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LE BUISSON DE PERRIXE

Un soir, en rentrant à la ferme, Perrin, les sens tout retournés, Vit la Perrine sur le nez Et ne bougeant pas plus quun terme.

Dans les franges du vieux jupon Qui sur elle plaquait sa serge, Le chat flairait, la queue en cierge Et l'échiné en voûte de pont.

Ce pendant que, pourtant folâtre A Tordinaire et grand jappeur.

Le chien, comme maigri de peur, S'étriquait tout au fond de lâtre.

Et, certe, à voir ces animaux Dans leur attitude chagrine.

Il semblait bien que la Perrine Eût trouvé la fin de ses maux.

Et Perrin, pensant de la sorte.

Sans plus s'attarder, s'en alla

Dans le village, ici, puis là,

Criant partout : " Ma femme est morte! >>

De voix si triste et sanglotant

Avec une telle maîtrise

Que c'était vraiment grandsurprise

Qu'il pût la regretter autant

Et montrât douleur tant amère,

Puisqu'il avait toujours battu,

Bien qu'elle lût toute vertu,

Sa pauvre défunte commère !

La Sagesse des Nations Sur ce phénomène épilogue :

L'amour, dit cette psychologue, A de ces contradictions.

Et, voulant de sa garantie Appuyer ce raisonnement, Elle décrète gravement :

Qui Caime bien, bien te châtie.

C'est pourquoi, le surlendemain, Perrin, — excellent caractère, — En conduisant sa femme en terre.

Pleurait tout le long du chemin.

Dessus une étroite litière, La Perrine, j'en fais serment.

Couverte d'un drap seulement, S'en allait vers le cimetière.

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