LE SOMMEIL DE GRAXD'MÈRE
V^ous vous rappelez cette estampe
Éditée au temps d'Arouet
Et qui, le soir, près d'un rouet,
Nous montre, le poing eous la tempe,
Une bonne vieille dormant.
Pendant qu'avec le geste mièvre
Dun fin doigt posé sur la lèvre,
La fille introduit son amant.
Le dirai-je? C'est cette image
(Dix-huitième siècle, merci!)
Qui m'inspire ce conte-ci.
Pour que je vous en fasse hommage.
Sache donc celui qui me lit Qu'une fillette vivait seule.
En plein bois, avec son aïeule, Dont elle partageait le lit.
IJ s Mir.UTKS LIBERTINES
Cette fleiii' i!es champs était belle
A ce point qu'on eût dit Psyché,
rt voyait sf.n bien recherché
I^ar tous los gars en ribambelle.
Son bien, c'était, son pauvre bien,
Ce quV-n ville ainsi qu'au village.
Ou a|)p( 11l' le pucelage.
Elle n'avait, à part ça, rien.
C'est peu. Car, en ce temps de lucre.
On voit jusqu'au dernier clampin
Vouloir (lu beurre sur son pain
El même dans son eau du sucre.
Aussi, tous ces vilains garçons
Ne pousaient-ils, fleurs de débauche,
Qu'a ré;)Ouser de la main gauche,
Quelcjue beau jour, sous les buissons.
Malheureusement, la mignonne,
Qu'ils flairaient comme un rare mets,
N'était sortie au grand jamais
De son logis sans sa tayonne ;
De façon qu'aucun damoiseau
De celle rustique contrée.
Bien que très âpre à la curée,
N'avait pu saisir cet oiseau.
Mais, un soir, dans la saison verte»
Un gars qui n'était pas manchot
S'avisa (dam ! il faisait chaud)
Que la fenêtre était ouverte...
Ea vieille ronflait face au mur.
Quant à la jeune mathurine,