‹ Les Mirabeau (volume 5)Chapitre 14 sur 21 · SES RAPPORTS AVEC MADAME DE POMPADOUR · texte numérisé non relu

SES RAPPORTS AVEC MADAME DE POMPADOUR

C'est pendant l'année 1757 et la suivante que se formèrent et se détruisirent diverses combinaisons qui portaient le futur bailli au ministère de la marine, ou du moins à un poste important dans ce département. Quoique ces combinaisons n'aient pas eu de résultat, elles nous intéressent cependant par rapport à l'homme, dont le caractère ne contribua pas peu à les empêcher de réussir. S'il fût arrivé au ministère, il nous paraît douteux, qu'avec sa roideur, il eût pu tenir longtemps dans

un poste où cinq ministres, dont un seul marin, se succédèrent en moins de neuf ans; mais s'il y eût tenu, il eût été un ministre essentiellement réformateur, car il ne visait à rien moins qu'à bouleverser de fond en comble toute la bureaucratie maritime. Le 8 août 1756, il écrivait: « Tout ce que l'on paraît faire pour la marine, c'est greffer sur un tronc pourri. Lorsque Sully voulut rétablir l'artillerie sous Henri IV, il commença par casser quatre cents de ceux qui se mêlaient de l'administration et changer le plan du total. Sans cette opération, tous les trésors du monde ne feront, sur cette machine-ci, qu'un feu de paille. » Ces dispositions du chevalier étant bien connues, on comprend, sans peine, qu'il n'eût jamais pour lui la faveur des bureaux.

Si l'on en croyait le témoignage de son fameux neveu, l'oncle de Mirabeau se serait perdu par une boutade adressée directement à Mme de Pompaclour. « Le cardinal de Bernis, écrit le prisonnier de Vincennes à Mme de Monnier (1), portait le chevalier au ministère (de la marine). Le préliminaire essentiel était de le raccommoder avec la marquise de Pompadour. Le chevalier, un des plus beaux et des plus spirituels hommes de son temps, est introduit à la toilette. Il cause longtemps ; il brille de tous ses agréments naturels et acquis ; en un mot, il est charmant, et tu

(1) Lettres inédites du donjon de Vincennts, t. II, p. 317.

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