‹ Les Mineurs de l'Article 66 du Code Pénal et la Loi du 5 Août 1850Chapitre 9 sur 42 · CO · texte numérisé non relu

CO

« moral chez les jeunes détenus ». Les auteurs de la loi de 1850 ont cru que la terre exercerait sur l’enfant une séduction bienfaisante. Les faits ont prouvé qu'il se sont trompés : « À une époque où les campagnards, les fils « des paysans, les fils de la terre, sont attirés par un goût « immodéré et socialement dangereux, vers les grandes « villes, comment peut-on espérer que les enfants sortis « des grandes agglomérations donneront aux paysans cet « exemple de sagesse de se fixer. eux, à la campagne, « alors que leurs souvenirs, leurs rêves, l’idée même de « la libération, s'unissent dans leurs esprits pour les « ramener à la ville, à la ville où les attendent leurs fa- « milles, leurs anciens camarades, les quelques person- « nes qui peuvent encore, malgré leur pitoyable passé, « s'intéresser à eux ». (L. Puibaraud. Les maisons d’education préventive et correctionnelle, 1894.) Notons, en outre, que, dans la plupart des colonies, d’après les dernières stastistiques, les quatre cinquièmes de la population sontcomposés d'enfants d’origine urbaine (1), ce qui diminue encore les chances d'acclimatement, si j'ose m'exprimer ainsi.

Le directeur de l'Ecole de Montesson, dont j'ai déjà dit un mot, Mmavoua que ses pensionnaires, presque tous arrachés au pavé de Paris, ne montraient aucun goût pour le jardinage, l’horliculture où le marais auxquels ils doivent donner leurs soins, mais que par contre, la plupart d’entre eux manifestaient des dispositions curieu-

1, On comple exactement 1.021 garçons sur un total de &,800 et 117 filles sur un total de 1078, chiffres officiels rapportés par M. Puibaraud (Les maisons d'éducation préventive et correctionnelle).

Page 1