‹ Les Mirabeau (volume 4)Chapitre 13 sur 40 · LE CHE^'AUER, DEPUIS DAILLI · texte numérisé non relu

LE CHE^'AUER, DEPUIS DAILLI

daienl son avis (1). Il fut donc noté de bonne heure, dans les bureaux de Versailles et dans nos ports, comme un -marin très-capable, et lorsque, par des circonstances que nous expliquerons, il eut un moment de crédit auprès do M"' de Pompadour, quoiqu'il ne fût encore que capitaine de vaisseau, sa famille et ses amis le crurent appelé à diriger et à relever notre marine. Malheureusement, il tenait de son père, le marquis Jean-Antoine, que nos lecteurs connaissent déjà, une incapacité radicale à se plier aux habiletés et aux dissimulations qu'exige un rôle politique.

(I) Nous croyons devoir donner ici la liste des ouvrages inédits de l'oncle de Mirabeau, en nous r. servant de revenir à leur date sur ceux d'entre eux qu'il nous paraîtra utile de signaler pariiculièremont. Nous ajouterons que, si nombreux que soient ces divers mémoires, qui forment la matière d'environ trois volumes in-4* , nous pensons que la liste en est incomplète, et qu'il doit encore se trouver d'autres écrits du mûmc auteur, soit aux archives du ministère de la marine, soit à celles du ministère de la guerre, oii le chevalier fut employé pendant quelques années, ayant été chargé par le maréchal de Bclle-Isle de l'inspection et de la réorganisation des milices garde-côtes qui relevaient alors du ministre de la guerre :

Mémoire sur les opérations de la campagne des escadres combinées de France et d'Espagne sous les ordres de M. de Court, en 1744. — Réponse à une lettre du 12 octobre 1744 que Ton soupçonne être sortie des bureaux de la marine. — Réflexions sur la guerre de la France avec l'Anglelcrre et la reine de Hongrie, en 1745. — Mémoire concernant l'île de Corse, en 1745. — Mémoire sur la marine, en 1747. — Deux mémoires sur les galères, i74a. — Mémoire sur l'arsenal de Marseille, 1748. — Projet de commerce dans le golfe de Daricn et le pays des mines du Choco. — Observations sur un projet de commerce de la eolonie française de Saint-Domingue avec la côte d'Espagne. — Mémoire sur le commerce. — Mémoire sur le port de RocheforC.

m LES MIRABEAU

Pour prouver d'avance à quel point il était un ambitieux d'une espèce particulière, nous citerons seulement un passage d'une de ses lettres écrite précisément à l'époque où il est question de lui pour la place de ministre ou d'adjoint au ministre de la marine. Son frère aîné, F Ami des hommes, qui a aussi son ambition, mais dans un genre complètement chimérique, et qui sent la supériorité pratique de son cadet, le pousse de son mieux, en lui prêchant sans cesse la prudence et la circonspection, c Tu as de quoi faire, lui écritil, un grand homme accompli, si tu parviens à dominer la vivacité de ton sang et l'intempérance de ta langue. * Le bailli ne peut parvenir même à comprendre qu'on soit obligé, pour arriver à servir l'Étal, de déguiser sa pensée : t L'on n'entend plus rien à noire langue, répond-il à son frère le 12 août 1758, et ceci ressemble assez à

— Discours sur la nécessité do la morine en France, 1750. — Mémoire sur l'Amérique, fait en 1750. — Mémoire sur la plume et la marine. — Mémoire sur les abus de la marine, 1750. — Etat des bâtiments sur lesquels on peut compter, suivant les réponses des ports à la lettre do M. de Moras, du iO mars 1757.

— Mémoire sur le commerce du Nord et notanrnent sur celui •de la Russie, 1707. — Etat du commerce que les Anglais font

dans la Baltique. — Etat du commerce des Isles du Vent, 1757.

— Deux mémoires sur l'état présent de la guerre avec l'Angleterre, 1758. î— Réponse à un mémoire sur la nécessité et les moyens de rétablir le crédit public, 1758. — Observations sur un mémoire concernant les moyens de vivifier le commerce, 1758. — Projet d'armement pour la défense des côtes au moyen de chaloupes canonnières, 1750. — Mémoire sur la marine et son administration, 1703.

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