‹ Les missions catholiques au XIXme siècle [microforme] (volume 2)Chapitre 14 sur 478 · cathol · texte numérisé non relu

cathol

Goa et missions portugaises

Ceylan (confié aux Portugais).

Vicariat apostolique d'Agra 5.000 h Vicariat apost. de Pondichéry. 42.000 »

Vicariat apost. de Vérapoly 80.000 }

Vicariat apost. de Bombay. 8000 »

Total pour l'Inde entière 475.000 cathol, € INDO=CHINE. be

D E l'Inde nous passons dans l'Indo-Chine, EU nous trouvons d'abord le royaume de Birmanie, Cette mission, fondée En 1722 par

des Barnabites italiens, a eu d'assez beaux com-

mencements ; mais, vers 1750, des guerres

acharnées entre les rois d'Ava, de Pégu et de

Siam, l'ont À peu près anéantie, Puis là Révo-

Pa:

LES MISSIONS CATHOLIQUES AU XIxXme SIÈCLE.

ms lution française, portée par nos armées en Italie, à bouleversé toutes les institutions religieuses, et le dernier supe ieur de la mission, mort en 1794, n'a pu être remplacé. Je crois qu'en portant à 5.000 le nombre des catholiques résidant En cé pays, au commencement de ce siècle, on approchera de très près de la vérité.

la côte occidentale, nous trouvons le royaume de Siam, Cette

©n redescendant le long de

mission est une des premières qui furent confites à la Société des Missions Étrangères de Paris : elle est une de celles qui ont le plus trompé jusqu'ici les efforts de son zèle, Cette mission comprend ie royaume de Siam, le Laos, et les tribus sauvages qui habitent les forêts de la presqu'ile de Malacca. Elle se compose, en 1800, d'environ 3-600 chrétiens, sous la direction apostolique et de trois missionnaires, La persé-

d'un vicaire

Cution des rois de Siam, des guerres prolongées, et, par-dessus tout, la froide obstination du boud- ‘“hisme, ont fait avorter les riches

que cette mission offrit à son début,

espérances alors que le roi de Siam envoyait des ambassadeurs à Louis XIV.

Tout au sud de la presqu'île, nous trouvons la

ville de Malacca, illustrée par le séjour qu'y fit

saint François Xavier, I] y à, à Malacca, un siège épiscopal qui relève de Goa ; mais le clergé

Portugais ne s'occupe nullement d'évangéliser les infidèles, et il borne les efforts de son zèle à l'administration d'environ 2.000 Portugais et métis, qui habitent dans la ville de Malacca aux environs.

Remontons maintenant à l'est, le côtes de Chine

ou

long des : nous entrons dans le royaume d'Annam, formé de la Cochinchine et du Tongjui dure à commence-

King. Une persécution prolongée, peu près sans interruption depuis le ment de l'évangélisation, désole ces belles chrétientés, qui comptent plus de 300.000 cathoguerre civile est

venue joindre ses dévastations aux

liques. Depuis vingt ans, la ruines de là persécution.

chine, l'illustre Pigneau de Béhaine, d'Adran, vient de avoir négocié entre la France et l'Annam un

Le vicaire apostolique de la Cochinévêque Mourir (octobre 1799), après

traité d'alliance qui permettra au roi Gia-Long de remonter sur le trône de ses ancêtres et de pacifier le pays. Grâce à ses services, l'Église

annamite va respirer en paix pendant un quart

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vlise Juart

ÉTAT DES MISSIONS CATHOLIQUES AU COMMENCEMENT DU XIX"w SIÈCLE. 15

de siècle ; mais, pour le momert, elle sort à peine des catacombes.

Voici quelle était la situation en 1800 :

Cochinchine : Lvic, ap, S mis, 15 pr. indig, 60.000 chrét.

Tong-King occident, : 1 » 6 » 63 » 120,000 » Tong-King oriental : # » 4 D 41 » 140.000 »

Total pour l'Annam : 3 » 15 }» 119 » 310,000 }»

Résumant tous ces chiffres, nous trouvons pour l’Indo-Chine :

Birmanis, , , . . 5.000 chrétiens Siam . , ia 3.000 »

Malacca (Portug. et métis) . 2.000 } Royaume d'Annam . . , 310.000 »

Tot. pour toute l'Indo-Chine : 320.000 chrétiens

K: cf CHINE, +

N Ovs voici aux portes de ce grand empire de la Chine, si longtemps fermé à la curiosité européenne, Au commencement de ce siècle, la Chine est divisée en trois évêchés et trois vicariats apostoliques. Les trois évêchés sont les sièges de Macao, de Péking et de Nanking, tous trois suffragants de Goa. Depuis un siècle le siège de Nanking est réuni à celui de Péking, et c'est dans cette ville que réside le titulaire, quand il réside, Quant au clergé portugais, il brille en Chine par son absence, En dehors de Macao, on ne rencontre, dans les trois diocèses, que quelques prêtres indigènes très clair-semés. Ces prêtres, également dépourvus de zèle et de surveillance, font peu de chose, et ce peu, ils le font mal. En évaluant à 20.000, pour toute la Chine, le nombre des catholiques soumis à la juridiction portugaise, on sera sûr

de ne pas s'écarter notablement de la vérité. À Péking, après la destruction des Jésuies, qui, à comme partout, a été une catastrophe, ce

sont les Lazaristes que Rome a envoyés pour tenir leur place. Mais les fils de saint Vincent de Paul sont en bien petit nombre, et ne peuvent, malgré tous les efforts de leur zèle, se recruter suffisamment pour soutenir les œuvres dont ils sont chargés ; car la Révolution française, en fermant leur noviciat de Saint-Lazare, leur a ôté Jusqu'à l'espérance de voir grossir leurs rangs. Le chiffre de leurs chrétiens, à Péking et dans le nord de la Chine, s'élève à 55.000.

Au centre de la Chine, dans le Su-tchuen,

c'est la Société des Missions Étrangères qui s'efforce d'étendre chaque jour le règne de Dieu parmi les infidèles, Hélas! là encore, la Révolution française menace de tout anéantir, Plus de séminaire à Paris, partant plus de recrutement régulier possible ; plus de ressources pour envoyer de nouveaux apôtres et les entretenir. C'est une pénurie navrante d'hommes et d'argent, pénurie qui se fera sentir jusqu'au milieu du siècle. En 1800, il y avait au Su-tchuen 1 vicaire apostolique, 3 missionnaires, 19 prêtres indigènes et 47.000 chrétiens.

Au Fo-kien, nous trouvons un second vicariat apostolique, confié aux Dominicains espagnols. Il compte 35.000 chrétiens.

Enfin, il y a, au Chan-si, un troisième vicariat apostolique, qui appartient aux Franciscains. Le nombre des chrétiens est de 30.000.

En résumant tous ces chiffres, nous trouvons pour la population catholique de la Chine, en 1800 :

Macao et missions portugaises . 20.000 cath.

Péking (Lazaristes) . . . . 55:000 }

Vicariat apostoliq. du Su-tchuen. 47.000 »

Vicariat apostolique du Fo-kien. 35

Vicariat apostolique du Chan-si 30.000 } Total pour toute la Chine : 187.000 cath.

D'après les catalogues des Jésuites, sous le règne de Kang-hi, la Chine comptait, en 1700 1.200 chrétientés et près de 800.000 chrétiens. On voit combien ce malheureux xvine siècle a été fatal aux missions.

N quittant les rivages de la Chine, saluons de loin l'héroique chrétienté du Japon. Au commencement du xIX€ siècle, elle semble entiérement détruite. Cette terre des martyrs a compté, au xvIt siècle, jusqu'à 2.000.000 de chrétiens ; mais de fâcheuses rivalités entre les différentes familles de missionnaires, l'absence d'une hiérarchie fortement constituée, une persécution implacable, et par-dessus tout des défiances politiques, soigneusement entretenues par la complicité de l'Europe protestante, ont amené la ruine de cette magnifique Église. Plus heureux que Dioclétien, le Mikado semble en avoir fini définitivement avec le christianisme et avoir anéanti

ra

A PE mes pemimeemmencenceninngnemanse mens mue

DE ge

16 LES MISSIONS CATHOLIQUES AU XIXw SIÈCLE.

jusqu'au nom chrétien, VMomine christianorum deleto.

Néanmoins, qu'il ne se hâte pas trop vite de triompher. L'Église catholique a la vie dure, et lorsqu'une fois le sang de Jésus-Cnrisr a coulé sur une terre, il est bien difficile d'en effacer jusqu'aux vestiges. Au Japon, le Curisr a été crucifié dans la personne de ses membres ; voilà deux siècles, deux jours au cadran de l'éternité, qu'il sommeille dans la mort, et git inanimé sous la pierre du sépulcre ; nous sommes au matin du troisième jour, Qui sait s'il ne va pas encore une fois soulever la pierre, renverser, impuissants et vaincus, les soldats chargés de garder la tombe ? Avant de désespérer de la vitalité catholique, attendons les révélations de l'avenir.

K corëér. be CoTé du Japon, nous trouvons la presqu'ile de Corée, où jamais encore ne s'est

posé le pied du missionnaire européen, Là, pourtant, subsiste une Église admirable, qui semble sêtre formée toute seule, C'est une des pages les plus touchantes de l'histoire de l'apostolat.

La Corée est tributaire de la Chine: à ce titre, elle envoie chaque année une aiabassade à Péking. Or, il arriva qu'en 1786, un jeune noble coréen, qui faisait partie de l'ambassade, se mit en rapport avec les missionnaires européens de Péking, et leur demanda des leçons de mathématiques. Les missionnaires profitèrent de l'oc. casion pour lui parler du christianisme, et lui prêtèrent des livres de religion. Le jeune homme, frappé de la beauté du dogme chrétien, demanda le baptême, qu'il reçut dans les meilleures dispositions. De retour chez lui, il devint l'apôtre de sa famille et de ses amis. Le christianisme fit de rapides progrès chez ce peuple bien disposé, malgré les rigueurs de la persécution qui, commencée en 1788, ne s'arrêtera plus jusqu'à nos jours.

Cependant il fallait songer à donner des pasteurs à cette Église naissante. Les néophytes s'adressèrent naturellement à l'évêque de Péking. Hélas! les prêtres, je l'ai dit, étaient rares en

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Chine, à cette époque. On leur promit d'en faire venir d'Occident, et ces gens simples, animés d'une foi sublime, se prosternèrent aussitôt du côté du Couchant, pour saluer, à la manière de leur pays, le futur apôtre qu'on leur promettait, Mais il fallait pourvoir aux besoins du présent. Après bien des instances d'une part, et bien des refus de l'autre, l'évêque de Péking se décida à leur donner un de ses prêtres chinois, qui pénétra en Corée vers 1793. En même temps, pour assurer l'avenir de cette nouvelle Église, les chrétiens de Corée, sur le conseil de l'évêque, écrivirent une lettre touchante à Pie VI, et, quelques années plus tard, une seconde lettre à Pie VIT, pour demander des missionnaires.

Les malheurs de l'Église ne permirent pas alors de satisfaire à leurs pieux désirs ; mais ils ne se découragèrent pas, et sous la direction de leur premier et unique pasteur, ils formaient, en 1800, un petit troupeau d'environ 6.000 néophytes.

J'ai achevé d'exposer la situation de l'apostolat en Asie, au commencement de ce siècle.

Au centre du continent, les hauts plateaux du Thibet sont encore demeurés inaccessibles aux missionnaires, L'Hassa, la capitale, est comme le sanctuaire et la citadelle fermée du bouddhisme, I faudra plus d'un siècle pour en forcer les portes.

Au nord, dans les régions glacées de la Sibérie, vivent des peuplades encore toutes païennes. Elles ne connaitront le catholicisme qu'en voyant, au cours du xixe siècle, déporter dans leurs steppes les évêques et les prêtres de la malheureuse Pologne.

Voici donc, en résumé, quelle était, en 1800, la situation du catholicisme en Asie.

Asie Mineure 381.000 catholiques.

À rabie »

Indes - 475.000 »

Indo-Chine . . . 320.000 »

Chine - + 187,000 »

Japon pour mémoire.

Corée 6.000 »

Total pour toute l'Asie 1.369.000 catholiques.

d'en faire , animés issitôt du inière de omettait, présent, bien des décida à jui pénéps, pour lise, les l'évêque, VI, et, le lettre onnaires.

pas alors ils ne se de leur en 1800, hytes.

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