CHAPITRE PREMIER
L'Association pour promouvoir l'instruction chrétienne.
Si Ton se proposait de donner au public une histoire des missions anglicanes, il faudrait remonter à leurs origines, raconter les travaux qu'elles ont accomplis dans le passé, faire connaître les hommes,
les lieux, et les institutions. Rien de tout cela n'est nécessaire pour la très rapide esquisse que Ton se propose de tracer.
Notre dessein étant de montrer cette vaste machine à prendre des âmes telle qu'elle fonctionne aujourd'hui, nous commence-
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roDS par faire coanaître ses priacipaux rouages.
Taodis que les Missions catholiques ne sont aidées que par la grande Association de la Propagation de la foi, les Missions anglicanes ont à leur service un assez grand nombre d'associations dont plusieurs fon importantes, organisées sur de vastes proportions et disposant de ressources considérables. La plus ancienne est celle qui est appelée Association pour promouvoir l'instruction chrétienne, Society for promoting Christian Knowledge (S. P. C. K.)- Elle remonieà l'année 1696.
Son but est de répandre à profusion, et si elle le pouvait, dans le monde entier, des exemplaires de livres religieux anglicans, en commençant par la Bible ou des parties de la Bible traduite par des anglicans^ et en ayant soin de propager le Prayer Book qui est à la fois le missel, le rituel, et le paroissien des anglicans. Du reste son zèle s'étend à toutes les publications religieuses de nature à favoriser l'anglicanisme, surtout le catéchisme anglican. En parcourant les comptes rendus, od remarque
que, dès l'année 1720, elle avait, dans l'espace de cette seule année, distribué 10,000 traductions du Nouveau Testament, 6000 psautiers, 5oo catéchismes, rien que dans la langue arabe, et elle en distribuait dans toutes les langues. Il y a déjà longtemps qu'elle distribue avec une profusion toujours croissante des livres religieux en plus de cinquante langues.
Aujourd'hui, tout en continuant à propager de préférence des publications religieuses, la S. P. C. K. s'accommode aux besoins, aux tendances, aux goûts actuels.
Elle fait une assez large place à des publications non pas frivoles^ mais d'un caractère moins sévère. Sa devise est :
Tempora mutantur et nos mutamur in mis.
Dans le cours de l'année qui finissait le 3i mars 1897, ses comptes rendus établissent une distribution de :
145,205 Bibles; 22^975 Nouveaux Testaments ; 324,426 Livres de prières;
8,588,902 Ouvrages de divers genres; 12,537,091 Tracts.
Mais celte société ne se borne pas à répandre des livres et des tracts. Elle paye le voyage d'un grand nombre de mission* naires, leur bâtit des églises et des écoles, entretient des médecins attachés aux missions, etc. Pour la seule œuvre des « missions médicales > elle dépense chaque année 32y5oo francs.
Une œuvre qui entre encore dans le cadre de la S. P- C. K. c'est de venir en aide à des évêques dont le revenu, par suite de la baisse dans l'intérêt de l'argent, est devenu insuffisant. Car ces évêchés des missions anglicanes ont des fondations. Un capital de 25o,ooo francs produisait autrefois un intérêt de i2,5oo à i5ooo francs (i). Aujourd'hui que ce revenu annuel a subi une diminution, la S. P. C. K. prend sur ses fonds pour compléter le traitement d'un certain nombre d'évêques qui se trouvent dans la gêne.
(i) Si Ton considère qu'en Angleterre l'évéque de Londres a un traitement annuel de 250,000 francs, que les évêques missionnaires anglicans ont d'ordinaire une famille à élever, un rang à conserver et des oeuvres à soutenir, on trouvera que ce traitement n'est pas norme.
Cette association a des règles et des constitutions rédigées en soixante et un articles où tout ce qui regarde son organisation et son fonctionnement est prévu dans tous les détails.
L'archevêque de Cantorbéry, primat de TEglise anglicane, est le président de droit de Tassociation.
Sous la haute direction de l'archevêque de Cantorbéry, un corps de vice-présidents est élu chaque année dans des conditions déterminées^, et sur la présentation du Comité permanent.
Le Comité permanent se compose de 24 membres de la société. Six d'entre eux se retirent chaque année par ordre d'ancienneté de service, et sont remplacés par six nouveaux membres élus en suivant des règles déterminées à l'avance.
C'est au Comité permanent qu'appartient la gestion des affaires^ la nomination et la direction des employés, et tout ce qui regarde l'administration.
Le Comité permanent est aidé par quatre trésoriers et deux secrétaires, le secrétaire des affaires générales, et le secré-
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taire pour le département des publications.
Outre le Comité permanent ^ il y a douze autres comités ou sous-comités, le comité des finances, le comité des traductions, le comité des tracts, etc.
Tous ces comités dépendent en quelque manière et sous quelque rapport du Comité' permanent^ et plusieurs d'entre eux dépendent d'un autre comité encore. Le comité des tracts par exemple dépend du comité d'appel aux évêques. Aucun tract ne peut être publié sans avoir l'approbation du comité des tracts, lequel est composé de neuf membres de la Société. Tout tract rejeté par trois des membres du comité des tracts est soumis à l'examen du comité d*appel aux évêques, lequel est juge en dernier ressort. Le comité d'appel aux évêques est composé de cinq évêques d'Angleterre.
On ne s'attend pas à ce que nous soyons complet, et à ce que nous entrions dans tous les détails de cette organisation. Cela nous mènerait trop loin. Elle est à la fois très compliquée et très simple. Tout est prévu.
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Chacun des membres de la société doit payer une souscription annuelle d'une guînée, 25 francs. Mais les fonds de la société ne se recrutent pas seulement parmi les membres : une partie considérable de ces fonds lui est fournie par des anglicans généreux et zélés qui, sans appartenir à la société, s'intéressent à son œuvre.
L'organisation dont nous venons de tracer une très rapide esquisse est celle de la Société Mère, comme elle s'appelle ellemême, Parent Society. A cette Société Mère se rattachent deux autres sociétés secondaires qui sont comme ses filles : la société des comités par districts, et la société des comités par districts à l'étranger. Chacune de ces deux sociétés secondaires a ses règles propres et son organisation particulière.
La première des deux n'exerce son action qu'en la Grande-Bretagne. Elle a pour but de recruter à la Société Mère des membres, des sympathies, des fonds, et de l'aider en toute manière. Le moyen dont elle se sert est d'établir le plus de comités possible.
Il n'est pas nécessaire que les membres de
ces comités soient membres de la Société Mère : cette qualité n'est exigée que pour le Président, le vice-président et le secrétaire.
Le but de la seconde de ces sociétés secondaires est de fonder dans les pays de missions, où la chose est possible, des comités qui veillent au bon emploi des fonds, à une sage direction des œuvres, et de procurer à la Société Mère^ par l'intermédiaire de correspondants sûrs, des renseignements dignes de foi.
Malgré son importance qui est grande, la S. P. C. K. n'est, en somme, qu'une association auxiliaire poursuivant un but restreint, et ne prêtant son concours qu'à de certaines œuvres. Il existe deux grandes associations établies en vue des missions anglicanes qui correspondent l'une et l'autre à l'œuvre de la Propagation de la foi. Ces deux grandes associations sont entièrement distinctes et absolument indépendantes l'une de l'autre. Chacune d'elles a son organisation propre, son fonctionnement particulier, et sa caisse à part. L'action de l'une et de l'autre s'étend
à toutes les œuvres que comportent les missions, y compris le recrutement, la formation, réquipement et Tentretien des missionnaires.
Nous allons faire connaître brièvement ces deux associations en commençant par la plus ancienne.