l'eyage dans l'Amérique du Sud
Étape LS
PRMION ES
De puits
> et sil se trouve parmi eux un Indien qui » sache lire, ils écoutent avec attention la lec- » ture de quelques sermons de leurs anciens » Pères, Les vieillards se transmettent de géné » ration en génération le souvenir de l'expulsion » de leurs missionnaires en 1767, et ils répètent » à leurs enfants : € Ce sont eux qui nous ont » faits chrétiens et qui nous ont appris à con- » naître DrEu, }
Ce souvenir persévérant au bout de plus d'un siècle, chez de pauvres sauvages refoulés au fond des bois, sans culte et sans prêtres, n'a-til pas quelque chose de vraiment touchant? Aussi notre auteur, bien qu'incrédule, ne se défend pas d'en être vivement impressionné
& Je ne me lasse pas, écrit-il, d'admirer les » résultats sans pareils obtenus par les Jésuites » sur les tribus les plus féroces et les plus abru- » ties du Nouveau-Monde, »
Puis il fait un parallèle saisissant de la situation sociale des Indiens sous leurs anciens et sous leurs nouveaux maitres :
€ Du temps des Jésuites, une sévère moralité » était observée parmi les tribus converties : » leurs maitres actuels donnent aux Indiens » l'exemple de l'inconduite et les jettent CuXx- » mêmes dans le vice Les épidémies qui les » déciment aujourd'hui étaient inconnues du » temps des missionnaires, parce qu'elles étaient » tenues à distance par de vizoureuses dispo- >» sitions sanitaires, Les Pères les soignaient dans » leurs maladies : aujourd'hui on les laisse > mouri: comme les animaux des bois, Enfin à » la place des champs cultivés, des riches prai » ries qui entouraient leurs villages et nourris » saient de nombreux troupeaux, le désert et la » forét ont tout envahi, et la nature à repris » dans ces lieux désolés son aspect primitif. » N'étaient les ruines grandioses qu'on rencontre » ça et là à l'ombre des grands bois, on ne se » douterait pas qu'il ÿ a un siècle, ce vaste pays » Ctait civilisé et prospi re, »
Le lecteur est prié de ne pas oublier que ces aveux ont échappé à la plume d'un Hibre-penseur.
Hélas !les beaux jours du Paraguay sont bien passés ! Jusqu'à ces dernières années, les troubles politiques, la vuerre civile et étrangère n'ont pas permis aux missionnaires de s'occuper sérieu sement des missions indiennes, dans ces vastes régions du continent sud-américain, Puis les
ouvriers apostoliques faisaient défaut :les Ordres religieux une fois supprimés ou dispersés par les gouvernements révolutionnaires, le clergé séculier, très peu nombreux, avait bien de la peine à subvenir aux besoins spirituels des habitants
des grandes ville ei : l'Assomption, Buenos- Ayres, Cori:ei t \'ontevidéo, Pendant ou rente ans, la République du
Paraguay cn lier fit schisme complet et
ferma sa jun envoyés du Saint-Siège,
C'est seulement 1SSo que Île Nonce apostolique, Mur di l'etro, parvint, à force d'habileté et de prudence à frire renouer les relations avec
Rome, et mic fin au schisme, Il découvrit, au sein dés forèts vierges, un prêtre zélé et instruit, que Dieu semblait avoir gardé en réserve pour la restauration de cette malheureuse Église, Il le fit monter sur le siège épiscopal de l'Assomption, Il était temps de venir au secours de l'Église du Paraguay : dix ans plus tard, elle n'avait plus de clergé, Pour une population d'un million trois cent mille âmes, il ne lui restait plus, en 1888, que vingt-quatre prêtres, tous âgés et infirmes, à l'exception de trois. Voilà l'état où les révolutions politiques avaient réduit un peuple tout catholique, Un des premiers soins du nouvel évêque fut d'ouvrir, dans la ville de l'Assomption, un séminaire, qu'il confia aux Lazsiistes ; il appela en même temps les Sœurs de Charité, pour prendre soin des malades et
des pauvres,
Si la situation religieuse n'en vint jamais à une pareille extrémité dans la République Argentine et dans l'Uruguay, elle n'en resta pas moins longtemps très précaire, Ce n'est guère que depuis une quinzaine d'années que les Ordres religieux, longtemps bannis, ont pu y reprendre leurs œuvres,
Les Lazaristes, aidés des Sœurs de Charité, et les Salésiens de dom Bosco, assistés des Sœurs de Marie-Auxiliatrice, s'occupent spécialement, dans lai République Argentine, des émigrés français et italiens qui peuplent le pays. Ces colons sont déjà au nombre de plus de 309,000, et, chaque année, un grand nombre accourent, à l'appel du gouvernement de Buenos-Ayres, pour peupler les Pampus. Que deviendraient ces
La
es Ordres
malheureux exilés s'ils ne
trouvaient pas, en
trois collèges apostoliques relevant de la Pro.
és par les Pagande ; ce sont :
arrivant dans leur patrie d'adoption, un prêtre
de leur pays, l'église et l'école ?
bien vite la foi.
(PAT } ryeé sécu
Is perdraient
a peine habitants Buenos-
Le collège de Rio Quarto, 13 missions, 22 religieux ; le collège de Salia, 2 missions, 45 religieux ; le collège de Sansont chargés Lorenzo, 6 missions, 35 religieux, Plus 2 couvents : Cor , — rentes, 12 religieux, Jujui, 7 religieux. Total ; 20 missions liennes du Grand 8 Jujui, 7 relig
… $ desservies par vr1 Franciscains, qui prennent soin de $9.0c0 Chaco, Ils ont dans la Républi Indiens catholiques,
Les Franciscains, de leur côté,
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de la Patagonie
Jurent, à
et les rivages glacés du
} | F— détroit de Masellan, les îles Falkland et de la |
res, pour
Terre de Feu, n'avaient pas encore reçu la bonne lent ces
nouvelle de l'Evangile,
Dans ce vaste territoire,
qui ne mesure pas moins de quatorze degrés de latitude sur quatre de longitude (350 lieues sur 100), l'Église catholique ne comptait pas un seul poste, des rives du Rio-Négro à la pointe méidionale du continent américain.
Un prêtre de Turin, qui vient de mourir en odeur de sainteté, et que l'Église placera peutêtre un jour sur ses autels, dom Bosco, le fondateur des Salésiens de Turin, résolut, il y a quinze ans, d'envoyer quelques-uns de ses enfants au secours de ce peuple abandonné. Il se rendit à Rome, conféra de son projet avec le cardinal préfet de la Propagande, qui l'approuva complètement, et, l'expédition une fois résolue, le 1er novembre 1875 le saint prêtre présentait au Souverain-Pontife la nouvelletroupe apostolique, composée de dix Salésiens, ayant à leur tête un prêtre, docteur en théologie, le R. P. Cagliero, qui, dans son enfance, avait été guéri miraculeusement d'une maladie mortelle par dom Bosco luimême,
Pie IX reçut avec sa bonté ordinaire les enfants du saint prêtre. Après les avoir affectueusement bénis, il leur €
€ Profitez, mes chers enfants, de l'expérience de vos prédécesseurs (1). Je ne vous conseille pas de vous rendre directement ax milieu des sauvages, Etablissez-vous d'abord sur les confins de leur territoire, pour instruire et conserver dans la foi ceux qui sont déjà baptisés ; occupezvous surtout d'ouvrir de nombreuses écoles pour attirer leurs enfants. En prenant soin des enfants vous vous ouvrirez une voie plus facile pour vous approcher des parents. »
Fidèles à ces recommandations du Vicaire de Jésus-Curisr, les nouveaux apôtres de la P::agonie s'établirent d'abord, d'après les conseils de l'archevêque de Buénos-Avyres, dans la ville de Carmen, située presque à l'embouchure du kRio- Négro, fleuve qui sépare la République Argentine du territoire des Patagons. Je dois dire qu'ils furent admirablement reçus et loyalement secondés par les autorités religieuses et civiles de Buénos-Ayres. Depuis longtemps les Patagons étaient, par leur caractère indompté et leurs continuelles déprédations, la terreur des fronticres. À chaque instant, ils faisaient des incur-