‹ Les missions catholiques au XIXme siècle [microforme] (volume 2)Chapitre 216 sur 478 · Hilps, 4/54, du Mexique, t, 1", chap · texte numérisé non relu

Hilps, 4/54, du Mexique, t, 1", chap

les crimes de la conquête, il faut tenir compte de ce fait, si l'on veut apprécier avec équité les

on ne vit pareil mépris de la vie humaine, À certains jours de l'année, vingt mille cœurs de jeunes gens et de jeunes filles étaient offerts tout saignants aux idoles, pendant que les Corps mutilés des victimes roulaient du haut de la pyramide sacrée au milieu d'un peuple innombrable, trépignant de joie à ces sanglantes immolations. Quelques années avant l'arrivée des Espagnols, lors de la dédicace du temple du Soleil, en 1487, on immola, en un seul jour, jus- QU'à sozvante mille Victimes humaines. Selon la pensée de Joseph de Maistre, de pareils abominations provoquent infailliblement la justice divine, et attirent des châtiments effr: vables sur les nations qui s'en rendent coupables, Quand Cortez pénétra pour la première fois, à la suite de Montézuma, dans ce même temple du Soleil, où des cœurs humains fumaient dans des plats d'or, on comprend le sentiment d'horreur et de dégoût qui le poussa à faire mettre à mort ces prêtres barbouillés de sang, et à renverser ce sanctuaire infernal, pour élever à la place la cathédrale actuelle de Mexico, dédiée à la Mére de Drec, C'était la revanche de l'humanité chréuenne sur la barlarie,

Mais il ne suffisait nas de proscrire un culte abominable, il fallait lui en substituer un meilleur. Ce n'était plus l'œuvre du soldat, qui frappe et qui tue, c'était l'œuvre de l'apôtre, qui instruit et qui persuade, Cortez le comprit. Quand les premiers missionnaires Franciscains, appelés par lui, débarquèrent au Mexique, voici en quels termes il les présenta aux Indiens :

€ Ces hommes sont envoyés de Dev et désirent ardemment le salut de vos âmes. Is ne vous demandent ni votre or, ni vos terres, car. méprisant tous les biens de ce monde, ils n'aspirent qu'à ceux de la vie future (1). »

Les premiers apôtres du Mexique sé montrérent à la hauteur de ce programme,

€ Leur pauvreté, écrit un historien protestant, leur tempérance, la simplicité de leur vie les recommandaient aux Indiens (2). Les membres du cl ru de l'Église romaine, écrit plus loin le méme auteur, enseionaient en méme te Mps aux

Henrion, //s/oire des AL ns, tome |,

Helps, //istoire du Mexique, tome 1, hap. 14

Indiens les choses spirituelles et temporelles, [ls convertissaient, civilisaient et gouvernaient : ils étaient tout à la fois prêtres, missionnaires, maitres d'écoles et chefs de peuples, Une part considérable de cette œuvre immense doit être attribuée aux Dominicains et aux Franciscains (1), »

Au témoignage de l'historien Robertson, autre protestant, € le clergé catholique romain, dans les colonies Espagnoles, à constamment usé de son influence pour protéger les Indiens et adoucir la férocité des Espagnols (2), »

En ce qui regarde le Mexique, il n'y a qu'à se rappeler les noms désormais historiques du Dominicain Las-Casas, du Franciscain Ortiz, de l'évêque Ramirez et de tant de vaillants missionnaires, qui encoururent la haine de leurs compatriotes en défendant les Indiens contre la rapacité des aventuriers venus d'Espagne.

Quel fut définitivement le résultat de leurs travaux ? Trente ans à peine après la conquête, l'évêque, franciscain Zumarraga écrivait, au chapitre général de son Ordre, tenu à Toulouse :

& Déjà plus d'un million d'Indiens ont été baptisés par les Franciscains seuls : cinq cents temples ont été détruits; des milliers d'idoles ont été mises en pièces et brülées. À la place de ces temples infâmes dans lesquels on offrait au démon jusqu'à vingt mille cœurs humains, on voit s'élever aujourd'hui des églises, des oratoires, dans lesquels une jeunesse fervente consacre avec reconnaissance son cœur au Très-Haut. »

lrois siècles ont passé sur la prédication des premiers apôtres du Mexique, et ni les boulever-

ecments politiques, ni les haines des Socictés secrètes, ni la proscription des missionnaires, Bi méme l'état d'abandon et d'ignorance dans lequel la triste situation de l'Église mexicaine a forcé trop longtemps de laisser croupir les popu lations, n'ont pu arracher du cœur de l'Indien l'amour de la foi catholique. Quand Juarez voulut, en 1867, faire enlever les grilles d'argent qui entourent le chœur dans l'église de Notre Dame de Guadalupe, tous les Indiens se levtrent comme un seul homme pour défendre leur bien-

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