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emprunté, la main reste fermée avec tant de force que les ongles entrent dans la peau. ■
Ayant entendu dire qu'un miracle s'est accompli sur la tombe du vénérable M. Rousse, elle rêve qu'elle 7 est transportée, et qu'elle y obtient une parfaite guérison.
Ce songe prend à ses yeux les proportions d'un avertissement céleste qn'elle ne doit pas négliger.
L'exécution de son projet rencontre, de la part d'un prêtre moliniste, une opposition qui ne fait qu'attirer son désir et redoubler son émotion.
Parvenue, non sans peine, sur le tombeau, elle est prise d'un tremblement convulstf; une légère douleur parcourt les jointures du côté malade, et la contracture cesse momentanément
— Péronne Raoul. — Attaques convulsives violentes. — Rétraction par contracture de la cuisse et de la jambe gauches datantde4à5aas.— Fortement convaincue qu'une neuvalne à Saint-François de Paul la guérira, elle se fait conduire k une église où ce saint est en honneur; et là, se sent prise d'une grande faiblesse et de douleurs d'une violence extrême daijs le membre contracture. Des craquements se font entendre dans l'articulation de la hanche, et, en même temps, le membre recouvre la liberté de ses mouvements.
Ce qu'il y a de frappant dans les similitudes qae ' présentent ces différents faits (dont je ne donne ici, qu'un résumé trÔB-succInct), c'est d'abord l'identité de
natareet démode d'invasion du mal; c'est également pour les cas de contracture, l'identité de l'attitude affectée parles membres contractures chez les femmes qu'une grâce spéciale da ciel devait guérir, et chez les malades qui n'ont r«nconti-é sur leur chemin que le secours d'ane thérapeutique moins.... olympienne. C'est enfin, d'une manière générale, l'influence décisive dans l'une comme dans l'autre série da cas d'une émotion morale : fanatisme , anxiété, colère, joie, chagrins ; ou bien d'ane commotion physique : yiolentes convulsions — sur la solution des accidents.
On s'est montré généralement fort incrédule, fait remarquer le B' Briquet, à l'égard de ces guérisons arrivées tout à coup, et, en quelque sorte, à point nommé, après l'exercice de certaines pratiques de dévotion; on a toujours été disposée croire à l'erreur ou à la supercherie : rien n'est pourtant plus certain que ces faits.
< Je connais, pour ma part, ^oate-t-il, plusieurs exemples de ces gnérisons subites de la paralysie hystérique survenant soit an dernier jour d'une neu- -vaine, soit immédiatement après l'approche d'une relique. >
Et il conclut : ■ Tous ces faits, ceux qu'on nous présente comme entourés de l'auréole du miracle, toat aussi bien que ceux que nous observons dans les cliniques, tous ces faits appartiennent à une seule et même espèce, et doivent être expliqués par
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cette loi physiologique de l'inflaence des émotions morales sur le système nerveux. *
Pas an homme de bons sens ne s'élèvera, je pense, contre une aussi sage conclusion.
Sous la désignation assez incorrecte de délire des <â>oyeurs, on a décrit un phénomène de natnre hystériqaeet dont la mention trouve sa place ici. Il consiste dans un spasme des muscles qui concourent à l'émission de la voix provoquant un son rauque semblable à l'aboiement du chien. Pour l'instantanéité, comme pour la périodicité des retours, ce spasme n'est pas sans affinité avec certains hoquets opiniâtres. En voici quelques exemples :
— Le D' Dewatinks (Union médicaîe, 8 septembre 1868) rapporte avoir observé trois enfants âgés de 11 à IS ans, qui étaient pris simultanément de hoquet bientôt suivi d'aboiement d'abord rhythmé, saccadé ensuite, puis précipité.
Les accès se renouvelaient dix A douze fois par vingt-quatre heures.
— EsquiROL cite un grand seigneur de la cour de Louis XIV, qui, saisi par instants d'un besoin irrésistible d'aboyer, avait coutume de passer sa tète par les croisées pour obéir à cette fatale contrainte.
— Iljaqaelqaes anaées, deux vieillards, à Bicâtr», osaient ce genre de tic dans tonte sa pureté. Chez tons les deaz, l'explosion était brnsqae, et le phénomène revenait plusienrs fois dans un temps fort conrt.
— J'^ eu pour mon propre compte, l'occasion d'en observer deux atteintes chez la même femme. La proraière, beaacoap pins intense, dura quatre jours, pendant lesquels l'aboiement fut presque incessant. La seconde, plus légère, put être calmée as bout de trente-six heures. A proprement parler, la malade ne déliraît pas ; mais elle était pendant le cours de ces deux accès sous l'influence d'une visible surexcitation. Aggravée par des croyances superstitieuses ou des préoccupations mystiques, cette surexcitation, Inséparable d'un état spasmodique aussi prononcé, eût fort bien pu dégénérer, et devenir le point de départ d'accidents moins éphémères.
Il est inévitable que pareille complication se soit produite souvent. La bizarrerie du phénomène invite, on en conviendra, aux interprétations fantastiques.
— Abordons des faits d'un autre ordre.
Issues des maladies nerveuses qne caractérise l'élément convulsif, on bien développées indépendamment de ces maladies nerveuses elles-mêmes, il est
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certaines perturbations des sens et dâ l'inteUtgence que les «ntrepreneurs de miracles ne se lassent pas d'exploiter. Les coaditioas maladives, susceptibles de les engendrer, sont diverses. Lear modalité, léar Intensité varient. Mais ces troubles ont an fond commua que j'appellerai Etat hallucinatoire. Je m'explique. Et c'est ici, cberlectear, que je fais appel à toute votre bienveillante attention. Ce que j'ai à dire efit assez abstrait.
J'entends par état hallucinatoire les dispos itioit,s dn cerveau favorables à l'éclosion de V/tallucinatton.
Qu'est-ce que l'hallucination ?
Conduit par le hasard, jouissant d'an parfait équilibre physique, intellectuel et moral, un homme, j je suppose, a vu ramper et entendu siffler un ser- : pent. '
Cet homme a acquis sur le reptile une notion dont' j son entendement conserve la trace.
Soit qu'il l'évoque ensuite par le souvenir, ou bien J qu'elle hante spontanément son esprit, cette notion ' ramène l'idée Serpent, et autour de cette Idée se | groupe la série de celles qui j ont trait plus ou moins ' directement. j
Que maintenant, par une suite de circonstances j appropriées, le cerveau de cet homme perde l'équi-] libre de santé dont il avait joui jusque-là, et par-| vienne à un état anormal favorable à l'éclosion de < l'hallucination, qu'arrivera-t-ll f
L'idée Serpent, revenant, ne 8'o£frira pas aealement c'omme une notion acquise. Elle atteindra l'int«wsité d'une circonstance actuelle. Notre malade Vàfra ramper, entendra siffler le serpent aussi dls^ tinctement que si sa présence étaitréelle.
'Phénomène physiologique, compatible avec la santé la plus parfaite, le rôve produit de ces efffets-I* ; mais l'impression laissée par le rêve est fugace, tantlis que rétat anormal, à proprement parler, maladif, ila faveur duquel le cerveau est devenu &flt9 & éprouver l'hallucination, détermine la persistance de l'impression que le retour de l'idée a fait naître. ' Tandis que, dans un cerveau sain, l'illusion da rave, et jusqu'à son objet s'évanouissent, la notion erronée que dans un cerveau malade, riiallucinatioa aenfantée s'accrédite et s'enracine. Ainsi, pour m'«i tâuir à la supposition que j'ui faite, ici la notion er- 'ronée enfantée par rhallucinalion serait la convie- 'tion absolue, indiscutable de la présence effective da serpent, alors qu'en réalité son souvenir seul s'est présenté. '■■
En termes scientifiques, l'hallucination peut donc dtre définie une idée sensible, susceptible, par la vivacité que lui communique une cause physique oa lûorale, de représenter pour la conscience la réalité -objective. -j
Développéspontanément.liéàl'hystérie, systématiquement provoqué- par des pratiques désastreuses, consécutif à l'ingestion réitérée de substances narco-<
tiques et excitatrices tout à la fois de la fibre ner-r .veu°e (opium, belladone, ellébore, liatschtscb, alcool,
plomb), l'état ballucinatoire n'est pas, tant s'en fauti constamment semblable à lui-même,
Turilôt muLiles, vagues et sans lien, les hallucinations, qui en constituent la manirestatiun appré.r ciiible, forment un tableau plein d'incohérence. D'autres fuis, o:scillant da:is un cercle restreint, elles BemOlent répondre d un ordre limité de préoccupâtlions, en déi»endrd, s'y associer ou le fomenter. C'est le cas des liallucinés i-eligleux. Si l'état ballucinatoire, quelle qu'en soit, l'orit^ine, e:ïerce une influence pré[iondérante sur les manifestations prétendues m^ raculeuses, à son tour la prédominance des préorcur paiiona inystiquis exerce sur la ténacité de l'état liallucinatoire, une induenco qui ne lest pas moins.
Ce qu'il faut retenir, pour sa faire une idée exacte de cet état des centres nerveux, c'est qu'il détermine des sensations imaginaires; que ces sensations ont pour siège liabituel les organes des sens, sont pour la nature en rapport direct avec les fonctions propres de 1 organe qui les subit ; qu'elles sont perçues par le cerveau avec une netteté qui égale celle de la réalité ; qu'elles laissent une empreinte non moins profende, et qu'elles sont le reflet, l'écho amplifiés dea préoccupations dominantes de la personne.
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L'état halluciuatoire a ses degrés. L'extase en o-tf fre un type, non le pius.accusé; non le moins danr geeeux Une semi-lucitlité relie encore les pensées «t D« se prête que trop à. une systématisation du délir^, fioneste à la reprise des droiis de la raison. Paresseitsèment alangui, >e corpH guùte les délices d'un repos complet; voluptueusement bercé p:ir sa rêverie, l'esprit abdique avec allégresse le soin de sa propre direction^ La chimère favorite règne et gouverne sans partage. Dans ce clair-obscur il y a d'enivrantes effluves, il y a d'enthousiastes élans. . . vers l'infini. , Il y a plus de sensualité amoureuse qu'on ne croit au fond de tout cela. Lisez les pages enflammées de sainte Oertrude ou d» sainte Catherine de Sienne, et vous serez fixés. Mais si l'on se place à un point de vue général, nulle description de Teitase ne vaudra jamais le tableau que sainte Thérèse en a esquissé. C'est la nature prise sur le fait. On ne s'observe pas soi-même avec plus de justesse et en même temps de . sincérité.
Vous allez en juger :
■ On éprouve, dit-elle, ane sorte de sommeil des puissances de l'àme, de l'entendement, de lamémoire, de la volonté qui ressemble à celle d'une personne agonisante ravie de mourir dans le sein de Dieu. Li'&me ne sait ce qu'elle fait. Elle ignore même si elle parle ou si elle se tait, si elle rit ou si elle pleure. C'est une heureuseextravagance, une céleste foliedans laquelle elle s'instruit de la véritable sagesse, d'une