‹ Les missions anglicanes: Ouvrage précédé d'une lettre-preface de Mgr Le RoyChapitre 14 sur 24 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

La Société des saintes missions.

Parmi les efforts qui, dans ces derniers temps et surtout à Theure actuelle, se multiplient au sein de Tanglicanisme pour marcher sur les traces de nos missionnaires et rivaliser de zèle et d*esprit de sacrifice avec eux, le plus frappant, croyonsnous, est l'institution de la société de missionnaires appelée The society of the sacred missions.

En 1890, un jeune ministre anglican, le révérend Kelly, exerçait son ministère dans une des paroisses de Londres. Une grande tristesse remplissait son ftme en voyant qu'il ne pouvait faire là que peu de bien, et une pensée le tourmentait : U pensée que, parmi les infidèles, un grand

nombre privés de tout secours religieux répondraient mieux à ses efforts. « Je ne pouvais, dit-il, m'empêcher de sentir que le terrible abandon spirituel de nos missions constituait pour moi une sorte d'appel personnel. >

Mais que pouvait-il faire seul? Il eût voulu pouvoir recruter toute une légion de missionnaires pour s'élancer dans les contrées lointaines à la conquête des âmes.

A cette époque Mgr Cerfe était sacré évêque pour être envoyé en Corée. Mais la Corée était une mission pauvre, abandonnée, où personne ne se souciait d'aller travailler. Le nouvel évêque ne pouvait trouver d'ouvriers disposés à partir avec lui pour défricher ce champ lointain, inculte et ingrat. Le révérend Kelly se présenta. L'évêque jugea qu'il pouvait faire mieux que de venir seul. Il vit qu'il y avait dans ce jeune ministre l'étoffe d'un recruteur, d'un formateur, et d'un directeur de missionnaires. Il le chargea de cette œuvre. Difficile en elle-même, la tâche le devenait davantage encore par suite de l'idéal élevé que le révérend Kelly

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s'était &it des missions. Sa conviction était et elle est encore que si Ton veut y travailler de manière à faire un bien sérieux, il faut être indifférent au climat et au genre de vie, renoncer à tout salaire et à tout intérêt propre, pratiquer la pauvreté et Tobéissance, et surtout garder le célibat. « Personne, dit-il, ne peut être indifférent au salaire, au climat, aux lieux, si un devoir principal l'attache à une autre personne ; et il n'est pas aussi facile pour lui d*être indifférent à sa position sociale. Le célibat est une nécessité du système d'association et d'organisation d'ouvriers spirituels qui gagne chaque jour du terrain.» C'était également, et c'est encore la conviction du révérend Kelly que, pour faire le bien dans les missions, il est nécessaire de s'y attacher par un engagement per« pétuel, sans aucune arrière-pensée de retour dans son pays natal, et au milieu des siens. « Le simple fait d^une limite exprimée est une source de dérangement, et suggère l'idée qu'un temps viendra où Ton sera libre. La paix et le contentement pris naissent du sentiment que l'on a d'avoir

une résolution qui durera toute une vie. »

Une autre conviction fortement imprimée dans l'esprit du révérend Kelly, c'est que les clergymen qui s'en vont travailler à l'étranger ne peuvent être vraiment utiles aux missions qu'à la condition d'y avoir été préparés par une formation longue et spéciale, et que cette formation doit com* prendre de fortes études théologiques. Mais la formation au renoncement^à l'obéissance, à l'humilité et à toutes les vertus apostoliques lui paraît plus nécessaire encore.

Le révérend Kelly, que les anglicans appellent maintenant et que nous appellerons nous-mêmes le Père Kelly, Father Kelly^ a raconté au public dans un petit volume où Ton trouve l'accent d'une sincérité touchante qu'il a intitulé : Histoire d'une idée religieuse^ comment toutes ces idées lui sont venues et comment elles se sont réalisées. Car elles se sont réalisées, et elles se réalisent chaque jour davantage, et c'est là surtout ce qu'il y a de frappant. La Society of the sacred missions est aujourd'hui établie et elle envoie des missionnaires en Corée et dans l'Afrique

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