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I^ VEUVE INCONSOLABLE

Et redevient en plein romance ; Tant et tant qu'avant le matin, Plus ardent et plus libertin, Le jeu de lamour recommence...

Et, pâmé, suant, exalté,

Chacun à la fidélité

Reconstruit un nouveau pylône;

Mais de ces serments échangés

Entre les époux allongés

Chacun sait bien ce que vaut l'aune.

C'est pourquoi celui qui mourait Dont je vais parler fut discret Qui, la langue déjà fort rèche.

Voulut sa compagne prier De ne se point remarier Tant que sa fosse serait fraîche.

D'elle ayant obtenu cela.

Son dernier souffle il exhala Comme tout homme périssable :

Et, dès lors, plus blanc qu'un navet, Dans sa bière on dit quil avait Un sourire indéfinissable.

Pourtant, provoquant la pitié De tous, sa touchante moitié Montra, prodige invraisemblable.

Dès avant linhumation,

268 LES MINUTEES UBERTINES

La véritable aQliction

De Teuve dite iaconsolable.

Elle était dans on tel état Qu'il fat besoin qa'on la portât.

Pour ainsi dire, au cimetière; Et, lorsque tout fut résolu, A sa douleur elle voulut Qu'on l'abandonnât tout entière.

Or, dedans le funèbre enclos.

Avec un grand bruit de sanglots Qui stupéfia la contrée, La veuve, jusqu'au lendemain.

Toute à son chagrin surhumain.

Sur le tertre resta prostrée.

Mais, voulant lui sauver l'esprit.

Un ami vint, qui découvrit.

En s*approchant avec mystère.

Que la veuve — horrible détail ! - A tout petits coups d'éventail De la fosse sé<:hait la terre !

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