CHAPITRE II
Le retour définitif des sous-secrétaires d’État
Le ministre du travail du cabinet Poincaré d'Union nationale, ayant donné sa démission (1), est remplacé par un député (2). Et voici qu’à ce dernier est adjoint un sous-secrétaire d'Etat, également député (3). Si à la Chambre (1), le rapporteur souligne l’opportunité du nouveau poste, en raison des problèmes (logement, assurances sociales) que doit résoudre ce département, au Sénat, le rapporteur, en en convenant, observe une nouvelle foisia violation de la joi de 1920; et la commission la rappelle : « pour la bonne règle », puisqu’au moment où la création a été décidée, les Chambres ne peuvent fonctionner.
Le 2 septembre, le ministre du commerce et des transports aériens trouve la mort dans un accident d'aviation. L’émoi public est tel, que, celui-ci étant remplacé le 14 au commerce, les services de l’aéronautique, et notamment ceux relevant antérieurement du commerce, sont groupés en un nouveau département : le « ministère de l’air ». Passent également sous son autorité la direction générale et les divers services aéronautiques ressortissant précédemment aux départements de la guerre, de la marine et des colonies. Les attributions du nouveau poste, érigé pourla premièrefois en ministèrece qui porte le nombre de ceux-ci à quatorze, sont fixées, après pourparlers n’ayant abouti que moyennant une délibération en Conseil des ministres du 26 septembre, par un décret du 2 octobre. |
L'œuvre de sauvetage financier du gouvernement paraissant achevée, la formule d'Union nationale périmée, les luttes des partis ne tardent
pas à reprendre.
A la suite d’un vote du congrès radical d'Angers la répudiant, les quatre ministres radicaux (5) adressent à leur chef le 6 novembre leur démission, aussitôt suivie de celle de tout le cabinet (6).
(1) Battu aux élections législatives du 22 avril 1928.
(2) M. Loucheur, D. 1‘ juin 1928.
(3) Le 4 juin. — M. Oberkirch, député.
(4) Projet déposé à la Chambre le 28 juin. Rapporteur à la Chambre, n° 334, S. O. 1928, p. 1277. Rapporteur au Sénat, n° 622, S. O. 1928, p. 618. Loi du 12 juillet 1928.
(5) MM. A. Sarraut et L. Perrier, sénateurs; Herriot et Queuille, députés.
(6) « Le président du Conseil avait toujours déclaré que, chef d’un ministère d’union, il se retirerait si l’un des éléments de cette union venait à lui manquer. » (***, Journal du 7 novembre 1928, p. 1).