‹ Les missels imprimés à Venise de 1481 à 1600Chapitre 45 sur 238 · Cf, Bibl. des L. à fig. vénit · texte numérisé non relu

Cf, Bibl. des L. à fig. vénit

IGONOGRAPHIE — CRUCIFIXION 63

humaine circonscrite par un croissant. Le Christ a la couronne d’épines, le nimbe crucifère, les cheveux tombant sur les épaules, la barbe divisée en deux pointes; le sang coule de ses mains et jailliten un jet horizontal de son flanc ; le perizonium est noué sur sa hanche droite. Au-dessous

de chaque croisillon, un ange, de profil, nimbé, agenouillé sur un nuage, la main gauche pen-

dante, tient de la main droite un calice où il reçoit le sang d'une des mains de Jésus. Un autre ange, de trois quarts, dans la même posture, nimbé, tient des deux mains un calice où il reçoit le sang du flanc du

Sauveur. À gauche, se tient la

S' Vierge, de profil, nimbée, la tète levée ; ses cheveux sont couverts par le manteau dont elle retient les plis de la main droite sur sa poitrine ; sa main gauche est étendue en avant, baissée vers la terre et monrant la paume; ses pieds sont chaussés. À droite, se tient S' Jean, de trois quarts, nimbé, es cheveux frisés tombant sur e cou ; son manteau, dont les

plis se rassemblent en un gros

nœud à la ceinture, dégag

poitrine et les bras; le bras

gauche est tendu, écarté du

Le]

corps, la main ouverte, la paume

ournée vers la terre; le bras

droit, légèrement plié et écarté

du corps, la main tombante et

montrant la paume; les pieds

Crucifixion de Georg Breu, copiée dans le Miss. speciale, fol, $ août 1504, L.-A. Giunta

sont nus. À gauche, au pied de la croix, contre le bois, un crâne; en avant, sur la droite, un tibia. Entre la croix et S' Jean, une passiflore; devant ce dernier personnage, une fleur du même genre. Le terrain vallonné, çà et là planté d'arbres, s'élève vers la droite pour former un escarpement boisé, au-dessous de l'ange

au calice. Au fond, à gauche, Jérusalem, avec des tourelles carrées à créneaux. — Cette jolie

vignette est d’une facture bien vénitienne ; toutefois, le personnage du Christ est trop gros; les draperies seules ont du style, et la taille est peu soignée.

VIII. — Missaze BiSuNTINENSE, 8°, 14 avril 1500, Jacobus Malietus. — Gravure au trait,

avec quelques hachures. La croix est plantée sur une petite éminence au terrain crevassé formant

rois blocs distincts; le dessous de la traverse et la face gauche de la hampe sont ombrés de

: ner Le Christ a la

hachures obliques assez espacées ; le /ifulus en volute porte les initiales couronne d’épines, un nimbe de rayons filiformes, les cheveux tombant sur le cou, la barbe divisée en deux pointes, la tête inclinée sur l'épaule droite, les mains crispées, les pieds entrecroisant eurs pointes ; le perizonium, noué sur le ventre, passe entre les cuisses et flotte à droite,

près de la hanche. À gauche, se tient la S Vierge, de trois quarts, la tête baiss es mains

jointes devant la poitrine; sa tête, couverte par son manteau, est ceinte d’un nimbe de rayons

filiformes ; son manteau tombe en longs plis droits qui s'enroulent autour des pieds en les cachant.

A droite, S' Jean, dont le vètement touche presque le cadre de la gravure; il est posé de face, la ête de trois quarts, nimbée de rayons filiformes, levée et regardant Jésus; ses cheveux tombent en boucles sur son cou et son épaule gauche; il a les mains jointes devant la poitrine ; le pan de

son manteau qui couvre entièrement le bras droit, est relevé et retenu par l’avant-bras gauche;

pieds sont nus. Au pied de la croix, à droite, est planté un rosier; à gauche, une autre plante

difficile à définir, peut-être un lis (?); dans l’angle de droite, au-dessous de S‘ Jean, une pas

flore. En avant de la croix, au milieu, un tibia posé obliquement ; vers la droite, dans l'axe du rosier, un crâne ; vers la gauche, dans l'axe de l’autre plante, une côte. — L'art italien est absoument étranger à cette vignette, qui a dû être exécutée par des artistes français, établis à Venise.

-e Christ est as

z bien dessiné — sauf le torse, d’une anatomie un peu rudimentaire, — mais la

aille en est dure ; la tête de S' Jean a un mouvement forcé ; la S' Vierge, bien posée, rappel

par son attitude et l'arrangement de son manteau les statues de saintes qu’on rencontre dans

es églises gothiques des contrées du Nord; ce personnage, d’ailleurs, est d’un joli style.

IX. — Muissare sPecrALe, Jol., 5 août 1504, L.-A. Giunta. — Nous renvoyons à ce que nous avons dit dans l’Avant-propos, p. vr, concernant cette gravure, copie d’une Crucifixion de Georg Breu. Bien que nous ne sachions si l'estampe originale, portant le monogramme de cet artiste, a paru dans quelque Missel, nous avons tenu à la reproduire ici, à cause de sa valeur.

La croix, non équarrie, porte, fixé à une tige au-dessus de la traverse, un #/ulus en volute avec l'inscription -1-N-R-1-, les deux premières lettres coupées par le nimbe uni de Jésus. Le Christ a la couronne d’épines; dans le champ du nimbe, un faisceau de rayons émane de son front, surmonté d’une petite croix ; les cheveux tombent sur le cou ; la barbe est demi-longue ;

gouttes de sang

tombent des bras ; le perizontum est noué sur la hanche droite, l’extrémité retombant le long

de la cuisse, presque jusqu'aux pieds. La S' Vierge est debout à gauche, posée de face, nimbée,

a tête inclinée vers l’épaule droite, les mains entrecroisant leurs doigts au-dessous de la ceinture ;

e manteau couvre les cheveux; les pieds sont cachés par le vêtement. S* Jean est à droite, posé

de trois quarts, presque de dos, la tête à profil perdu, nimbé, les cheveux tombant sur le cou,

a main gauche étendue en avant de la poitrine, les pieds nus, la jambe gauche portée en avant.

La traverse de la croix se détache sur un fond de nuages qui descendent presque à la hauteur des

hanches de Jésus. Au-dessous de S* Jean, dans l’angle de droite, une passiflore ; çà et là, d’autres

plantes. Au pied de la croix, une grosse pierre; une autre plus en avant, non loin du pied gauche

de S* Jean ; une troisième vers la gauche, au-dessous de Marie ; tout à fait dans l’angle de gauche,

une pierre plate, quadrangulaire, portant le monogramme +. — Belle gravure allemande ; la draperie est d’un style remarquable ; le personnage de St Jean est fort bien posé dans une attitude que nous ne voyons jamais chez les Vénitiens; la physionomie du Christ est expressive ; tout son corps émacié trahit la souffrance, Par le dessin comme par la taille, cette estampe est bien supérieure à toutes celles que nous rencontrons dans les Missels de cette époque.

La copie, que nous reproduisons également, diffère du modèle par les détails suivants : la tête de la S' Vierge est beaucoup plus petite; la pose de trois quarts du corps de S' Jean est moins accentuée; sa tête, tout à fait de profil, est levée, regardant Jésus; le nœud du perizonium,

sur la hanche droite du Christ, fait une saillie moins volumineuse ; les gouttes de sang qui tombent

plus eros

des bras sont autrement figur g

; la forme du /ifulus n’est pas exactement la même, non plus que les lettres de l'inscription ; les ombres à la gauche de l'r initial et entre le r

et l'1 final sont moins denses. Ajoutons des dissemblances dans les plis des vêtements, dans la dis-

position des ombres, dans le dessim des extrémités des personnages et des traits de leurs physio-

nomies, dans la forme et le nombre des pierres éparses sur le terrain, etc. ; enfin, la taille, très

grossière. Au-dessous du filet de l'encadrement sont imprimées ces deux lignes : 4 famulü tuü epm nostrü cû oïbus sibi cômissis ab oï aduersifale custodi et pace ecclesie nostris côcede cpibus. X. — Missace Prac

Le bois de la croix est veiné; le /ifulus rectangulaire, fixé à la pièce verticale qui surmonte

SE, Jol., 6 novembre 1507, Petrus Liechtenstein. — Gravure ombrée.

la traverse, porte les initiales 1-N-R-1-. Au-dessus des croisillons : à gauche, le soleil, sous la forme d’une face humaine, de trois quarts, dardant des rayons droits et flamboyants alternés ; à droite, la lune, au visage humain, de trois quarts également, circonscrit par un croissant. Le Christ a la couronne d’épines, les cheveux tombant en boucles de chaque côté du cou, la barbe

divisée en deux pointes, la tête légèrement inclinée vers l’épaule droite ; de son occiput émane une

aigrette de rayons filiformes ; le sang dégoutte de ses mains, de son flanc et de ses pieds ; le

perizonium, noué sur sa hanche droite, flotte à quelque distance de la cuisse. Au-dessous €

chaque croisillon est posé un ange agenouillé sur un nuage dentelé ; celui de gauche est de trois quarts, le buste un peu penché, tenant de chaque main un calice où il reçoit les gouttes de sang qui coulent de la main droite de Jésus et qui jaillissent obliquement de son flanc; celui de droite

est dans la même posture, mais le buste et la tête sont de face; la main droite est levée à la hau-

teur de l'épaule, ouverte et présentant la paume ; le bras gauche est étendu horizontalement, tenant un calice où tombent des gouttes de sang de la main gauche du Sauveur. Derrière la

Le]

hampe de la croix, un troisième ange volant horizontalement sur le côté droit, les jambes repliées

en arrière, la tête redressée, tient un calice où jaillit obliquement par gouttes le sang des pieds du Christ. Au pied de la croix, contre la face antérieure, est placé un crâne dont la mâchoire s'appuie

sur un tibia posé presque horizontalement. À gauche, est plantée une passiflore, au feuillage

touffu, du milieu duquel s’érige une fleur; à droite, une plante analogue; sur le terrain, çà et là,

d’autres fleurs emblématiques. À gauche, se tient la S® Vierge, de trois quarts; un nimbe à double trait entoure sa tête jusqu'à la naissance des épaules; sa bouche est ouverte ; un voile couvre ses cheveux, empiétant sur le front et serré sous le menton ; par-dessus, est ramené le manteau, dont ses deux mains jointes, aux doigts entrecroisés, retiennent les pans en avant de la poitrine;

ses pieds sont chaussés. À droite, S° Jean, presque de face, les deux mains à plat sur la poitrine,

les doigts entrecroisés ; sa bouche est ouverte; ses cheveux sont disposés en grosses boucles tout autour de sa tête ; ses pieds sont nus. À droite et à gauche de Marie, ainsi que de chaque

côté de S' Jean, se voient plusieurs plantes. — Cette gravure, de facture italienne, d’une taille

assez bonne, manque d’originaité, d'élévation et de style. Le

Christ, épais et massif, à la

physionomie vulgaire, s'éloigne singulièrement du type consacré. La S' Vierge, par contre,

n’est pas mal dessinée ; mais ce

personnage ni celui de S' Jean,

en dépit des plaintes qu'ils

exhalent, ne paraissent prendre aucune part à la scène où ils figurent; leur attitude est toute de convention.

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