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TURLUTAINE

Çà I voyons un peu : vécus-je onques, Ne fût-ce qu'un jour, au Japon ?

Lorsque je n'étais qu'un poupon, Ai-je navigué sur des jonques ?

Serais-je né dans l'une des Trois mille huit cent cinquante îles Si grouillantes d'êtres futiles Et falots tels des farfadets ?

Gamin, quand le papa vous claque En vous traitant de chenapan, Ai-je, à bord de quelque sampan.

Démoli des joujoux de laque ?

Puis, ayant les goûts des pachas, Ai-je plus tard, étant jeune homme,.

Fait la fêle avec ce qu'on nomme, Dans ces parages, des guéchas ?

134 LES MIMTKs LIBERTINES

Ai-je enfin, de quelque manière.

Résidé, voire un seul instant, Dans ce coin distant, si distant De notre Paris près Asnière?...

Non pas ! Je suis même certain Que pas un. dans mes deux familles.

Françaises du tronc aux ramilles, N'a connu ce pays lointain ;

Et si jai pour lui du civisme.

Et si tout en moi correspond Avec l'àme de ce Japon.

Ce n'est donc point par atavisme.

( hioi qu'il en soit, en vérité, Je voudrais, si loin de nus codes.

Vivre en ces lieux pleins de pagodes Et riches en maisons de thé.

0 grand Bouddha! sous tes auspices, Quelque part, à Nagasaki, Manger en buvant du saki.

De bons fruits confits aux épices !

O bonheur! quitter mon clapier Parisien — fer, brique et plâtre - Pour, là-bas, pi'endre une folâtre Habitation de papier!

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