‹ Les Mirabeau (volume 3)Chapitre 30 sur 37 · UNE NÉGOCIATION ÉPINEUSE · texte numérisé non relu

UNE NÉGOCIATION ÉPINEUSE

sera trop tard. Mme de Valdahon, cette fille de M. de Monnier mariée contre la volonté de son père, animée du plus âpre ressentiment à l'égard de la jeune belle-mère que le vieux président lui avait donnée pour se venger de sa désobéissance, instigatrice du procès instruit contre la rivale naturelle que le sort avait mise à sa merci, aura repris définitivement dans la maison paternelle la place abandonnée par celle-ci; elle aura conquis tout empire sur la tète affaiblie d'un vieillard accablé, moins encore par l'âge et les infirmités que par ses malheurs domestiques. Les supplications de Sophie n'obtiendront pas de réponse ; le couvent de Gien,

ne me lasserai jamais de vous répéter le regret que j'ai de vous avoir offensé. La disposition ou je suis de vous avouer mes torts vous est garante de ma volonté à les réparer; je suis au désespoir, Monsieur, de vous avoir déplu; dites-moi ce que je puis faire pour réparer le passe'. La religion me fait un devoir de demander un pardon que mon inclination me porte à désirer d'obtenir de vous... Ce n'est point l'ennui de la solitude qui me fait recourir à. vos bontés ; ma famille n'a rien négligé pour me la rendre supportable, mais je, veux tout devoir à vous seul, et c'est ce qui me porte à chercher à émouvoir votre âme en ma faveur. Mes malheurs et mes fautes m'ont assez mûrie pour que j'ose vous assurer que vous trouverez dans mon caractère et ma conduite tout ce que, vous pourrez y désirer, h^i vous avez aime, Monsieur, celle qui est unie à vois par des lions indissolubles, voua ue lui avez pas entièrement fermé votre cœur. Le père de l'enfant prodigue excusa les fautes de sa jeunesse, il le recul avec boni/', même avec tendresse ; pourquoi n'en espérerai-je pas autant de c-lui dont je porie. |r nom... Je ne vous incommoderai pas longtemps, Monsieur; ma sauté esl assez altérée par nés chagrins pour me faire prévoir que la fin de ma carrière n'est pas éloignée ; mais j'en verrai arriver le t< rme avec résignation, si vous me rappelez auprès de vous, et qu'elle se termine à vos yeux, »

où elle ii été recueillie, demeurera son uniq asile; cil»1 continuera à y vivre servie par les femmes perdues qu'on a pu y enfermer avec elle, réduite à leur société, à celle Ses religieuses de la communal il»'1, aux assiduités des religieux, directeurs spirituels de cette communauté, ou d habitants de la ville et des environs que la curiosité lui amène. Elle y re verra, néanmoins, une dernière fois Mirabeau dans des circonstanc que nous raconterons. Mais pour montrer à quel point son amant était déjà refroidi à son égard, avant même de quitter le donjon de Vincenn il est un fait assez significatif que nous devons mentionner. Mirabeau, en octobre et novembre 1780, a entretenu de sa prison une correspondance de galanterie fort suivie avec une certaine demoiselle de condition assez peu relev< sans la connaître autrement que connue la maîtresse d'un homme de lettres, ami de son compagnon de captivité Baudouin, sans l'avoir même jamais vue. Plus de trente lettres écrites à cette adresse, quelques-unes fort longues, sont entre nos mains. Mirabeau se proposait-il uniquement d'ajouter la jeune personne dont il s'agii à la liste de ses conquêtes? Nous n'eu savons rien. Elle avait un père qui figure, un peu plus lard, parmi les créanciers de notre héros. Toujours est-il que Mirabeau dépense beaucoup de temps non seulement à attendrir sa correspondante par des marivaudages, mais à l'éblouir par les hâbleries les

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