Voici le texte de cette ordonnance
« Les pauvres de chaque ville, bourg et village, seront nourris « et entretenus par ceux de la ville, bourg et village dont ils seront « natifs et habitants. Il leur est défendu de vaquer, ni demander « l'aumône qu’au lieu duquel ils sont »,
Ce raisonnement pourrait à mon avis être parfaitement juste, si l’on avait Loujours affaire au tout jeune vagabond, à l’enfant — classé par nous dans la catégorie des vagabonds par tempérament — qui vient de quitter le domieile paternel pour partir à l’aventure, si l’on arrêtait le petit mendiant la première fois qu'il tend la main.
Malheureusement il n’en est point ainsi : on arrête rarament, ou plutôt on maintient rarement l'arrestation du petit vagabond ou du petit mendiant de moins de dix ans: cela répugne au commissaire de police lequel renvoie, après une admonestation indulgente, l’enfant qui souvent ne lui est pas inconnu, car chaque mendiant a son quartier favori. Une fois en liberté le petit reprendra son occupatibn favorite, seulement il sera plus circonspect et fuira plus vite devant les agents.
D’après les observations des criminalistes les plus compétents, à cet âge de dix ans l'enfant pourrait peut-être être reformé : Pourquoi attendre, pour envoyer ce vagabond à la maison de correction, qu'il ait quelques années de plus et qu'il soit tout à fait corrompu? Ce n’est qu’après dix ans que l'enfant qui mendie commence à être assimilé au délinquant. Le danger apparaît alors : n’existait-il pas auparavant ?
Il n’est guère possible, si l’on considère ces enfants de 13 ou 14 ans arrêtés sous l’inculpation de vagabondage ou de mendicité, de les trouver différents — si ce n’est au point de vue Juridique — des voleurs et escrocs du même âge: De nombreuses attestations venant de personnes fort autorisées en cette matière, et l’avis de