Afémoire des députés de la Colomtie au Conseit & 2 usne
de Saint-François, Franciscains Réformés et Capucins, ont des missions dans tous les États du continent sud-américain, sauf pourtant au Guatémala et dans la Nouvelle-Grenade, d'où la rage de l'impiété les a expulsés depuis une vingtaine d'années, laissant sans pasteur: lus d'un million d'Indiens catholiques. Les Dominicains, établis, depuis trois siècles, au Chili et au Pérou, sont rentrés depuis plusieurs années au Brésil, et ils viennent de reprendre leurs missions indiennes de l'Équateur. Les lecteurs des Afissions catholiques n'ont pas oublié les pages ravissantes publiées en 1880, sur la mission de Canélos. Sous la direction de leurs frères en religion, les religieuses Dominicaines ont pénétré à leur tour dans les forêts de l'É quateur, au Brésil et dans l'Uruguay, pour s'occuper de l'éducation, si néglivée, des jeunes filles.
De leur côté, les Lazaristes, assistés, eux aussi, des admirables Sœurs de Saint-Vincert de Paul, travaillent au Brésil, dans la Nouvelle-Grenade, le Guatémala, l'Équateur, la Plata, le Paraguay, le Pérou et la République Argentine. Les religieux et les religieuses du Sacré-Cœur, dits de Picpus, ont des établissements au Chili et tout le long de la côte du Pacifique, Enfin les enfants de Dom Bosco, les Salésiens de Turin, derniers venus dans le champ de l'apostolat, ont repris
l'évangélisation des peuplades encore toutes
paiennes de la Patagonie, sans parler des établissements qu'ils ont déjà formés dans l'Équateur, le Chili, l'Uruguay et la République Argentine.
On voit par cette énumération, nécessairement incomplète, qu'en dépit des révolutions et des expulsions, l'apostolat catholique, au cours du NINE siècle, à reconstitué ses cadres dans les missions indiennes de l'Amérique du Sud, où travaillent à cette heure, sans sinquitter des obstacles, plus d'un millier d'ouvriers, Quel a été le résultat de leurs travaux ? C'est ce que je vais
maintenant exposer dans le détail,
SE 1. — MEXIQUE. be
E Mexique embrasse 1.946.000 kilomètres [ s Carrés, presque quatre fois la superficie de la France; néanmoins, au recensement de 1880, il n'avait encore que 11,601,347 habitants,
dont 20 o70 de race européenne, 42 0/70 de
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LES MISSIONS INDIENNES DE
er L'AMÉRIQUE DU SUD, 1800-1890. 321
race métisse, et 38 0/0 de race indienne pure, On remarque que la race indienne pure est en décroissance au profit des Métis, ce qui montre la fréquence des unions entre Européens et Indiens (1).
Presque tous les Indiens du Mexique sont catholiques, et catholiques fervents. Quelles qu'aient été les iniquités, et même, si l'on veut,
Premiers conguistatdores, Fernand Cortez, Olvarado, Sandoval et leurs compagnons, Il à longtemps été de mode, surtout parmi les philosophes du dernier siècle, de gémir sur les cruautés des Espagnols, et de blâmer aveuolé-
! ment les hommes qui, avec une poignée de
MEXIQUE, — Cathédrale de Mexico
soldats (2), ont renversé le puissant empire des Atèques. De nos jours, on commence à leur rendre une justice tardive, Les historiens protestants ont été les premiers à reconnaitre franchement que € l'amour de l'or ne fut, en aucune » manière, le seul motif qui les dirigea dans leur » héroïque entreprise, Cortez, en particulier, ne
LA l'époque de la con quête, il y avait 16020 000 d'Indier
15 dans l'empire du Mexique, 2. Dans sa première expédition, Cortez n'emmenait avec lui
que 600 soldats pour conquérir un empire de 16 000 009 d'habitants,
; d'après un dessin envoyé par le R. P, Gallen.
perdit jamais de vue la conversion des Indiens. > Un zèle relivieux mal entendu (n'oublions pas que c'est un protestant qui parle) fut toujours le » premier mobile de tous ses actes (1). »
D'un autre coté, pour expliquer, sans les excuser entièrement, les cruautés qu'on reproche à Cortez et à ses premiers compagnons d'armes, il est bon de se rappeler quelle abominable religion ils trouvaient devant eux au Mexique Nulle part, sauf peut-être de nos jours au Dah )mey,