‹ Les Ministères en FranceChapitre 5 sur 34 · RO PRES · texte numérisé non relu

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2 Conception exagérée de AR A AMRACT du commandement » (16).

Devant cette tentative de « syndicalisme militaire », la réaction du Parlement ne peut manquer de se produire.

Le 18 février 1916, M. Abel Ferry dépose sur le bureau de la Chambre le rapport sur sa proposition de résolution « invitant le gouvernement à exercer son droit de contrôle sur l’ensemble des forces nationales mobilisées, c’est-à-dire sur la zone des armées aussi bien que sur la zone de l’intérieur ». Il verse au débat les difficultés du ministre de la guerre pour obtenir l’envoi d'ouvriers dans les usines de munitions, une lettre du sous-secrétaire d'Etat à l’intendance du 20 janvier 1916 indiquant que le G.Q.G. lui a refusé l’autorisation d’une étude sur place, et enfin la démission du sous-secrétaire d'Etat ‘à l'aviation, officiellement motivée par les résistances rencontrées de : la part de ses subordonnés militaires. La motion est repoussée, après que le président du Conseil a précisé que « le gouvernement a la direction politique de la guerre et le contrôle des opérations militaires » (17). Quelques jours plus tard, le 7 mars, le ministre de la guerre lit en Conseil une note secrète, où il signale les empiètements du G.Q.G. et pose en principe que la conduite politique de la guerre, la coordination des efforts financier, diplomatique, économique et militaire doivent être délibérés dans les conseils du gouvernement. En désaccord avec ses collègues, et malade, il démissionne quelques jours plus tard.

Dans les deux comités secrets de 1916, la tendance grandit pour modifier cette situation. Le premier se clôt, le 22 juin, par un ordre du jour où la Chambre, « tout en s’abstenant strictement d'intervenir dans la direction des opérations militaires », demande l'institution d’une délégation directe aux armées; à la suite du second, le 7 décembre, elle réclame la simplification de l’organisme militaire, la suppression de la dualité d’attributions de la guerre et du G.Q.G. et approuve la résolution du gouvernement de concentrer sous une direction restreinte la conduite générale de la guerre.

Le président du Conseil estime alors que le cabinet doit être modifié dans ce double but d’une action ministérielle plus efficace et d’une réorganisation du commandement. Il reste au pouvoir sur les instances du président de la République.

Le 12 décembre, la nouvelle combinaison est sur pied, se caractérisant par une redistribution des départements et la création d’un nouveau ministère. Les douze postes d’avant-guerre sont réduits à neuf

(16) Revue du Droit public, 1916, p. 582, Le droit public en temps de guerre, par J. BARTHÉLEMY.

(Su) 160/edu 19, Ch. dép. déb. parl., p. 320. — « J’insiste auprès de Briand pour qu’il se montre très ferme et repousse énergiquement l’immixtion de la la Chambre dans les opérations militaires. » Poincaré, op. cit., t. VIII, p. 67.

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