‹ Les minutes libertinesChapitre 115 sur 154 · AUTRE VEUVE INCONSOLABLE · texte numérisé non relu

AUTRE VEUVE INCONSOLABLE

Dans le succulent répertoire.

Riche et copieux à l'excès..

De nos bons vieux conteurs français, Je trouverais mainte autre histoire.

Et, certes, non moins péremptoire, Sur les veuves, c'est bien notoire ; Et je pourrais, non sans succès, Je pense, amuser l'auditoire De toutes celles que je sais Encore au fond de l'écritoire.

Oui, si j'en crois mon souvenir, Des exemples je puis fournir Sur le cas à perdre l'haleine, Et que je n'ai qu'à rajeunir.

Mais on crie : « Allez-vous finir ?

N'en jetez plus! La cour est pleine î Plus de veuves à l'avenir ! ■> Celui qui parle delà sorte,

S'il n'est pas satisfait, quil sorte ; Car, si pleine que soit la cour (Et ce n'est là qu'un bruit qui court). Je ne m'en vais pas rester court Dès lors qu'à poursuivre mexhorte Feu l'exquis abbé de Grécourt.

Ce galant ecclésiastique Ne disait pas beaucoup d'avés, Mais brillait dans la gymnastique Cbère aux poètes dépravés; Et, si Ton groupait les pavés Qu'au nom d'une vertu drastique Lui jetèrent des mal lavés, On lui ferait, vous le savez, Un piédestal très fantastique.

Quelqu'un l'a traité de gredin Dans une imbécile notice, Pour laquelle, en toute justice, Il n'aurait eu que du dédain ; Etje ne crois pas que pâtisse De ces pierres dans son jardin La mémoire de ce badin.

D'ailleurs, vous verrez qu'on loutrage ,A tort aussi bien qu'à travers, Si vous parcourez son ouvrage, Et qu'il n'était point si pervers; Et vous y trouverez dix vers Qui gagneront votre suffrage.

Ces dix vers de dix pieds ont trait Aux grands efforts que fit un carme

AUTRE VEUVE LNCONSOLABLE

Pour chasser l'éternel regret D'une veuve qu'il chapitrait Et qui de pleurs faisait vacarme...

Mais le conte est bien plus concret Dans Grécourt qu'il ne le faudrait.

Et, ma foi ! voici le dit conte Refait par moi pour votre compte.

Mais je suis trop homme de bien Pour garder ce carme! Il fait honte, J'en suis sur, au lecteur chrétien I Et cet aiïreux carme devient, Dans ma version, un vicomte.

Mais non pas, sachez-le, un benêt, Non pas un vicomte qui n'est Et ne sait qu'être ridicule, Et, le moment venu, recule.

Quand quelque femme, un tantinet Le tenant dans son cabinet, D'un aveu d'amour le bouscule...

Mais un vicomte lansquenet Et presque aussi vaillant qu'Hercule I

A la veuve il faisait la cour.

(Le détail n'est pas dans Grécourt.)

Et, comme, avec son caractère

Oa ne peut pas plus mousquetaire,

Il pensait qu'agir et se taire,

En amour, est élémentaire.

Pour ce que l'amour — dit Voltaire

Se passe bien de commentaire, Et que l'amant sot qui discourt Le trouve, à la fin, réfractaire ; Il avait, sans rémission, Mis sa morale en action, Et, pour consoler la matrone (Détail à l'imitation De la première version), 11 avait pris position Comme le soldat dont Pétrone Quelque part a fait mention, Et dont la réputation A frappé d'admiration L'assistance qui m'environne.

Faut-il parler plus clairement?...

C'est que je ne vois pas comment Davantage on le pourrait faire !

Et se peut-il qu'en ce moment, Il faille à votre entendement Un plus précieux enseignement Sur ce point scabreux de Taffaire ?

Non, n'est-ce pas?... Je le préfère..

Du reste, je vous ai quasi Placé tous les points sur les i...

Tant que, devant limage impure, Les dames baissent leur guipure Sur leur front soudain cramoisi... Mais, chose à peine vraisemblable Bien que, dans les bras résolus Du vic(»mte aux baisers goulus,

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