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pensionnaires que Redhill et ne disposent pas d’une exploitation aussi vaste : telle est par exemple l’école de Kerrison.
L'école de réforme de Kerrison.
Le « Kerrison reformatory » dans le comté de Suffolk, est une ferme-école comme Redhill, mais beaucoup plus modeste, quoique là plus qu’en aucune autre école de réforme on ait sacrifié à toutes les exigences du confort et du bien-être moderne.
Le nombre des enfants était en 1896 de 83: et là encore, comme dans chaque pavillon de Redhill, on s’efforce de grouper ce petit monde en une seule famille sous la direction et l’autorité morale d’un aumônier; là encore, à côté du « superintendant » 1l y a la «matron » qui est sa propre femme, et même une « assistant matron ». D’après un tableau que J'ai sous les yeux (Annual Report, 1897, Kerrison reformatory) le quart des élèves admis en 1896 sont âgés de 12 ans et au-dessous: c'est dire que ces dames ont fort à faire auprès de ces petits enfants qui ont besoin de soins tout maternels.
Les terres appartenant à l’école ont une superficie de 80 acres (32 hect.) dont 50 sont en labour ; 50 enfants sont occupés à la ferme, les autres sont cordonniers, tailleurs, employés à la cuisine, à la buanderie... Cette organisation me rappelle celle de nos colonies pénitenliaires, en miniature, il est vrai.
Encore faut-il remarquer que, si le plus grand nombre des pensionnaires de Kerrison sont occupés aux travaux des champs, c’est que « Kerrison reformatory » reçoit surtout des enfants des campagnes.
Pour finir, disons que dans son rapport de 1897, M. Legge, inspecteur général, constate qu’à Kerrison la population est plus paisible qu'ailleurs, ce qui, après ce que nous venons de dire, ne fait point précisément l’éloge de la sagesse des enfants des faubourgs !
B. L'école industrielle.
Le renvoi à l’école industrielle est toujours prononcé par le juge de paix jugeant sommairement, et les cas de renvoi ont été énumérés par |” « act » de 1866, modifié par | «amendement act » de 1880 :
Sect. 14. « Tout enfant paraissant âgé de moins de «€ 14 ans et rentrant dans l’un des cas suivants :
Trouvé mendiant ou recevant l’aumône, soit directement, soit sous prétexte de vendre ouoffrir quelque chose, ou même se trouvant dans une rue ou sur une place publique dans le but de mendier ou recevoir l’aumône ;
Trouvé errant sans avoir de domicile fixe, ni logement, ni protecteur, ni moyen de subsistance ;
Trouvé abandonné, qu’il soit orphelin, ou que le parent survivant subisse une peine de servitude pénaleou d'emprisonnement ;
Fréquentant la société des voleurs avérés ;
Logeant, vivant ou résidant avec des prostituées, ou dans une maison habitée par des prostituées, ou dans laquelle se pratique la prostitution.
Sect. 15. « Tout enfant paraissant âgé de moins de 12 ans, accusé devant deux juges de paix d’un délit punissable d'emprisonnement ou d’une peine moindre, pour-
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vu qu'il n'ait jamais été condamné antérieurement, pour crime en Angleterre ou simplement pour vol en Ecosse.
Sect. 16. « Tout enfant paraissant âgé de moins de 14 ans, si ses parents, beaux-parents, ou tuteurs demandent au juge son renvoi dans une école industrielle, par suite de l'impossibilité où ils se trouvent de le diriger.
Sect. 17. Quand les « gardiens des pauvres d’une paroisse », (union d'assistance), ou le bureau d’administration d’une école de pauvres, ou le conseil de fabrique, représentent à 2 Juges de paix qu'un enfant, semblant âgé de moins de 14 ans, élevé dans un « Workhouse » ou une école de pauvres, où une maison de pauvres paroissiale, est indisciplinable ou bien qu'il est issu de parents dont l’un ou l’autre a été condamné pour crime ou délit punissable de servitude pénale où emprisonnement. »
Ces écoles sont réservées en somme à des enfants n'ayant pas commis de délit au sens propre du mot, à part le cas d’enfants de moins de douze ans, que la loi traite avec plus d’indulgence à cause de leur âge.
Les pensionnaires des « industrial schools » sont des petits vagabonds, des petits mendiants, orphelins ou enfants abandonnés... plus Jeunes que ceux des écoles de réforme et simplement désignés sous le nom de « children », alors que les autres sont appelés « offenders. » On y trouve aussi des enfants dont les parents sont en prison, innovation heureuse que la législation française pourrait bien emprunter à la loi de 1866 ; des enfants fréquentant des « voleurs avérés », ceux-là en petit nombre, je pense, car les repris de justice dont ils font
Langlois
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leur compagnie ont vite fait de les transformer en disciples adroits auxquels la maison de réforme ouvrira ses portes.
La loi Forster (1870) sur l'instruction primaire obligatoire, complétée par une loi de 1876, envoie à l’école industrielle une autre catégorie de mineurs : les réfraclaires à l’école: le juge peut, après un avertissement resté sans effet.envoyer l’enfant amateur d'école buissonuière à | «industrial school » pour une durée maxima de 2 mois. Les Anglais ont reconnu comme nous que le vagabondage est la cause principale de la criminalité de l’enfant, et ils ont essayé de le prendre à ses débuts : mais le petit vagabond sera-t-il guéri par un séjour si court à l’école industrielle ? +
ixiste-t-il aujourd'hui de sérieuses différences entre l’école industrielle et le « reformatory », quant au fonctionnement, à la discipline, à l'éducation donnée aux pupilles ? M.Rivière semble nous dire qu'il n’y en a point: « Les écoles de réforme, selon lui, ont fait depuis 30 ans « des progrès continus sous le rapport des maîtres, des « bâtiments,dessoins physiques et de l'éducation morale. « On peut donc le dire, aujourd’hui que l’emprisonne- «€ ment n’est plus obligatoire, la principale différence est « celle de l’âge : 1l est naturel que les fautes d’un garçon « de 15 ans soient généralement plus graves que celles « d’un enfant de T à 12 ans ». (L'éducation correctionnelle en Angleterre).
Mais ce mélange dans l'école industrielle, d'enfants de moins de 10 ans avec leurs aînés de 10 à 16 ans est cer-
tainement fâcheux,
Nous ne reviendrons pas sur la nécessité d’une sélection. La création d'écoles spéciales pour les plus Jeunes serait utile, croyons-nous, ou du moins l’organisation de quartiers spéciaux, isolés, dans les établissements existant déjà, et placés naturellement sous une direction féminine, car il s’agit de tout petits (1).
C. Les navires-écoles. Les écoles externes. Les écoles de vagabonds.
Les navires-écoles.
À côté des écoles de réforme proprement dites, des fermes-écoles, dont nous avons indiqué deux types,etdes écoles industrielles, 1l y a en Angleterre, pays de marins, 11 navires-écoles, dont trois écoles de réforme et huit écoles industrielles, ces dernières préparant seules à la marine royale. Mais de nombreuses critiques ont été formulées à leur sujet ; on leur reproche d’abord et principalement leur effectif trop considérable (2), qui empêche la surveillance et rend l’œuvre de réforme plus difficile : d'autre part, l'instruction toute spéciale qu’on y donne ne convient pas à tous les pensionnaires; tous n’ont pas la vocation, près de moitié ne veulent pas contracter d'engagement pour la mer, et reviennent à terre où, sans métier leur assurant le moyen de gagner leur vie, ils tom-
1. On à proposé aussi la création d'écoles industrielles pour adultes de 16 à 18 ans. 2. Au navire-école Cornwall on compte 250 enfants !
bent vite dans la misère. « Le remède consisterait à éta- « blir un système d'échanges entre les établissements or- « dinaires et les vaisseaux-écoles, de manière à assurer « aux élèves un développement plus complet de leurs « vocations ». (Rivière : L'éducation correctionnelle en Angleterre).
La difficulté, c’est que chaque établissement forme comme un petit état homogène et indépendant : l’entente serait impossible dans ces conditions.
Les écoles industrielles externes.
Créées par | € act » de 1876 sur l'éducation primaire, les « day industrial schools » reçoivent les enfants dont les parents travaillent au dehors et qui vagabondent dans les rues pendant tout le temps de leur absence; elles recueillent aussi « l’enfant de plus de 5 aus et en- « core soumis à la loi limitant les heures de travail, à « qui ses parents négligent d'assurer une instruction « élémentaire suffisante ». (Elementary Education act. 1876, sect. 12).
La procédure est très simple : plainte de l'autorité scolaire locale devant le juge de juridiction sommaire qui ordonne, s’il le trouve à propos, que l'enfant devra fréquenter la « day school ». Au cas où l'enfant nese rend pas régulièrement à cette école, une amende est infligée aux parents, mais si les parents justifient d’avoir fait leur possible pour y envoyer leur enfant, celui-ci est confié à l’école industrielle interne.
Comme leur nom l'indique, les écoles industrielles ex-
ternes ne recueillent les mineurs que pendant la journée : ils y restent de 8 heures du matin à 6 heures du soir, assistent à desclasses et à des exercices religieux, y prennent le repas du matin et celui de midi et y reçoivent les soins de propreté nécessaires.
Ces institutions donnent, paraît-il, de très bons résultats; on en compte 20 en Angleterre et 3 en Ecosse (où elles sont appelées « day feeding schools » écoles nourricières externes) ; au 31 décembre 1895 elles contenaient plus de 3.000 enfants. Mais l’œuvre est fort coùteuse : la rétribution de 2 sch. qu’on exige des parents par semaine est d’un recouvrement si difficile ! Néanmoins « l’idée est précieuse, car on peut atteindre l’enfant dès « le moment où il sort et avant même l’âge de sept ans, « fixé par la loi anglaise comme limite inférieure de l’im- « putabilité. On tarit donc ainsi le vagabondage dès le « premier début de l'habitude ». (Louis Rivière : L’éducation correctionnelle en Angleterre).
Les écoles de vagabonds.
Les écoles de vagabondsou « truant schools » datent de 1878.
Il n’y a également, d’après M. W. Costekesr, secrétaire de « reformatory schools’ bureau », aucune différence entre ces élablissements et les « industrial schools » sauf que les enfants qui ne doivent rester qu'une courte période « à l’école sont séparés de ceux qui doivent y « demeurer pendant un long terme. La différence n’est « que pour la commodité départementale », (Réponse
à la 3° question IVe section, Congrès de 1895. Bulletin de la commission pénitentiaire internationale, mai 1895).
L'enfant est envoyé à la « truant school » pour avoir fait l'école buissonnière : après un séjour d’un mois 1l peut obtenir l'autorisation de retourner à l’école primaire. S'il manque dans un délai de 3 mois aux conditions d’assiduité qui lui sont imposées dans sa « licence », il est renvoyé à la « truant school ».
Le régime de ces établissements est particulièrement sévère : les pensionnaires sont astreints au silence et il n’y a presque point de récréations : on recherche avant tout l’exemplarité.
Malgré cette sévérité, ou peut-être à cause de cette sévérilé trop grande, les résultats ne sont pas brillants ; on déplore près de 40 0/0 de récidives, d’enfants réintégrés plusieurs fois à l’école.
On compte 14 « truant schools » en Angleterre et elles renferment environ 2.000 garçons, car il n’y en a point pour les filles.
Ajoutons que le niveau de l'instruction y est très inférieur à celui des écoles industrielles : cela tient peutêtre au trop court séjour qu'y font lama]orité desenfants ; les allées et venues constantes nuisent à la bonne tenue des classes.
Aussi nous faut-il avouer que, malgré l’idée fort louable qui a présidé à la création de ces écoles de discipline pour les réfractaires à l’école, la réforme n’est pas suffisante et le système choisi n’est pas le meilleur.