‹ Les Mirabeau (volume 3)Chapitre 13 sur 37 · PRESENTATION DE MIRABEAU A LA COUR · texte numérisé non relu

PRESENTATION DE MIRABEAU A LA COUR

de qualité, sous l'ancien régime, de n'être capitaine qu'à vingt-deux ans. Le marquis, nous l'avons vu, n'avait point voulu acheter à son fils une compagnie de cavalerie, comme on le lui avait proposé quelques mois auparavant. Il désirait d'abord éviter cette dépense, sa fortune étant déjà fort obérée. De plus, il n'y avait point de compagnie vacante dans la légion de Lorraine ; et il ne voulait pas que son fils quittât le corps où, disaitil, « on le lui avait sauvé ». Il avait donc demande pour lui une commission de capitaine à la suite, faveur qui s'obtenait assez couramment et sans bourse délier. La méfiance qu'il éprouvait pour le caractère du jeune homme ayant disparu, il n'en avait mis que plus d'instance dans ses sollicitations (1).

père chaque jour davantage ». Le père et le (:1s sont donc les meilleurs amis du monde, absolument comme s'ils n'avaient jamais eu cl ne devaient jamais avoir maille à partir ensemble. I Nous reproduisons ici la plus grande parlic d'une letlre de sollicitation adressée par le marquis de Mirabeau au duc de Choiseul, minisire de la guerre. Celle letlre, dont nous devons la communication à M. Ralhery, répond à un des reproches que Mirabeau a dirigés ensuite contre son père, celui de n'avoir jamais rien lait pour son avancement au service.

a J'ai voulu connaître mon fils, écrit le marquis, je l'ai vu, connu et suivi, j'ai vu que son esprit s'était redresse et son eœar développé, qu'il avait d'ailleurs acquis toutes les connaissances possibles dans h; canton ou il s'claii Lrouvé, ci que c,:!.!', joint ii beaucoup de zèle et de l'esprit de son métier, pouvait en l'aire un bon officier. De-- lors, je [iris la liberté de vous faire rappeler la parole que vous m'aviez donnée, et l'on ne m'a jam ii- manifesté que fi taucoup d'opposition de \ otre part Je crains surtout d'être impatient, Monsieur le Duc, mais avant de ri n ■''!• au droit de mon flls ;i l'avancement courant dans la

Après quelque retard, te brevet attendri enfin expédié; Mirabeau esl nommé capitaine de dragons, cl il reste, conformément au vœu de son père, attaché à la légion de Lorraine, qui comprenait à la fois, avons-nous dit, infanterie el cavalerie. Le marquis se décide alors à le faire revenir à Paris, bien qu'il ait protesté,, Tort peu de temps avant, qu'aucun de ses fils n'y rentrerait avant vingt-cinq ans. Il déclare maintenant « qu'un jeune homme d'esprit cl de cœur ne peut donner dans les panneaux qui déplument les oiseaux niais du pays » ; cl pour « se laver, suivant son expression, du soupçon de vouloir faire de son aîné un philosophe », il le fait, sans délai, présenter à la cour. C'est avec beaucoup de verve el d'entrain qu'il raconte au bailli les courses du jeune comte à à Versailles :

Ton neveu, écrit-il le 20 mars 1771, est trois jours par semaine à Versailles ; il n'usurpe rien et aveint tout, attrape les entrées partout (4). Tout le monde est son parent, les (iueméné par les Garignan, les Xoaillles le portent; ils le trouvent fou comme un jeune braque.

carrière de ses pères, avant de consentir à son découragement, et peut-être au tort qu'il me fera de penser que, prompl à le punir autrefois, j'ai négligé de l'appuyer depuis ; avant d'encourir moi-même le blâme public d'avoir voulu faire de mon Bis un philosophe, j'ai cru devoir vous le rappeler encore, vous représenter cpie mon lils a vingt-deux ans toul à l'heurt, un nom, quelque talent, du service autant qu'on en peut avoir à Bon âge, qu'il n'a jamais pu être noir que polir dos Irai d'enfance, el qu'enfin la demande d'une commission d<' capitaine n'est, je crois, une demande hors de mesure à aucun égard, » (I) 11 faut placer à ce moment un mot assez plaisant de Madam<

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