‹ Les ministères ecclésiastiques du Saint-siége dans la douzième année duChapitre 32 sur 49 · CHANCELLERIE APOSTOLIQUE · texte numérisé non relu

CHANCELLERIE APOSTOLIQUE

Lés auteurs iié sont pas d^accord 3ur Tétymologiedu mot Chancellerie; les uns le font venir de Cancet, espèce de treillis dans lequel le Chancelier se tenait pour écrire les réponses du Souve^ rain, les sentences des juges, etc.; d'autres, de la nature même de son office, qui est, comme disent les anciennes gloses : Scripia responsaque imperaioris atquc mandata inspicere et mdlê scripta Canceliare, etc. Je ne m'arrêterai point à examiner ces sentiments divers.

La Chancellerie Apostolique est un tribunal qut siège dans le palais de ce noni , situé à côté de la Basilique de S. LQrenzo-in'Damwo , Son prési-

^ent, ou préfet, est le Viee-Cbancelier de PEglise Romaine qui, depuis Clément VII , a toujours la dite Basilique à titre de commende , quand il est évéque suburbicaire , ou pour titre cardinalice dans les autres cas. Saint Jérôme est le premier qui Tait eu en titre.

On ne sait pas précisément à quelle époque remonte rinsUtution des Chanceliers du Souverain Pontife, et les auteurs ne s'accordent pas sur leur origine. On croit généralement qu'ils les établirent sous Constantin, à l'imitation des empereurs et des rois, qui avaient tous, leurs Cbanceliers. C'est ce que nous lisons dans Cassiodore , lib. ii , Ep. vr. Quoi qu'il en soit de cette opinion, qui parait être fondée, si les églises cathédrales avaient leurs Chanceliers dès les premiers siècles du Christianisme, ainsi que le pense Wan-Espen^ Jus. Eccl. Univ. j part. Ill^ tU. 3, cap 1 , comment l'Eglise Romaine, mère et maîtresse de toutes les autres, n'auraitrcUe pas eu les siens? On peut^ du reste, se convaincre combien ils sont anciens , en parcourant la liste que nous en a donnée CohélUo. Not. Card. cap. 8.

D*abord les dénominations de chancdier , de êecrétaire et de b&liothécaire du Pape, désignaient une même personne : nous avons parmi les privi* léges de Hambourg un diplôme de Léon IV, que 410US fciit connaître Lindembroch , donné per ma-

num Stefani CanceUarii S, R. E. : nous avons un autre diplôme de Nicolas F^ cité par le même auteur, écrit per manum Leonis Noiarii Regionarit, et Scrhùarii^ et donné p^ manus Ttberii Primicerii Sanctœ Sedis Apostolicœ , et la Bulle de canonisation de saint Uldaric, évéque d'Âusbourg, sous Jean XVI , donnée per manum Joannis Episcopi S. Nepeshfm Ecdesiœ, et Bibliothecaru Sanctœ Se^ dis ApostoUcœ. On se servait, même quelquefois d'un autre nom pour désigner cet Office » comme le prouvent les citations que nous venons de faire etcelles que nous ferons plus bas. Ses attributions étaient d'expédier, dans les différentes parties du monde catholique , les réponses, )Jes ordres de Sa Sainteté , etc. , par rapport aux doutes sur la Foi , au gouvernement de TEglise, etc., et il était aidé par treize copistes ou protonotaires qui fai*saient les copies et prenaient soin des minutes.

Dans la suite des temps , le Chancelier devint tout à fait distinct du Bibliothécaire et du Secrétaire. Bemino , dans son Tribunak délia Rota, p. 281, dit que le Chancelier cessa d'être bibliothécaire , quand Clément V transféra sa résidence à Avignon , où il fonda une nouvelle bibliothèque. Le nom de Chancelier fut échangé contre celui de Vice-Chancelier sous Grégoire VllI, qui se réserva lui-même le titre de Chancelier , et encore ici les auteurs ne sont pas d'accord pour donner la raison

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de ce changement. Cependant même avant Grégoire VIII , le Chancelier était appelé non-seulement Bibliothécaire et Secrétaire , mais encore Vice-Chancelier, UgheUi lialia Sacra, col. 55, an. 805, Jrchkhancelier, comme Erman II, archevêque de Cologne sous Léon IX, UgheUi, tom. 1 , Ao/. Sac., col. 4M et 806, Jrchisecrétaire , comme l'était Pierre,évêque de Sainte-Rufine,àqui JeanXK, appelé Jean XX , adressa une bulle, le 31 mars 1027, au sujet de l'abbaye deFruttuaria , Primicier, comme nous l'avons vu sous Nicolas V, en 858, etc.

Il est à remarquer que cette position étninente, la première dignité de la Cour de Rome , après le suprême Pontificat, a été exclusivement occupée depuis 1^98 par des cardinaux^ ce qui n'avait pas toujours eu lieu précédemment. (S. Bernard.

Epist, 33.J

On regarde en général saint Jérôme comme le premier Chancelier de l'Eglise Romaine, et quoiqu'il n'en eût pas explicitement le titre, il n'en remplissait pas moins les fonctions. Nous lisons dans l'une des Leçons de son Office, le 30 septembre: Hieronimus Romam ad Damasum Pontificem profectus, ejus Ecclesiasticis Litleris ac Epistolis scn-, bendis a^'utor fuit. Depuis le saint Docteur jusqu'à nos jours , on compte environ cent cinquantequatre Chanceliers ou Vice-Chanceliers, y compris

le cardinal Âmat, actuellement Vice-Chancelier et Evéque suburbicaire de Palestrinâ.

Ce tribunal , comme la plupart des Congréga^ lions et Secrétaireries ecclésiastiques , a reçu , à différentes époques , des dcyeloppements et subi des modifii^ations, etc., que je ne suivrai point ici: je dirai seulement que la plupart des règles de la Chancellerie Apostolique sont de Jean XXII , et qu'elles furent réformées, en 1334, par Benoit XIL Plusieurs autres Papes, et en particulier Nicolas V^ s'occupèrent de la Chancellerie , et Innocent XI , qui réforma les tribunaux de la Curie , réforma aussi celui dont nous faisons Fhistoire.

Les règles de la Chancellerie Apostolique sont maintenant au nombre de soixante-douze , et re-» gardent toutes les matières bénéficiales. Leur meilleur commentateur est Rigante : Commentaria Rc" gmlœ CanceUariœ Jpostolicœ. Chaque Pape , lors de son exaltation au tràne pontiiical, les nu)difie ou change à son gré , excepté pour les pays où elles ont été Tobjet d'un concordat particulier. Dans ce cas, le nouveau Pontife devrait s'entendre avec le gouvernement, s'il désirait y faire quelque chan-' gement.

Le Vice-Chancelier est nommé en Consistoire, comme le Camerlingue de la sainte Eglise Ro^ maine, après que le Saint<*Père a interpellé les cardinaux par la formule : Quid vobis videtur ?

Deux bulles lui confèrent ses pouvoirs et ses pré-* rogatives ; par l'une il est fait Fiée- Chancelier , et par Tautre Sommiste. Comme Yice-Cbancelier, il doit surveiller les choses les plus délicates des I Consistoires , recevoir les serments des nouveaux

! dignitaires , évêques , abbés , prieurs , etc. , qui y

I ont été nommés, des auditeurs de Rotes, des abré-

viateurs du Parc-Majeur, du Régent <le la Chancellerie, des avocats consistoriaux , etc., garderie sceau du Pape et présider à l'expédition des bulles 5U& jdumbo et per viam sccretam. Cette dernière manière d'expédier les bulles a lieu, quand le Pape ne veut pas que la concession soit connue; mais ordinairement elles s'expédient jpcr viam euriœ eiper viam Cancellariœ , avec la date ab anno Incamationis^ 26 mars.

Comme Sommiste, le Vice-Chancelier préside à l'expédition des bulles per Cameram. Dans ces bulles se trouvent des clauses qui ne sont pas conformes aux Règles de la Chancellerie, d'où le cardinal Vice-Chancelier doit faire un sommaire ou compendium d'après un mandat spécial de la Chambre Apostolique. De là, la dénomination de Sommiste et l'expédition per Cameram qui n'est plus ou presque plus en usage.

En résumé, le cardinal Vice-Chancelier est, pour le plus, réviseur en dernière analyse de certaines pièces auxquelles il donne un caractère

d'aulhenticité par sa signature, et par Tappositiort du sceau du Pape qu'il a en dépôt, etc. Il juge les points de litige qui peuvent s'élever par rapport à ces documents et a juridiction sur ses propres employés. Il juge de plus , cumulativement avec le cardinal pro-Pataire, les expéditionnaires et autres personnes qui commettent quelques manquements dans l'expédition des bulles pontificales, et quicxjtnque , pour les affaires de grâces et de justice , se rend coupable dans les matières de son ressort, de celui de la Chambre Apostolique et dans d'autres points dont parlent Bavio et Ciampini.

Le tribunal de la Chancellerie Apostolique a été réorganisé par Pie VU : Son président est toujours le cardinal Vice-Chancelier eiSommisle dont nous avons indiqué 1 origine , la dignité et les attributions. Pie VII réduisit les nombreux oflicicrs ou employés de ce tribunal aux suivants qui se divisent en deux classes. Ceux de la première qui veillent à ce que les bulles soient faites suivant le style de la Chancellerie et expédiées avec les formules d'usage sont :

V Le Régent. C'est le premier ministre ou lieutenant du Vice-Chancelier. Bovio , Ciampini , de Luca, etc., décrivent au long ses attributions. Je n'indiquerai ici que les principales : il distribue les suppliques aux Abréviateurs du Parc -Majeur , chargés d'en faire les minutes , etc. , ap-

pose sur les bulles la première lettre du nom du Vice-Chancdier, et les deux lettres L. C. qui veulent dire : lues , corrigées y et les consigne au Sigillateur. 11 peut en outre remettre les causes d^appel au jugement des prélats respectifs de la Cour, avec la clause de Mandaio D* M. />. PP^ audiaî Magister if., et reçoit en dépôt les serments écrits des évéques et autres dignitaires ecclésiastiques;

2** le pro-Sommiste <m saus-Sommiste^

3^ Le Substitut du Sommistat ;

4^ Le Plombeur ;

ô"* Le Aotaère-Secrétaire;

6** Le Collège des Jbrédateurs du Pàrc^Majeur, La dénomination d^Jbréoiateurs vient de la nature de leur emploi qui consiste à écrire les Lettres apostoliques en abrégeant , celle de parc du lieu où ils siègent au moment où ils exercent leur ju* ridiction. On diiparc^majeur, pour le distinguer du parc-minewr. Chaque Lettre apostolique doit être signée par Tun des douze Abréviateurs du Parc- Majeur , qui ont six substituts. Ces substituts remplacent présentement les prélats abréviateurs pour la révision de la minnte des bulles , et y apposent leur signature avant qu*elles soient écrites sur parchemin , en caractères gothiques , ainsi qu'il est /encore d'usage aujourd'hui ;

7^ Le Gardien des archives de la Chancellerie ;

8® UEnregislrateur dts Mleu ;

-ilô —

9^ Les Protocolùtes (Maesiri iel Registro) ;

10° Le Substitut des eontradetUs fContradeiia)^

Les oflSiciers de la seconde classe s*occupent de constater si les taxes sont en harmonie avec la nature de la grâce accordée , et de conserver en dépàt les fonds qui en proviennent

Les bureaux du Tribunal de la Chancellerie sont dans le palais de la Chancellerie.

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