‹ Les mines et usines en 1889Chapitre 90 sur 199 · CHARLES GOGUEL · texte numérisé non relu

CHARLES GOGUEL

(petits tambours) en fonte à sa sortie du métier de lin, le fil passe à la machine à trincaner, destinée à Tenvider sur des bobinettés en bois qui, emballées avec soin par paquets de 2 kilog. 500, sont ainsi livrées à la vente.

Telles sont exactement et sommairement relatées, les diverses opérations usitées pour la Ikbrication des traits or et argent faux, opérations indiquées par les différents spécimens exposés dans la vitrine de M. Charles Gogael.

Historique et Consistonce.

L*établissement oii sont fabriqués ces ûls merveilleux se nomme Tusinede la Baisse. Elle est la propriété de M. CharlM Goffsel qui a pris pour directeur technique son âls, M. 4«let Gomel, ingénieur civil, ancien élève de TEcole centrale.

Cet établissement comprend trois industries distinctes Tune de Tautre, par les matières à dénaturer et par les produits manufacturés. Elles ont chacune leur clientèle spéciale de vente. Ces trois industries sont :

!• Tréfilerie etpointerie de fer y cuivre et laiton.

2» Faorication de laiton pour horlogerie.

3" Fabrication de t* aits a or et argent faux.

L'usine dans son ensemble emploie une force motrice de 'ÏO chevaux, tant hydrauliques que vapeur, et occupe un personnel de 80 employés et ouvriers.

L'industrie des traits or et argent faux est confinée à Lvon et dans ses environs :

Deux importants établissements à Pont-de-Cbérui (Isère) représentent la grande fabrication.

M. Charles Crofrael Ta introduite à Montbéliard en 1885, oii il a trouvé parmi les ouvriers d'horlogerie et de filature qui résident dans ce pays, un personnel des mieux disposé pour pratiquer une industrie qui exige la délicatesse de main et les habitudes d'un travail de fabrique minutieux.

Ces traits, fils ronds, sont la matière première que l'industrie lyonnaise, guimperie et tissage^ emploie dans la confection des galons et des tissus de toute composition qu elle vend en France et surtout expédie en pays étrangers, le Levant, l'Inde, TExtrôme-Orient, l'Amérique du Nord et le Mexique. C'est un produit essentiellement d'exportation par l'emploi qui en est fait en laines, en filés et en tissus.

Autrefois, l'industrie lyonnaise était pour cet article, tributaire de l'Allemagne ; depuis une vin^ine d'années, la fabrication française suffit à tous ses besoins, et maintenant grâce aux progrès accomplis, c'est la France qui fournit à l'AlIemagnp.

M. «off«el, n'avait, avant TExposition de 1889, présenté ses produits que dans une seule Exposition industrielle (vu la récente création de son usine) à Vesoul. Après avoir, pendant trente ans, pratiqué l'industrie en Alsace, il a été obligé, en 18'n, de (juitter ce pays. Il est venu fonder dans sa vil e natale l'industrie dont nous nous sommes occupé. C'est là qu'il a remporté unis médaille de vermeil.

Le Jury d# l'Exposition de 1889 a reconnu les mérites de M* tt#OT«l» ^ lui décernant une médaille de bronxe.

Oi^aiid Frlx

Les fils de PEUGEOT irères

OBJETS EXPOSÉS Vue d'ensesible.

L*exposition des FeB^eot ne peut pas s'analyser en détail, il y a plusieurs milliers d'objets offerts au regard du public charmé de leur arrangement plein de goût.

Essayons pourtant de donner une idée générale de cet ensemble.

L'emplacement de l'exposition occupe la partie centrale de la travée, classe 41; elle a la forme d'un double T allongé.

La cloison médiane sépare l'exposition en deux parties avec deux petites portes de communication à droite et à gauche pour passer d'un côté ou de l'autre.

Sur la façade qui se présente la première au visitenr en arrivant, on a groupé sur la cloison du fond tous les objets imaginables avec ce que l'on pourrait appeler la disposition en soleil. Pour en donner une idée, au centre, en haut, par exemple, autour d'un noyau quelconaue on a rangé, de champ, des fourches dont toutes les pointes blanches forment un premier anneau brillant autour du centre, nuis les parties recourbées et noircies, un second anneau somore; enfin, tout autour, encore un plus grand anneau composé de fourches à quatre branches placées à plat. En dessous, un demi-arc concentrique formé par des tenailles ou des clefs anglaises ou des compas d'épaisseur, des tondeuses, des compas, des ciseaux de menuiserie, etc ; puis, à droite et à gauche, en haut et en bas, symétriquement placés par rapport au soleil central, quatre autres soleils ou motifs rayonnants. Ici, les centres sont composés par des moulins à café et les rayons par des marteaux, des bédanes, des songes, des vilebrequins, des tarières, des ciseaux, de petits etaux, le tout massé en séries par genre d'objets, ce qui donne toujours une impression d'ordre e^ de nuances bien agencées.

Sur la tablette au pied de la cloison, des moulins à café en gammes ; au premier plan, des établis et un grand modèle de moulin à café avec volant.

A droite et à gauche, dans les cloisons de retour du T, noui remarquons à gauche, le département des gros outils, les haches et des pièces diverses des machines étampées avec des séries de moulins à café muraux d'un type encore nouveau*

SurTautre cloison desâlières à bois, et des aimants en croix qui attirent puissamment des morceaux de fer que les enfants s'amusent à déplacer.

De petits établis et de petites voitures dites charrettes Peugeot, si vulgarisées et si connues de tous depuis leur succès de Tannée passée, situées dans le voisinage indiquent jiue rien de ce qui est nécessaire à la maison et à Tatelier n'est étranger à MM. Peufreol. Utile dulci. C'est le côté utile que Ton rencontre là, et le grand nécessairede menuiserie ouvert au centre de la cloison, à portée du regard, a du faire palpiter bien des cœurs de jeune menuisier ou mécanicien en herbe.

Les deux piliers qui soutiennent Tentableraent de cette exposition sont ornementés de lames de scies flexibles qui semblent lier en spirale le faisceau des verj^es verticales comme les bandelettes antiques.

lies outils plats.

Si nous traversons la cloison centrale par une des petites portes dont nous avons parlé, nous nous trouvons dans la deuxième partie symétrique de l'exposition.

Là, est le domaine de la scie droite ou circulaire ou à ruban.

Même genre de décoration. Ici, c'est une magnifique scie circulaire à dents énormes, destinée à scier les gros troncs,

3ui occupe le centre du motif; au-dessous d'elle, des disques de iamètres décroissants, et autour, des lames de scies pour menuiserie, des scies à main à bois, à métaux, en séries de toutes formes et de toutes les dimensions.

Tous les instruments plats et tranchants de l'artisan, les couperets de boucherie, les truelles de maçon, les scies de scieur de long, tout ce que l'on peut imaginer comme outils tranchants ou taillants est là

Dans la vitrine au-dessus de l'exposition des grandes scies plates se trouvent les fabrications cfélicates, les tondeuses de coiffeur, les scies de chirurgie, les bandes d'acier laminé pour la fabrication des plumes lithographiques, les aciers pour pendule, en rouleaux de 3 à 400 mètres de longueur, larges comme la main ; enfin, toute l'industrie des ressorts de pendule et de montre de toutes les dimensions. 11 y a également, dans le même ordre d'idées, des lames pour ces sièges tout en fer, types Carré, si connus.

Au premier plan, signalons des objets remarquables qui attirent vivement l'attention : c'est une immense lame ae scie à ruban en acier de Sheffleld, formant un 0 de six mètres de diamètre, dont les extrémités se replient à la base comme un nœud de cravate gigantesque.

Au milieu, il y a également une scie à métaux faite avec le meilleur acier au creuset, d'une seule longueur, sans soudure, trempée aussi régulièrementquele meilleur ressort de pendule ayant 22 m, 50 de long et 86 »/« de large.

Tout cela est, il faut le dire, disposé avec un goût exquis, et les étrangers qui passaient devant moi pendant que j'écrivais cette monographie étaient réellement dans l'admiration en voyant quel parti décoratif on avait su tirer de tous ces

bibelots, de tous ces outils dont chacun pris isolément avait une forme quelconque et parfois nullement artistique. C'est bien le cas de dire : le goût transforme tout.

Cette vue d'ensemble terminée, donnons quelques détails sur certains objets exposés.

lia iprande seie sans fin p«iir le bois.

Aucun établissement en France n'est outillé comme les usines de MM. Peugeot pour le laminage des bandes, aciers. Les nombreuses commandes qui \e\iv viennent de l'Etranger démontrent que là aussi, bien des spécialités sont obligées de s'adresser à eux. La grande scie sans fin qui est exposée est destinée à donner la mesure de ce que Ton peut faire comme pièces. Cette scie qui a 38 m. 60 de longueur, 554 mill. de largeur et 20/10 de mill. d'épaisseur a été laminée à chaud et à froid, trempée, polie, dentée et redressée avec les machines qui fonctionnent continuellement dans les ateliers de Valentigney et de Beaulieu. Cette scie n'a d'exceptionnel que sa longueur, qui est environ double de ce que les scieurs des Etats-Unis ont l'habitude d'employer.

Elle est en acier fondu au Creuset et parfaitement trempée d'un bouta l'autre ; on peut s'en assurer en pliant au tourne-àgauche les dents de cette pièce, ou en lès attaquant à la lime. Ce dernier moyen est moins convainquant que le premier, par la raison que les scies ayant subi un recuit énergique, se liment relativement bien, tandis que l'élasticité que leur donne la trempe communique aux dents une résistance remarquable, et très-sensible lorsqu'on essaye successivement de plier une dent trempée et une qui ne l'est pas.

CiSrandc seie sans fin  mcêaux.

A côté de cette scie, on a encore exposé une scie sans fin pour métaux de 22 mètres de longueur, 85 mill. de largeur, 27/10 d'épaisseur aux dents 17/10 de mill. d'épaisseur au dos.

Cette scie est dans son genre tout aussi intéressante que la grande scie à bois; elle est fabriquée avec la même qualité d'acier fondu que l'on utilise pour faire les scies à métaux ordinaires dites lames de bocfils.

Pour lui donner une élasticité suffisante pour s'enrouler sur les poulies des machines à scier les métaux, et lui conserver en même temps la dureté nécessaire pour scier l'acier, il faut que l'opération de la trempe soit faite avec soin et une habileté extrême; le problème a été résolu entièrement dans les ateliers Peaipeot. et leurs scies sans fin à métaux sont seules employées par les grands constructeurs de la France et de l'Etranger.

Elles sont remarquables non seulement parleur qualité, par leur appétit tranchant et leur élasticité, mais encore par leur fini. Leur régularité d'épaisseur est mathématique, la différence de l'épaisseur des dents et du dos, laquelle dispense de donner la voie à ces scies, est rigoureusement la même partout; les dents lait€is à la fraise sont toutes exactement pareilles. C'est grâce à toutes ces qualités que Ton arrive avec ces lames^ à

scier facilement des blocs d'acier qui ont jusqu'à 40 et 50 c/m. d'épaisseur:

On pourrait observer que ces scies ne sont pas entièrement finies puisqu'elles ne sont pas brasées; si on les a exposées ainsi, c'est que si on les avait brasées, on n'aurait pas pu les placer à l'exposition ; en effet, la scie à bois aurait formé an cercle de plus de 12 mètres de diamètre et la scie à métaux un cercle de 7 mètres.

L'opération du brasage est du reste accessoire et la plupart du temps les scieurs ou les constructeurs la font eux-mêmes.

Ces deux grandes pièces donnent comme nous l'avons dit la mesure de ce que l'on peut faire aux usines Peo^ot quand il s'agit d'objets lourds et de grandes dimensions.

Baniles d*mmier très ndnecs.

Ces Messieurs sont tout aussi experts pour le» laminages minces et délicats. Pour montrer de quoi ils sont capables dans ce genre, ils exposent une bande d'acier de 210 mètres de longueur, 35 mill. de largeur, 3/100 demill. d'épaisseur, trempée et polie sur toute sa longueur.

On emploie des bandes de ce genre mais un peu plus épaisses, dans la construction des métiers à faire la dentelle, en usage à Nottingham et à Saint Pierre-les-Calais; il faut qu'elles soient droites et plates dans tous les sens, d'une épaisseur rigoureusement régulière, d'une trempe absolument égale partout; elles doivent être parfaitement polies et présenter une surface absolument lisse.

Acier en lNinde«.

1. — On livre l'acier en bandes à l'industrie pour toutes sortes d'emploi ; signalons les principaux qui sont :

L'acier non trempé en bandes pour ressorts de montres, remarouable par sa qualité supérieure et par sa grande régularité d'épaisseur.

L'acier trempé poli pour scies sans fin et autres livré en bandes de 60 a 120 mètres de longueur, 4 à 20/10 de mill. d'épaisseur et 2 à 300 "»/» de largeur.

L'acier en bandes trempé poli pour ressorts et pour lames de métiers divers. Pour ces derniers on exige une rigueur de dimensions que la maison Feuipeot seule jusqu'ici est parvenue à donner suffisante. Ils sont employés en quantités importantes sur la Place de Troyes et dans tous les centres en France et à l'Etranger où l'on fabrique et emploie des métiers pour la bonneterie.

L'acier en bandes trempé, poli ou non, pour ressorts de crinolines de tournures, de corsets, de jupes, etc.

La quantité de ces aciers divers qui est livrée annuellement à la consommation est de 5 à 600.000 kilog. Considérant qu'il s'agit ici de bandes de faible épaisseur, ne dépassant pas 5/10 de mill., et travaillés avec un soin minutieux, c'est une quantité très -considérable.

2. — On fabrique toutes les espèces de scies : depuis la grande scie à eau qui sert à débiter les billes de bois oans les

scieries des montagnes, depuis la scie à pierre employée dans les carrières et les chantiers de Paris et des environs, la scie sans tin pour bois et métaux, la scie circulaire, la scie à placage, la scie à main é^oïne, jusqu'à la scie à amputation.

On a cherché à reunir sur un panneau des échantillons de toutes les espèces, les énumérer ici serait long, fastidieux et inutile ; il nous suffira de dire que la production annuelle est d'environ 530,000 scies de toutes dimensions ; la marque au Lion qu'elles portent est universellement connue et appréciée, et le premier menuisier venu pourrait affirmer que leur qualité est tout à fait supérieure.

ris il*li«rl«seric

Un atelier spécial existe pour la fabrication des ressorts d'horlogerie, et on a réuni dfans une des vitrines les principaux produits de cet atelier. On y voit notamment un ressort de grandes dimensions, destiné à actionner un gros mouvement d'horlogerie ; des ressorts de télégraphes comme ils sont fournis à toutes les administrations télégraphiques de l'Europe, des ressorts de boîtes à musique livrés aux fabriques de Genève, Sainte-Croix et Sainte-Suzanne, des ressorts de {pendules enfin de toutes forces et de toutes dimensions; mentionnons en terminant les ressorts de jouets, les ressorts d'irrigateurs, les gros ressorts pour fermetures de magasins. Tous ces ressorts, fabriqués avec de l'acier laminé dans les ateliers, sont d'une qualité et d'un fini irréprochables. Chaque année on en livre a la consommation environ 540,000 kilog.

Buses et laf lires

Dans un autre atelier, on fabrique en grande quantité les bases, laçures et ressorts pour corsets; cette fabrication occupe un grand nombre d'ouvriers et est très importante; elle produit une moyenne journalière d'environ 2,000 kilos de ce genre de ressorts.

Ressorts diiirers. ->- Sièges de Jardin

Parmi les ressorts divers fabriqués, signalons les ressorts de sièges de jardins qui garnissent les chaises de promenades publiques de Paris, les ressorts de sonnettes, de serrures et enfin les ressorts qui entrent dans la construction des métiers à filer, à tisser, à tricoter, des machines à coudre, des appareils télégraphiques et téléphoniques, etc.

Ces ressorts dont on a expose un certain nombre d'échantillons, se font sur tous les modèles et dans toutes les dimensions possibles; on ne peut songer à les énumérer et à les décrire, loi, il suffira de aire qu'ils sont livrés à une variété infinie de oonstruoteurs en France et à Tétranger.

508 LES EILS DE PEUGEOT FRERES

En résumé, on peut assurer que pour la fabrication des objets en acier laminé, les ateliers Ffuceot peuvent être classés au premier rang; ce qui le prouve, c'est que pour ce genre d'objets, ils sont les principaux fournisseurs non seulement en France, mais aussi au dehors. Aux Etats-Unis en particulier, où Ton est plus exigeant que partout ailleurs pour la qualité et le fini aes objets fabriqués, ils ont une clientèle nombreuse et Adèle.

Fers de rabots ci rabots mécaniques

L'Usine de Valentigney fabrique, en outre, sur une j,M'ande échelle toutes les espèces de fers à raboter qu'on voit exposés; ces fers se composent d'un morceau d'acier fondu do qualité supérieure, soudé sur une lame de fer. L'opération du soudage est faite avec une grande perfection au moyen d'appareils spéciaux. Les pièces soudées sont travaillées dans un atelier indépendant, possédant un outillage complet de découpoirs, machines à percer, meules à aiguiser, fours à tremper, etc. La qualité de ces rabots est universellement appréciée : ce qui le prouve surabondamment, c'est qu'on en livre à la consommation environ 600,000 pièces par an, tant en France qu'à l'étranger.

On fabrique encore tous les genres de fers de rabots mécaniques, depuis la grande lame à trancher employée par la Société parisienne du Tranchage des bois et dont un type est exposé jusqu'aux fers de moulures mécaniques et aux fers cannelés servant à la fabrication de la paille de bois.

Carrosserie» Charrettes

Un département spécial, outillé de la façon la plus perfectionnée pour le travail du bois, le montage des roues tout acier, des axes, essieux, ressorts, etc., possédant un personnel d'ouvriers d'élite s'occupe de la construction des différents types de charrettes Pen^eoi, si connues en France et jusque dans les pays les plus éloignés.

D'.ibord c'est le débitage des bois de choix, l'ajustage des caisses de charrettes ; puis, en suivant les dilTé rentes mainsd'œuvre, et dans un autro atelier l'émondage des janttîs de roues en acier, leur soudage à la forge, leur perçage et enfin le montage mécanique des ravons en acier qui se fait avec une grande rapidité sur les moyeux en acier lorgé brevetés. Ensuite l'alésage desdits moyeux, le perçage et le montage des graisseurs, etc , etc. Ces roues une fois îinies et mathématiquement rondes passent au vernissage, de là à l'étuve, d'oii elles ne sortent que prêtes à aller à l'atelier de carrosserie proprement dit, oii elles sont ajustées aux charrettes.

Depuis les modèles pour enfants, si légers et si élégants, jusqu'aux types plus robustes pour camionnage à bras, à ânes et à chevaux, l'amateur trouve une gamme entière pour satisfaire ses coûts et ses besoins. Il n'est pas jusqu'à l'élégant dog-cart qui ne tente tous ceux qui visitent les ateliers de carrosserie de Terre-Blanche comme sont tentés ceux qui voient à Heaulieu les vélocipèdes de la maison Peugeot.

i^uv&oogle

Uasine de Terre-Blancbe s'occupe ausAi de différents t3rpe8 de roues de brouettes, moyeux en tôle emboutie, d'une légèreté et d'une rapidité à toute épreuve. Toutes ces roues, comme celles des ateliers de carrosserie, sont montées à l'aide du procédé breveté leur assurant un prix de revient très bas et une qualité qu*on n'a o1)tenue nulle part avec les roues en bois dans la fabrication similaire.

OuiiUi tinmcliaiite

Les outils sont de deux sortes : !• les outils tranchants avec ou sans embase, comprenant tous les genres de ciseaux, bédanes, gouges, planes, haches, etc.

2"" Les outils non tranchants, tels que compas, marteaux, clés à écrous, étaux à main et à agrates, tournevis, vilebrequins, etc.

Tous ces outils sont forgés mécaniquement et emboutis dans des matrices, procédé de fabrication qui leur donne cette régularité de formes et dimensions grâce à laquelle ils se distinguent absolument des outils fabrioués à la main. Ils sont ensuite trempés dans des fours spéciaux par des ouvriers choisis avec le plus grand soin; on apporte a cette opéi'ation de la trempe une attention toute particulière grâce à laquelle la qualité des ciseaux, gouges et autres outils tranchants est absolument supérieure. Ces outils, vendus en concurrence avec les outils anglais, leur sont très souvent préférés. •

Outito non iranchaiits

Les outils non tranchants sont forgés et emboutis comme les précédents; la régularité de leurs formes et Je leurs dimensions est due à ces procédés qui ont été poussés à l'usine de TerT^e-Blanche à leur dernier degré de perfectionnement. Pour s'en convaincre, il n'y a qu'à jeter les yeux sur les séries de marteaux, de compas, de clés à écrous et à molettes ; tous ces objets se distinguent par la netteté de leurs contours et la régularité de leurs formes. Il va sans dire que pour chaque outil, tranchant ou non, on a soin de choisir une qualité d'acier exactement appropriée à l'objet qu'il s agit de fabriquer. Pour le flnissage de ces outils, des ateliers de fraisage, d'aiguisage et de montage sont parfaitement outillés.

Pièces de forf^e peur les irélocipédes.

A côté des emboutissages et des forgeages qui se font à Terre-Blanche pour la fabrication des outils, on forge et emboutit toutes les pièces détachées utilisées pour la fabrication des vélocipèdes ; une collection de ces pièces garnit un des panneaux de l'Exposition.

Vendleuses

Il y a à Terre-Blanche un atelier spécial pour la fabrication des tondeuses pour chevaux et pour hommes, lequel produit annuellement environ 50,000 tondeuses. Tous ces instruments

sont fabriqués avec le plus grand soin, les plaques, dentées à la fraise, sont rodées avec une précision absolue et trempées comme des rasoirs. C'est ce qui leur donne la coupe remarquable qui les distingue. Les poignées de toutes les tondeuses sont en acier forgé et embou'i dans les ateliers; autrefois on les faisait en fonte malléable, mais on a abandonné ce procédé depuis de longues années. Les Etats-Unis en demandent des quantités considérables.

Aimants

On fabrique encore à Terre-Blanche des aimants permanents de toutes formes et de toutes dimensions pour machines magnéto-électriques, téléphones, etc. Quelques-uns des types fabriqués sont exposés.

M. de Merliens, lequel est sans contredit un maître dans ces matières, les a appréciés à leur juste valeur et n'en emploie pas d'autres dans ses belles magnéto pour phares.

Fourches

Une branche très importante de la fabrication de Terre- Blanche, ce sont les fourches, les crocs et les râteaux en acier; ces instruments sont tous fabriqués à la machine à forger ; pour que Ton puisse s'en rendre compte, oh a exposé à côté de.s fourches finies, des ébauches à tous les degrés de fabrication. Les aciers qui servent à la fabrication des fourches sont choisis avec un soin scrupuleux, c'est ce qui permet de livrer une qualité tellement irréprochable et tellement régulière, qu'elles sont l'objet d'une plus value sur le marché. La production est actuellement de 620,000 fourches par an environ.

Mouliiis.

L'énumération des produits métalliques de l'usine de Terre- Blanche ne serait pas complète si nous ne parlions pas des mouvements et autres pièces en acier qui entrent dans la construction des moulins à café dont la fabrication est si considérable ; ces mouvements dont les parties essentielles sont les organes broyeurs, se composent d'une noix dentée à la fraise, laquelle tourne daus une cuvette dentée intérieurement. Ces organes, après avoir été forgés et emboutis dans des matrices, sont fraisés et trempés. L'usine de Terre- Blanche en produit par an environ 450,000 (î) qui sont montés dans des moulins en fonte ou en bois. On le voit, c'est une fabrication insoupçonnée.

Travail du bois.

Le travail du bois occupe à Terre-Blanche plusieurs ateliers très importants; signalons tout d'abord les chantiers de sciage de bois en grume. Les grumes de diverses essences achetées dans les coupes des environs sont débités en madriers puis remisés pour le séchage dans de vastes hangars. Ces hangars présentent un développement de 300 m. de lojïgucur sur 10

mètres de largeur et 8 m. de haut. Après trois années de séchage à Tair, les madriers sont livrés à un autre atelier où, au moyen de scies sans fin et de scies circulaires, on les débite en planchettes servant à faire les boites de moulins, les armoires et caisses à outils, etc., etc

Dans d*autres ateliers, on a installé des sérîes de tours pour a fabrication des manches de toutes sortes, manches de mar- ••eaux, de haches, de vilebrequins, de scies, de truelles, manches de fourches, etc., etc. Chacun de ces toui's est muni d'un ^utillage spécialement approprié au travail qu'il doit produire. D'autres ateliers fabriquent les armoires, boîtes et Coffres destinés à contenir des assortiments d'outils ainsi que ies établis et les tours d'amateurs.

On a cherché à faire figurer dans le panneau d'exposition des séries de tous les outils fabriqués MM. PeBxeot se sont attachés à les montrer tels qu'ils les livrent à la consommation, c'est-à-dire qu'au lieu de leur donner un poli brillant tout à fait spécial, au lieu d'employer des manches en bois extraordinaire, vernis avec un som particulier, on s'est borné à choisir des instruments dans la fabrication courante *

L'exposition que nous venons de décrire minutieusement donne donc une idée exacte, non pas de ce que Ton peut faire en employant des procédés de fabrication compliques et coûteux, mais de ce que Ton fait réellement chaque jour.

ETABLISSEMENTS PEUGEOT FRÈRES Usine de Valemti^ney

Examinons plus attentivement les établissements de MM. Peageot.

L'usine de Valentigney est admirablement située sur le Doubs. Le laminage à chaud constitue une des opérations les plus importantes exécutées dans ce bel établissement.

Laminage à c/iaud.— L'atelier de laminage, est disposé le long du Doubs dont on utilise la force motrice au moyen de turbines ; il comprend une série de fours, un marteau pilon et cinq trains de laminoirs.

Les fers ou aciers arrivent des établissements qui alimentent Valentigney, sous forme de barres de dimensions variables, destinées à fournir des feuilles de tôle plus ou moins minces et dont l'épaisseur peut descendre jusqu'à 15 ou 20 centièmes de millimètres.

On commence par chauffer ces barres dans des fours spéciaux ; elles sont ensuite passées au laminoir.

Les trains comprennent deux sortes de laminoirs, les uns pour dégrossir, les autres pour finir la tôle.

Les cylindres des laminoirs à tôle ne sont pas cannelés comme ceux employés i>our le laminage des fers. Dans les laminoirs à tôle, il faut que le cylindre supérieur s'écarte plus

ou moins du C3^1indre inférieur, suivant Tépaisseur du métal ; à cet effet, des vis de pressions, disposées dans les cages qui servent à soutenir les cylindres superposés, sont serrées à chaque passage de la tôle entre les cylindres. Ces cages en fonte portent des coussinets en bronze dans lesquels se meuvent les tourillons des cylindres ; elles sont fortement établies sur des cales fixées à une solide fondation. Pour empêcher, après chaque opération, le cylindre supérieur de retomoer sur le cylindre inférieur, on a établi des oascules adaptées aux cages et servante équilibrer le poids du cylindre.

Pour le laminage des tôles minces, le cylindre inférieur seulement est actionné par les machines, le cylindre supérieur est indépendant ; il est entraîné par le mouvement de frottement et de pression du cylindre inférieur ; afin de rempêcher de prendre une vitesse différente de celle du cylindre inférieur, on donne au cylindre supérieur un diamètre légèrement supérieur à celui du cylindre inférieur. Il se produit un polissage, car il n'y a d'entraînement qu'après un certain glissement. Ce genre de cylindres est connu sous le nom de ^spatards ; ces derniers donnent un poli d'un joli aspect.

Le laminage peut s'opérer en une seule chaude ; mais, pour les tôles très minces ou très longues, on est oblige de réchauffer le métal

Les tôles laminées sont enroulées à la sortie du laminoir et entourées d'un fll de fer, puis réchauffées au rouge sombre dans les fours disposés dans l'atelier ; on poursuit le laminage en ayant soin de l'arrêter quand la bande perd la température ou elle est encore lumineuse.

Quatfe fours sont disposés dans l'atelier spécial de l'usine de Valentigney. Le travail du laminage et des opérations accessoires s'exécute nuit et jour.

La force motrice est fournie par deux turbines Jonval Koechlin, l'une de 60 et l'autre de 90 chevaux, accouplées à une belle machine Corliss construite au Creuset, et alimentée par des générateurs Belleville, machine qui fournit une puissance nominale de 300 chevaux.

Une troisième turbine de 20 chevaux conduit les ventilateurs. Cette force totale de 470 chevaux sert à la mise en action des cinq trains de ces ateliers et des accessoires.

Presque toutes les lames et principalement celles de faible épaisseur, après avoir subi ce laminage à chaud, sont envoyées à Beaulieu, où elles subissent un laminage à froid. Les tôles employées à Valentigney sont presque exclusivement des tôles d'acier ; elles ont besoin d'être trempées.

Cette opération s'exécute dans les meilleures conditions à Valentigney en faisant passer les lames à tremper dans des bains composés de matières gras»ses, suivant des procédés spéciaux établis à la suite d'une longue expérience. La trempe doit toujours être suivie d'un recuit qui a pour but de développer l'élasticité de l'acier et de diminuer assez la dureté, produite par la treinpe, pour empêcher l'acier de rester trop cassant.

Cette usine comprend l'atelier des rabots, des scies, des buses et ressorts.

La force motiico nécessaire à tous ces ateliers qui sont eom-

USINESJDU NORD-EST 513

plëtement indépendants de celui des laminoirs dont nous ayons déjît parle, est fournie par 2 turbines Jonval Koehlin donnant 80 chevaux chacune et par une belle machine à vapeur Corliss construite par MM. LeeoBleax et Gmrnîew, de la puissance nominale de 200 chevaux,

Ces moteurs sont installés au centre des ateliers et la vapeur est fournie par un générateur Bellevllle.

Cette puissance de 360 chevaux nécessaire pour ces ateliers jointe à celle de 470 fournie aux laminoirs, porte la ïorce totale de l'usine de Valentigney à 830 chevaux.

Les divers ateliers sont groupés dans un ensemble de constructions méthodiquement disposées et appuyées au Doubs. Un petit chemin de fer sert à la manutention des objets terminés qui arrivent au magasin d'expédition.

L'usine de Valentigney est éclairée au saz et à l'huile minérale ; les bureaux et les magasins sont éclairés à l'électi'icité au moyen d'un générateur dynamo-électrique conduit par la machine à vapeur des ateliers.

UriBe de Beaulieu.

Cette usine est une dépendance de celle de Valentigney, dont elle n'est distante que d'un kilomètre ; elle constitue un établissement industriel important, la force motrice qui s'^ trouve utilisée est de 650 chevaux, le nombre d'ouvriers qui y travaillent est d'environ 300.

Les principales spécialités sont les aciers laminés, les ûls d'acier et les vélocipèdes ; la tréfllerie a été récemment l'objet d'importants développements et, depuis quelques mois, la fabrication des vélocipèdes est en pleine activité ; mais c'est le laminage à froid qui constitue la principale opération.

L'usine de Beaulieu ne livre aucun objet terminé, sauf les vélocipèdes et les fils d'acier fournis par la tréfllerie, et utilises pour les vélocipèdes et pour les autres articles fabriqués dans les usines de MM. Pen^ot ou même dans diverses industries spéciales.

Laminage à froid. — Le laminage à froid a pour but d'amincir les tôles et de durcir le métal, cette opération doit toujours être précédée d'un décapage et suivie d'un recuit.

Le décapage a pour but de faire disparaître la couche d'oxyde qui a pu se former dans le laminage à chaud ,* à cet effet, on plonge les métaux laminés plus ou moins longtemjps dans une solution d'acide sulfurique, sans prolonger, afin d'empêcher une attaque par l'acide. On ajoute généralement dans la solution diverses matières organiques.

Le recuit est destiné à récliauffer le métal qu'on laisse ensuite refroidir lentement, afin de détruire l'écrouissage produit dans le métal, surtout quand il a subi un laminage à froid. Les boîtes à recuire sont des caisses en fonte, munies d'un couvercle que l'on ferme aussi hermétiquement que possible ; on recuit au rouge plus ou moins vif, et on laisse refroidir lentement; il se produit Quelquefois une légère oxydation qui disparaît par un décapage ou au laminage.

L'atelier de décapage de Beaulieu comprend 6 frandes cuves; celui du recuit, 5 fours. L'usine possède 3 ateliers de

laminage contenant en tout 37 trains, dont les dimensions varient suivant le travail à exécuter.

La lorce nécessaire est fournie par trois turbines de 30 chevaux chacune qui utilisent parfaitement la force hydraulique disponible, par deux autres grandes turbines de 80 chevaux chacune, ainsi que par une machine à vapeur système Corliss, fournie par le Creusot, de 180 chevaux effectifs, et une deuxième machine Corliss, Lecouteux et Garnier, de la puissance de 200 chevaux effectifs. Cette usine se trouve donc actionnée par une force motrice hydraulique et à vapeur de 600 chevaux.

L'établissement est complètement éclairé à Télectricité, les dynamos sont actionnés en grande partie par les machines Corliss, et par Tune des petites turbines de 30 chevaux.

Tréfiierie, — L'étirage exige un métal à la fois ductile et tenace. Il s'exécute à la filière, sorte de plaque en acier d'une qualité spéciale, percée de trous de diamètres de plus en plus faibles.

Le passage à la filière donne à la tige de l'élasticité et de la dureté, mais le métal s'aigrit et devient cassant, aussi faut-il lui donner un recuit que l'on fait suivre, pour terminer, d'un décapage.

La tréfilerie de Beaulieu prépare les aciers nécessaires à l'usage des usines de MM. PeaipeoC« et, en particulier, les rayons de vélocipèdes aussi bien, dn reste, que les aciers tréfiles demandés par diverses industries.

Vélocipèdes. — Arrivons à la fabrication des vélocipèdes récemment entreprise à Beaulieu.

Le vélocipède est auiourd'hui construit principalement en Angleterre, où cette fabrication constitue une industrie très active qui occupe prés de 10,000 ouvriers autour de Coventry,

MM. Peo^eai ont justement compris qu'il y avait place à d'importants débouchés dans cette industrie, et ils ont entrepris une fabrication de vélocipèdes, dont la construction ne laisse rien à désirer, et qui pourront lutter avec succès contre les vélocipèdes anglais.

Après avoir étudié les meilleurs modèles des constructeurs étrangers et français, ils ont créé des types perfectionnés, aujourd'hui très recherchés, dont le succès ne fera que s'accroître.

L'usage du vélocipède tend à se répandre de plus en plus en France; il est devenu un véhicule dont l'utilité s'affirme chaque jour, l'armée a commencé à s'en servir. Espérons (jue dans un avenir prochain l'administration des postes se décidera à pourvoir de vélocipèdes les facteurs, qui ont des courses si pénibles à exécuter chaque jour, et ne peuvent, par suite, faire la distribution des correspondances et des colispostaux qu'à des intervalles trop espacés.

Les vélocipèdes fabriqués par MM. Peni^of peuvent se classer en trois catégories :

I** Le bicycle ordinaire^ 2° La bicyclette, 3* Les différents genres de tricycles.

Le bicycle ordinaire que tout le monde connaît se compose d'une grande roue motrice et directrice, dont l'axe porte les manivelles et les pédales; cette roue est montée sur une

fourche tabulaire surmontée d'une tête portant le gouvernail. Dans la tête vient s'emboiter un pivot qui termine un grand tube recourbé, dit corps du bicycle, sur lequel se fixent le ressort et la selle ; à Textrémité^de ce tube se trouve la petite roue de 40 centimètres de diamètre.

La bicyclette diffère complètement du grand bicycle ; elle a deux roues égales de Ih centimètres de diamètre ; la roue de derrière est motrice, la roue de devant directrice. Ces deux roues sont reliées entre elles par un bâti qui porte la selle et Taxe des pédales ; au moyen d'un engrenage et d'une chaîne GaUe, Taxe des pédales met en mouvement Taxe de la roue motrice ; les engrenages sont calculés de façon à ce que la vitesse soit la même que celle d'un bicycle ayant une roue de l'»40 de diamètre.

Les tricycles, comme leur nom l'indique, sont des machines à trois roues : deux roues de derrière motrices ayant 0^90 de diamètre et une roue de devant directrice de 0"65 à 0™70 de diamètre. La forme des bâtis*du tricycle varie à l'infini. Jusqu'à présent, MM. Fenseot ont adopté deux types : l'un, destiné surtout à être monté par des hommes, et l'autre moins robuste et plus léger, disposé principalement pour être monté par des femmes ou des jeunes gens.

Les bâtis de ces vélocipèdes sont construits en tubes d'acier étirés à froid, brasés et assemblés très solidement avec des pièces en acier forgé. Tous les frottements sont surbilles.

MM. Peugeot apportent un soin tout particulier à tous les détails de cette branche de leur industrie ; leurs vélocipèdes ont un cachet d*élégance et de fini tout à fait remarquable.

Ces divers modèles ont eu dès leur apparition un très grand succès. Malgré la perfection de Toutillage spécial que MM. Pj^ngeot ont créé pour cette fabrication, ils n'ont pu cette année, parvenir à suffire à toutes les demandes.

Usine de Terrc-Blanehe.

L'usine de Terre-Blanche, créée, comme nous l'avons dit, en 1833, est située à quelques kilomètres de Valentigney, sur la commune d'Herimoncourl. Cette usine et celles de Valenli-

fney et de Beaulieu sont réunies par une ligne de tramways vapeur à la gare d'Audincourt, station du chemin de fer ie Montbéliard à Délie; la ligne de tramways a été installée avec la participation de MM. Peug^eoc et permet le transport des produits manufacturés des usines à la gare.

De plus un réseau téléphonique et télégraphique réunit les diverses usines entre elles.

Ainsi que nous l'avons dit, on y exécute tout le travail de forge. * •

L'usine de Terre-Blanche est actionnée par une machine Corliss de 250 chevaux effectifs, et, comme secours, par une ancienne machine de 100 chevaux, ainsi que par 2 turbines donnaht ensemble 40 chevaux.

L'éclairage électrique seul employé est obtenu par 1200 lampes. Les dynamos sont actionnes par une machine a vapeur t Parson » de 35 chevaux et par les transmissions des machines à vapeur.

516 LES EILS DE PEUGEOT FRERES

Les forces à vapeur et hydrauliques ne sont pas inférieures Ofg ' à 500 chevaux et à 535 en comprenant celle nécessaire à

réclairage électrique.

Les générateurs, sont des chaudières Belle ville.

Le nombre d'ouvriers qui travaillent à Terre-Blanche s'élève à 900.

On fabriciue dans cette usine des articles très variés, tels que : moulins à café, à poivre, etc, et concasseurs pour graines ; tondeuses pour chevaux et pour hommes; fourches et râteaux ; outils divers pour menuisiers, charpentiers, tourneurs, serruriers, maréchaux, etc.

Tel est Tensemble de ces usines, les plus considérables pour les fabrications de détail qu'il y ait en France.

Insiituiioiui de préwojmwkee

Depuis la fondation de leurs usines, MM. Ven^ot ont voulu améliorer le plus possible le sort de leurs ouvriers. Les institutions de prévoyance ont été de tout temps Tobj et de leur sollicitude. Une Société de Secours mutuels pour les malades, subventionnée par la maison, existe dans chacune des usines de Valentigney, Beaulieu et Terre-Blanche depuis 35 ans.

Les soins médicaux sont donnés gratuitement aux ouvriers et à leur famille et chaque malade reçoit, en outre, une indemnité pendant toute la durée de sa maladie.

Mais Tœuvre la plus importante à laquelle M. Emile Penc^ot a tenu plus spécialement à attacher son nom est celle de la création d'une Caisse de Retraites pour la vieillesse.

Dès 1872, des sommes importantes furent prélevées dans ce but sur les bénéfices de la maisjn et bientôt cette Caisse fut en mesure de servir une pension aux ouvriers les plus âgés.

Aujourd'hui, grâce aux ressources accumulées, chaque membre de la Société arrivant à l'âge de 50 ans et justifiant 80 ans de services dans la maison, jouit d'une pension de retraite de 300 francs par an, tout en conservant son emploi.

Le capital de retraite est fourni exclusivement par la maison, sans aucune contribution des participants.

Les Sociétés de secours et de retraite de Terre -Blanche et de Valentignev-Beaulieu possèdent chacune un fonds de retraites de 350 000 h*ancs.

Le chiffre de la pension de retraite s'élèvera dans la proportion de l'accroissement du fonds spécial affecté aux retraites.

MM. les fils de Peugeot frères n'ont rien négligé afin de mettre les enfants de leurs nombreux ouvriers à môme de recevoir une bonne instruction. Des maisons d'école ont été construites à leurs frais, et de fortes subventions sont accordées annuellement au personnel enseignant qui n'est pas spécialement rétribué par la maison.

MM. Peugeot ont pu ainsi améliorer l'existence de leur personnel, grâce à la création d'une Société coopérative permettant de livrer les denrées de consommation à un prix très modéré ; cette Société fonctionne à Hérimoncourt pour Tasine de Terre-Blanche, et a valentigney pour celles de

Valentignej et de Beaulieu ; les bénéfices réalisés sont répartis au prorata de la consommation entre les participante, eu dehors d'un dividende distribué par action, dividende qui est de 10 O/o environ, intérêts compris.

4 à 5,000 personnes composant les familles d'ouvriers et d'employés sont loffés dans les cités ouvrières, bâties par la maison a proximité de ses usines.

Grâce â cette constante sollicitude pour leurs ouvriers, MM. Penfreot ont pu réunir un personnel dévoué, qui est heureux de participer à la prospérité d'une maison qui, depuis

Srès de soixante-dix ans, est restée fidèle aux traditions 'honneur de ses fondateurs et possède aujourd'hui des établissements modèles dont la réputation est universelle.

Personnel ouvrier

Le nombre des ouvriers qui travaillent dans chacun des établissements est, à Valentigney de 700 ouvriers, à Beaulieu 300, à Terre-Blanche, 900, total, 1,900.

On le voit, c'est un personnel considérable, remarquable par une*grande habileté de main et des spécialisations multiples.

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