‹ Les Mirabeau (volume 3)Chapitre 19 sur 37 · L'AMBASSADE DE LA COMTESSE DE MIRABEAU · texte numérisé non relu

L'AMBASSADE DE LA COMTESSE DE MIRABEAU

pas fait l'impossible pour te faire accorder ce que tu désirais. .. Mais, mon bon ami, ce n'était pas au pouvoir de ton père. Les ministres ont été instruits, même avant lui, de la ruplure de ton ban, de la procédure... M. de Joannis avait tout mandé à la cour (M. de Joannis est le procureur général au parlement de Provence, et le fait est parfaitement vrai ; sa lettre du 29 août, fort dure pour Mirabeau, existe encore aux Archives nationales). Les ministres voulaient t'envoyer à Pierre-Encise (près do Lyon) et fixer le temps (de la détention). Ce n'est qu'en demandant lui-même ta punition que ton père a obtenu le château d'If, et a donné à cela un air de punition paternelle qui fait qu'il sera le maître de t'en retirer quand il voudra (1).

La comtesse daube aussi sur Mme de Cabris, qu'elle croit avoir de bonnes raisons pour ne pas aimer, et qui, paraît-il, s'efforce de se disculper aux dépens de son frère. « Tout le monde, dit la comtesse, est ici indigné de sa conduite à ton égard, et je leur dois la justice qu'ils sont tous tes avocats les plus zélés, et qu'ils ne laissent de me fournir des movens de t'être utile dans l'esprit de ton père, et c'est à qui fera le mieux l'éloge de ton cœur. »

Dès le 7 ou le 8 septembre, une lettre de cache! ordonnant l'internement de Mirabeau au château d'If a été expédiée. Le prisonnier, arrêté à Manosque par un exempt de la maréchaussée, arrive, le 20 septembre, dans la sombre forteresse

(1) Papiers Minlo. Toutes les lettrvs de la comtesse dont nous citons «1 «-s fragments proviennent 'I'' celle même sour<'>'.

de la rade de Marseille. Il esl certain que La comtesse ;i en intérêl à présenter à son mari ce! emprisonnement comme une mesure inévitable el indépendante même de la volonté de son beaupère, puisqu'elle ne peul ou ne sait poini L'empêcher. D'autre pari, le marquis a dû garder des ménagements dans Le Langage qu'il lui a tenu, la eroyanl bien plus attachée à son mari qu'elle ne L'est en réalité. Quelles que fussent Les dispositions personnelles des ministres^ ou, plutôt, du ministre qui avait alors dans son département L'administration de la Provence, le marquis n'essaya poini d'excuser son fils auprès de lui. A vrai dire, il aurai! eu quelque peine à y réussir. Mirabeau l'a reconnu lui-même (î). Gomme M. de Marignane, le père était convaincu qu'il l'allai! ■ entre

l'abandon du jeune homme aux poursuites probables de ses créanciers, aux poursuites commencées par M. de Nfouans, ou Le châtiment infl par l'autorité du roi. En « s' appropriant » ce dernier châtiment à titre de « premier juge - de son Ris, ce sont Les propres expressions empl par

lui dans sa Lettre au <\\\c de La Vrillière, il croyait sincèrement en atténuer la portée morale el maté-

(1) « J'élais sort i du lieu de mon exil, écril Mirai eau à père, en 1777. de Vincennes-Vous pouviez difficilement m'excuscr auprès du minisire du momenj que celle irrégularité éclat. Sans cela, qu'eût-elle été? J'élais entouré d'exilés ; mentaires qui couraient, de notoriété publique, les mais tous leurs amis. » [Mémoire de Mirabejta à smi père. Loi de Vinceunes, i. 1 \ p. -

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