‹ Les missions anglicanes: Ouvrage précédé d'une lettre-preface de Mgr Le RoyChapitre 17 sur 24 · CHAPITRE XII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XII

Accroissement de zélé pour les missioas qui s'est fésté dans ces derniers temps au sein de l'Eglise cane.

Que, dans «s derniers temps, conviction qu'il existe pour tout chi une obligation de contribuer à l'extei du règne de Noire-Seigneur par les sions devienne très commune che anglicans, qu'elle leur soit inculquai leur Eglise réunie en une sorte de ce œcuménique, que l'œuvre des mis anglicanes, après avoir été simple l'œuvre des particuliers, soit devenu tende à devenir l'œuvre de l'Eglise ; cane, et celle qu'elle considère comi première et la plus importante de te cest là un fait capital auquel on ne si accorder trop d'attention. Ce fait est î

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testable. « Nous arrivons enfin, disent dans leur Encyclique déjà citée les 194 évêques de la dernière conférence de Lambeth, nous arrivons enfin au sujet des missions étrangères, Tœuvre qui, dans les temps présents, tient le premier rang parmi toutes les tâches que nous avons à remplir. Nous avons des raisons spéciales de rendre grâces à Dieu du réveil et de raccroîssement de zèle qui s'est produit dans notre communauté tout entière pour cette œuvre principale de TEglise, Fœuvre pour laquelle TEglise a reçu sa mission de Notre-Seigneur. »

Il semblerait bien que de telles paroles consignées dans une Encyclique signée par tous les évêques anglicans constituent une adoption officielle de l'œuvre des missions par l'Eglise anglicane. Cependant le primat de cette Eglise, le docteur Temple, archevêque de Cantorbéry, ne juge pas que cela suffise encore. A la fin d'octobre i8g8, dans un sermon prêché à Oxford à l'occasion d'une grande cérémonie destinée à exciter le zèle en faveur des missions, il s'exprimait en ces termes :

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< Jusqu'ici le travail des mission:

pas été entrepris par l'Eglise elle-m Il y a eu des efforts individuels.

l'Eglise, comme corps, ne s'est pas en mouvement. Et cependant t'Espr Dieu nous parle, non plus comme a fois par des miracles, mais en s'adress notre conscience et à notre raison. I un appel à notre Eglise. Il l'invite à usage des moyens merveilleux qui mis à sa disposition. C'est partout l'Anglais domine. C'est partout qu'il sède des moyens que n'ont point les au Depuis bien des années nos colonie sont développées. Elles se développen core, et il semble qu'il n'y ait pas c mites à la possibilité de leur dévelc ment ultérieur. Un chrétien peut-il c que le Maître qui gouverne le monde i posé les choses ainsi uniquement l'extension de la civilisation et du i merce? N'y a-t-il pas un dessein d'en qui se déroule à travers les siècles Dieu qui choisit autrefois et prit so ormer la nation juive, n'a-t-il pas c notre nation et notre Eglise poui

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grande œuvre? Il faut qu'il n'y ait pas ue seule paroisse chrétienne où il demeure possible que cette dernière mission de Notre-Seigneur ne soit pas connue absolument de tous. Si nous négligeons cet appel divin, notre vie spirituelle en souffrira (i). >

Au mois de mai 1899, dans un discours prononcé à la réunion annuelle de la S. P. G., le même archevêque de Cantor* béry disait encore :

< Il y a des marques auxquelles on re« connaît que le pays tout entier se réserve pour les missions. On commence à com* prendre que la vraie condition de l'existence et de l'activité de l'Eglise ne doit point se chercher dans son œuvre du dedans, mais dans la manière dont elle rem« plit sa mission de porter TEvangile aux nations lointaines. »

Pour avancer l'œuvre des missions» les anglicans ne se bornent pas à des discours , à des cérémonies, à des Conciles et à des Encycliques. Ils ne se contentent pas de

(i) The Guardian, November, 2, 1898.

parler, ils agissent. Ils cherchent de 1' gent et des hommes, et ils en trouvent ils organisent des œuvres, et ils form des projets grandioses. A les entendn à les voir à l'œuvre, encore un peu temps, et le monde est à eux. Les évgques de la dernière conférence de Lt beth ont avisé aux moyens d'attirer à 1 communion non seulement les paï'e mais les juifs et les mahométans, deux tégories particulièrement difficiles à ci vertir sur lesquelles les Anglais ont p de prise que les autres. C'est au moins qu'ils pensent.

< Les Juifs, disent les 194 évêques di leur encyclique, semblent mériter une tention plus grande que celle dont ils 1 été l'objet jusqu'ici. Les difficultés de convertir sont très grandes ; mais plus grandes viennent de l'indifTérei qu'éprouvent les chrétiens quand il s't d'amener cette classe d'hommes à Noi Seigneur. >

< I] est difficile, dit un rapport spéc du Comité des missions nommé par Conférence, il est difficile de fixer d'u

manière certaine le nombre des Juifs répandus actuellement dans les diverses parties du monde. Leur nombre total n'est probablement guère inférieur à dix millions. L'Europe en compte environ huit millions, l'Amérique un million, l'Afrique environ 35o,ooo, l'Asie environ 3oo,ooo et l'Australie environ 20,000.

L'Angleterre compte environ de 100^ 000 à 120^000 Juifs. Ils sont principalement réunis à Londres. Dans le doyenné de Spitalfields, sur une population totale de 56,000 habitants, on compte 84,000 Juifs. >

Un rapport sur les moyens à prendre pour travailler à la. conversion des Juifs présenté à la Convocation du clergé de la province de Cantorbéry, au commencement de février de cette année 1899, reproduit ces chiffres en les modifiant légèrement sur quelques points, et il y ajoute des renseignements sur ce qu'on pourrait appeler l'outillage de l'Eglise anglicane pour la conversion des Juifs.

< Quelles sont les agences pour la conversion des Juifs ayant des rapports directs avec l'Eglise de l'Angleterre? Le

premier essai d'organisation fut fait par la London Society for promoting christ among the Jews, société fondée en D'autres sociétés vinrent ensuite. Cel!

prit le nom de The parochial missit the Jeivs at home and abroad a poi d'aider les curés à convertir les Ju leurs paroisses en leur fournissant d caires ayant reçu une formation sp en vue de ce ministère. La société East London missions to the Jews s tache à l'œuvre remarquable dirigée dant un grand nombre d'années f Révérend Michael Rosenthal, rabbin verti. La société The missions to Je km and the East est étroitement u l'œuvre poursuivie par le D' Blytl évêque anglican résidant à Jérusalem.

Voici ce qu'on lisait dans le n" du li tembre 1899 de VEnglish Churchman les renseignements étaient puisés ï sources officielles :

< L'accroissement de zèle qui s'est nifesté relativement aux missions 1 partagé par la Société de Londres pour mouvoir le christianisme parmi les «

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Le comité de cette société a, durant les dix dernières années, considérablement augmenté le personnel de ses missionnaires, surtout en Angleterre, en Palestine et en Perse. En i8go, ils étaient i34y ils sont aujourd'hui 184. »

Nous ne savons si tous ces efforts produisent beaucoup de résultats. Nous en doutons fort. Mais, dans tous les cas, on voit que l'Eglise anglicane ne s'en tient pas sur ce point à de pieuses théories et qu'elle prend pour réaliser ses vues les moyens qui lui paraissent les plus efficaces.

Voilà pour les Juifs.

Les évêques anglicans pensent que les espérances de conversion sont plus grandes du côté des mahométans. Puissent-ils être dans le vrai ! Le nombre de ces malheureux est si considérable ! « On évalue^ dit le rapport de la commission des missions, on évalue la population totale du globe à 1,500,000,000. Un septième de cette population totale sont mahométans. Voici leur répartition :

Europe 5,750,000

Asie et archipel oriental. . . 169,001

Afrique 40,001

Australie 2

« Le quart de ce nombre total soi toyens de l'empire britannique. D'ap dernier recensement, dans les Indes st le nombre des mahométans s'éU 57,321,164. Ils ont par là un titre s[ à compter sur la charité de ceux de concitoyens qui sont plus favorisés. »

« Quand le rapport en vient aux moj prendre pour amener les disciples du ( à croire à l'Evangile, il fait des observa où l'on reconnaît un grand esprit prat < Une chose essentielle c'est que les sionnaires qui entreprennent leur co sion aient fait une ^tude approfond patiente du mahométisme et aussi langue arabe, et qu'ils fassent preuve 1 justice absolue en traitant du mahomé et du caractère de Mahomet. Il faut < aient bien soin, en discutant sur les p par où le christianisme et le mahomél diffèrent, de ne pas perdre de vue ceu où ils se rencontrent. »

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c En règle générale, un missionnaire ne devrait jamais leur être envoyé seul, afin de prévenir les accusations contre sa moralité dont ils font leurs armes favorites. »

« En règle générale aussi, cette œuvre ne devrait être confiée qu'à des missionnaires ayant reçu une formation spéciale et consacrés uniquement à ce minitère. »

La dernière Convocation du clergé de la province de Cantorbéry, après s'être occupée des Juifsy a porté son attention sur les mahométans. Le chanoine Proctor a rapporté qu'il y a quelques années, le curé anglican sur la paroisse duquel se trouvent les Docks Victoria y à Londres, s'aperçut qu'on y employait un grand nombre de mahométans. On en comptait parfois jusqu'à i.5oo. Il parvint à organiser une sorte de mission pour travailler à les convertir. Les conversions ne furent pas nom* breuses. « Mais le travail de ce genre, dit le chanoine anglican» ne doit pas s'apprécier par ses résultats immédiats. Ces hommes ont emporté dans les diverses parties de l'Inde le souvenir et l'impression de la bonté qui leur avait été témoi-

gnée, et le résultat a été une disposition plus favorable envers l'Angleterre chrétienne. »

On voit par les quelques extraits que nous citons à dessein, quel zèle, quelle intelligence et quelle sûreté de coup d'oeil les anglicans apportent dans cette œuvre des missions qu'ils ont si fort à cœur.

« Le temps paraît mûr pour la moisson, dit le rapport, et la Commission a la confiance qu'un des résultats de cette Conférence sera que Tœuvre des missions prendra aux yeux d'un grand nombre d'ecclésiastiques une importance plus grande que par le passé. » Cette confiance n'était pas vaine. Un des principaux résultats, probablement le principal de tous, obtenu par cette espèce de concile anglican réuni au palais de Lambeth, à Londres^ en juillet 1897, a été de donner un développement plus considérable et une organisation plus forte aux missions anglicanes, et de provoquer en leur faveur des sympathies plus vives et plus nombreuses.

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