LE NOTAIRE A CONFESSE
Dans tous les lieux, dans tous les temps,
Le curé, par crainte du vice.
Doit exig-er pour son service
Domestique au moins soixante ans.
Des lois du Concile de Trente
Sur ce point rejetant Tesprit
Mais non la lettre, un curé prit
Deux sœurs qui n'en avaient que trente.
Et, sans souci des mécontents,
Ce prêtre se disait, cynique :
« Selon la règle canonique,
Je suis servi par soixante ans. »
Il faut bien que Ton y consente,
Car une simple addition
Nous démontre, en perfection,
Que trente et trente font soixante ;
Et, récemment, d'ailleurs, j'appris
Que ce rare ecclésiasti«{ue
Avait eu de casuistique,
Au séminaire, tous les prix!
Quant à présent, je me figure
Qu'avec ses deux porte-jupons,
11 devait chanter des répons
Peu catholiques dans sa cure.
Le certain, c'est que de vermeil
Qu'il était naguère, ce mâle.
En quelques mois, devint tout pâle,
Pour avoir fait fi du sommeil.
Mais, comme toujours la nature
Sur la béte reprend ses droits.
Le curé, dans tous les endroits.
S'assoupissait à l'aventure.
Son état physique était tel,
Après ses nocturnes kermesses,
Qu'il safîalait, au cours des messes.
Le nez sur le bord de l'autel,
Et que — fait de plus dimportance
Et réellement peu banal —
Il s'endormait au tribunal
Auguste de la pénitence !
C'est ainsi {la relation
Vous en paraîtra vraisemblable)
Quil viola l'inviolable
Secret de la confession.
Un jour, le notaire et sa femme, Tous deux par la grâce touchés,