‹ Les MirabeauChapitre 26 sur 36 · LE MARQUIS ET J.-J. HOUSSEAU · texte numérisé non relu

LE MARQUIS ET J.-J. HOUSSEAU

d'administration et non de principes, en un mol, on lo mit à son aise sans lui faire les honneurs, de manière qu'il demeura jusqu'à huit heures, et que le bon abbé (Baudeau), toujours discutant, jamais disputant, me disait de temps en temps : « Ce qui me fâche, c'est qu'il y a, en ce moment, sous presse , un morceau où je r écrase, -en citant, dans ses propres écrits, la preuve d'un iait qu'il me nie et sur lequel Urne fait un déû. Abbé, ai-je répondu, on lui redorera la pilule. »

§ IV. — LE MARQUIS ET J.-J. ROUSSEAU."— LES FOCR5 ÉCONOMIQUES. — LES PRINCES PHTSIOCfUTES.

Puisque nous en sommes à la correspondance du marquis avec J.-J. Rousseau, il convient d'autant plus d'exposer ici leurs rapports, que cet exposé se rattache naturellement au présent chapitre ; car c'est, en partie, le fanatisme de la propagande physiocratique qui j**u*a le principal disciple de Quesnay à se jeter br&quement à la tête du citoyen de Gebe?^ \jt marquis avait eu, il est vrai, de tout \em^, yr& Rousseau un goût assez vif, qui ooolr*^ *r« l'antipathie prononcée que Voltaire Ivï i^&p** toujours (1). Nous avons publié da&% x& %&$+

(1) Nous avons déjà dit qu* **«* truSjpufad* #jox. t>s,iy*suu* ainsi que cela ressort des gotJqav* /eç*mt*ji£* tjv* Vkhw*. émet dans sa corrtçj^>ud*r,t^ mit 1* xuttrgu* «•• %p-wj***i w sur ses ouvrages. Parai \e§ i*'jadr%>i;x ;i*jr*m*«ii* <*v fu>*t|tc«/ * sur Voltaire nous n en eHeroof 91* dwnr yuw étnaut* m* *u** de ses dispositions hai»îUtt&»* a f^tjftrt tt» ><uuv*v>n** \*ï** ney : « Ce vilain Voltaîrt ecrit-Jt «& ÎJfcT. 5w fc, v***m, <f «^

ouvrage une lettre de lui, écrite en 1761, clans laquelle il <!:* <lo l'auteur de la Nouvelle Héloîse, avec Icqui 1 il n'a pas encore eu de relations personnelles : « C'est le seul écrivain de profession que je connaisse estimable de notre temps. » Ce qui ne l'empêchait pas d'ailleurs de lui reprocher justement de faire de trop grandes enjambées dans le pays des vertus d'imagination (1) et de critiquer souvent les idées du philosophe ; mais il y avait dans le caractère de l'écrivain une part de sincérité et de sensibilité qui, combinée avec le prestige d'une rhétorique chaleureuse, agissait fortement sur l'auteur de l'Ami des hommes. Il obéit donc tout à la fois à un calcul fondé sur l'espoir de gagner un adepte important à la doctrine, et à une impulsion aussi affectueuse que spontanée, en essayant de se lier

prit, de pusillanimité d'âme, de bassesse de cœur, d'étroilosse do génie... a impudente la canaille et soufflé la lepro sur le genre humain. » Dans une autre lettre du 25 septembre 1777, en réponse à son ami Longo'qui lui avait manifesté sans doute cotte indulgcnco admiralive pour le poëme de la Pucelle trèscommune au dix-huitième siècle, il exprime sur cet ouvrage une opinion dont la sévérité le dislingue parmi les hommes du son temps. « Je no vous demande pas, écrit-il, ce que vous trouvez de beau dans la PuccUc, je no discute pas cet ouvrage, car je l'ai physiquement jeté au feu d'horreur" et d'impatience ; il m'a paru pour quelques débuts agréables do vers jie Jeunesse, renfermer non pas des impiétés (je laisse ^cç^a» ,0,4$$.) mais des grossièretés si puantes, dos iinugtjs, ->^4^gft&tgfttfëi} des plaisanteries d'un si mauvais ^û^^pa^rj^^^uj^^gjje c'est, aux yeux du bon sen^^u^^^^d^.q/^^a^^gi^ço. aussi hideux que lo ..^rM^Wr^^l^^e^^^^^û^ *,h

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avec Rousseau dans un des moments les v\u< critiques de la vie de ce dernier.

Toute l'Europe littéraire était alors occupée de la rupture violente qui venait d'éclater entre l'auteur <X Emile et le philosophe anglais Hume, sous les auspices duquel Rousseau était allé s'établir en Angleterre. Egaré par une imagination exaltée et maladive, qu'envenimait sans cesse -l'ignoble créature dont il avait fait sa compagne, Rousseau accusait ua ami, qui n'avait songé qu'à lui rendre service, d'avoir ourdi contre son repos et son honneur la conspiration la plus noire, et il appuyait son dire sur les inductions les plus absurdes. Hume, indigné, avait rédigé un récit de ses relations avec J.-J. Rousseau, en y joignant les lettres qu'ils venaient d'échanger. Ce récit, imprimé en français, publié (1) en septembre 1766, faisait le sujet de toutes les conversations et excitait une rumeur amplement motivée par la célébrité des deux personnages qui étaient en lutte. Rousseau, taxé de folie par le plus grand nombre, blâmé même par ses meilleurs amis, repoussait avec colère toutes leurs observations, et c'est à ce moment qu'un homme qu'il n'avait jamais vu s'avisa de lui adresser une lettre de treize' pages in-octavo, aussi dénuée que possible de toute précaution oratoire et de toute

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circonspection, empreinte d'une bonhomie brutale, et dans laquelle il était traité comme un malade à la vérité fort intéressant, mais tout à fait déraisonnable. « Si pétais M. Hume, lui écrivait ce correspondant indiscret, je vous aurais répondu: « Mon ami, vous êtes un fou, et moi je suis un « sot : vous, d'avoir cru me faire entreprendre à « mon âge un petit cours de sensibilité délicate, « abondante en explications, en injures, en excuses; « moi, d'avoir cru pouvoir manier un -fer dérougi c sans prendre des pincettes, et obliger un homme « d'autant plus pointilleux sur les obligations que 4 son âme est au-dessus des bienfaits. Mais, mon a ami, entre deux hommes qui ne sauraient mar « cher du même pas, faute d'être de même taille, « et qui pourtant ont entrepris un voyage en- « semble, c'est au plus grand à s'arrêter et à se « rapprocher. Croyez donc, je vous prie, qu'il « n'y a que votre imagination, échauffée par un « foyer inextinguible, qui ait pu produire tout le « beau roman de machinations dont vous m'accu- « sez et me faites trop d'honneur ; car il s'en faut c bien que je sois si habile, et par conséquent « il n'y a que vous qui puissiez le débrouiller. » Plus loin, se moquant hardiment, â la barbe de Rousseau , des conséquences folles que celui-ci prétend tirer du regard noir et prolongé de Hume, le marquis entreprend de faire rire un atrabilaire, en prouvant que Htrçpet éét ^upabliôëûV^ lui, Mirabeau, de crimes bien pki^.guaYes qiw./Ceupc

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