des Beaux-Arts et des Arts libéraux, en tout 123,000 kil. sortent encore des ateliers Ferry Cnri^^iic. En résumé, très belle et très sérieuse Exposition.

EteMissements tto Mielievlllle.

Terrains miniers et concessions. — Dès sa création, la Société avait fait l'acquisition d'une certaine superficie de terraina miniers (15 hectares environ) ; par la suite, ils furent augmentés considérablement par les concessions suivantes :

Concession de fer hydroxydé oolithique, dite de Micheville (340 hectares) ; décret du 21 novembre 18*74 ;

Concession contiguë à la précédente (60 hectares) ; décret du 10 octobre ISTS ;

Concession dite de Bréhain (373 hectares) ; décret du 10 mars 1885.

La concession de Micheville est la seule exploitée jusqu'à ce jour; elle alimente en partie les deux hauts fourneaux.

Ces diverses concessions minières renferment trois couches distinctes :

1° La couche supérieure, dite couche calcaire, d'une hauteur de 2 m. 50, donnant un minerai calcareux, peu riche en fer ;

2» La couche inférieure, dite couche grise, d'une hauteur de 1 m. &0, donnant un minerai relativement riche, mais fort siliceux ;

3» La couche intermédiaire, dite couche rouge, avec 2 mètres de puissance, est celle qui est exploitée en grand. C'est le minerai qui convient le mieux et qui donne les meilleurs résultats.

Le tableau suivant donne Tanaljse moyenne de ces trois couches :

Couche calcaire Couelie rouge Couche grise

Silice 13,40 13,23 15,85

Alumine 6,70 7,07 6,87

Chaux 18,80 7,24 4,77

Fer métallique. . . 27,02 39,80 40,80

Acide phosphorique 1,16 1,46 1,45

La première concession comporte :

1" Des travaux à ciel ouvert pratiqués dans les terrains miniers qui se trouvent à la partie supérieure du plateau de Micheville ;

2» Des travaux souterrains dans la partie profonde de la concession.

Pendant les années 1883 et 1884, l'exploitation a donné plus de 100,000 tonnes par :in ; mais, en raison de la crise métallurgique, on dut éteindre (août 1884) un des deux hauts fourneaux, et l'extraction a été ramenée à un chiffre annuel de 70 à 80,000 tonnes.

La traction du minerai est opérée par une locomotive àToie étroite du système Krauss de Municn, depuis l'intérieur des galeries de mines, jusqu'au gueulard des fourneaux, sur ane distance d'environ 3 kilomètres. Une seconde locomotive, en réserve, assure le service en toute circonstance.

Néanmoins, par suite du développement donné à son industrie, la Société a été amenée à acheter, dans le grand-duché | de Luxembourg, des terrains miniers pour améliorer le lit de ^ Ihsion constitué par les minerais de ses concessions.

Les minerais au Luxembourg, notamment la couche grise, s'allient très bien avec les minerais de Micheville.

Leur composition est la suivante :

Fer métallique 33,38

Silice 7,07

Alumine 6,42

Chaux 16,26

Acide phosphorique 1,64

HautS' Fourneaux, — Les fourneaux sont les plus grands de la région ; tout le mérite doit en être attribué à M. l'ingénieur Boalmnner qui a importé du Luxembourg ces dimensions / toutes nouvelles dans le bassin de Longwy. |

Ces deux fourneaux sont adossés à une colline au sommet !

de laquelle se trouve la gare de YiUerupt ; de grands murs de

soutènement maintiennent les flancs escarpés du coteau et lui donnent de loin un faux air de forteresse.

Fourneau rv" i. — Le fourneau n° 1 dont les dimensions principales sont les suivantes :

Hauteur 20.00 mètres.

Diamètre du creuset ... 2.00 — Diamètre du ventre ... 6.50 —

Diamètre du gueulard . . . 5.25 —

Capacité, 450 mètres cubes.

a été mis en feu, comme nous Tavons vu, en mars 1878.

Les premières années, il marcha en allure de fonte de moulage, avec • une production journalière de 80 à 90 tonnes. En mars 1881, on le mit en allure d'affinage et sa production atteignit 120 tonnes par jour. La crise métallurgique sévissant avec une intensité croissante, il fut nécessaire de réduire cette production et Ton dût éteindre ce fourneau en août 1884 pour n en conserver qu'un seul en activité. Il a été reconstruit en briques belges de Marcinelle ; il est actuellement soufflé par quatre tuyères avec du vent chauffé par cinq appareils ivithivel de 15 mètres de hauteur.

Fourneau n° 2. — Les années 1878 à 1888 ayant été très

Srospères, dès 1880 on construisit le fourneai^ n» 2, lequel 'ailleurs avait été prévu dans le plan d'ensemble primitif. Il a été mis à feu en mai 1881 et jusqu'en novembre 1882 il marcha en fonte de moulage, avec une production journalière de 80 à 90 tonnes. Depuis il a marché en fonte d'affinage, avec une production atteignant jusqu'à 130 toijnes par jour. En août 1888, il a été mis hors de feu, pour être reparé, et on vient de le remettre en activité au commencement de janvier Ce fourneau a les dimensions suivantes :

Hauteur 20.00 mètres.

Diamètre du creuset ... 2.20 — . Diamètre du ventre ... 6.75 —

Diamètre du gueulard ... 5.50 —

Capacité, 475 mètres cubes.

Il est le plus volumineux des deux ; il se compose d'une tour tronconique en maçonnerie de briques rouges, portée sur colonnes en fontes et fortement cerclée. Elle enveloppe la garniture réfractaire et supporte les appareils du gueulard et du pont.

A l'origine, devant produire jusqu'à 130 tonnes de fontes d'affinage, il était voué à un chargement à peu près ininterrompu; il marchait à gueulard ouvert, et les ga/ étaient recueillis :

1» Par une trémie en forte tôle, descendant de trois mètres dans le lourneau ; elle avait extérieurement en haut 4'" 17 de diamètre etenbas4™70; elle distribuait les gaz à quatre prises latérales de 1 mètre de diamètre ;

2" Par un tuyau central de 1° 50 de diamètre qui descendait

aussi de trois mètres dans les charges et s^élevait au-dessus du gueulard.

Tous ces tuyaux aboutissaient à un conduit collecteur en tôle de 1"* 75 de diamètre, muni de clapets pour le nettoyage.

Mais depuis la construction de la fonderie, le besoin d'économie des gaz s'est fait sentir ; le fourneau n* 1 est muni d'une prise de gaz type Langen qui doit tout recueillir.

Le soufflage s'opère par quatre tuyères en cuivre de 1" 35 de long et 0"» 18 de diamètre intérieur au nez, distants dans le creuset nez à nez de l*" 90.

Combustible. — Les combustibles assurant la niarche de ces appareils proviennent :

1» Du Nord de la France ;

2" De la Belgique, dont une partie est fournie par les fours à coke que la Société possède à Val Saint-Lambert, près Liège ;

3° De l'Allemagne (cokes de la Ruhr).

L'usine est reliée aux chemins de fer français de l'Est, par la gare de Villerupt pour recevoir tous ses cokes de la Ruhr.

Fontes et Laitiers, — Les analyses des fontes et des laitiers sont les suivantes :

Laitiers.

de fonte de de fonte ^ moulage d'aflinage

Silice 36.00 36.60

Alumine lô.TfO 17.85

Chaux 42.40 88.44

Fer 1.38 2.60

^^^^^ Fontes ^^^^__^^

moalage n» 3 blanche d'affinage

Silicium 2.40 à 2.75 0.30 à 0.60

Soufre 0.02 à 0.05 0 25 à 0.50

Phosphore 1.60 à 2.00 1.60 à 2.00

Carbone combiné.. 0.700 2.75

Graphite 2.500

Lits de fusion, — Le rendement de lit de fusion est de 30 0/0 pour la fonte de moulage, avec une consommation de coke de 1.250 à 1.350 kilogr. par tonne de fonte. Il est de 32 0/0 pour la fonte d'afQnage avec une consommation de coke de 1.060 à 1.050 kilogr. à la tonne de fonte.

Machines auxiliaires, — Chaque fourneau possède ses machines distinctes, savoir :

Une machine soufflante verticale à deux cylindres sortant des ateliers de Seralni^ et du plus fort type qu'on y ait cons- . truit. Dans le premier cylindre de 0"850 de diamètre, la vapeur agit à haute pression; dans le second de 1"2(»0 de diamètre, elle agit par détente et condensation.

Le cylindre soufflant placé au-desBut a trois mètrei do dlanètra. La oouna oommuna ait da 9"440k

La machine peut faire 12 tours à la minute avec une pression de 3 kilogr.

Enfin Tair froid est recueilli dans un réservoir en tôle de 2 mètres de diamètre.

Comme accessoires, il y a :

Une pompe alimentaire de 0"*140 de diamètre, une pompe de 0"250 pour les tuyères et une pompe de puits de 0»330;

Deux pompeuses élevant Teau dans un réservoir placé en dessus du bâtiment des machines, pour alimenter le refroidissement des tuyères et autres appareils;

Une machine à câble conduisant le monte-charge et pouvant élever 2.000 kilogr. de poids effectif;

Une machine à concasser le minerai, établie dans le but de réduire la main-d'œuvre, car au début, le cassage du minerai arrivant de la mine se faisait à la main.

Toutos ces machines sont alimentées, pour chaque fourneau, par un groupe de six chaudières horizontales chauffées au gaz; chacune d'elles se compose d'un corps cylindrique de l^SO de diamètre pour 12 mètres de longueur avec tôles de 14 millimétrés d'épaisseur et d'un bouilleur de 0"60 de diamètre et 10 mètres de longueur en tôles de 10 millimètres ; leur capacité respective est de 32 mètres cubes, avec une surface de chauffe de 1*1 mètres carrés.

Chaque groupe de chaudières a une cheminée de 52 mètres de hauteur» avec un diamètre intérieur au sommet de 1"80. Une batterie de six appareils à air chaud, système Withwell, est destinée au fourneau n*" 1, et une de quatre, que l'on transforme en ce moment en Cowper de 20 mètres de hauteur au fourneau n» 2. Ces appareils avaient 6«»72 de diamètre et n mètres de haut Les appareils Withwell dn fourneau n» 1 vont être également transformés en Cowper Les deux cheminées, pour leur tirage, ont 65 mètres de hauteur et 2"50 de diamètre intérieur au sommet. L'ensemble de cet établissement occupe trois niveaux, reliés entre eux par le montecharge.

Le niveau inférieur, sol de l'usine, est desservi par Tembranchement du chemin de fer d'Alsace-Lorraine.

Le second niveau est à la hauteur du gueulard des fourneaux, soit à 20 mètres au-dessus de l'usine; il reçoit le bas des caisses à coke et les minerais avec leurs deux concasseurs. Le monte-charge y amène les minerais du Luxembourg, arrivant au niveau inférieur; quant au minerai de la concession de Micheville, il y parvient par une voie placée à 5 mètres en contre-haut; les wagonnets le déversent directement dans la trémie des concasseurs, dont les mâchoires le débitent en morceaux ayant au plus 8 centimètres de côté.

Enfin, le 3« niveau, à l'extrémité des voies de service de Longwy à Villerupt, relie l'usine à cette dernière gare à 7"50 au-dessus des gueulards. Le monte-charge y élève les fontes brutes, moulées et ajustées, destinées au commerce.

Les cokes français et belges viennent, par des voies suspendues, se déverser dans une série de vastes caisses ouvertes en maçonnerie sur arcades; mais comme cette opération donne un grand décheti on conduit autant que possible le eoke du wagon diractement au fourneau, sans passor par un

autre intermédiaire que celui du wagonnet; les caisses servent donc surtout de réserve, elles sont prévues pour Temmagasinage de2 500 tonnes. On peut les vider au moyen de trappes mobiles s'ouvrant à hauteur du dessus des wagonnets faisant le service des gueulards.

Fonderie et atelier de construction, — La fonderie a été créée en 1883 pour opérer la transformation d'une partie des

E réduits bruts, afin d'en faciliter l'écoulement; son principal ut est la fabrication des grosses pièces. Avec ses accessoires, cette fonderie présente une surface couverte de 4,600 mètres carrés.

La fonderie proprement dite comprend :

1 cubilot pouvant fondre 6,500 kiiogr. à l'heure; 1 cubilot pouvant fondre 4,500 kiiogr. à l'heure;

1 ventilateur, du système Roodt, donnant le vent aux cubilots, à une pression àe 50 millimètres de mercure;

2 ponts roulants de la force de 20 tonnes, dont l'un provient de la maison Miéi^y, Enieverria et Bazan, qui en reproduit le type dans l'appareil fonctionnant dans la galerie des machmes de l'Exposition;

1 petit pont roulant de 3 tonnes;

2 grues pivotantes ;

1 atelier de sablerie, renfermant : un broyeur Carr, un broyeur système Fanconnlcr, et un diviseur;

Tatelier de modelage, avec scie à ruban, scie circulaire et tours.

L'atelier de construction renferme :

1 atelier d'ébarbage, avec meules d'émeri, meules de grès, et brosseurs métalliques ;

1 machine à vapeur, svstème ZimmermanB, de la force do 50 chevaux ;

1 grue pivotante ;

Une série de tours en Tair, à pointe et parallèles, de machines à percer, fraiser, mortaiser, cisailler et poinçonner, et un étau limeur complètent cet important outillage.

Parmi les récentes fournitures de cette fonderie, il faut citer :

Un cylindre de machine maritime pour la Compagnie transatlantique, à Saint-Nazaire, du poids de 13,000 kiiogr ;

Un volant à câbles de 8,000 kiiogr., pour machine de laminoir ;

Des chabottes de marteaux-pilons ;

50 plaques tournantes montées avec longerons en acier, pour Tarmement des nouveaux quais de Marseille;

Les grosses colonnes de 0'" 490 de diamètre (4 tonnes chacune) pour l'allongement des ponts de la Compagnie du Nord;

Les colonnes ornées des palais des Beaux-Arts et des Arts- Libéraux et les supports cfe transmission du palais des Machines à l'Exposition de 1889.

La production de cette fonderie varie de 5 à 600 tonnes par mois.

Cette fonderie est de plus aménagée en vue de la fabrication en grand des tuyaux de conduite.

Personnel ouvrier. — L'établissement de Miche ville occupe

dans so n ensemble 500 ouvriers, se répartissant ainsi qa*il suit :

150 dans rexploitation des mines de la concession ;

200 aux deux hauts-fourneaux ;

120 à la fonderie; 30 à l'atelier de construction.

Les parties principales sont éclairées à la lumière électrique, au moyen de lu lampes de 1,000 bougies chacune; la dynamo est actionnée par le moteur de Tatelier.

La surface totale occupée par Tusine de Micheville est de 15 hectares, dont près de 9,000 mètres couverts.

Situation économique de Vétabliasement de Micheville. — Au point de vue des transports, les usines du groupe de Longwy, auquel appartient 1 établissement de Micheville, ne sont pas très favorisées. Un abaissement des tarifs des chemins de fer, pour le transport des minerais et des fontes brutes, serait, en dehors de toute autre considération, de nature à améliorer leur situation.

La canalisation de la Chiers. de Longwy à la vallée de la Meuse, pourrait réduire le prix de certains transports, mais il est à craindre que la dépense considérable qu'entraînerait la construction de ce canal, n*en fasse ajourner encore la réalisation.

Un chemin de fer à voie étroite, de Villerupt et Longwy à Dun-sur-Meuse, est à Tétude et il y a lieu d'espérer que 'les travaux en seront rapidement menés. La traction par cette voie ferrée pourrait solaire à très bon compte et.àpartirde Dunsur-Meuse, remploi de la voie d'eau permettrait de faire arriver les produits du groupe de Longwy sur le littoral, pour y repousser ceux de l'étranger. Il en résulterait probablement une reprise complète du travail dans le groupe de Longwy, dont la crise métallurgique a réduit considérablement la production et que la présente reprise ne peut galvaniser que momentanément.

Le groupe de Longwy désire généralement des droits protecteurs sur les fontes : par suite de sa situation de frontière, il a à soutenir le premier choc de la concurrence étrangère et particulièrement celle dea établissements luxembourgeois. Ceux-ci, malgré les droits locaux qu'ils ont à supporter, ont l'avantage de recevoir leur combustible à un prix inoindre et comme transport et comme droits dentrée ; ils trouvent de plus sur place un minerai plus riche que celui du bassin de Longwy et qui possède les qualités requises pour la formation d'un bon lit de fusion.

Eteblissement de li» val- Dieu.

Située sur le bord de la Meuse, près de Monthermé, l'usine de Laval-Dieu occupe une superîlcie d'environ 30,000 mètres carrés, dont 15,000 de surface couverte. Dans ces chiffres ne figurent pas les terrains à remblais.

Reliée par le chemin de fer départemental à la ligne de Givet à Charleville, Tusine reçoit une partie de ses matières pre-

mières par une voie qui les amène à pied d'œuvre. Par la Meuse, les charbons lui arrivent à proximité des a^teliers, et un quai de 200 mètres de long est affecté à leur dépôt. Le puddlage et le laminage s'exécutent dans deux ateliers.

Puddlage. — L'atelier de puddlage occupe en moyenne 140 ouvriers divisés par moitié en poste de jour et en poste de nuit.

Il est constitué par :

!• 16 fours à puddler dont les flammes perdues chauffent cinq chaudières verticales et deux horizontales. On y charge 250 kilog. de fonte et de ferraille dont la transformation dure un peu plus d'une heure. On peut compter sur une moyenne de 18 à 19 charges par 24 heures, ce qui donne un rendement journalier de 65 à 70 tonnes de fer brut ;

2"* Deux pilons de 2,500 kilog. de masse tombante, ayant une course de 1"'400 (diamètre : 0»600) :

S"* Un train ébaucheur à quatre cages, commandé par une r, machine horizontale dont le cylindre a 0"»80 de diamètre et

1 mètre de eourse.

Finissage. — Le finissage du fer et de la tôle occupe une halle de 120 mètres de long sur 100 mètres de large.

Il emploie environ 300 ouvriers, divisés en deux postes de jour et de nuit.

Irains à fers. — Les quatre trains à fers sont placés sur la même ligne.

Ils ont les diamètres suivants :

250 millimètres commandés par une même machine.

Les deux machines motrices sont horizontales ; le cylindre a 1 mètre de course et 1 mètre de diamètre. • Chacun des trains de 230 et 250 est muni d'un train d'ai-

sance à une cage.

Tous ces trains sont desservis par huit fours à réchauffer avec chaudières à la suite.

Les fers finis de ces trains sont débités aux différentes longueurs du commerce par trois cisailles commandées, soit par transmission, soit par un moteur spécial et par une scie à vapeur, dont le disque lame à l'»,200 de diamètre.

Tôles. — Le laminoir à tôles est desservi par deux fours à vent, munis de deux chaudières horizontales. Il est commandé

Sar un moteur horizontal de la même force que les machines es trains ci-dessus.

Outre la cage à dégrossir et à finir les tôles, il comprend : Une cage à Tbidons à trois cylindres. Les barres, qui en sortent, sont reçues sur un chariot pivotant à l'une de ses extrémités; ce mouvement de rotation les amène entre les lames d'une cisaille à chaud, qui les coupe aux longueurs voulues, pour en permettre la transformation directe en tôleii Doax oiialllei à lamei do 1 mètre et i'»»90, et un« oiiallU

circulaire servant à rogner les tôles fabriquées, lesquelles, suivant leur destination, sont alors ou recuites au four dormant (ou sur gril), ou en vase clos.

Un groupe de trois fours dormants et de huit caisses à recuire est affecté à cette opération.

Cet atelier comprend encore :

3 tours à cylindres ;

1 Atelier de masserie ;

1 atelier de forgeron, pour Tentretien de Toutillage ;

1 générateur Belleville, comme chaudière de secours;

1 générateur de Naeyer, comme chaudière de secours ;

2 machines à vapeur ; 2 ventilateurs;

2 machines à vapeur; 2 ventilateurs;

1 turbine;

8 cisailles à découper le fer brut.

Les transmissions, logées dans la charpente, sont actionnées par les deux machines à vapeur et par la turbine.

La tôle Une est fabriquée dans une halle attenante au pudlage, et comprenant:

S fours dormants ;

2 cages finisseuses ;

1 machine horizontale, dont le cylindre a 0%696 de diamètre et 1 mètre de course.

Force motrice» — Elle se répartit de la façon suivante :

Machine du puddlage 200 chevaux.

— des trains 500 "/" et 350 »/»... 325 —

— — 250 »/» et 230 ■/»... 275 —

— — à tôle moyenne .... 350 —

— — à tôle fine 150 —

— des ventilateurs et tours 60 —

Turbine 40 —

Pilons, cisailles, moteurs divers. ..... 100 —

Total 1.500 chevaux.

Capacité des fours, — La capacité maxima d'enfournement des fours est par train de :

230 "/" 2 fours, chacun de 6 à 8 tonnes pour 12 h. de travail 250 — — 7 à 9 — —

350— — 9àll — —

Situation commerciale. — Placée au centre des boulonneries et des ateliers de ferronnerie, si nombreux dans la vallée de la Meuse, l'usine de Laval-Dieu y trouve un débouché assuré pour ses produits.

Moins bien favorisée pour Talimentation de ses ouvriers, elle a vu, avec satisfaction, la création d'un économat, leur fournissant tous les produits nécessaires à la nourriture et au vâtement

La production monstt«n« normalo do oatta aslne «st d«

2.000 tonnes de fers et 500 tonnes de tôles, y compris le laminage des lingots d*acier qu'elle tire du dehors.

ECablissemeiiCs de Crespin.

Cette usine est située près de la gare de Blanc- Mi sseron, à laquelle elle est reliée par un double embranchement particulier, pour la réception de ses matières premières et Texpédition de ses produits fabriqués.

La surface totale occupée est de 30,000 mètres carrés, dont 10,000 environ couverts (halles en bois, sur colonnes en fonte, avec couverture en tuiles).

Puddlage. — L'atelier de puddlage se compose de : }2 fours doubles, recevant une charge de 400 kilog. de fonte; 4 fours simples, recevant une charge de 250 kilog. de fonte; 2 marteaux-pilons de 2,000 et de 2,500 kilog. de masse en

mouvement ; 1 train ébaucheur, commandé par une machine de 120

chevaux.

Cet atelier occupe 176 hommes, y compris ceux employés aux arrivages des matières premières.

Finissage, — Le finissage comprend :

8 fours à réchauffer ;

4 trains de laminoir, savoir :

Un train à poutrelles, commandé par une machine de 250 chevaux ;

Un train marchand et un train moyen, commandés par une seule et même machine de 300 chevaux;

Un train à feuillards, commandé par une machine de 100 chevaux.

Cet atelier occupe 192 ouvriers, y compris les hommes employés à la préparation des paquets et aux expéditions des fers.

Fonderie. — Cette fonderie confectionne les cylindres et toutes les pièces mécaniques de fonte et de bronze nécessaires à l'usine. La surface couverte est de 600 mètres.

Elle comprend :

2 cubilots pouvant fondre 3,000 et 2,000 kilogr. à Theure;

2 grues de 12 tonnes.

Elle occupe 10 ouvriers mouleurs.

Appareils divers. — Outre ces ateliers principaux, Tusine renferme encore :

6 cisailles; 2 scies à pendule; 2 machines à percer;

1 machine à fraiser;

5 tours à cylindres ; 4 pompes;'

2 ventilateurs; 4 feux de forge.

Il y a 28 ouvriers divers affectés à Tentretien : forgerons, ajusteurs, tourneurs, alimenteurs, graisseurs, maçons, etc.

L'ensemble du personnel ouvrier de J'usine de Crespin est donc de 400 hommes.

Les 4 trains finisseurs produisent annuellement 25,000 tonnes de fer uni, de toutes qualités et de tous profils.

Force motrice, — Les 19 machines ou moteurs qui actionnent l'ensemble des établissements reçoivent la vapeur nécessaire de 17 chaudières chauffées par les chaleurs perdues dans le travail du fer.

Organisation ouvrière

Dans tous ses établissements, la Société de Micheville a créé une caisse de secours assurant à l'ouvrier les soins liiédicaux et pharmaceutiques, le prix d'une demi-journée de travail aux blessés et d'un quart de journée aux malades. De plus, la Société a contracté, au proilt de tout son personnel, une assurance à la Coaipagnie Winterthur, garantissant outre les indemnités ci-dessus :

1» 500 fois le salaire quotidien, en cas de décès ou d'incapacité de travail;

2* 250 fois le salaire quotidien, en cas d'invalidité ayant pour effet de diminuer au moins de moitié la capacité de travail ;

^ 125 fois le salaire quotidien en cas de blessure, causant un préjudice corporel permanent.

La caisse de secours est alimentée par une retenue de 2 o/O sur les salaires et par une subvention annuelle de la Société, proportionnelle à ses bénéfices.

Il existe également, dans chaque établissement, un économat destiné à pourvoir à tous les be:*oins de l'ouvrier et à lui fournir le pain, la viande, les effets d'habillement, etc. La livraison lui en est faite à un prix réduit inférieur à la valeur réelle de l'objet; il verse, en outre, à chaque achat, à la caisse de retraite, une somme représentant une fraction de la différence entre la valeur réelle de l'objet acheté et son prix de vente.

L'établissement de Micheville, créé dans une localité pauvre et sans industrie, a dû construire un certain nombre d'immeubles renfermant 83 logements d'employés et d'ouvriers, dans les communes de Villerupt et de Thil, cette dernière étant plus rapprochée de l'exploitation minière.

L'établissement de Crespin possède de même 45 logements spécialement affectés à son personnel.

En résumé, la Société a fait de sérieuses tentatives pour l'amélioration du sort de ses ouvriers, et il est permis d'espérer qu'elle n'abandonnera pas cette voie.

Son personnel technique est recruté dans les différentes écoles du Gouvernement.

Historique mt can«istaM«e de 1» Soeiéié

Maintenant que nous avons étudié avec soin les différents établissements de la Société, un mot sur son histoire.

Formée le 20 octobre 18*72 en commandite simple sous la raison sociale Joseph Ferry et C« et au capital de 800,000 fr., la Société de fondation avait pour but Tacquisition et Texploitaiion de terrains miniers, la construction de haats-fourneaux, la fabrication et la vente de la fonte.

M. Joseph Ferry, à Tinitiative duquel était due la création de la nouvelle Société, ne s'était occupé juscju'alors que d'exploitation agricole ; la grande industrie allait fournir un élément nouveau à son activité.

On se mit, en effet, sans tarder, à Tœuvre, et dès le milieu de Tannée 1813, la construction du haut- fourneau n"" 1 et de ses accessoires était commencée. Vers la fin de la même année, les dépenses considérables en présence desquelles on se trouvait, nécessitaient l'augmentation du capital social; il fut porté à 1,700,000 fï*ancs par Tad^jonction de nouveaux commanditaires, parmi lesquels M. Curicque, ancien notaire, et M. Boulanger, ingénieur métallurgiste belge; les précédents de M. Boulanger dans la métallurgie du fer assuraient un concours précieux à la Société.

Les travaux furent dès lors poussés rapidement et en 1875 le fourneau n* 1 était terminé et prêt à être mis à feu. La Société allait entrer dans la période d'exploitation De nouvelles dépenties s^imposaient et avec elles une augmentation de capital, aussi, le 15 mars 1875, la Société se transformaitelle en commandite par actions ; M. Curicque s'associait à la gérance avec M. Ferry, sous la raison sociale Ferry, Cnrleque et €•, et le capital était porté à 2,000,000 de francs.

Une des premières préoccupations de la Société fut d'assurer le transport de ses produits ; la voie ferrée la plus voisine passait à Longwy, à 17 kilomètres de Villerupt; il importait donc de relier le plus rapidement possible ces deux localités, Villerupt étant lui-même à proximité de la nouvelle usine. La Compagnie des chemins ae fer de TEst, à qui les intéressés avaient garanti un trafic rémunérateur, se décida en 1875 à mettre la construction de cette ligne en adjudication. Redoutant des lenteurs qui auraient pu lui être très préjudiciables, la Société n'hésita pas à se rendre elle-même adjudicataire de ces travaux; ils furent poussés avec une grande activité, et en avril 1878, la ligne put êtra mise en exploitation.

L'importante question des transports était résolue, et la conséquence fut la mise à feu du haut-fourneau n* 1, terminé, comme on Ta vu, depuis 1875.

Deux années après, en 1880, on dut entreprendre la construction d'un second haut-fourneau; il flit mis à feu en mars 1881. Il est intéressant de signaler qu'il fut entièrement édifié avec les bénéfices réalisés pendant les deux années de roulement du premier.

Par suite du développement de sa fabrication, limitée d'ailleurs dans sa production par le Comptoir de Longwy dont

elle fait partie, la Société de Micheville fdt amenée à transformer la fonte en produits plus avancés ; dans ce but, elle installait, en 1884, une importante fonderie, avec adjonction d*un atelier de construction.

Enfin, en 1885, se trouvant dans la nécessité de donner une extension plus considérable encore à ses opérations, elle prcT nait en location les laminoirs à fers et à tôles de Laval-Dieu et, en 1888, elle achetait les laminoirs à fers de Crespin, près de Blanc-Misseron.

En résumé, treize ans après sa fondation, la Société de Micheville se trouvait à la tète d'une importante usine et de deux établissements secondaires pour la transformation de ses

S réduits ; des moyens faciles de transport et de nombreux ébouchés lui étaient acquis.

On ne peut s'empêcher de reconnaître que cette œuvre a été accomplie avec une rare sûreté de main de la part de ses fondateurs, MM. Ferry, Cvrieqne et Boiilaacer.

Le succès est venu justifier leurs prévisions et couronner leurs efforts. L'Est de la France a presque absorbé tout le reste, et la fonte à bon marché ne vient plus que de là.

Les initiateurs de cette affaire se sont donc presque les premiers engagés dans la voie d'où est sorti le progrès et la révolution métallurgique la çlus considérable de ce siècle.

La Société de Micheville n avait encore pris part que très modestement à l'Exposition universelle de 1878, où elle produisit le plan en relief de son établissement, les plans et coupes de toutes ses installations, des minerais de fer de ses concessions, et des fontes brutes de moulage et d'affinage, ce qui lui valut une médaille d'argent.

Le Jury de l'Exposition do 1889 a reconnu les améliorations apportées à notre industrie par cette Société en lui décernant une Jnédaille d'Or. La prochaine fois ce sera inévitablement le grand prix.

432 ACIÉRIES GQUVY ET O*

IVlédalUe cL'Ojt

Aciéries OOUVT A C^""

à Dieulouard (Meurthe-et-Moselle)

Au milieu de la classe 41 et du côté du palais des machines, MM. Gouvy et C« ont fait une très belle exposition de leurs produits. Sur un grand panneau vertical à deux faces de plusieurs mètres de largeur et de hauteur ils ont rassemblé et groupé avec beaucoup de goût les échantillons des outils en acier qu'ils fabriquent.

En ce qui concerne le panneau qui regarde Tavenue Labourdonnaia. «n voit, disposé en gamme ascendante un bataillon de pelles et de bêches en acier raffiné, en tôle forgée et trempée; plusieurs collections de louchels renforcés; il y en a sur toutes les formes et de toutes dimensions. Signalons surtout un petit groupe de /ouc/ie /s renforcés à bague brevetée, en acier corroyé, de qualité supérieure et trempée. En haut à droite et à gauche disposés en courbes gracieuses des se^pes^ des couperets de boucher et de cuisine, des haches, des houes, des serfouettes et autres outils de grosse taillanderie.

Au bas de ce panneau se trouvent étalés sur trois marches des aciers raffinés au bois, laminés suivant un profil propre à chaque emploi. Nous y voyons, les aciers pour taillanderie pour la coutellerie fine et pour les outils de carrier.

Sur le panneau regardant Tavenuede Suffren, on a fort bien groupé en panoplie, les objets les moins décoratifs, tels que secs de charrue, versoirs, rayonsy dents de râteaux à cheval et tous autres outils aratoires, le tout en acier corro3'ô ou nf».turel.Aubasde ce panneau signalons encore trois marches recouvertes, par des aciers en barre de différents profils propre à la confection des outils.

Usine de Dieulouard

L'usine de Dieulouard est une des mieux installée.

Voici sa composition actuelle qui se passe de commentaires :

4 fours à puddler ;

2 fours à réchauffer :

6 chaudières de 20 chevaux, chauffés par la chaleur perdue

de ces fours ; 1 chaudière de secours de 50 chevaux ; 1 gros train pour laminer la tôle ; 1 train moyen pour laminer les aciers en harr«\<i ; 1 petit train ;

4 machines à vapeur, dont 1 de 100. 2 de 50 et 1 de 40 che-

vaux :

1 marteau-pilon de 3,000 kilogr., pour souder et forger les

paquets ;

2 marteaux-çilon de 1,500 kilog., pour cingler les loupes,'

1 marteau-pilon de 500 kilog., pour la petite forge ;

5 martinecs à vapeur, dont 2 pour forger les socs etversoirs,

1 pour les aciers en barres et 2 pour la taillanderie ;

2 martinets à courroie, pour les louchets ;

1 martinet à courroie, pour presser les briques réfractairos

et à escarbilles ; 21 feux de forges, dont 2 pour les réparations, 3 pour les socs coudés, 8 pour le soudage des douilles de pelles et louchets, et 8 pour la taillanderie;

8 feux de raffinerie, dont 4 pour socs et versoirs, 2 pour les

aciers forgés et 2 pour la taillanderie ; 1 four à presser et tremper les pelles ; 1 four à presser les versoirs, les dents d'extirpateur et les

louchets; 1 four à tremper les louchets ;

1 four à recuire les louchets et à poinçonner les dents d'ex-

tirpateur ;

2 fours à souder les louchets ; 2 ventilateurs Perrigault ;

T pompes, dont 4 à vapeur, 1 centrifuge, 1 horizontale à courroie, 1 Giffard;

1 refroidissoir pour les eaux de condensation ;

9 cisailles, dont 1 à vapeur pour découper Jes socs, 2 à tôle,

1 à chutes, 3 circulaires et 2 à main ; 6 découpoirs pour pelles, louchets, etc.;

2 laminoirs excentriques ;

5 balanciers, dont 1 pour presser les versoirs et les loucliets,

1 à presser lesjpelles, 1 à marquer les louchets, 1 à river les pelles et 1 a marquer les pelles ; 42*2 paires matrices pelles, versoirs et louchets, etc., pesant ensemble 92,9n kilogr. ; 1 grue à manœuvrer les matrices pour versoirs;

1 petite machine à poinçonner et a cisailler ; 4 machines à percer ;

3 tours ;

2 machines à raboter;

2 meules à aiguiser les outils ;

10 meules en çrès à aiguiser les pelles, les louchets et la taillanderie ;

6 meules en émeri ; 13 meules à polir ;

1 paire de meules à broyer les cailloux et les terres réfirac-

taires ; 1 grue pour décharger et charger les meules en grès ; 1 tamis mécanique pour briques réftactaires ; I j^élangeur pour briques reft*actaires et à escarbilles ; * .^av à cuire les briques réfractaires ; ] ^achine dynamo pour 130 lampes ; '

^bilot système Voisin ; \ petit cubillot de secours ;

434 ACIÉRIES GOUVY ET C*'

1 grue pour desservir le cubilot ;

1 monte-charges mécanique pour le cubilot ; 470 mètres de voies de raccordement à la gare ; 880 mètres de voies Decauville ; Nombre d'ouvriers : 240.

Usine de Homliovrs

L'usine de Hombourg sert à la fabrication des ressorts et des aciers au bas fo^^r qu'on ne fait pas à Dienlouard. Son outillage n'a rien de particulier.

Le personnel de cette usine, bien français par le sang de tous ses travailleurs, de son fondateur, M. Â. Gouvy, a eu la douleur de se voir refuser la permission d'exposer à Paris en 1S89. Le jour où devait avoir lieu l'expédition des articles destitués à l'Exposition, le sous-préfet allemand vint défendre toute participation, sous peine a çxpulsion du gérant. Le nom de l'usine de Hombourg dut même être rayé de l'enseigne à l'Exposition !

Tous nos compliments à ces vaillants Français. Du reste, ou va voir que l'histoire des Gouvy est une vértlable histoire patriotique que nous avons tenu a rappeler.

Caisse de Seeovm

Cette caisse a été créée en 1874 sur les bases de celle qui existait depuis assez longtemps à Hombourg. Elle est alimentée :

1» Par un prélèvement mensuel de 3 0/0 sur le salaire 4es ouvriers ;

2" Par une subvention de l'usine égale à la moitié des cotisations des ouvriers ;

3* Par les bénéfices de l'Economat et de la Cantine que l'usine a établis et qu'elle gère à ses frais ;

4» Parle produit dert amendes encourues par les ouvriers.

L'actif disponible de la caisse de secours est d'environ 130,000 francs, et le nombre des sociétaires de 220, ce qui représente 590 francs par tête.

Elle assure les soins du médecin et les médicaments aux ouvriers malades ou blessés, ainsi qu'à leurs femmes et à leurs enûuits au-dessous de 14 ans.

Pendant leur maladie les ouvriers touchent une somme égale à la moitié de leur salaire (1).

Pour les frais d'inhumation, la caisse verse une indemité de 20 à 25 francs. Enfin, elle fait des avances aux ouvriers qui veulent acquérir des immeubles et la Société se charge de faire rembourser celles-ci moyennant des retenues mensuelles sur les salaires.

(1) Avant la nourelle loi sur i'instraciion, la caisse de secours pavait les frais d'ècolage de tous les enfanta des ouvriers, et ceux-ci étaient tenus d'envoyer leurs enfants à Fécole sous peine d'amendes, qui étaient versées dans la caisse de secours.

mSTORIQlJB

Arrivons à rhistorique de cette maison de patriotes. Elle est fondée, en 1752 à Goffontaine, par Pierre Gonvy, bisaïeul du gérant actuel. Elle avait pour but la fabrication des aciers raffinés, dits d'Allemagne, produits dans des feux d'afflnerie avec les fontes miroitantes au bois du pays de Siegen et destinés à être vendus presque exclusivement en France pour la taillanderie fine.

Les succès de cet acier nécessitent bientôt Tadj onction de deux nouvelles usines à celle de Goffontaine et, détail curieux, sa réputation lui vaut deux médailles d*or aux Expositions qui eurent lieu à Paris en 1801 et 1806. En 1815, toutes ces usines sont annexées à la Prusse et leurs produits ne peuvent plus entrer en France que moyennant fr. 12 0/0 kilos de droit (rentrée, soit environ 60 0/0 de leur valeur.

Pour conserver un pied en France et pouvoir continuer la lutte dans des conditions un peu moins défavorables, les prédécesseurs établissent une quatrième petite usine à Sarralbe (Moselle), mais les trois quarts des produits vendus en France continuent à être fabriqués en Prusse et à payer les droits prohibitifs ci-dessus jusqu'en 1850, époque a laquelle la Société actuelle crée Tusine de Hombourg-Haut (Moselle), pour y transférer la fabrication de tous les aciers destinés au marché français et vend successivement toutes les autres usines, sauf celle de Goffontaine. Dès Tannée 1851, elle joint à la fabrication des aciers au bois, celle des aciers puddlés dont les premiers essais viennent d'être faits en Allemagne. Elle a par conséquent introduit en France ces aciers plusieurs années avant ses concurrents.

Connaissant par une longue pratique Timportance capitale du corroyage des aciers pour les rendre homogènes et faciles à travailler, MM. Goavy ont dès le principe, corroyé aussi les aciers puddlés pour la plupart des usages auxquels ils les destinaient, comme taillants, socs, ressorts de carrosserie et de chemins de fer et, enfin, en 1867, pour la fabrication des

Selles et bêches en tôle, et c'est à ce mode de fabrication qu'ils oivent la réputation incontestable de supériorité de qualité dont jouissent aujourd'hui encore leurs socs ainsi que leurs pelles.

Leurs ressorts de chemins de fer étaient également très estimés car, quoique nouveaux venus dans la partie, la vente dans cet article avait atteint en France seule, le chiffre de

S lus de 800,000 kil. sur une fabrication de près de 2 millions ekîl, quand survint la guerre de 1870 qui Ait pour MM. Gonvy un véritable désastre. Leurs relations avec la France fut rent, en effet, brusquement interrompues et reprises seulemenaprès la conclusion de la paix mais dans les conditions les plus précaires, leurs clients ayant, dans l'intervalle, été forcés de s'approvisionner chez les concurrents et le marché français devant, bientôt après, leur être interdit de nouveau par les droits d'entrée dont t\irent grevés les produits de l' Alsace- Lorraine tout comme ceux de l'Allemagne. Possédant de plu« tout à coup deux usines dans le même pays alors qu'une seule

436 ACIERIES GOUVY ET G-

suffisait à leurs besoins, ils durent se résoudre â vendre celle de Goffonaine avec une perte très importante en raison de la clause qu'ils imposèrent à Tacheteur de ne pas y fabriquer de l'acier.

Désireux cependant de ne pas perdre complètement les fruits de tant d'années de travail et confiants dans la bonne renommée dont jouissait leur marque, ces patriotes prirent la résolution de créer une nouvelle usine à Dieulouard (Meurtheet-Moselle), malgré Taugmentation considérable des ft'ais de transport dont, comparativement à Hombourg, devaient être grevées les houilles et les fontes de qualité qu'ils étaient forcés de continuer à tirer de TAllemagne jointes aux difficultés de former un personnel d'ouvriers industriels spéciaux dans une contrée toute agricole. Aussi ces considérations, la dernière surtout, et celle de la possibilité d'une nouvelle guerre les décidèrent-elles à restremdre considérablement Timportance de ce nouvel établissement, sauf à l'agrandir successivement suivant les besoins, et à n'y fabriquer ni l'acier d'Allemagne ni les ressorts de chemins de fer, mais seulement les socs, les versoirs, les pelles et les aciers en barres. Le vide considérable produit dans leur chiffre de fabrication par cette résolution ne fut à peu près comblé que environ neuf années plus tard, grâce à 1 augmentation constante de la vente des autres articles dont ils avaient conservé la spécialité. Mais, bientôt après apparut le métal Thomas et Gilchrist lequel, quoique non trempable, trouva des acheteurs en raison de son bon marché extraordinaire et les contraignit à baisser les prix (au point de ne plus avoir aucun bénéfice) de ceux des aciers en barres pour l'emploi desquels la dureté n'est pas indispensable. Ils eurent alors la pensé© de s'occuper d'avantage de la vente des bêches à douille fermée et l'heureuse chance de trouver à cette occasion un nouveau système de fabrication des bêches et louchets, dits à anneau, qu'ils ont fait breveter et qui, dès son apparition, obtint un succès considérable.

L'emploi de ces louchets se généralisant, ils furent bientôt amenés à joindre à leur fabrication celle des pelles et bêches forgées, puis celle de la grosse quincaillerie telle que houes, serpes, haches, couperets de boucher et de cuisine, etc., et la vente de tous ces articles prit un rapide accroissement grâce à leur qualité irréprochable.

Si maintenant, nous jetons un regard rétrospectif sur les résultats pécuniaires des deux usines que MM. Gouvy ont créées à Hombourg et à Dieulouard, nous constatonsq u'ils peuvent être considérés comme satisfaisants malgré la catastrophe de 1870 et malgré la modestie de leurs chiffres de fabrication respectifs car, quoique le capital social n'ait pas été augmenté depuis l'année 1856, époque à laquelle il a été porté à deux millions de francs, il a été possible de prélever environ 800,000 francs sur les fonds disponibles de la Société, tant pour les agrandissements successifs de l'usine de Hombourg de 1858 à 1870 et de celle de Dieulouard de 1875 à ce jour que pour parfaire la construction primitive de cette dernière, le produit de la vente de celle de Goffontaine n'ayant pas suffi.

A la somme ci-contre de 800,000 francs, il y a lieu d'ajouter 67,154 ftanos, que la Société a versés à la caisse de secours

de Dieulouard, dont 41,668 francs en subventions mensuelles et 25,496 francs en dons successifs.

La Société Gouvy est en commandite avec un gérant et un Conseil de surveillance de cinq membres.

Au moment oii nous écrivions ces lignes Alexandre Gonvy, le gérant de la Société qui nous occupe, mourait subitement à Paris, tandis qu'il étudiait encore de nouveaux perfectionnements de Toutillage et qu'il s'occupait de la création de nouvelles maisons ouvrières. 11 était le digne fils des maîtres de forge qui l'avaient précédé depuis l'752. Détail intéressant, il ât ses études à Sarreçuemines d'abord, puis au lycée de Metz et aussitôt après avoir quitté les bancs du lycée, il se mit à travailler pendant deux ans, comme simple'ouTrier aux feux d'aftlnerie et de raffinerie qui existaient depuis la fondation de l'usine à GofTontaine, mais se rendant vaguement compte de la nécessité qu'il y avait de transformer ces installations primitives, il se prépara à l'Ecole centrale oii il entra en 1839. C'était dur de se remettre ainsi au travail intellectuel après deux ans de service manuel, mais les hommes de ce temps se faisaient un jeu de ces tours de force de la volonté. Il llit récompensé de ses talents et sortit de l'Ecole avec un diplôme d'ingénieur métallurgiste en 1842. 11 dut alors pour réaliser ses nouvelles idées, créer une Société dont il fut l'àme toute sa vie et qui lui doit une prospérité incontestable. Annexé en 1815, annexé en 1870, il a eu, avant de mourir, la douleur de se voir comme nous l'avons dit, refuser la permission d'exposer à Paris en 1889 pour le compte de l'usine de Hombourg.

Race de patriotes du reste. Qu'on en juge : Henry Gouvy, ami de l'avocat Berryer, écrivait à ce dernier quelque temps avant l'annexion, une lettre patriotique, où il exprimait sa douleur de voir son pays livré à l'étranger et il ajoutait que s'il devait devenir prussien il préférerait mourir. C'est ce qu'il fit dès que l'annexion devint certaine son testament était signé : * Henry Gouvy, mort français. »

De tels actes jugent toute une génération. Son fils a continué ses traditions de patriotisme et d intégrité ; la droiture fut la règle constante de sa vie. 11 habitait à Dieulouard un simple logement au dessus des Imreaux, tandis qu'il aurait pu réclamer de la part de la Société, qui d'ailleurs ne le lui aurait jamais refusé, une maison somptueuse.

Le jury de TExposition a tenu à récompenser les industriels patriotes, il a bien fait.

Hors Ooncoixrs (Membre du Jury)

SOCIÉTÉ ANONYME

DBS

Hauls-Fourneaux et Fonderies de Pont-à-Moasson

(Meurthe-et-Moselle)

Objets expesés

Clasae 41, près de l'entrée de la Classe 45, se trouve une exposition dont la simplicité non sans grandeur charme et arrête le visiteur. C'est celle des fonderies de Pont-à-Mousson.

Nous sommes dans le royaume des tuyaux. Cette exposition occupe un rectangle de 6 mètres sur 8 mètres. L'enti'ée donne sur Tallée centrale. Deux files de tuyaux dont le diamètre va en décroissant depuis Tarrière jusqu'à l'entrée forment le périmètre de ce royaume. Au milieu trône, majestueux, dans ses proportions phénoménales le roi de cet État : c'est un tuyau de 1"*80 de diamètre sur 4 mètres de longueur, coulé verticalement et placé dans la tubulure d'un manchon de même diamètre dans lequel on passe comme sous un tunnel.

Deux tuyaux de 1"»10 de diamètre (le plus fort diamètre em-

Sloyé par le service des Eaux de Paris) placés de chaque coté u colosse de 1"»80 font ressortir encore l'importante grosseur de ce dernier.

Ce tuyau de 1»80 n'est point un phénomène créé tout exprès pour l'Exposition. C'est la première pièce fabriquée avec un outillage préparé à la demande du regretté H. Durand-Glaye, ingénieur en chef de l'assainissement de Paris, qui comptait employer des tuyaux de ce diamètre pour les conduites d'eau d'égout vers Achères.

Le manchon qui porte ce tuyau est fabriqué au trousseau sans modèle. C'est une pièce vraiment remarquable. A ses pieds et de chaque côté nous remarquons des raccords de canalisation et notamment des coudes de O^'ôO de diamètre fabriqués sana supports de noyau, ce qui est un perfectionnement très apprécié par les ingénieurs hvdrauliciens et gaziers, car les supports donnent souvent des fuites.

Nous apercevons tout à côté un Joint de caoutchouc fait avec le tuyau cylindrique ordinaire employé par la ville de Paris

Sour les conduites placées en égout. C'est un Joint identique ont s'est servi la Société Popp a Paris pour son réseau de canalisation d*air comprimé.

Puis un joint de caoutchouc, svstèmo Lavril, mais avec double contre-bride, ce qui facilite beaucoup le moulage des tuyaux et la pose des conduites.

Des tuyaux de descente de différents diamètres*

Des trappes de regards étagées par grandeur décroissanlte et formant pyramide.

A terre, disséminés çà et là, des coussinets de chemins de fer.

L*on voit par cette esquisse de Texposition des Fonderies de Pont-à-Mousson que cette Société s*est spécialisée dans la fabrication des tuyaux et accessoires de canalisation et qu'elle y occupe avec honneur la première place.

Au-dessus du manchon du gros tuyau et attaché à ce dernier, nous remarquons le plan général à grande échelle des installations de la Société ; à droite et à gauche, deux coupes verticales complètent les renseignements donnés sur cet important établissement.

Gmpliiqvea de prodvetioM^ S»l»ipe«9 Prix de reTienty ete*

Mais la partie la plus intéressante, surtout au point de vue économique, se compose des tracés graphiques montrant la marche ascendante de cette usine et les progrès qu'elle a réalisés depuis 25 ans.

Voici la nomenclature de ces graphiques qui sont contenus dans des cadres suspendus autour de l'exposition :

P Tracés graphiques représentant la marche ascendante de l'usine depuis 25 ans et par périodes quinquennales :

a) Production moyenne et annuelle de la fonderie passée de 5,080 tonnes à 32,267 tonnes.

Il) Prix de revient des moulages passé de 151 fr. 60 à 94 fï*. 60.

e) Salaire moyen annuel des ouvriers (hommes et enfants) passé de 843 fr. 36 à 1201 fr. 55 par an.

d) Pourcentage de la production de la fonderie de Pont-à- Mousson par rapport à la production totale française de fonte de moulages et d'objets en fonte moulée de 1** ftision, passé de 1,44 »/o à 9,03 Vo.

2« Marche des Hauts-Fourneaux :

a) Production de fonte de moulage passée de 5,766 tonnes à 35,699 tonnes.

Il) Consommation de combustible par tonne de fonte grise de moulage passée de 1,685 kilos à 1,220 kilos.

S"" Tracé graphique représentant la longueur métrique des tuyaux fabriç[ués chaque année par Pont-à-Mousson depuis 1872 (qui était de 162,000 mètres). Jusqu'en 1886, qui a été de 943,500 mètres.

4<' Tracé graphique représentant le tonnage exporté par Pont-à-Mousson, en tuyaux et autres objets de fonte moulée depuis 1865 jusqu'en 1888.

5* Tracé graphique représentant la production totale annuelle des tuyaux et autres objets en fonte moulée, fabriqués par Pont-à-Mous(îon depuis 1863 jusqu'en 1888, production qui a passé de 2,200 tonnes a 35,804 tonnes.

Hiiiefl et IJalMe de Ponfà-MouMioii

L'usine comprend : l* 4 hauts-fourneaux marchant au coke, et produisant chacun environ 45,000 kil. par jour de fonte de moulage ; 2* une immense fonderie transformant en tuyaux et autres objets de fonte moulée, la totalité des hauts-Fourneaux ; 3* un atelier de construction et d'entretien.

La Société possède en outre plusieurs concessions de mines de fer oolithique situées dans le département de Meurthe-et- Moselle.

L'usine occupe une surface totale de 240,000 mètres carrés. Sa surface couverte est de 26,600 mètres carrés. Située à un kilomètre de Pont-à-Mousson, elle est en communication par voie d'eau, au moyen du canal de la Moselle qu'elle longe, avec Paris, Rouen, le Havre, Reims, Douai, Lille, Dunkerque.Gray, Lyon, Marseille, Cette, etc. De plus elle est traversée par ïe chemin de fer de Nancy à Pagny-sur-Moselle et communique ainsi avec tout réseau européen.

La force motrice employée est de 650 chevaux vapeur ; elle est fournie par des chaudières à vapeur chauffées au gaz. — Le nombre d'ouvriers emplovés dans les usines et à la mine est de 1,300.

L'usine de Pont-à-Mousson est surtout une grande fonderie de tuyaux de conduite. Ce qui caractérise cette usine, en tant que londerie, c'est que son matériel est très important, aucun outil ne servant à deux fins.

Chaque engin ne fait absolument que le travail pour lequel il a été spécialement construit ; presque toutes les machines principales y sont en double, de telle sorte que quoique la production de fonte moulée soit de 40,000 tonnes environ par an, chiffre qui n'a été atteint par aucune autre fonderie française, l'installation semblerait devoir produire encore davantage.

On coule chaque jour 3.000 mètres en moyenne de tuyaux de conduite de 40 «»/„. à 1"» 800 de diamètre 'intérieur et* cela sur 25 fosses dont 6 fosses doubles.

Le grand nombre de ces fosses à tuyaux, garnies de 1.200 châssis assortis, a permis d'approprier chacune de ces fosses à un dia^mètre spécial de tuyau et de proportionner chacun des engins qui la dessert aux poids à lever, de telle façon que chaque groupe produit son maximum d'effet, contrairement à ce qui arrive généralement dans ces sortes d'installations, oii l'on est amené à installer chaque fosse pour répondre à un certain nombre de diamètres de tuyaux plus ou moins rapprochés.

L'usine de Pont-à-Mousson a commencé, il y a 35 ans, à

transformer en moulages les fontes de Meurthe et Moselle, considérées alors comme impropres à cet emploi.

Cette œuvre a été poursuivie avec ténacité au milieu de difflcultés de toutes sortes. Ce n'est guère qu'en 1878 que Pont-à-Mousson a pu considérer sa trouée comme faite.

Depuis, d'autres usines ont poursuivi le même but et actuellement les anciennes préventions contre les fontes de Meurtheet-Moselle ont à peu prés disparu.

Production totale de la Franee en fonte

de moulage 9

Conditions économiques de Pont«à-9Ious8on

En voici la preuve:

En 1888, la France a produit 382,046 tonnes de fonte de moulage. Sur ce chiffre, la Meurthe et Moselle a fourni à elle seule 242,950 tonnes, soit 63.57 O'O.

LVxposition que nous avons décrite indique que Pont-à- Mousson a dirigé ses efforts vers l'application constant e de la science et du progrès à tous les détails d'une fabrication rendue simple et courante.

1* La fabrication a été limitée à un tout petit nombre d'objets simples et de grand écoulement ;

2'» Pour faire ces objets simples, on a étudié un outillage puissant que l'on a renouvelé plus d'une fois et sans cesse perfectionné nour pouvoir produire beaucoup à bon marché et des objets oien IViits ;

3* (îràce à cet outillage perfectionné tous les jours» on a diminué considérablement les prix do revient tout en augmentant les salaires.

Pour atteindre ce but, l'usine de Pont-à-Mousson a eu deux grands éléments de réussite :

l* Une situation géographique excellente; au centre des gisements de minerais de 1er de Meurthe-et-Moselle ; à proximité relative, grâce aux voies d'eau, des charbonnages du Nord de la France, de la Belgique et de TAllemagne, pouvant expédier les produits dans de bonnes conditions; l'usine ellemême expédiant dans des conditions exceptionnelles;

2"" La direction unique d'un homme, m. Xavier Rogé, qui depuis 30 ans a poursuivi le même but, développé l'usine, créé un personnel complet auquel il a infusé ses idées et dont tous les efforts convergent dans le même sens d'un administrateur et qui a obtenu de ses associés ou de ses actionnaires qu'ils se contentent, comme lui-même d'un bénéfice restreint pour pouvoir consacrer au développement de l'usine et au perfectionnement de l'outillage la plus grosse jjart des bénéfices annuels.

Il a sacrifié sans cesse le présent à l'avenir, et s'est préoccupé surtout d'une chose : créer une œuvre durable reposant sur des bases solides.

11 a considéré l'usine non comme iin outil commercial devant produire momentanément de gros bénéfices, mais comme un outil véritablement industriel et Français, capable de donner, pendant plusieurs générations du travail à 1,200 ou 1,500 ou-

vrîers, tout en assurant ane rénumération suffisante aux capitaux engagés.

Et c'est en partant de là, c'est en maintenant dans des limites raisonnables et sensiblement uniformes la rénumération du capital ; c'est en distribuant pendant les bonnes années la plus petite part des bénéfices acquis, et en consacrant la plus forte part de ces bénéfices à des amortissements, à des réserves, a des dépenses d'outillage ou d'agrandissement, que l'usine de Pont -à-Mousson a pu, avec un capital social qui ne s*élève qu'à deux millions do francs, immoDiliser depuis vingt-cinq ans en installations minières, hauts-fourneaux, halles, ateliers, maisons, terrains, outillage, etc. , plus de six millions de francs prélevés sur les bénéfices, tout en conservant un fonds de roulement largement suffisant pour faire marcher l'usine. C'est ainsi qu'elle a pu avoir constamment en magasin 8,000 à 10,000 tonnes de tuyaux faits d'avance et vendre chaque année pour cinq millions de francs de produits.

On le voit, la situation de cette société est brillante. Le principal mérite en revient à son ha))ile administrateur, M. HLaTier Bo|^.

En effet, l'usine de Pont-à-Mousson est, sans contredit à ce jour en France, la fonderie la plus importante de tuyaux pour canalisations d'eau, de gaz, d'air comprimé, de vapeur, etc. On y coule chaque jour, comme nous l'avons déjà dit, 3,000 mètres courants environ de tuyaux de conduite à emboîtement et cordon depuis 0"04Q de diamètre jusqu'à 1"80 sur 4"00 de longueur. — 25 fosses ou chantiers de tuyaux coulés verticalement produisent cette énorme quantité de tuyaux. La fabrication des tuyaux de descente est d'environ 400*^000 kil. par mois. Il faut ajouter à ces deux produits les pièces spéciales de canalisation, les regards, les coussinets de chemms de fer, etc., etc.

Enfin, l'usine de Pont-à Mousson a livré tous les tuj-aux destinés à la canalisation de l'Exposition universelle '^de 1889. Depuis 1878 cette usine a livré au service des eaux de la ville de Paris plusieurs milliers de kilomètres de tuyaux.

Parmi les principales canalisations récemment exécutées par cette usine, nous citerons Marseille, Lyon, Perpignan, Annonay, Chambéry, Annecy, Bourg, Mâcon, Besançon, Epinal, Nancy, Mulhouse, Charleville, Roubaix, Tourcoing, Lille, Calais, Amiens, Rouen, Lorient. Nogent-le-Rotrou, Poitiers, Orléans, Versailles, Constantinople, Port-Arthur, Rome, etc., etc.

CaiMie de SecoiiPM i^rataite

La Caisse de Secours est alimentée exclusivement par la Société. Il n'est flBiit aux ouvriers aucune retenue et cette Caisse de Secours paie à tous les ouvriers le médecin, les médicaments et les journées de maladies sur le taux de 50 0/0 de la journée de travail. Nous nous sommes promis de signaler au cours de ce travail les Caisses de Secours gratuites. Voilà qui est fait.

HISTORIQUE

L'usinede Pont-à-Moussona été créée en 1856 par MM. Hansuy et C% au capital de trois millions de francs, dont 1,600,000 furent appelés. Le 3 novembre 1862 Texploitation de ces établissements métallurgiques passait aux mains d*une société en commandite au capital d!e 910,000 francs. Enfin le 7 août 1886 cette société faisait place à une Société anonyme au capital de 2,04'7,500 francs, représenté par 2,925 actions de 700 ftancs chacune.

L^administration de la Société est déléguée à un administrateur unique désigné dans Tacte social : M. Xavier Rogé, directeur de Tusine depuis 1859 et associé depuis 1863.

La Société a pour objet l'extraction des minerais, la fabrication de la fonte et de ses dérivés, le commerce et le transport des diverses matières premières et fabriquées qui sont nécessaires à rexploitation d'une usine métallurgique ou qui en forment généralement toutes les opérations qui peuvent se rattacher à la fabrication delà fonte et de ses dérivés.

En 1873, à l'Exposition de Vienne, la Société de Pont-â-Mousson a obtenu une médaille et un diplôme de mérite. En 1878, Exposition universelle de Paris, médaille d'Or. En janvier 1883, M. Boifé a été nommé Chevalier de la Légion d'Honneur.

I^s hauts-fourneaux et fonderies de Pont-à-Mousson auraient certainement obtenu la plus haute récompense à l'Exposition universelle de 1889 si leur directeur ne s'était dévoué en acceptant les délicates fonctions de membre du jury pendant cette Exposition.

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