‹ Les missions catholiques au XIXme siècle [microforme] (volume 2)Chapitre 12 sur 478 · Sans compter 6,500 009 catholiques des deux rites dans la · texte numérisé non relu

Sans compter 6,500 009 catholiques des deux rites dans la

Pologne russe.

Cr

puve, en tous les

Europe ssion. Il

chiffres,

00 cath.

égué du où l'on hènes, à

jo }

000 de

te,

épôt de débris

ôchés des gne prus-

ns catho-

; dans la

ont

Raversoxs le Bosphore. Nous voici

dans l'antique Asie, berceau du

1 Be genre humain, Nos pieds vont fouler la terre bénie sur laquelle le

Curisr a laissé les vestiges de son sang, C'est

de là qu'est partie la prédication évangélique, Mais, hélas ! que sont devenues tant d'illustres chrétientés, fondées par les premiers disciples de Jésus-Curisr ? Églises vénérables de Jérusalem, d'Antioche, de Smyrne et d'Éphèse, qu'êtes-vous devenues? Le schisme, avec son orgueil implacable, vous a séparées de la grande Église universelle du CHRisr, et maintenant le pied insolent du janissaire foule en paix vos parvis ruinés,

Entrainées au 1x€ siècle, un peu maleré elles, dans le schisme de Photius, écrasées sous l'oppression musulmane, séparées de Rome par la difficulté des communications, trahies d'ailleurs par un clergé simoniaque et marié, ces malheureuses Églises, en gardant à peu près intact le dépôt sacré de la foi, ont laissé se rompre depuis longtemps le lien qui les rattachait au centre de l'unité catholique,

Néanmoins, même aux premiers jours du schisme, la défection n'a pas été universelle, Dieu s'est gardé, dans la terre schismatique d'Israt, des adorat::rs fidèles, qui tournent chaque jour leurs regards attristés vers le royaume de Juda et la sainte montagne de Sion, parce qu'ils savent que c'est de là seulement que peut venir le salut, Plus tard, au temps des Croisades, de nombreux rapports se rétablissent entre les deux Églises : mais c'est surtout à partir du concile de Florence que s'accentue le mouvement de retour vers Rome,

On voit, à cette époque, arriver successivement au pied du trône apostolique les ambassadeurs des Arméniens, des Maronites, des Grecs, des Syriens, des Coptes, des Chaldéens. Les Souverains Pontifes accueillent avec une charité paternelle ces enfants prodigues du schisme et de l'hérésie, qui viennent entre leurs mains abjurer les erreurs de leurs ancêtres. Pour les instruire et réformer ce qu'il y a de défectueux dans leurs Églises, les Papes leur envoient des délégués apostoliques et des missionnaires : mais en même temps, pour ménager leur faiblesse et faciliter leur retour à l'unité, ils veillent soigneusement à ce que personne ne touche à leurs usages nationaux, à leurs rites, à leurs anciennes liturgies,

D'un autre côté, les rois de France ont toujours tenu à honneur d'être auprès des gouvernements musulmans les protecteurs et les défenseurs officiels des Saints Lieux. Par leur ordre et sous leur sauvegarde, les humbles fils de saint François desservent les colises du Saint-Sépulcre, de Bethléem, de Nazareth et tous les lieux bénis où le Curisr et sa Mère ont laissé des vestiges de leurs pas.

Mais il faut voir maintenant où en sont les choses au commencement du xixe siècle. Le protectorat de la France est réduit à peu près à rien : la France du Directoire n'est plus digne de monter la garde au tombeau du Cnrisr. Au contraire, la Russie schismatique, qui n'était pas aux Croisades, et qui n'a pas versé une goutte de sang pour la défense des Saints Lieux, cherche à se glisser dans nos sanctuaires, et défend avec âpreté les prétendus droits des Grecs, opprimés, dit-elle, par les Latins. Aucune puissance catholique ne s'oppose à ses prétentions exorbitantes, car les vieilles monarchies ont bien autre chose à faire, en ce

LIQUES AU XIXMe SIÈCLE.

moment, que de s'occuper de ces querelles de moines, Quand on a proposé à Bonaparte, alors occupé au siège de Saint-Jean-d'Acre, de faire au moins en touriste une excursion à Jérusalem, il a répondu, avec le dédain d’un fils de Voltaire, que Jérusalem n'entrait pas dans son plan d'opération, On voit que nous sommes loin de Charlemagne et de saint Louis,

I faut lire dans Chateaubriand (//inéraire de Paris à Férusalem) la description de la tristesse et de l'abandon des Lieux Saints en 1800.

Quelques religieux franciscains sont les seuls gardiens catholiques du tombeau de Jésus- CHRisT. À peine si, une fois en dix ans, ils voient le visage d'un compatriote ; car les temps de Pierre l'Hermice sont passés, et la France a oublié depuis iongtemps le chemin des anciens pèlerinages.

Et ce qui rend plus cruelle la position des catholiques à Jérusalem, c'est la présence des Grecs schismatiques, ces adversaires irréconciliables de Rome. Chaque année, surtout à la fête de Pâques, on les voit affluer dans la ville sainte ; l'or de la Russie et celui des banquiers de Constantinople roulent entre leurs mains ‘ils insultent à la détresse des catholiques, et ils prédisent le jour peu éloigné, ils l'espérent, où ils finiront de les chasser de ces sanctuaires , rachetés autrefois au prix du sang le plus pur de l'Occident.

On peut porter à 6.000 le chiffre des catholiques latins vivant, à cette époque, dans les Échelles du Levant, sous la juridiction du vicaire apostolique de l'Asie Mineure, qui réside à Alep,

custode des Saints Lieux

u sous celle du Révérendissime Père

Il y a encore, à Bagdad, un évêque latin de Babylone, qui est le délégué apostolique du Saint-Siège auprès des évêques des différents rites répandus dans la Chaldée, Ja Mésopotamie et la Perse: mais depuis plusieurs années le siège est vacant

Enfin, il y a un patriarche latin de Jérusalem et un patriarche latin d'Antioche qui résident à Rome, et, depuis plusieurs années, n'exercent plus aucune juridiction dans le Levant, Comme le patriarche latin de Constantinople, ils jouissent de titres purement honorifiques, qui rappellent

l'ancienne organisation et les gloires du passé,

Quant aux Églises des divers rites unis, voici quelle était, en 1800, leur situation :

Rile arménien. — En dehors des 10.000 Arméniens unis résidant en Turquie, il y a, dans l'Asie Mineure, environ 80,000 fidèles de ce rite, répandus principalement dans l'ile de Chypre, la Syrie, la Géorgie et au pied du Caucase, Ces deux derniers groupes vont devenir bientôt les sujets de la Russie, qui, en moins d'un demi-siècle, ies enlèvera à l'union, et les réduira presque tous à l'apostasie, ou les forcera à l'exil, Les Arméniens unis ont un patriarche de Cilicie, qui réside au mont Liban, dans le couvent de Bzommar., Ils possèdent, a Venise, une école célèbre, où, sous la direction des moines Méchitaristes, se forment les membres les plus distingués de leur clergé. Is ont aussi plusieurs maisons en Europe, principalement à Rome, où ils célèbrent les offices selon leur rite,

Rite maronite. — Les fidèles de ce rite forment la plus grande agglomération catholique qui existe dans le Levant, et aussi, sans contestation, la plus fervente, Ils sont répandus, au nombre d'environ 250.000, dans les montagnes du Liban et le long des côtes de la Méditerranée. Ils sont sous la juridiction d'un patriarche et de 12 évêques. Outre le clergé séculier, composé d'environ 400 prêtres, ils ont 48 couvents de religieux.

Rile grec-melchite. — Vs comptent environ 10.000 fidèles, desservis par une centaine de prètres séculiers et des religieux appartenant à l'ordre de saint Basile, On les trouve principa lement dans les iles de l'Archipel et les Echelles, Comme ils n'ont pas encore de patriarche et d'évêque reconnu par la Porte, ils sont, au temporel, sous la juridiction du patriarche schisma tique de leur nation, ce qui rend leur situation fort précaire,

Aile syriaque. Ce rite compte environ 10.000 fidèles, en Syrie, dans le Diarbékir et la Perse, [ls ont un archevêque résidant à Antioche, et trois évêques, à Damas, Mossoul et Alep.

Rite chaldéen. — le patriarche réside à Mos soul ; il a sous sa juridiction deux archevêques et huit évêques, pour environ 25.000 fidèles, qui habitent dans la Chaldée, la Mésopotamie, le Kurdistan et la Perse, I] y a de plus, dans l'Inde, une Église chaldéenne florissante : mais

unis, voici

€5 10.000 e, il y a, fidèles de is l'île de 1 pied du vont dee, qui, en à l'union, ie, ou les s ont un nt Liban, ssèdent, a direction les memé. Ils ont rincipaleices selon

e rite forsatholique ns contesandus, au 1ontagnes Méditeratriarche lier, comcouvents

t environ itaine de tenant à principa Echelles, jarche et , au temschisma situation

environ ékir et la Antioche, Alep.

e à Mos hevêques » fidèles, »potamie, lus, dans te ; mais

A Va"

ÉTAT DES MISSIONS CATHOLIQUES AU COMMENCEMENT DU XIXme SIÈCLE. 13

comme, au moment de son retour à l'unité, les Chaldéens de Mossoul étaient encore schismatiques, les Souverains Pontifes l'ont confiée d'abord aux Portugais de Goa, e lus tard aux vicaires apostoliques envoyés par la Propagande. Rite copte. — Les fidèles de ce rite sont répandus principalement en Égypte. Je me contente de les signaler ici pour mémoire ; nous les retrouverons en parlant de l'Afrique.

* PA” En résumant ces différents chiffres, nous trouvons pour la population catholique de l'Asie Mineure, en 1800 :

Rite latin . . , . 6.000 cathol.

Rite arménien. 80.000 } Rite maronite. . 250.000 } Rîte grec-melchite 10.000 } Rite syriaque. . 10.000 } Rite chaldéen. . . 25.006 »

Rite copte. Pour mém.

Total, environ . 381.000 cathol.

qui représentent tous les rites, toutes les anciennes Eglises de l'Asie Mineure, Le nombre des schismatiques s'élève à environ 8.000.000 pour les différents rites.

No ARABIE. be

U sortir de l'Asie Mineure, nous tombons,

selon l'expression de l'Écriture, 2 4erra deserta, et invia, et inaguosa, une terre stérile, sans chemins et sans eau, La Péninsule arabique, gardienne du berceau de Mahomet et de sa tombe, le Turkestan, l'Afghanistan, d'où sont sortis les dominateurs actuels de l'Orient, sont comme les sanctuaires fermés de l'islamisme. A l'exception de quelques couvents schismatiques dans les environs du Sinai, les fils de Mahomet ne tolèrent pas dans ce pays la présence d'un seul chrétien ; à plus forte raison ils en excluent le prêtre. Au moral comme au physique, c'est le désert, avec son aridité morne et sa désolation silencieuse ; c'est la montagne maudite de Gelboé ; jamais la rosée du ciel n'v descend. Passons vite, en demandant à Dieu de répandre enfin la pluie fécondante de ses grâces sur ces régions désolées, où plus de 12.000.000 d'âmes

sont plongées dans les ténèbres et l'ombre de la

mort.

Page 1