FORMATION DE LA GENEALOGIE DES RIQUËTI
C'est Thomas de Riqueti, le petit-fils de Jean, qui nous parait s*étre attaché le premier, et avec ardeur, à rehausser sa famille. Son mariage donne lieu, de la part du marquis de Mirabeau, à une curieuse observation copiée par le comte son fils, sans que celui-ci ait cherché à s en expliquer le motif secret ; car s'il Teût deviné, il est probable qu il aurait supprimé une réflexion qui Jure passablement avec sa prétention, à lui, de descendre d'une famille appartenant à la haute noblesse provençale depuis la On du xiii"* siècle. Thomas de FUqueti avait fait un mariage encore plus brillant que celui de son grand-père : il avait
épousé une fille de la maison do Ponlevés, famille dont le nom figure avec distinction, et dès les temps les plus anciens, dans Thistoire de Provence. Or, voici le mouvement d'humeur que cette alliance inspire à Tarriére-petit-fils de Thomas, c*est-à-dire au marquis de Mirabeau : « Il fut, dit-il, marié de bonne heure à une demoiselle hautaine, et de maison fort ventouse, à ce qu'il parait, par magnifique seigneur Pompée de Pontevès de Buous, et magnifique dame Marguerite de Suze, beau-père et belle-mère de Thomas. » Mirabeau répète la phrase, en remplaçant le vieux mot venteuse par orgueilleuse ; mais il ne songe évidemment pas à se demander pourquoi son père, qui ne passé point le plus petit contrat sans s'intituler très-haut et très-puissant seigneur, messire, etc., avec trois ou quatre lignes de titres, parait scandalisé que le beau-père de son bisaïeul ait été qualifié magnifique seigneur. La raison en est bien simple, suivant nous: c'est qu'en écrivant sa phrase, le marquis a sous les yeux le contrat de mariage de Thomas de Riqueti, et les pompeuses qualitications dont se pare la famille de la future le choquent d'autant plus qu'elles jurent avec les modestes désignations du futur et de ses parents.
Voici sur ce point le libellé exact du contrat do mariage de Thomas de Riqueti. L'acte est du 27 septembre 1620: