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manière qnt ta remplit d'ane inconcevable consolation. Peu s'en Taut alors qu'elle ne se âente défaillir ; elle est comme évanouie ; à peine peut-elle respirer'. Toutes les forces corporelles sont si affaiblies qu'il lui faudrait un grand effort pour remuer seulement les mains ; les yeux se ferment d'eux-mêmes, onsin restent ouverts, ils ne voient rien. Ils ne sauraient Ifre quand iis^Ie voudraient Ils connaissent bien qole cesont des lettres; mais ils ne peuvent pas les dl»- -tiuguer ni les rassembler parce que l'esprit n'agit point, et si l'on parlait à cette personne, elle n'enitendrait rien de ce qu'on lui dirait; elle tàcberait en Tain de parler parce qu'elle ne saurait ni former ni prononcer une seule parole. Toutes les forces extérieures l'abandonnent, et celles île son âme aùff" mentent peur mieux posséder la gloire dont elle feuil. • Dans ces paroxysmes, sainte Thérèse avait, -atec Dieu et les anges, des conversations suivies ■■•>
En somme, les contentions d'esprit soutenues, lea ■ lia1)itttdes d'excessives méditations, les pratiques (te la vie contemplative on ascétique, telles sont les conditions originelles de l'extase.- Toutes les époques où. la pensée a été dirigée vers les idées religieuses et la Vte claustrale ont fourni des extatiques en grande ■quantité. « Aussi, selon leD' Briquet {lo<: citalo, p'. 409), est-ce avec raison que l'on range dansla clafflp a^s hystériques extatiques nombre de personnesda Mxd qui ont laissé après'elles une réputation de'saiototéeode bôatttudë/*-'' -"'■ • '" "- :■''■•'■'' ■■■' '■'■■-'■
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DETAUT LA. 80IKNCB 37
' ■ Telles étaient sainte Etisa.beth âe Hongrie, en 1207, sainte Gertrade, sainte Brigitte, sainte Catherine de Sienne, en 1372, Jeanne d'Arc, sainte Tbôi^e, madame de Chantai, en 1572, Marie d'Asveda. . eii 1680, madame Ouyoa, la correspondante de Féi-, nelOD, Marie Alacoque, la mare Bellon, mademoiselle Cadière, etc., etc. »
Qaelle hécatombe 1
Un mot encore avant d'abandonner !e sujet.
, ^Tous les observatears sont d'aucord sur ce point ; c'fist que les maladies du système nerveux que noqB venons de passer en revue, lorsque leur intensitine franchit pas un certain degré, riisposent le cervea<4, «p. raison de l'excitation qu'eltos y déterminent, à une soractivité qui a quelque chose de Tébrile.
Cette abondance d'idées, cette richesse d'élocutiôn, Cf;tte puissance d'intuition qui parfois étonnent, trouvent ainsi une explication qui joint au mérite de la modestie celui non moin^ précieux de la véracité-
^SeloQ, Caban», en effet, rieii n'est moins rare que de voir les femmes acquérir, dans leur accès de vapeurs, une pénétration qu'elles n'avaient pas naturellement, et de voir disparaîtra ces avant^es, qoi De^Bont que maladifs, quand la santé revient- Rien ne se touche de pliit près, selon Diderot, que
38 hSt MIRACLES .
l'extase, les visions, les prophéties, les révélations, la poésie fuugeuse et l'état hystérique.
Hoffmann consigne la même observation.
« Il n'y a pas jusqu'au prétendu don de propli^tie, dit enfin le D' Briquet {loc cltnto, p. 412) dont on ne puisse trouver l'explication dans l'exaltation ds l'ao tîon cérébrale, de laquelle peuvent résulter deïviiM plus pénétrantes sur les événements à venir. ■
A son degré extrême, la tension nerveuse produit [a rigidité des muscles et immobilise jusqu'à la pensée. Supprimée, la liberté des mouvements fait place à la â<Lité des membrps qui conservent passivement l'attitude, si forcée soit-etle, dans laquelle on les place.
L'expression des traits qui. dans l'extase était celle de la méditation profonde ou de l'inspiratioa brb'' lante, ne traduit plus que l'inertie et l'absolue stupidité-. ■ '.;
La piqûre et même la briiinre laissent la surface d«* corps insensible.'
Ces troubles caractérisent la catalepsie.
Que de constatations étranges expliquées par cet' état!
A un degré moyen, l'excitation et rembarras.
du fonctionnement cérébral fomentent les Aaf/ucinalions proprement dites.
Ce sont les malades de cette sorte qui sont parti- . cnlièremend; enclins aux conceptions imaginairM' dont nous avons parlé, et qui participent, soit comnie:
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DBVANT LA SCIBfJCE
spectateurs, soit comme acteurs, aux scènes les plus fantastiques. Il en est d'ineffables, il en est d'effroyables, et leurs retentissements se répercutent tonguement dans l'esprit.
Jusqu'ici noua avons envisagé les dispositions individuelles de nature & favoriser la genèse des phénomènes insolites dans lesquels on a prétendu reconnaître le concours d'une volonté surnaturelle.
Certaines circonstances indépendantes de l'indi- TÏdu se prêtent admirablement à leur développement.
Examinons' les principales.
Il est à remarquer tout d'abord que depuis que Voltaire a porté le défi d accomplir un miracle en présence de l'Académie des Sciences dé Paris ou de la Société Royale de Londres et de la Faculté de médecine, pas un thaumaturge u'a relevé le gant.
C'est toujours, en e»et, dans les localités isolées, au sein de populations ignorantes et partant supertitieuses, qu'en l'absence de tout contrôle éclairé les miracles parviennent A s'accréditer.
Dans d'autres milieux, ceux-là mêmes qui s'étaiçnt annoncés avec te plus de fracas, ceux qui de prime abord avalent excité le plus d'enthousiasme n'ont pu soutenir l'examen.
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4Sy ■' LBS hiraci.es
Cet arrâté de police la^^cé au ;iom de LooisXIV, et doat le libellé peint si bien l'esprit do temps :
De par le Roy, défense h Dien De fcùre miiacls ea ce lieu,
•ofllt pour couper court aux extravagantes contorsions dont le clos Saint-Médard était le théâtre.
L'ignorance rencontre dans le découragement qui luccède aux calamités publiques un auxiliaire .des plud paissante. Ce ne sont plus alors quelques pet^ sonnes Isolément, ce sont des populations entière^ qui sont prises des troubles nerveux et intellectuels du genre de ceux dont noua partons ■
LiTTKÉ [Médecine et Médecins) en rapporte de nombreux et frappants exemples.
An moyen âge, à la suite de la peste noire qui s'était montrée des plus mHurtrières, on vit des bandés— les flagellants— allant de villa en ville, en procession, cbantant des hymnes de pénitence, et s'imposant des mortifications pour apaiser la colère du ciel. ■ On les accueillait partout avec transport, et souvent le nidme vertige enlevait soudainement & une ville une partie de ses habitants qui commençaient la pèlerinage et ses rudes dévotions — , '" ' '■ <^ fut comme nne monomanie âa deuil qui saisit an grbnd nombre d'esprits en Europe, .effet conjbiné' des vieilles superstitions et de l'époiivanté npùVelle. »'
BEOKsa décrit, sons leu^mii Danse de Saint- àii^''
DBTANT LA SOIBIfCB 41
épidêmîgue, un besoin Irrésistible de se livrer à des saatset àuae sarabande désordonnée jusqu'à épuisement et hallacinations, qui, en 1374, s'était emparé, en Allemagne, d'un nombre considérable d'individus. Des bandes de deas cents, de trois cents, quelquefois de plusieurs mille convulsionaaires , allaient d'une ville à l'autre étaler le spectacle de leur danse . insensée- Leur apparition répandait le mal qui se propageait de proche en proche.
Le tarentisme de la Fouille offre d'étroites analo- ,
gies avec la danse des Allemands,
Sous le règne de Louis XIT, les prophéties inspirées des Gamisards, les harmonies éoliennes dqnt ils , étaient charmés, les visions angéliques de beaucoup
d'entre eux ne sont pas des anomalies moins eu- . rieuses .
Hélas I les Allemands qui se livraient conTulsive-
naent à des danses extravagantes, et qui auraient
mérité d'être traités en malades, furent l'objet de ré- .
pressions sans merci. Les Camisards n'eurent pas .
plus de bonheur. Ils furent victimes des dragonnades.
Il 9st vrai qu'ils ayaient tonné contre Rome et la pa- .
panté, fait impardonnable.
Quoi qu'il en soit , les quelques faits qui viennent d'âtra cités, et dont on pourrait rapprocher lea
Vt- lAB VIUOL»
stfènes aai([tienB3 ctiaqae vaaéA s* liT*ait4 leciàéth»* distM dtas lei c&iDpis>-meetin9s aatérlcala b (ow la: foUsIuuaaioe est Untôme partout), proav«Di qaellfti aoAtB Infibesce'^ercft l'imita^sa sardes pt^oIsUMtf^ pr^ieffées.p«>rîgnoraiie6, l98 jDrijiigé», la taarreot^ le» mpératitions, les prtocOapaMoas mjratiqastt, à sntvpft rimpolsioii qa'sB Ainesto ssainpla leur ba»* prtmè>j
A cet égard, il s'est proAatt<<« lit&S, mto ciNow» tanee btea sio^oliâre dont j'eit^vniitiB la ralatbm à Lnmi (loco (;fto^ p^ 31).
• Snr plaaieaTS pofnt» de l'Altemagna, les fnfiMrtS fim&tBaIsi»d*aii tel désir d'aller en pàlerinagv ^ eQ> troTtpe an Mont Saiot-Micbel de Normandie, qa« eeox'à: qui l'on reftisaib la permission d'accompUr to Toyage mouraient infailliblement de dépit et de ^amleor. >
nratds ces'perveraions mentales offrent on caraie-' tèreqtt'il importe de noter: le caract^ collectif. L» scîeoce n'hésita pas à lâs qualifier d'épidémiqaes.
L'influence épidémlqae qai eftb engendré dosalféo^ tions d'nntont antre ordre, si elle araitoonaisté dans des agents miasmatiques et délétères, iifoA Ici à des* croyances, à des opinions, à des appréhensions on à des chimères qai portent le trouble dans l'éqailibrs moral des sociétés.
I Une sasceptibilité nervease, la frayear, le fanatisme, l'enthoasiasme, dit le IV Dclasiawk [JoumxU de M^teoine mentale^ t. V., p. 82), tais sont, dana 1b»°
•m*jn m. aounfOB ^
-tnv^rttoasria^lflWfBt^auSlaiiigéqfilis^éléueiitayqtti (K^tFi^nt, avec t'iioitatuMï^ aa dévAlcy^AmAoti df
Ab point d» Taa Kociolog^nAï to dootrins laïiK pelle la méditation .
Jgfnm WOM «cplarâ- 1* tamia^ mot «k ««»* iMOpti 1«0 mplls elles créte^ Ho«* arods étBâWU climat ; nous an coanaisaoni les vieteàltodes:.
tl.p^QiCant âebeaoooap, il eat vrai, qaanoa» ujfàût fftmdj^daas ces différBntea ooocfaas la profondeur im $o\-\ mâijfl.Doaa; sommes ea état âsjnger àa ifntAlt vé> gétation il est apte à se.eonrrir.
Vojwns maintenant pan qnt et comment 11' a Mé ooltiiré.
^or fonder on dogme, il fini allumer lMKr9e«it delaifoi' Foarins^^rerla'fol, tl'fMttfirBpperl^etflTMi et pour flrapper l'esprit, qael expédient jfftHMttr fSi 4e «ttrprondre la raiioni par la maaidesta^on A'tiae palasaaeesnpérieareàoelle dont la Dation- étailt'VlAl' gajra jasgne-l&t
Pour exister comme' seote, attirer lavfldèleiK fiMre ^fi0, 1b miracle n'est pas an moyen, il e:^ rtmvt^ cessité.
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