CHARLES GOGUEL
]\lédaille de B^ronase
Cliarles OOaUEL
Fabrication de Traits d'Or et d'Argent faux; de fils, rivets et de pointes en cuivre
à Montbéliard {Ardennes)
Cette exposition se compose de deux vitrines fermées, une horizontale, l'autre verticale. Elles renferment dans des casiers les échantillons des différents produits de la Maison. Dans la première s'étale toute une gamme de rivets pour chaudronnerie emboutis et recuits. Au-dessous une collection de rivets pour courroie et contre-rivure ; puis tout un assortiment de pointes^ chevilles et crampillons. Dans la partie supérieure 4 grosses bobines garnies de fils de cuivre de haute conductibilité, recuits et dont les diamètres sont de 45, 4o, 85 et 30 centièmes de millimétré. Puis 3 rangées de bobines sur lesquelles sont enroulées des traits or et argent faux, depuis len» 5 jusqu'au n« 38 de la jauge de Lyon, c'est-à-dire depuis le fil de 1 millimètre de diamètre jusqu'au fll de 35 millièmes de millimètre. Un kilogramme de ce dernier fll mesure une longueur de 125,000 mètres. Nous remarquons au milieu une collection de 20 bobines recouvertes de lames provenant des traits précédents.
Dans la vitrine verticale sont rangés et disposés en tuyaux d'orgue des rondins depuis 2 millimètres de cfiamètre jusqu'à kOmillim.ètres. Un peu plus bas, et au centre, se trouvent des couronnes concentriques de flls alternativement rosés, argentés, dorés et formant une cocarde de 0,30 de diamètre ; c'est du plus bel effet. En bas une pyramide d'ébouture de cuivre rouge brut en rondin de différentes dimensions.
Âu milieu de la partie supérieure de cette vitrine pendent sus-
Eendues par leur milieu des canetilles remarquables par leur elle exécution. M. Go^nel ne nous les présente pas comme ses produits, puisqu'ils ont été fabriqués à façon, hors de son usine, mais comme une démonstration évidente de la belle et régulière qualité de ses flls de cuivre rosés, dorés et argentés.
Parmi les rivets exposés dans la vitrine intérieure je doi» «Igaaler la série des rivets pour chaudronnerie qui sont cou-
pés sur tringles et emboutis mécaniquement. Un procédé spécial de recuit rend au métal ècroui par Temboutissage toute sa malléabilité sans lui rien faire perdre de sa résistance.
Méthode de Fabrication
Cette industrie étant peu connue, nous pensons être agréable à no» lecteurs en leur donnant ici une description dos différentes phases par lesquelles passe un lingot de cuiviH^ brut pour arriver à former ces tils niêrveilletix autant par leur éclat que par leur ténuité.
Le cuivre employé pour cette fabrication arrive à Tu sine en lingots de première qualité de métal, et en nlaques de cuivre électroly tique de tonte pureté. Il est fondu en creuset et coulé dans des lingotières en fonte de forme cylindrique. Chaque coulée donne par lingotière un cylindre de cuivre de onze centimètres de diamètre et de 44 centimètres de hauteur, du poids de 35 Rilog. : c'est le premier fil.
Ces lingots cylindriques chauffés au rouge vif, sont soumis à Faction d'un laminoir cylindreur qui, en les allongeant par des passes successives, les amène au diamètre de 50 millimètres. Les barres ainsi produites sont tournées dans leur longueur pour en nettoyer la surface, puis passées à flroid à un deuxième laminoir quiVn les allongeant réduit leur diamètre à 32 millimètres : coupées alors en bâtons de 1 mètre de long, les unes sont destinées à Targentage. d'autres au dorage.
Vargentage se fait par Tapplication à la surface du bâton de feuilles d'argent en quantité calculée pour établir le titre demandé. C'est ainsi que Ton argenté des barreaux depuis le titre de 3 millièmes jusqu'au titre de iO millièmes.
Le procédé d'argentage exige des soins minutieux, puisque la couche d'argent sur un barreau de cuivre de 32 millimètres doit s'allonger avec le cuivre jusqu'à mesurer 50. 80, 100.000 mètres au kilogramme, sans laisser apparaîti'e la couleur rouge du métal recouvert.
Le dorage, ou faux dorage des flls de cuivre (il n'y entre aucune parcelle d'or), ne se fait que lorsque le bâton de cuivre après avoir passé par de nombreux .trous de filière, tant au banc à étirer qu'à la bobine de tréfilerie, est arrivé à n'avoir plus qu'un diamètre de 5 millimètres; alors ce flls est soumis a la traversée d'une cornue chaulTée au rouge, et dont le vide extérieur est saturé de vapeurs de zinc. Dans cette traversée, il se produit à la surface du fil un alliage zinc et cuivre qui constitue la couleur de l'or, tout en lui conservant la ductilité du cuivre. Ce faux dorage n'est en fait qu'un laitonisage qui par les soins apportés à le faire se conserve intact et brillant & la surface du fil aussi fin que le tréfilage peut l'amener, soit dans des longueurs de 50, 60 et 70 000 mètres au kilog.
Tirage des traits, — Après les opérations de Tar^'ent^ge et du dorage, le fil, amené au diamètre de 1 millimètre par des passages successifs à la filière métal, est livré aux métiers en gros, intermédiaires et de //n, qui, montés à chaque passage de filières en diamant, étirent pro«:ressivement le fil jusqu'aux diamèires les plus tenus.
Trincanage et Empaquetage. — Enroulé sur des roqudctes