‹ Les missels imprimés à Venise de 1481 à 1600Chapitre 32 sur 238 · ICONOGRAPHIE — BANDEROLE · texte numérisé non relu

ICONOGRAPHIE — BANDEROLE

BANDEROLE. — L'emploi de la banderole est assez fréquent dans l'illustration des

Missels. Déroulée au-dessus d’un personnage ou tenue entre ses mains, elle fait connaître son nom, ou bien indique qu'il a prononcé des paroles, même lorsqu'elle ne porte aucune inscription. La banderole a pour équivalent le phylactère : on appelait ainsi de petites bandes de parchemin où les Juifs mscrivaient certains passages de l'Écriture sainte ; aussi réserve-t-on ce mot de préférence pour désigner les banderoles qui contiennent un fragment de texte sacré, par exemple celles des prophètes représentés

en buste dans les encadrements de page de Gregorius de Gregoriis, ou encore celle

que présente l'ange dans l’Annonce aux bergers.

ATON. — Nous signalerons ici, parmi les insignes des dignités ecclésiastiques, le bâton cantoral ou potencé, qui distingue le grand-chantre dans

la hiérarchie du clergé séculier, mais qui tient aussi lieu de crosse aux

abbés de certains ordres religieux. Il est effilé en pointe par le bas, et se

termine à la partie supérieure, en forme de T, par un fleuron ou un mascaron. On le voit dans les armes de l’ordre de Vallombreuse, au verso du dernier feuillet préliminaire du %Missale ordinis Vallisumbrosæ du 4 décembre 1503: un

grand écu, à la mitre en chef surmontant un bras vêtu de la manche monacale, qui

tient la cros — Ce

Vallombreuse, dans quelques vignettes du même Missel. Une gravure au-dessus du

een T;l'écu est sommé d'une banderole portant : ARMA. VALLISVMBROSE.

genre de bâton est donné à S‘Jean Gualbert, fondateur du monastère de

titre le montre debout sous une arcade soutenue par deux colonnes où court un ornement de feuillage ; vêtu de l’habit de l’ordre, le nimbe ceignant sa tête encapuchonnée,

un crucifix dans la main droite, il foule aux pieds le démon terras

, dont il perce la

tête avec la pointe de sa crosse potencée tenue de la main gauche; une banderole, qui se

déroule à l'intérieur des deux colonnes et de l'arcade, porte cette inscription : 1oanNEs

GVALBERTI. VAL. VMBROSE. ORDINIS INS

TOR CVIVS. S. ODOREM DEMON

CVM TERRORE DIFFVGIVNT. — Dans une grande initiale G du même Missel (recto 201), il est encore représenté entouré d'une auréole nuageuse, que soutiennent six anges en buste: il étend devant sa poitrine une banderole enroulée autour de la crosse en T plantée obliquement

devant lui; sur la banderole, on lit : CONCORDIA FRATRVM. AMOR. PROXIMORVM. — Une autre

initiale E (/{n festo bealissimi patris nostri Bernardi epi, recto 167) contient un S' Bernard, assis de face dans une stalle à fronton triangulaire, coiffé du chapeau rond ; sa main droite, repliée sur la poitrine, tient la crosse abbatiale en T ; sa main gauche, un livre fermé dressé sur son genou ; à droite et à gauche, un moine, de profil, les mains jointes ; au fond, de chaque

côté de la stalle, un arbre.

BÉNÉDICTION. — La bénédiction se donne avec la main droite : le pouce, l'index et le médius ouverts, l'annulaire et le petit doigts fermés. Ce geste convient aussi à

l’allocution.

BENOIT (S'}. — La représentation de S' Benoît est particulière aux Missels de l'ordre du Mont-Cassin, dont il fut le fondateur, et aux Missels des ordres institués sous la règle primitive

de S‘ Benoît. Parmi ces derniers est le Missale ordinis Vallisumbrosæ, déjà cité. Une grande

initiale U de ce volume (/n festiuitale s&issimi pris nfi Bñdicti abbatis, recto 184) renferme

un St Benoît, nimbé,

assis de profil sur une escabelle vénitienne, regardant vers la droite, et tenant contre sa poitrine un livre ouvert où one Ave Non Are

ot | L1 || PR | Æ | CE |

pr | A(c'est par ces mots que débute la règle de l'ordre des Bénédictins :

Ausculla, Ô fili, præcepla magistri..) A droite, S' Jean Gualbert, en costume de chevalier, l'épée au côté, nu-tête, de profil, tourné vers la gauche ; il est

incliné, fléchissant les

genoux ct portant les deux mains vers le livre que tient S' Benoît. Au second plan, à droite,

on aperçoit un homme

et une femme, celle-ci tenant les mains croisées sur sa poitrine.

Au fond, à gauche, un monticule escarpé avec

des arbres au sommet.

Dans le Missale Assomption, — Miss. ord. Fratr. Predicat., 49, 1375, Juntæ. ord. Casinensis, fol., 18 avril 1506, L.-A. Giunta, la gravure est placée au-dessus du titre : S' Benoît est debout, sur un socle rectangulaire; le nimbe ceint sa tête rasée, il porte la barbe longue; il est vêtu de la coule à capuchon et à larges manches, que recouvre la chape pontificale ; en sa qualité d’abbé, il tient la crosse de la main droite; de la main gauche, il présente ouvert un livre où on lit: av |

ee mil Re ne le DER 14 T :a Qt E « sc | vL | r|o F1 | LI. P | 1x. ; à ses pieds, des religieux agenouillés. Un peu en arrière de S' Benoît,

ICONOGRAPHIE — BENOIT (St) 29 à droite, apparaît en buste S' Maur, revêtu de la chape; il a le nimbe, la même tonsure, la barbe

demi-longue; de la main droite, il porte une mitre appuyée contre sa poitrine; de la main gauche,

il tient la crosse abbatiale et le pan gauche de la chape de S‘ Benoit. À gauche, S' Placide, avec la chape, le nimbe, la même tonsure; dans la main gauche il a la crosse; de la main droite il tient la palme du martyre et le pan droit de la chape de S‘ Benoît. Dans le haut de la composition, une guirlande fleuronnée supporte trois cartouches, avec les inscriptions : s. PIACI., s. MAvR., S | 8 | N | E. — Le même bois se retrouve sur la page de titre des Missels de l’ordre du Mont-Cassin du 3 avril 1515 et du 18 juillet 1526, imprimés aussi par L.-A. Giunta.

Le]

gravure imitée de la précédente, et copiée sur un bois de page paru dans un Breviarium ord. Casi-

ssale ord. Casinensis, fol., 1580, Dominicus Nicolinus, contient, à la page du titre, une nensis, &, mars 1562, Juntæ. S' Benoît, de la main gauche, tient la crosse, et de la main droite le

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