DUR
nous avons du reste dit un mot déjà, c’est la ferme-école de Redhill, fondée en 1849 par la société philanthropique qui en est restée propriétaire. C’est aussi une des plus nombreuses el des plus intéressantes (1).
La ferme comprend 280 acres (112 hectares) de terre cultivés par 300 garçons vivant dans 5 maisons séparées, 60 dans chacune. La chapelle, l'infirmerie, les ateliers forment des bâtiments à part. Chaque pavillon est dirigé par un maître (master) el une gouvernante (matron). Le directeur de la ferme, qui est un pasteur protestant, est aussi l’aumônier de toute la colonie: on veut faire avant tout de l’école une « famille » plutôt qu'une simple maison d'éducation «(an endeavour is made {o render the school a home rather than a mere institution) (Annual Report, 1897, farm-school Redhill).
Voilà donc la double base du système correctionnel anglais : d’une part, l'influence de la femme éducatrice, et d'autre part, la nécessité de l'instruction religieuse.
Les enfants passent moitié de leur temps à l’étude, moitié-au travail manuel: ils sont d’abord occupés dans les champs, mais ils n’y restent pas, et les métiers enseignés sont des plus variés : charpentier, cordonnier, tailleur, forgeron, boulanger, groom, domestique de ferme... l'enfant a le choix : nous sommes bien loin de notre agriculture obligatoire, et même des « industries qui s’y rattachent. »
A leur sortie de l’école, les enfants sont envoyés le
4. Redhill est du reste classé par M. Legge, Inspecteur en chef, (rapport de 1895), comme l'établissement le mieux organisé et devant donner les meilleurs résultats.