AVEC M. DE SAINT-MAURIS ET SA PREMIERE ÉVASION
Le 29 aoûl 177-1, la comtesse arrive au cliàloau duBignon. Le chef de Famille, qu' elle doit chercher à attendrir, a en ce moment auprès de lui le bailli de Mirabeau son frère, le marquis cl la marquise du Saillant, son gendre el sa lillc, tout un entourage qu"il sera plus facile à gagner à la cause de Mirabeau. Au surplus, le marquis ae connaTl pas encore l'événement qui a motivé le voyage de sa belle-fille. C'est nue bonne fortune que de pouvoir prendre les devants pour présenter les faits sous un juin- Favorable à fintéressé. Mais la confiance que la comtesse commence d'abord par exprimer à son mai'i, quand elle lui écrit ;i son arrivée, tombe dès ses premières explications avec son beau-père. Le Euarcpuis accorde bien que l'actioH de son fils
jM-iii passer, à la rigueur, pour i de l'honneur mal entendu •; il semble même faire retomber sa plus vive colère sur M"" de ( iabris.
Il m'a répété plusieurs fois, écrit la comtesse, le 5 septembre, que tu étais celui de ses enfants pour qui il avait le plus de faible ; il ne se plaint de ta tète qu'en faisant l'éloge de ton cœur; enfin, il m'accable, pour mon compte, d'amitiés, et il est sûr qu'on ne traite pas ainsi la femme d'un fils dont on ne veu; rien faire.
Néanmoins, le marquis déclare « qu'il n'y a d'autre parti à prendre que de soustraire son fils à la justice en ce moment » ; et que, pour cela, il lui est indispensable de solliciter lui-même i comme une grâce » l'emprisonnement de ce dernier par lettre de cachet, s'il est possible, avant que le décret de prise de corps soit porté à la connaissance des ministres, et « sans les en instruire, de peur qu'ils ne veuillent s'en mêler ». d'ailleurs, il laisse entrevoir (pie l'emprisonnemenl pourra être de courte durée. La comtesse verse quelques pleurs, mais n'insiste guère. Elle demande faiblemenl à suivre son mari. Le marquis lui répond que i ce ne serait pas décent ». Elle s'en tient là, accepte la proposition que lui t'ait son beau-père de rester auprès de lui, tandis que Mirabeau sera détenu dans une prison d'Etat, et ne s'occupe plus qu'à dorer à sou mari la pilule qu'on lui prépare.
Comment peux-tu me soupçonner, lui écrit -elle le 23 septembre, je ne dis pas de négligence, mais de n'avoir