‹ Les Mirabeau (volume 5)Chapitre 20 sur 21 · UN GÉNÉRAL DES GALERES DE MALTE AU DIX-HUITIÈME SIÈCLE · texte numérisé non relu

UN GÉNÉRAL DES GALERES DE MALTE AU DIX-HUITIÈME SIÈCLE

Dans son Histoire de F ordre de Saint- Jean de Jérusalem, l'abbé de Ver tôt raconte qu'un grand relâchement s'étant introduit, vers le milieu du xive siècle, parmi les chevaliers alors établis à Rhodes, le grand-maître Hélion de Villeneuve, sommé par le pape Clément VI d'y porter remède, édicta, avec l'assistance du grand conseil de Tordre, plusieurs règlements pour la réforme des mœurs, par lesquels il fut défendu, entre autres choses, aux chevaliers « de se vêtir cre draps qui coûtassent plus de deux florins la canne (une aune et deux tiers). Par le même règlement on

leur interdisait la pluralité des mets et l'usage des vins délicats. »

Après avoir rapporté cette ordonnance, l'historien s'écrie : « Discipline sage et utile, et qu'il serait à souhaiter, pour le bien de l'ordre, qu'on vit renaître de nos jours ! » Aux temps de l'abbé de Ver tôt, en effet, les règlements d'Hélion de Villeneuve étaient étrangement oubliés ; car voici, après les trois vœux de chasteté, d'obéissance et de pauvreté, les conditions essentielles exigées en 1760 de tout chevalier aspirant à l'honneur de commander pendant deux ans les galères de Tordre. La nomenclature suivante, que nous trouvons dans les papiers du bailli de Mirabeau, est trop longue pour pouvoir être reproduite complètement ; il nous paraît cependant utile d'en mettre au moins une partie sous les yeux du lecteur.

Page 1