‹ Les missions catholiques au XIXme siècle [microforme] (volume 2)Chapitre 245 sur 478 · Fspagnols · texte numérisé non relu

Fspagnols

33.693 Lialiens, 15.402 Anglais (Ma'te), 4209 Allemands, 23.328 de nationalités diverses ; soit 424.880 Colors européens.

2.850.866 Musulmans, 35 665 Juifs naturalisés : soit 2.880.531 Indigènes.

Sous le rapport religieux, laissant de côté les douze à quin:e cents Arabes baptisés au temps de la famine et réunis aujourd'hui en villages chrétiens, il reste 424.880 colons venus d'Europe, Comme la plupart sont originaires de pays catholiques : la France, l'Espagne, l'Italie, Malte, je crois qu'on peut compter, en chiffre rond. 400,000 catholiques en Algérie, contre environ 24.000 protestants où grecs schismatiques,

Sur ces 400.000 catholiques, il y à malheureusement un bon nombre de lil res-penseurs et de révolutionnaires. Comme dans toutes les c lonies de formation récente, la population alvérienne se recrute un peu au hasard et sans beaucoup de choix. Il est certain néanmoins qu'il y a dans la colonie bien des éléments encore chrétiens, Environ 300 prêtres, 10 congrévations religieuses d'hommes, 23 congrégations de Sœurs hospitalières ou enseignantes, des œuvres qui prosperent, permettront de développer de jour en jour tous les germes de bien que renferme à cette heure notre grande colonie africaine.

Séatislique comparée de La Province d'Alger.

En 1806, o évêque, ? prêtres, ? églises ou chapelles, ? écoles, environ 4.000 catholiques,

En 1848, 1 évêque, 25 prêtres, 15 églises ou chapelles, 8 écoles, 29.000 catho iques.

En 1830, 1 archevéque, 2 évêques, 180 prêtres, co églises où chapelles, 30 écoles, 250.0c0 catholiques.

En 1890, 1 archevêque, 2 évéques, 500 prètres,

260 ég'ises ou chajeles, 220 écols, 409,000 catholi jues,

Voilà les résultats merveilleux d'un apostolat de cinquante années, contrarié sans cesse par la mauvaise volonté de l'administration.

SC 11 — ARCHIDIOCÈSE de CARTHAGE. Yÿ>

Es gloires de l'antique Église de Carthage

sont connues, Évangélisée dès le commencement du deuxième siècle, fécondée par le sang de ses nombreux martyrs, saint Cyprien, sainte Félicité, sainte Perpéiu. pour ne parler que des plus connus, la métropole de la Byzacène (la Tunisie actuelle) groupa bientôt autour d'elle 128 diocèses et 15 millions de chrétiens. Le grand docteur de l'Église latine, saint Augus.tin, évêque d'Hippone, un des sièges relevant de Carthage, fit plus d'une fois retentir sa voix éloquente dans la chaire de ses basiliques. Mais, aussitôt apres la mort du saint docteur, survint l'atroce persécution des Vandales Ariens, qui dura de 420 à 534, et fit plus de martyrs que celle des empereurs paiens, Dieu donna alors à l'Église de Carthage un siècle et demi de paix pour panser ses blessures ; puis l'invasion musulmane se répandit, comme un flot dévastateur, sur tout le nord de l'Afrique, et couvrit la contrée d'un linceul de mort. En 698, Carthage fut prise par les sectateurs du Prophète, ses 20 basiliques furent converties en mosquées, les chrétiens massacrés, réduits en esclavage où forcés de s'extler dans le désert.

Cependant, la hiérarchie catholique subsista jusqu'au milieu du x siècle, Nous trouvons, dans l'histoire ecclésiastique, une lettre de saint Léon IX, témoignant qu'à cette époque, il y avait encore deux évêques catholiques dans le pays. Après cela, il se fait, dans l'histoire religieuse de la Tunisie, un silence de mort: la hiérarchie catholique s'éteint vers 1076, le christianisme disparait avec elle, et quand saint François d'Assise envoie à Thune (Fhunis) ses premiers missionnaires, ils ne trouvent plus aucun vestige de la foi catholique, et sont impitoyablement mis à mort par les tarouches sectateurs de Mahomet,

Mais, vers 1260, un bruit étrange se répand au Join, traverse la Méditerrante cet arrive Jusqu'à Paris ; on raconte que les fils de saint Dominique et de saint Françcis, unissant leurs

efforts, ont baptisé en Tunisie plus de 70.600 infidèles ; le roi de Thune a même promis de se faire chrétien; mais il craint la vengeance des autres princes musulmans, et demande la protection du puissant sultan des Francs, le roi saint Louis, dont la première croisade avait porté le nom sur tous les rivages de la Méditerranée,

A cette nouvelle, qui cachait probablement un piège, le saint roi quitta tout : € Ah !'s'écria-t-il, si je pouvais voir que je fusse jamais le compère et parrain d'un si gentil et si illustre filleul!» Au mois de juillet 1270, il débarque avec son armée sur la côte de Carthage, Le reste est connu des lecteurs : le rci de Tunis manque à sa promesse, la peste se met au camp des croisés, et, le 25 août, le héros chrétien expire, couché sur la cendre.

Mais l'expédition eut un résultat sérieux :

avant de s'embarquer pour revenir en France, Philippe le Hardi, fils et successeur de saint Louis, conclut avec le roi de Tunis un traité qui assurait la liberté de l'apostolat (1). Voici l'article troisième de ce traité :

€ Il sera libre aux moines et prètres chrétiens » de s'établir dans les Etats du Commandeur » des croyants. On leur accordera un lieu où ils > pourront bâtir des maisons, élever des cha- » pelles et enterrer les morts. Il leur sera per- > m3 de prècher dans l'intérieur des églises, de » réciter à haute voix leurs prières, en un mot, » de servir DIEU conformément à leurs rites, et » de faire généralement tout ee qu'ils faisaient > dans ieur pays. ÿ

La mission de Tunis était fondée, et fondée par la France, Elle devait durer sans interruption jusqu'à nos jours, Grâce au dévouement apostolique des trois grands Ordres de Saint- Notre-

Dame de la Merci, jamais le flambeau de la foi

Dominique, de Saint-François et de

ne s'éteignit complètement sur ces plages inhos-

pitalières.

En 1450,

septième général des PP, de li Merci, étant

saint Laurent Compani, vingt-

venu à Tunis pour travailler au rachat des escla-

1. L'original de ce traité se conserve encore à la Bibliothèque

na.ionale,

? 70,600 ‘omis de ance des la pros, le roi de avait Méditer-

ment un écria-t-il, compère filleul ! »

vec son ‘este est anque à les croiire, cou-

érieux :

France, de saint raité qui ici l'ar-

hrétiens nandeur eu où ils les chaera perlises, de un mot, rites, et faisaient

fondée nterrupuement * Saint- Notree la foi

s inhos-

, vingtil, Ctant

s escla-

bliothèque

» fice, distribué en cellules bas

re

ves chrétiens, fut fait Prisonnier avec son com- Pagnon et demeura guatorse ans dans les fers, Ses vertus et ses miracles convertirent le roi de Tunis, qui embrassa ja foi

chrétienne avec toute sa famille,

Mais un ex mple parti de si haut demeura sans effet sur le ses sujets musulmans,

Au moins, s'ils ne

cœur éndurci de

Purent réussir à convertir les infidèles, les missionnaires eurent la cOnsolation de soulager les souffrances de leurs frères chrétiens captifs, Ce n'était pas une importance :; à certaines époques, on comptait

en Tunisie jusqu'à 200.000 esclaves chrétiens :

œuvre sans

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