‹ Les Mirabeau (volume 4)Chapitre 20 sur 40 · LA JEUNKSSE DU BAILLI ET SE? CAMPAGNES · texte numérisé non relu

LA JEUNKSSE DU BAILLI ET SE? CAMPAGNES

ans (1). A partir de 1749, il reprit la mer, et, après trois ans de service comme capitaine de frégâte, il fut nommé en 1752 capitaine de vaisseau, et bientôt après gouverneur de la Guadeloupe.

Jusqu*ici nous n'avons pu qu'exposer sommairement les principaux faits de la vie du bailli, d'après ses états de services et quelques autres renseignements. Nous pouvons maintenant étudier de plus près l'oncle de Mirabeau, non-seulement dans ses actes, mais dans ses sentiments et ses idées, grâce à une très-longue correspondance qu'il en-

(1) C'est pendant ce loisir forcé que, ne pouvant plus navipier, il écrivit ses deux mémoires sur les galères, à l'occasion de l'ordonnance du 27 septembre 174d décrétant la réunion de la marine des galères avec la marine des vaisseaux, qui avaient formé jusque-là deux corps distincts. Quoiqu'elle ne supprimât point encore les galères, cette ordonnance prescrivait que les cbioannes ne les habiteraient plus. Le chevalier de Mirabeau prévoit que ce genre de bâtiments ne tardera pas à être abandonné. C'est pour démontrer son utilité qu'il prend la plume; comme il a pratiqué également les deux marines, il énumère tous les cas oii les galères peuvent avantageusement remplacer o i compléter l'emploi des vaisseaux ; cette discussion, appuyée d'exemples, est assez curieuse |iOur nous qui avons peine k comprendre aujourd'hui que des bâtiments de guerre naviguant à la rame aient si longtemps coexisté avec les bâlimenls à voile, et qui nous persuadons volontiers que les galères n'avaient d'au- In but que d'utiliser les forçats. 11 va sans dire que la plupart des ai^umeuts du chevalier de Mirabeau en faveur des galères •ont tombés devant l'emploi de la vapeur ; mais, en détinitive, s'il est vrai que la science de la guerre nautique t^de aigourd'bui à multiplier, non pas seulement les énormes navires armés de MNabrcux canons, mais aussi les petits ayant un faible tirant d'eau et armés d'un petit nombre de gros canons, ce fait augmente rinlC'ret des mémoires dont nous parlons, car l'auteur insiste beaucoup sur des considérations du même genre en plaidant la cause des galères.

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Iretientavec son frère aîné, à partir de son séjour à la Guadeloupe. Leur correspondance de jeunesse, qui nous manque, devait former aussi un recueil considérable, car ils se sont écrit, durant toute leur vie, avec une abondance et une continuité qu'explique Taffection la plus inaltérable et la plus intime. Depuis le 4 décembre 1753, date de la première lettre du chevalier à son frère en arrivant à la Martinique, jusqu'au 8 juillet 1789, date de la dernière lettre écrite par le marquis de Mirabeau, trois jours avant de mourir, à son bienaimé bailli, nous possédons une suite d'environ quatre mille lettres échangées entre les deux frères (1).

Leur tendresse réciproque, commencée dès leur enfance, ne subit jamais de refroidissement. Tous deux se brouillèrent avec leur frère puîné, quand celui-ci fit le honteux mariage déjà raconté par nous ; tous deux se réconcilièrent avec lui, mais ils n'eurent jamais à se réconcilier ensemble. A l'âge de quarante et un ans, en 1756, l'aîné écrivait à son cadet : c Je te jure, comme au mo-

(I) Non? devons dire, pour être cxnct , qiio nous ne possédons les lelircs échangées par les deux correspondants quo depuis 1753 jusqu'en avril 178;). Le marquis dé Mirabeau, pour les conserver, les avail fait copier par son secrétaire et relier en dix volumes grand in-folio. A partir de 1783, les lettres du bailli nous manquent et nous n'avons plus que celles qui lui sont adressées par son frère jusqu'à la mort de celui-ci; mais chaque lettre de l'un répond visiblement à une lettre de l'autre; en un mot, la correspondance entre eux ne s'arrête que quand ils vivent sous le m<?me toit.

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