‹ Les missels imprimés à Venise de 1481 à 1600Chapitre 66 sur 238 · ICONOGRAPHIE — S* MADELEINE · texte numérisé non relu

ICONOGRAPHIE — S* MADELEINE

ADELEINE (S). — Nous avons insisté sur le rôle important donné à Madeleine dans

la scène de la Crucifixion ; nous aurons à la signaler encore dans des

compositions que désigne un titre particulier : les Myrrhophores au tombeau, Noli me tangere. Il ne reste à indiquer ici que les petits bois de texte où est représentée Madeleine chez Simon le pharisien, d'après le récit de l'évangile selon S' Luc (vi, 36-50). Nous trouvons une

vignette de ce genre dans le Missale Romanum, 4°, 3 juillet 1509, Sta-

gnino (recto 55): Jésus, portant le nimbe crucifère, est assis de profil, à

droite, au haut bout de la table, où sont dressés des mets ; le siège où il est placé repose

sur un socle qui le re- turban, la tête tournée vers

hausse quelque peu; il Jésus ; sa main droite est posée

a la main droite posée au bord de la table; sa main

au bord de la table ; sa gauche, à plat sur la poitrine.

Près de lui est S' Jean, nimbé,

main gauche fait le geste

de l’allocution. À gau- tourné aussi vers le Sauveur,

che, Madeleine est age- le buste et la tête coupés par

nouillée, accroupie sur le cadre de la gravure. Au

les talons, le buste in- fond, en arrière de ces deux

cliné, ses longs cheveux convives, se tiennent debout

dénoués pendant jus- trois personnages qui parlent

qu'à terre ; elle tient des entre eux; celui de gauche est deux mains le pied gauche du de profil, coiffé d’un bonnet; Christ près duquel on voit le celui du milieu est de face,

vase de parfum apporté par la tête nue; celui de droite est de

trois quarts, coiffé d’un tur-

pécheresse. De l’autre côté de

— Miss, Rom,

la table est assis de face Si- Aüoration des Mag 20 novembre:so, ban, le bras gauche replié sur L.-A. Giunta.

mon le pharisien, coiffé d’un la poitrine, la main faisant

geste de l’allocution. La composition est presque semblable dans le Wissale Romanum, fol.,

Lei

10 janvier 1523, L.-A. Giunta (verso 67) : Jésus, sans nimbe, est assis à la même place et dans la

même attitude; Madeleine est en riche toilette, les bras cerclés de bracelets; sur le grand côté d la table sont assis deux convives, coiffés du turban; pas de personnages debout derrière eux; au fond, un mur percé de deux fenêtres.

Quelques différences dans la vignette du Missale Romanum, 8°, 1543, Hieronymus Scotus

Jésus est assis à gauche, la main droite faisant le geste de l’allocution ; Madeleine est

nimbée. Contre le mur du fond, percé d’une fenêtre dont on ne voit que la partie inférieure, sont assis à la table deux convives : l’un a les mains écartées du corps et ouvertes, faisant le geste de la surprise: l’autre, nimbé, a les deux mains appuyées sur la table et parait se soulever légèrement de son siège pour voir ce que fait Madeleine en avant de la table. Entre les deux convives, on voit le buste d’un serviteur apportant un plat; à droite, paraît de profil une servante apportant une

amphore.

MAGES. — L'Adoration des Mages est un des sujets les plus fréquemment traités dans les Missels , soit en bois de page, soit en petites vignettes de texte, soit dans les initiales ornées.

Généralement, les représentations sont conformes à la tradition qui veut que les Mages, comme les

bergers, soient allés au nombre de trois à Bethléem. Suivant la convention admise à partir du

quinzième siècle, on leur attribue des âges différents : l’un est un vieillard, l’autre un homme fait, le troisième un jeune homme; leurs costumes aussi sont variés, pour indiquer la diversité des races. Ils apportent chacun un présent symbolique : l'or, indice de la puissance suprême du divin Messie qui vient régner sur le monde ; l'encens, qui caractérise l'exercice du souverain sacerdoce ; la myrrhe, évoquant l'idée de la mort et de la sépulture de la victime sacrée immolée pour le salut du genre humain. Un seul des Mages est agenouillé devant l'enfant Jésus; les deux autres se parlent en attendant leur tour pour offrir leurs présents. Au-dessus de la scène, qui se passe, non plus à l’étable

même comme dans la Nafivilé, mais dans un lieu indéterminé, apparaît l'étoile miraculeuse qui

guida les voyageurs jusqu'à la crèche. Dans les compositions de dimensions assez importantes, des serviteurs tiennent par la bride les chameaux qui ont amené les Mages.

Oo es

Le premier bois de page où soit traité ce sujet se trouve dans le Missale Romanum, 20 novembre 1501, L.-A. Giunta. Le tableau est enfermé dans un encadrement à colonnes ; le motif supérieur est formé par deux dauphins dont les têtes reposent sur les chapiteaux des colonnes, et dont les queues se rejoignent au milieu de la largeur de la gravure; à leurs nageoires, dans les angles de droite et de gauche, est suspendue une guirlande de feuillage où sont assis trois

petits ar ailés dans des attitudes diverses. La S' Vierge est assise de trois quarts, près de la

colonne de droite ; elle est nimbée ; ses cheveux flottent sur ses épaules ; le buste penché en avant, elle tient sur ses genoux l’enfant Jésus, nu, qui tourne la tête et tend Ja main droite vers la gauche. Derrière Marie se tient S° Joseph, dont le bas du corps est caché; il est posé de trois quarts, regardant vers la gauche, les mains rapprochées, presque jointes, en avant de la poitrine. À

gauche, le plus vieux des Mages, agenouillé de profil, se prosterne devant l'enfant Jésus : il est nu-

tête, avec la barbe longue et les cheveux flottant sur ses épaules; il est vêtu d’une tunique à larges

manches, fendue sur le côté depuis le haut de la cuisse ; son pied droit est caché par le pied de la

colonne de gauche; sa main gauche est appuyée à terre; de la main droite il présente à l'enfant un

ciboire qui contient son offrande. Il cache jusqu’à mi-cuisse le second Mage qui se tient debout, de

profil, inclinant la tête; celui-là a la figure imberbe, est vêtu d’une tunique courte et coiffé d’un onnet en tronc de cône; il porte des deux mains, à la hauteur de la ceinture, un ciboire. Entre ce personnage et la colonne de gauche apparaît, posé de face, un serviteur, nu-tête, dont on ne voit qu'une partie du corps. Le troisième Mage est debout, de face, au centre de la composition, a tête légèrement tournée vers la gauche; il a la barbe courte, est vêtu d’une longue robe à camail et coiffé d'un turban ; de la main droite, il tient par le pied un ciboire sur le bord d uquel sont posés es doigts de sa main gauche. Entre lui et le second Mage, on aperçoit la tête et le buste d'un autre personnage barbu, tourné de profil vers la droite, coiffé d’un bonnet tel que celui du roi

David dans la gravure Befhsabée au bain du même Missel (cf. p. 35). Paysage vallonné, semé de

bouquets d'arbres ; entre deux hauts monticules qui s'élèvent sur la gauche, on voit se profiler deux chameaux, en avant desquels marchent deux serviteurs, l'un coiffé d’un bonnet, l'autre d'un turban,

et vus en buste seulement. Dans le haut, à droite, l'étoile miraculeuse.

Dans le Missale ord. Vallisumbrosæ, fol., 4 décembre 1503, déjà cité, c’est une grande initiale fleuronnée E (recto 16) qui contient la représentation, analogue à la précédente. Ici le nombre des Mages est réduit à deux. L'un est agenouillé de profil, nu-tête, tourné vers la droite, présentant à l'enfant Jésus un ciboire. Près de lui, le second, coiffé d’un turban, est debout, tenant un ciboire dont il soulève le couvercle de la main gauche pour en montrer l'intérieur. A droite, Marie, nimbée, tient sur ses genoux l'enfant, nu, qui tend la main droite vers le présent offert par le Mage agenouillé. Près de Marie, se tient S' Joseph, nimbé, dont on ne voit que le buste, de trois quarts, regardant vers la gauche. Au fond, bouquet d'arbres.

Le Missale Romanum, 8, 30 juillet 1506, Stagnino, nous offre une composition du même genre. La S' Vierge, nimbée, est assise à gauche, tenant sur ses genoux l'enfant, nu, orné du nimbe crucifère. Près de Marie, et le bas du corps caché par elle, S' Joseph apparaît de trois

quarts, tourné vers la droite, inclinant la tête, les yeux baiss

és, appuyé des deux mains sur un bâton. Au milieu, est agenouillé de profil un des Mages, chauve avec une longue barbe, vêtu d’une

tunique à larges manches ; le buste incliné, il élève des deux mains vers l'enfant un vase de la

forme des anciennes monstrances'; près de lui, sur le bord même de la gravure, est posée à terre sa couronne à l'antique. À droite se tient debout, de trois quarts, le second Mage, à figure imberbe, ayant sur la tête une couronne à l'antique; il est vêtu d’une tunique courte; une aumOnière pend à son côté gauche ; il porte des deux mains un vase de la même forme que celui du Mage agenouillé. Le troisième Mage est debout, de face, presque au milieu de la composition ; il

a la barbe courte, est vêtu d’une longue robe et coiffé d’un turban orné d’une couronne à l’an-

tique; sa tête est légèrement inclinée vers l'épaule droite ; de la main droite il tient un ciboire qu'il montre de la main gauche. Entre ce personnage et le plus jeune apparaît, en buste seulement, un

homme à longue barbe, coïffé d’un turban, tourné de trois quarts vers la gauche. Un autre, nu-tête,

regardant dans la même direction, laisse voir son visage, et une partie de son buste entre le second

Mage et le filet du cadre de la gravure. Le fond est formé par des éminences de terrain avec bouquets d'arbres à gauche. Dans un chemin creux indiqué sur la droite, apparaissent trois personnages en buste, coiffés d’un bonnet, se dirigeant vers la droite; plus à droite, deux serviteurs conduisent par la bride un chameau dont on n’aperçoit que la tête; à leur suite marche un autre serviteur, vu en buste seulement, de profil. L'étoile n’est pas figurée dans cette gravure.

Le Missale Romanum, 4, 3 juillet 1509, du même imprimeur, nous offre, outre ce bois de page, une petite vignette placée au recto correspondant (recto 16) en tête de l'office de la fête de

l'Epiphanie ; elle représente la comparution des Mages devant Hérode, à qui ils viennent demander

où est né le roi des Juifs dont ils ont vu l'étoile vers lorient. Hérode est assis à gauche sur un trône dont les bras figurent des sphynx ailés ; il a la couronne à l'antique, et porte la dalmatique à

larges manches ; il tient un sceptre de la main droite; le geste de la main gauche, ouverte, écartée

du corps, semble inviter les visiteurs à parler. Au delà du trône du roi, et près de lui, se tient un

scribe, debout, de trois quarts, tourné vers la droite, lisant dans un livre. Au fond, un autre personnage, coiffé d’un turban, vu en buste seulement. Les trois Mages sont debout à droite, vêtus de longues robes, portant la couronne à l'antique ; le plus jeune, posé presque de face, et le plus

1. — Modèle primitif du vase sacré qui sert à exposer l'Eucharistie, et qu'on appelle aujourd'hui ostensoir.

vieux, de profil, tiennent chacun un ciboire contenant leur offrande ; le troisième est à l'extrème

droite, de profil, le corps coupé par le filet du cadre de la gravure. Dans

inscrite la légende : TRES MAGI-ANTE-HERODEM-REX- (sic).

L'Adoration des Mages, dans le Missale Romanum, 4, 16 septembr. de Leucho, n’a pas l'aspect d'une gravure italienne; elle est «

Dans le Missale Romanum, fol., 1542, Hieronymus Scotus, le suje

vignette oblongue placée dans la partie de gauche de l'encadrement de page du recto 1. La scène se passe en avant

‘une porte de ville

effondrée au faite et

HR

anquée à gauche

une grosse tour

ronde, à laquelle s'a-

dosse la crèche abritée par un auvent.

Sous l’auvent, la S'° Vierge, nimbée, est assise de profil sur une pierre, tournée vers la droite, tenant l'enfant Jésus, nu, sur ses genoux. Derrière Marie, S' Joseph est debout, nimbé, de profil, tourné du même cûté, la main droite levée au-dessus de son front. À droite,

tourné vers la gauche.

ete. Hätrti4

Diieftela ec

TENRETA serbge Burt & yout (CO

ænctur vis?

gfa aire vi’ debit:r ébula bat se. 1(8.60

cms Retlä ei € on € faré Bath.

An Sitate c8pe ||»

usé plona um accepto?

Seséotgéte |

doc 1e

gnée dans le

TE | wniuerfa ccclia gérui:qr etill

Œlirginalé bc puert leu de angel murätur paitozeo: ce” dum ecreftatur:vegeranture || magusé Detusmanmus |

Surcipiatifta otceclbid@

| magiqdnéfuatec.b.Zluge

Regee than” fia zffulcrgu hera offerd

regesarabi.s fb.ri.fo./6

Erarge ble’ nualé 7 arcf fpicead oué téz m5 colle <tog.baruc.4

Ra

Uidétesftd” La mag gant fifüt gaudio magho. vale té matheds

Péteaätiup mia bonozare ti ficut fer” pti é: tait

radiréros c

Adoration des Mages. — Miss. Rom, 49, 3 juillet 1509, Bern. Stagninus.

Aux pieds de la SE Vierg

, en avant, à tert

e bas de la vignette, est

1512, Jacobus Pencius

bas, à gauche : VGO.

est traité en une petite

un des Mages est agenouillé devant l'enfant, le buste incliné, les mains jointes; près de lui sont déposés à terre sa couronne à l'antique et son cimeterre. À la suite de ce personnage, s’avance le second Mage, posé de trois quarts, porant un ciboire, coiffé d’un turban orné de la couronne à l’anique, et le cimeterre au côté. Au troisième plan, à droite, ap-

paraît en buste le

troisième Mage avec la couronne à l'antique, portant aussi un ciboire.

Sur le même plan.

EE EE = près de la tour, on D ra re D

voit la tête et l’avant-

train d’un cheval

, est déposée une cassolette,

présent offert par le Mage agenouillé. Le sommet de la tour est garni de plantes. Au-dessus de la

brè

marque : À

es

he de la porte, rayonne l'étoile miraculeuse. Au milieu de la gravure, dans le bas, se trouve la

Une vignette particulièrement remarquable par le charme de la composition et la finesse de

la facture, est celle qui orne le commencement du texte de l'office de l'Épiphanie, dans le Missale

Romanum, 4, 1549, Joannes Gryphius (verso 16). La S' Vierge, nimbée, les cheveux flottants sur

dm Se AR En ET EU ND NP AD UP A

metusietststsiæeletætstæin

| < ll N g/ ||

n Q & CR CS CE €

s a ra y

" DD eo @

me

les épaules, est assise à droite, tenant sur ses genoux l'enfant Jésus nu, qui tend les bras en avant. Derrière Marie, et à demi caché par elle, S' Joseph est debout, le buste incliné en avant, prenant de la main droite un ciboire que lui donne un des Mages. Le plus vieux de ceux-ci est prosterné à gauche, de profil, la tête levée vers Jésus; sa main droite est appuyée à terre, touchant le bas de la robe de la Vierge; de la main gauche, il prend un des pieds de l'enfant comme pour le porter à ses lèvres. Les deux autres Mages sont au second plan, coiffés d’un turban orné d’une couronne fleuronnée, portant chacun un ciboire, se dirigeant vers le groupe de la S' Famille; celui qui est le plus à gauche a le corps coupé par le filet du cadre de la vignette; l’autre, la tête tournée vers son compagnon, lui indique de la main droite S' Joseph, à qui il tend en même temps de la main gauche son présent. Entre ces deux personnages apparaît la tète d’un homme coiffé d’un bonnet pointu. Une autre tête est indiquée par quelques traits à l'extrème gauche. Paysage vallonné, planté

de bouquets d'arbres. Derrière S' Joseph, à droite, un pan de mur avec un pilastre orné ; au fond,

dans une trouée du paysage, apparait une église, à gauche de laquelle rayonne l'étoile miraculeuse. La composition est plus importante dans le Missale Romanum, fol., septembre 1563, Juntæ (verso 21). À droite, la S'° Vierge, tête, le bras droit pendant, la main

nimbée de rayons, est assise de face gauche levée en avant; près de lui, à

sur un socle, la tête un peu inclinée terre, est déposée une coupe. Vers la

et tournée légèrement vers la gauche, gauche, le second Mage, couronné, tenant l'enfant Jésus, nu, assis sur retenant de la main droite les plis de

ses genoux. Derrière elle se tient S' son vêtement, s’avance vers la St

Joseph, dont on ne voit que le buste. Vierge, le corps incliné en avant, la

Adoration des s.— Miss.

Au milieu de la composition, un des RE LOS a HoNE

main gauche tendant un ciboire. Au Mages est agenouillé, de profil, nu- SFr second plan, dans le milieu, le troi-

alement couronné, dont on n'aperçoit que le buste, tourne la tête vers la gauche,

sième Mage, ég; où, par une fenêtre basse, un serviteur lui tend un ciboire. Au fond, petite porte, à l'entrée de laquelle apparaissent deux chameaux conduits par deux serviteurs, l’un sur sa monture, l’autre

ayant mis pied à terre; en arrière, des montagnes. La muraille, au-dessus de la voûte de la porte,

est effondrée et laisse voir l'étoile rayonnante. Attenant à la porte, un autre pan de muraille, qui se

continue vers la droite, percé d’une seconde porte basse à laquelle donne accès un escalier de pierre.

MANNE. — Un des symboles eucharistiques dans l'Ancien Testament. La représentation des [sraélites recueillant la manne dans le désert se voit souvent dans les encadrements de page

riis.

des Missels de Gregorius de Greg

MARTIN (S'). — Représenté souvent dans les initiales ornées, en costume d’évêque,

nimbé, tenant un livre de la main droite et la crosse de la main gauche.

MARTYRS. — Les types des martyrs, soit isolés, soit en petits groupes, tenant une palme, des Missels. Une

font partie des sujets les plus fréquemment introduits dans les initiales ornée

petite vignette du Missale Romanum, 4, 3 juillet 1509, Stagnino (verso 170), représente un groupe

it de quarante

nombreux au-dessous duquel est inscrite la légende : :s-QvADRAGINTA MARTIRE; il s'aç

Page 1