‹ Les Mineurs de l'Article 66 du Code Pénal et la Loi du 5 Août 1850Chapitre 10 sur 42 · PAR CE · texte numérisé non relu

PAR CE

ses pour le mélier de serrurier, de charron. etc... \Or, il n'ya qu'un atelier pour toute l’école ! Presque tous les enfants que j'y ai vus avaient l'air intelligent, mais ils sont peu solides, et si le grand air leur fait du bien, le travail de la terre les fatigue trop: ils ne sont pas taillés pour cela.

Aussi bien, l'administration pénitentiaire, avec un esprit d'initiative dont il faut la louer, a su élargir la faculté laissée par le législateur de 1850 (article 3 de la loi), d'étendre le travail des enfants aux principales industries se rattachant à l’agriculture. Après la maréchalerie, le charronnage, on enseigne la charpenterie, la maçonnerie, la bonlangerie, la cordonnerie, d’autres métiers encore qui s’éloignent un peu de l’idée première.

Il ya même des colonies purement industrielles, évidemment non prévues par la loi : celle de Bologne (Haute-Marne) qui donne d'excellents résultats. Située dans le voisinage de Langres, le pays de la coutellerie, la colonie reçoit beaucoup de petits Parisiens qui sont initiés à la fabrication des instruments tranchants. Citons aussi la colonie d’Aniane, dans l'Hérault avec ses fabriques de papier : malheureusement elle est située en plein centre agricole et l’idée excellente qui a présidé à son établissement n’est guère en harmonie avec l’origine effective de ses pensionnaires : Belle-[le, où à côté des ateliers de cordonnerie, de charronnage et de corderie, une section maritime créée en 1832 prépare à la marine 120 pupilles environs reçus de 12 à 13 ans : école de timonerie et de matelotage, navire fixe de 250 tonneaux, rien n’a été épargné pour donner à ces enfants une éducation maritime suffisamment sérieuse.

I y aurait évidemment encore des progrès à faire dans cette voie : dans certains départements, des industries spéciales se développent plutôt que d’autres : dansles Vosges c'est la toile, le papier; dans la Haute-Saône et le Doubs, la métallurgie : d'autres régions sont houillières par excellence : le Nord, l'Hérault... Ne conviendrait-il pas qu'autour de ces centres industriels on formât dans les colonies de petits apprentis qui, à leur libération, trouveraient à se placer aussitôt et ne seraient pas exposés à vagabonder de nouveau, faute de travail ?

Ces colonies ressembleraient un peu aux écoles d’'apprentissage que réclamait M. Garin, membre de la commission d'organisation de l’école professionnelle de Brignais (Rhône) dans son rapport de 1890. Toutefois la discipline et la surveillance y seraient plus sérieuses : il y aurait instruction technique, mais aussi réforme.

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