LE MARIAGE DU MAKQUIS
autre, car sa mort fut occasionnée par une liqueur dont son père faisait un énorme abus, et dont presque tous les Mirabeau du dix-huitième siècle, hommes ou femmes, ont également abusé, le malheureux enfant s'empoisonna en buvant de r encre. Un tel accident, tout en apprenant, sans doute, au marquis de Mirabeau, auquel il restait deux tilles, à tenir ses encriers hors de la portée des enfants, ne le découragea point de cette passion effrénée pour récriture, qui lui faisait dire à la fin de sa vie : Si wa nuiin était de bronze, il y a longtemps quelle serait usée, puisque c'est immédiatement après la mort de ce lils ([u'il entreprit le volumineux manuscrit que nous avons sous les yeux .
Nous y chercliorons d abord l'histoire de son mariage. II avertit, il est vrai, ses descendants tjue dans le compte rendu dont il s'agit ici, il ne sera ({ueslion que d'affaires, et (ju'on trouvera ailleurs ses Mémoires. Cet autre manuscrit du niaifjuis, dont nous n'avons pu citer (jue les s<»uls fragments conservés, serait peut-être plus inléressaiit, au sujet de son mariage, que celui où cet événement est exposé surtout au point de vue des affaires (1). T-ependant l'homme étant de ceux dont
Il I.a int*nli<»n que If ni.iri|ui^ fait ciaii>i re innnu^icrit «ie MM de l>xi'*lin«M- «le se« Mt'iitoirrs ronllrim e pur lui <lan> un»- Ivllre inédiU* du li.*» iiov« »il»r»" 1777. Il y parli' ilr -c^ M*'-moires p,irti''iili*»rs ruiiimc d'uu uuvrag»: lrf'> confu< , mais on #7 fi jet'* rro'fni* dfi Mii^h^l Aii'j** qni (Hmi^nt ffuel'fue ''h'tse r'j/iw.v/>'iç»/r>. 1 oul»*f«jir. il f»joMfc : f Je -oral- f«»r»
LES MIHABEAU
le caractère perce en tout, il nous a été facile de reconnaître, dès les premières pages de ce compte rendu d'affaires, qu'il ne ressemblait à aucune autre production du même genre. Aussi, tout en supprimant dans celui-ci les détails qui nous paraîtront sans intérêt pour le lecteur, nous laisserons ce père de famille raconter lui-même à ses descendants, avec une naïveté incomparable, sous Tempire de quels sentiments hétérogènes, à la fois chimériques et indifférents, désintéressés et calculés, il a été conduit à conclure la plus importante aRaire de la vie. « J'étais, dit-il, arrêté à Paris, en 1743, par rindécision où Ton me laissait sur ma rentrée dans le service ou mon entière sortie (1). Je désirai de m'y marier, avant mon départ pour la Provence, où mes affaires m'appelaient ; cela me fit suivre avec plus de vivacité l'idée qui nous vint par ha-
fâchê que cela vil le jour, pas plus par lambeaux qu'en enlier, parce que j'y paraîtrais méchant et que je suis bien loin <k l'tHre. » Ce passage nous porterait à supposer que le père dt Mirabeau a probablement détruit le manuscrit de ses Mémoire^i en oubliant seulement les fragments déjà cités par nous, et ([ui se rapportent à sa première jeunesse. Dans tous les cas nous possédons de lui un si grand nombre de lettres que nous ne déscî^pérons pas de pouvoir, d'après elles, raconter sa vie et peindre son caractère avec plus de vérité, peul-vtre, qu'il n* l'aurait fait lui-même.
(1) Il s'agissait pour lui, comme nous l'avons déjà dit. d'oblfnir l'autorisation d'acheter un régiment ou au moins une plae« de guidon des gendarmes do la garde ; n'ayant pas pu réussir cl a se trouvant barre, dil-il, par lê tic du cardinal >» (de Flrur>'. il r^e décida à se rrlircr du service précisément pendant le? néguciations relatives a son mariage.