CONTE D'OPIUM
Dans le ventre affreux du dragon De papier peint qu'est ma lanterne
Agonise une lueur terne
Et je rêve qu'à Saigon,
Avec une de ces poupées, Fillettes de Yokohama Telles que Loti les aima, Je mange des mangues râpées,
Des ananas et des cocos, Pendant que d'une musiquette Qui sur la terrasse caquette Arrivent les faibles échos.
(*) Sous l'influence d'un chapiire fies Maritimes, (l'Olivier Seylor
Drapé, comme dans une toge Ou quelque absurde domino, Dans le tissu d'un kimono, Parmi les nattes du Cambodge,
Je me roule, à demi pâmé Par l'espoir d'un bonheur précaire.
Sous les plis de la moustiquaire, Aux pieds mièvres d'une mousmé.
Mais, elle, qu'en moi rien ne tente, S'amuse à tirer le panka, En feignant d'ignorer ce qu'a D'un peu douloureux mon attente ;
Puis, se dressant sur les genoux, Pour être à ce jeu plus savante.
Active et rieuse, elle évente Toute la chambre autour de nous.
De la sorte, espiègle et lluette, Et gardant qui sait quel secret Sous son front mince, Ton dirait Une vivante statuette.
En dépit de tout son savoir Sur notre exigence virile, Elle demeure puérile; Et, certes, c'est plaisir de voir